Glossaire
Il est important pour les lecteurs qui ne sont pas familiers avec la langue arabe de prendre un peu de temps pour consulter ce glossaire des termes avant de lire ce livre.
Premièrement, le code littéraire islamique exige que nous invoquions les bénédictions divines chaque fois que nous prononçons ou écrivons les noms des Prophètes et Messagers désignés par Allah ﷻ ; c’est pourquoi de petites inscriptions arabes apparaissent dans ce livre chaque fois que nous faisons référence à un Nabī (Prophète). Cependant, lorsque le nom d’un Prophète apparaît plus d’une fois dans un même paragraphe, nous n’utilisons l’inscription arabe qu’à la première occurrence.
Chaque fois que nous mentionnons dans le texte du livre un Prophète pour la première fois, nous donnons toujours son nom tel qu’il se trouve dans le Coran. Dans les références suivantes à ce Prophète, nous facilitons la lecture à nos lecteurs chrétiens en utilisant le nom qu’ils connaissent déjà. Dans le cas du Prophète né à La Mecque, son nom dans le Coran, comme dans l’usage courant, est le même. Mais Moïse, dans le Coran, est Nabī Mūsā عليه السلام ; David est Nabī Dāwūd عليه السلام ; Abraham est Nabī Ibrāhīm عليه السلام, etc.
Une communauté de croyants qui accepte un Prophète et le suit est appelée une Ummah. Ainsi, ce livre fait par exemple référence à l’Ummah du Prophète Muhammad ﷺ et à l’Ummah de Jésus, c’est-à-dire Nabī ‘Īsā عليه السلام.
Ākhir al-Zamān : Équivalent arabe de « la Fin des Temps ».
Bait al-Maqdis : Jérusalem.
Banū Ishāq : la Maison ou le peuple d’Isaac عليه السلام.
Banū Isrāīl : le peuple d’Israël.
Dābbat al-Arḍ : littéralement « une créature de la terre ». Ce terme désigne quelque chose qui apparaîtra dans le monde à la Fin des Temps et qui détruira le cœur spirituel miraculeux du bâton de Sulaymān عليه السلام, de sorte que le Jasad assis sur le trône de Sulaymān (c’est-à-dire Dajjāl, le faux Messie) ne pourra plus utiliser ce bâton pour dissimuler son identité aux jinn qui œuvrent par ordre divin pour Sulaymān عليه السلام. Puisqu’elle peut détruire le cœur spirituel du bâton, elle peut aussi détruire la spiritualité humaine.
Dajjāl : titre employé par le Prophète Muhammad ﷺ pour désigner l’Antéchrist ou le faux Messie.
Fitrah : état naturel ordonné par Allah ﷻ.
Hadīth : rapport de quelque chose que le Prophète ﷺ a dit ou fait.
Hijrah : migration d’un lieu d’insécurité (pour la personne ou la foi) vers un lieu de sécurité.
Jihād : Lutter.
Khilāfah : État sacré qui reconnaît la souveraineté d’Allah ﷻ et dans lequel la loi et le gouvernement reposent sur la Vérité.
Konstantiniyyah : équivalent arabe de « Constantinople ».
Kufr : rejet de la Vérité.
Kuffār : ceux qui rejettent la Vérité.
Malḥamah : Armageddon.
Masjid / pluriel Masājid : une Maison d’adoration.
Ribā : intérêt tiré d’un prêt.
Sulṭān ou Khalīfah : termes synonymes désignant celui qui gouverne.
Sunnah : la voie ou l’exemple d’un Prophète.
Sūrah : un chapitre du Coran.
Yathrib : ville située au nord de La Mecque, aujourd’hui connue sous le nom de Médine.
Introduction
CONSTANTINOPLE DANS LE CORAN
y compris la conquête de
Constantinople à l’Ākhir al-Zamān (c’est-à-dire la Fin des
Temps)
Peut-être qu’un jour, un savant plus érudit que l’auteur de ces lignes produira une œuvre qui reliera toutes les lumières qui ont jusqu’ici jailli du Coran, afin de présenter au monde une explication eschatologique islamique lumineuse sur l’origine, le rôle et la destinée de la civilisation occidentale moderne. Je prie pour qu’il soit l’un de mes étudiants, Inshā’ Allah.
La caractéristique la plus importante du rôle de cette civilisation dans l’histoire a été, et demeure encore aujourd’hui, son oppression et son exploitation implacables de l’humanité. En vérité, elle est le plus grand oppresseur que l’histoire ait jamais connu, et elle accomplit son mal avec la plus grande des tromperies.
Si Malcolm X était encore en vie, il découvrirait avec surprise et joie que sa pensée intuitive, dans les dernières années de sa courte existence — alors qu’il s’efforçait de percer la sombre réalité à laquelle il faisait face aux États-Unis comme en Occident — orientait déjà son cœur exactement dans la direction de cette explication eschatologique mentionnée ci-dessus.
Il existe aujourd’hui de nombreuses personnes qui appartiennent à l’Occident, mais qui sont révoltées par l’exploitation, l’oppression et la duplicité de ceux qui détiennent le pouvoir en Occident. Elles commencent à penser et à ressentir ce que Malcolm pensait et ressentait juste avant son assassinat. En ce sens, Malcolm n’est jamais mort. Il vit dans le cœur de millions de ceux qui adorent l’Unique Dieu, les inspirant à se lever pour la vérité, la justice et la paix, et à se dresser contre l’injustice, l’oppression et l’exploitation. En agissant ainsi, leurs noms sont inscrits en lettres d’or sur les pages de l’histoire. Ceux, en revanche, qui ont célébré sa mort et l’ont qualifié de traître envers son peuple, conservent un statut inférieur à une simple note de bas de page dans ces mêmes pages de l’histoire.
Malcolm aurait trouvé dans « Constantinople dans le Coran », ainsi que dans d’autres ouvrages tels que « Jérusalem dans le Coran », « Une vision islamique de Gog et Magog dans le monde moderne », et « La sourate al-Kahf et l’Âge moderne », des explications cruciales issues du Coran sur la réalité du monde terrible dans lequel il vivait — et dans lequel l’humanité vit depuis longtemps. S’il avait alors articulé publiquement cette explication à son peuple et au monde, le prix à payer pour l’assassiner aurait été si élevé que les bénéfices tirés de son silence auraient paru insignifiants en comparaison.
Mais le rôle historique de Malcolm n’est pas terminé. Lorsque l’OTAN lancera finalement sa guerre insensée contre la Russie afin de provoquer une Troisième Guerre mondiale, les oppresseurs racistes des États-Unis reculeront, frappés de stupeur et de crainte, tandis que l’esprit de Malcolm reviendra inspirer et fortifier le cœur et l’esprit des masses opprimées.
Notre point de vue est que le Coran explique la réalité du processus historique à mesure que l’histoire menace de culminer avec un État juif d’Israël arrogant et oppressif cherchant à devenir l’État dominant du monde. Le rôle le plus important de la civilisation occidentale moderne dans l’histoire semble avoir été de préparer la voie à cette conclusion. La clairvoyance extraordinaire de Malcolm lui permit de percevoir et d’exprimer, à son époque déjà, ce qui est devenu aujourd’hui si évident.
Ce livre offre un éclairage sur l’émergence de la civilisation occidentale moderne à travers le drame qui accompagna la naissance d’un enfant d’une mère vierge — lorsque qu’une partie du peuple d’Israël accepta ‘Īsā عليه السلام comme Messie, tandis qu’une autre le rejeta et calomnia son noble nom et celui de sa mère.
Tout le peuple d’Israël — ceux qui acceptèrent ‘Īsā عليه السلام comme ceux qui le rejetèrent — fut ensuite expulsé de la Terre Sainte après que celui-ci eut quitté ce monde, et il leur fut interdit d’y revenir jusqu’à ce que Gog et Magog soient relâchés sur terre et se soient répandus dans toutes les directions. Gog et Magog utiliseraient alors leur pouvoir indestructible pour établir l’ordre mondial de Gog et Magog, et ce seraient eux qui ramèneraient le peuple d’Israël en Terre Sainte afin qu’il la réclame comme sienne.
Ceux qui acceptèrent ‘Īsā عليه السلام et qui devinrent connus sous le nom de chrétiens — c’est-à-dire les Nasārā mentionnés dans le Coran — furent bénis par Allah ﷻ, le Très-Haut, en obtenant un foyer à Constantinople, où ils établirent un État chrétien sacré. Mais lorsqu’ils furent mis à l’épreuve concernant l’observance de la Loi du Sabbat — dans laquelle tous les chrétiens étaient tenus de s’abstenir de travailler (et donc aussi de pêcher) — certains continuèrent d’obéir à la loi sacrée révélée dans la Torah et demeurèrent de fidèles disciples de Jésus. Le Coran les désigne sous le nom de Ahl al-Injīl, c’est-à-dire « les gens de l’Évangile ». D’autres, cependant, abandonnèrent la Loi du Sabbat et finirent par se séparer de Constantinople pour devenir le christianisme occidental.
Leur abandon de la Loi les a conduits aujourd’hui à une fin honteuse où un homme peut épouser un autre homme et obtenir un certificat de mariage. Ils furent maudits par Allah ﷻ, le Très-Haut, pour devenir « des singes méprisés ». C’est de cette partie du monde chrétien qu’est issue la civilisation occidentale moderne.
Ce livre décrit la relation entre ces deux mondes chrétiens, identifiés comme Rūm de l’Est et Rūm de l’Ouest, et révèle des informations saisissantes sur l’affrontement final entre les deux, connu sous le nom d’Armageddon ou Malḥamah. Ce sera après cette Grande Guerre que Constantinople accèdera de nouveau au premier plan mondial, partageant cette position avec Jérusalem. Alors, les événements se dérouleront d’une manière qui confirmera que Muhammad ﷺ était, en vérité, un Prophète authentique envoyé par l’Unique Dieu.
Une armée musulmane conquerra Constantinople afin d’ouvrir la voie à une alliance entre le monde de l’Islam et celui du christianisme orthodoxe. Mon ouvrage intitulé « De Jésus, le vrai Messie, à Dajjāl, le faux Messie — un voyage dans l’eschatologie islamique » tentera, Inshā’ Allah, d’expliquer cette fin de l’histoire.
CHAPITRE UN
Une cité au bord de la mer nommée Constantinople
À la suite d’une décision mystérieuse prise par la République laïque de Turquie de Mustafa Kemal, visant non seulement à changer le nom de la ville, mais aussi à prendre des mesures qui ont finalement assuré que le nom « Constantinople » ne serait plus utilisé, l’auteur de ces lignes a dû extraire le nom « Constantinople » des musées de l’histoire afin que ce livre puisse être écrit. Pourquoi le dirigeant laïque turc a-t-il changé le nom de la ville ? Pourquoi le nom « Constantinople » a-t-il dû subir ce destin mystérieux ? Ce livre se tourne vers le Coran pour apporter de la clarté à ce sujet.
En cette ère de guerre contre l’Islam, nos ennemis nous interdisent de questionner leur conduite ; pourtant, malgré leurs meilleurs efforts pour nous réduire au silence, ils ne peuvent empêcher la Vérité de revenir un jour pour chasser leur fausseté. Et tel est, nous l’espérons, le rôle de ce modeste livre, alors que nous cherchons à restaurer la vérité contenue dans le Coran au sujet de Constantinople.
Il ne nous importe pas que la ville, autrefois connue sous le nom de Byzance, ait été rebaptisée Constantinople après que l’empereur romain Constantin l’eut reconstruite et choisie comme capitale. Ce qui est important, c’est qu’une partie de la communauté au sein du peuple d’Israël, à laquelle ‘Īsā عليه السلام fut envoyé, qui l’accepta et crut en lui comme le véritable Messie, fut bénie d’avoir en Constantin un empereur romain païen qui les protégea, prit soin d’eux et les traita avec justice et bonté. Ce même Empire romain les avait auparavant tous expulsés de Jérusalem, et l’ensemble de la communauté israélite — tant ceux qui acceptèrent ‘Īsā عليه السلام et devinrent connus sous le nom de chrétiens, que ceux qui le rejetèrent et furent ensuite connus sous le nom de juifs — vivait en conséquence en exil, dispersée çà et là dans les contrées voisines.
Lorsque Constantin se convertit finalement au christianisme avant de mourir, la communauté d’Israélites qui crut en ‘Īsā عليه السلام fut de nouveau bénie en trouvant un foyer à Constantinople, où elle pouvait chercher, à terme, à établir un État qui serait calqué sur le modèle d’Israël sacré (le modèle prophétique de Madīna serait plus tard établi en Arabie). C’est ainsi que Constantinople devint un substitut à la Jérusalem sacrée dont tout le peuple d’Israël avait été expulsé. Cela ne s’est pas produit par accident ; ce fut plutôt par dessein divin, et il existe un ḥadith du Prophète Muḥammad ﷺ qui décrit de manière vivante la manière dont Constantinople tomba pacifiquement aux mains d’un peuple chrétien appelé Banū Isḥāq.
L’auteur est convaincu que la disparition mystérieuse du nom « Constantinople » du vocabulaire contemporain est directement liée au statut et au rôle de la ville tant dans l’eschatologie islamique que chrétienne ; d’où l’importance du sujet traité dans ce livre.
Jérusalem et Constantinople
Notre étude de l’eschatologie islamique a révélé que deux villes, Jérusalem et Constantinople, sont destinées à jouer des rôles immensément importants à l’Ākhir al-Zamān, c’est-à-dire à la Fin des Temps. L’auteur reconnaît humblement la Grâce divine par laquelle il a été béni d’écrire des livres sur ces deux villes, expliquant leurs rôles à la fin de l’histoire, à savoir Jérusalem dans le Coran et Constantinople dans le Coran.
Jérusalem est, bien entendu, la ville la plus importante, puisque c’est à Jérusalem que l’histoire s’achèvera lorsque le vrai Messie reviendra pour gouverner le monde avec la victoire finale et décisive de la vérité sur le mensonge, de la justice sur l’injustice, de la libération sur l’oppression et de la sincérité sur une montagne de mensonges (avec l’attaque maladroite du Mossad/CIA du 11 septembre contre l’Amérique au sommet de cette montagne).
Mais Constantinople occupe également une place très importante dans la Fin des Temps, puisque le Prophète Muḥammad ﷺ a prophétisé que, dans les mois qui suivront la Grande Guerre (c’est-à-dire la Malḥama ou Armageddon), une armée musulmane conquerra cette ville.
Cet événement, à son tour, provoquera l’apparition en personne de l’Antéchrist (c’est-à-dire Dajjāl, le faux Messie). En vérité, le Prophète a annoncé que ces trois événements — la Grande Guerre, la conquête de Constantinople et l’apparition de l’Antéchrist — surviendront dans le bref laps de temps de sept mois :
عن معاذ بن جبل، عن النبي صلى الله عليه وسلم قال: الملحمة العظمى فتح القسطنطينية و خروج الدجال في سبعة أشهر
Jāmi‘ al-Tirmīdhī
Nos lecteurs noteront qu’un autre ḥadith mentionne « sept années » au lieu de « sept mois » :
حدثنا حيوة بن شريح الحمصي، حدثنا بقيّة، عن بحير، عن خالد، عن ابن أبي بلال، عن عبد الله بن بسر، أن رسول الله صلى الله عليه وسلم قال: الملحمة وفتح المدينة ست سنين ويخرج المسيح الدجال في السابعة. قال أبو داود: هذا أصح من حديث عيسى.
Narration d’Abdullāh ibn Buṣr : Le Prophète ﷺ a dit : « Le temps entre la Grande Guerre et la conquête de la ville sera de six ans, et le Dajjāl surgira au cours de la septième. » Abū Dāwūd a dit : « Ceci est plus solide que la tradition rapportée par ‘Īsā ibn Yūnus (c’est-à-dire sept mois, voir ci-dessus). »
Sunan Abī Dāwūd
Ce livre est écrit avec l’objectif ouvertement exprimé de restaurer le nom « Constantinople » dans notre vocabulaire et notre discours concernant la réalité du monde d’aujourd’hui. Cela est important, car cela facilitera la compréhension de l’eschatologie islamique.
Ce livre conteste la décision de Mustafa Kemal et de sa République laïque de Turquie de reléguer le nom « Constantinople » aux musées de l’histoire, et rappelle aux musulmans de Turquie, des Balkans et d’ailleurs, qui soutiennent le changement de nom de la ville, que le Prophète Muḥammad ﷺ a appelé la ville par le nom « Constantinople » (en arabe — Konstanṭīniyyah).
Si le Prophète a désigné la ville par ce nom, cela devient une Sunnah pour ses disciples d’en faire autant. Il est, en vérité, honteux et disgracieux que certains musulmans s’irritent lorsque d’autres, tel l’auteur, se réfèrent à la ville par le nom qu’a employé le Prophète ﷺ.
L’auteur, ainsi que ceux parmi l’humanité qui sont éveillés en ces Temps de la Fin (les autres dorment), ne peuvent se voir refuser la liberté de choisir de revenir au nom utilisé par le Prophète ﷺ, et de le faire par respect et amour pour lui ; c’est pourquoi le nom « Constantinople » est utilisé, avec défi et en bonne place, dans le titre même, ainsi que tout au long du texte de ce livre.
Nombreux sont les musulmans qui liront ce livre, et dans le cœur desquels se trouvent un amour et un respect sincères pour le Prophète Muḥammad ﷺ, qui auparavant ne comprenaient pas le sujet de ce livre et furent, par conséquent, égarés au sujet de Constantinople et de son statut et rôle dans l’histoire. Nous prions, et nous demandons à nos aimables lecteurs — chrétiens comme musulmans — de prier, afin que de tels musulmans égarés soient justement guidés. Āmīn !
Importance de la ville
Constantinople est importante pour deux peuples. Elle est importante pour cette partie du peuple d’Israël qui devint connue sous le nom de chrétiens, et qui la chérissait pendant plus de 1000 ans comme le foyer même de la chrétienté. Ils la chérissaient également parce qu’elle abritait la plus importante cathédrale chrétienne (en dehors de la Jérusalem sacrée), connue sous le nom de Hagia Sophia.
La ville est également importante pour les musulmans, parce que le Prophète Muḥammad ﷺ a prophétisé qu’elle serait conquise, à la Fin des Temps, par une armée musulmane.
Le lecteur chrétien voudra savoir pourquoi une armée musulmane souhaiterait conquérir une ville située au cœur même de la chrétienté. Nous devons donc nous empresser d’expliquer ce sujet à nos lecteurs ; et la première question à laquelle nous devons répondre, si nous voulons expliquer la prophétie du Prophète, est de savoir si la conquête prophétisée de Constantinople a été accomplie en 1453, lorsqu’une armée ottomane menée par le jeune sultan ottoman Muḥammad Fātiḥ conquit la ville au nom de l’Islam.
CHAPITRE DEUX
La conquête de Constantinople par une armée musulmane prophétisée par le Prophète Muhammad ﷺ a-t-elle déjà eu lieu ?
Le Prophète Muhammad ﷺ a prophétisé, comme seul un véritable Prophète du Dieu Unique peut le faire, qu’une armée musulmane conquerrait un jour la ville de Constantinople. Il a fait l’éloge de cette armée et a également fait l’éloge de son commandant :
قال رسولُ اللهِ صلى اللهُ عليهِ وسلمَ: «لَتُفْتَحَنَّ القُسْطَنطينيةُ، فَلَنِعْمَ الأميرُ أميرُها، وَلَنِعْمَ الجيشُ ذلك الجيشُ».
رواه أحمد في المسند وغيرُه.
Traduction : « Vous conquérrez très certainement Constantinople ; quel excellent émir que son émir, et quelle excellente armée que cette armée ! » (Musnad, Imâm Aḥmad)
Le lecteur attentif voudra sûrement savoir pourquoi il a loué cette armée ? Et pourquoi a-t-il loué le commandant de cette armée ?
Plusieurs prophéties établissent la conquête de la ville par une armée musulmane annoncée par le Prophète Muhammad ﷺ pour se produire à la Fin des Temps. Notre analyse de ces prophéties indique très clairement, et sans aucun doute possible, que la conquête prophétisée de Constantinople n’a pas encore eu lieu. Par conséquent, la conquête ottomane de Constantinople en 1453 ne peut pas être considérée comme l’accomplissement de la prophétie du Prophète Muhammad ﷺ.
Voici deux prophéties qui indiquent clairement que la conquête prophétisée de Constantinople par une armée musulmane n’a pas encore eu lieu :
حدّثنا عباسُ العَنْبَريُّ، حدّثنا هاشمُ بنُ القاسمِ، حدّثنا عبدُ الرحمنِ بنُ ثابتِ بنِ ثوبانَ، عن أبيهِ، عن مَكحولٍ، عن جُبيرِ بنِ نُفَيرٍ، عن مالكِ بنِ يُخامِرَ، عن مُعاذِ بنِ جبلٍ، قال: قال رسولُ اللهِ صلى اللهُ عليهِ وسلمَ: «عِمْرانُ بيتِ المقدسِ خرابُ يثربَ، وخرابُ يثربَ خروجُ المَلْحَمَةِ، وخروجُ المَلْحَمَةِ فتحُ القسطنطينيةِ، وفتحُ القسطنطينيةِ خروجُ الدَّجَّالِ». ثمَّ ضربَ بيدِهِ على فخذِ الذي حدَّثَ – أو منكِبِهِ – ثم قال: «إنَّ هذا لحقٌّ كما أنَّك هاهنا»، أو: «كما أنَّك قاعدٌ». يعني مُعاذَ بنَ جبلٍ.
مسند أحمد؛ وسنن أبي داود.
Traduction : Muʿādh ibn Jabal رضي الله عنه rapporte que le Prophète ﷺ a dit : « Lorsque Bayt al-Maqdis (c’est-à-dire Jérusalem) sera en état de prospérité (c’est-à-dire au centre de la scène mondiale), Yathrib (c’est-à-dire Madīna) sera en ruines (dans un état de désolation). Et lorsque Yathrib sera en ruines, la Grande Guerre aura lieu ; et lorsque la Grande Guerre aura lieu, alors Constantinople sera conquise ; et lorsque Constantinople sera conquise, alors le Dajjāl (l’Antéchrist) sortira (c’est-à-dire apparaîtra en personne). » Le Prophète frappa sa cuisse ou son épaule de sa main et dit : « Ceci est aussi vrai que tu es ici, ou aussi vrai que tu es assis. » (Musnad, Aḥmad ; Sunan, Abū Dāwūd)
Le Prophète nous a en outre informés :
عن مُعاذِ بنِ جبلٍ، عن النبيِّ صلى اللهُ عليهِ وسلم قال: «المَلْحَمَةُ العُظمى وفتحُ القسطنطينيةِ وخروجُ الدَّجَّالِ في سبعةِ أشهرٍ».
جامع الترمذي؛ وسنن أبي داود.
Traduction : « La Grande Malhama, la conquête de Constantinople et la venue du Dajjāl se produiront dans un intervalle de sept mois. » (Sunan, al-Tirmidhī ; Sunan, Abū Dāwūd)
Nos lecteurs doivent noter qu’un autre Hadith mentionne « sept années » au lieu de « sept mois » :
المَلْحَمَةُ وفَتْحُ المدينةِ ستُّ سنينَ، وخروجُ المسيحِ الدَّجَّالِ في السابعةِ». قال أبو داود: «هذا أصحُّ من حديثِ عيسى».
سنن أبي داود.
Traduction : « Le temps entre la Grande Guerre et la conquête de la ville (Constantinople) sera de six ans, et le Dajjāl sortira la septième année. » Abū Dāwūd dit : « Ce hadith est plus solide que le récit rapporté par ʿĪsā ibn Yūnus (c’est-à-dire celui des sept mois). » (Sunan, Abū Dāwūd)
Le Prophète Muhammad ﷺ a clairement prophétisé l’événement de la conquête de la ville de Constantinople par une armée musulmane selon une chronologie d’événements qui commencerait lorsque Jérusalem assumerait un statut particulier dans le monde.
Il a prophétisé une époque où Bayt al-Maqdis, également connu sous le nom de Jérusalem, serait reconstruit et mis en valeur, et où Yathrib, également connu sous le nom de Madīna, serait en ruine. L’analogie de la reconstruction a été utilisée pour décrire une époque où Jérusalem serait au centre de la scène mondiale, tandis que Madīna serait dans un état de désolation.
Nos lecteurs reconnaîtront sûrement que Jérusalem et Madīna occupent désormais précisément ces positions dans le monde, comme décrit dans la prophétie. Et, plus important encore, nos lecteurs reconnaîtront également que, avant notre époque, ni Jérusalem n’occupait une place centrale sur la scène mondiale, ni Madīna n’était jamais dans une désolation comparable à celle de Jérusalem.
Avant la Première Guerre mondiale (1914-1918), il n’existait pas même l’ombre d’un indice, dans l’histoire politique et diplomatique, que Jérusalem pourrait un jour occuper le centre de la scène mondiale. Tout ce que l’on savait, c’est que le mouvement sioniste avait été fondé à Bâle, en Suisse, en 1897, et que les sionistes voulaient acheter la ville à l’Empire ottoman. Ce n’est qu’en 1917 qu’une série d’événements commença à se dérouler dans l’histoire et que Jérusalem réapparut soudainement et mystérieusement sur la scène du monde. Voici quelques-uns de ces événements :
- Une armée britannique conquit Jérusalem en 1917 ;
- Le gouvernement britannique publia en 1917 la déclaration la plus étrange et la plus mystérieuse de l’histoire diplomatique, à savoir la Déclaration Balfour, par laquelle la Grande-Bretagne déclarait son intention d’établir en Terre Sainte un État juif qui chercherait à restaurer le Saint Royaume d’Israël du roi David ;
- Les Juifs furent ensuite ramenés pour reprendre Jérusalem comme la leur ;
- Un État d’Israël fut ensuite établi en 1948 en Terre Sainte.
Le monde se trouva soudain confronté à un phénomène unique dans l’histoire religieuse et politique de l’humanité : Jérusalem devint soudainement importante dans les affaires mondiales. En fait, le compte à rebours final de l’Ākhir al-Zamān avait commencé avec la découverte, en 1898, du corps de Pharaon (voir mon livre intitulé Jerusalem in the Qur’ān).
Israël ne cessa de croître en puissance et en influence jusqu’à la guerre de 1967, qui aboutit à une conquête israélienne de la ville de Jérusalem. En 2017, les États-Unis reconnurent Jérusalem comme capitale d’Israël et, par conséquent, les éléments existent désormais qui permettent de confirmer la prophétie. S’il subsistait le moindre doute quant au fait que Jérusalem occupe désormais le centre de la scène mondiale, nos lecteurs peuvent sûrement réfléchir au sort qu’ont subi tous les hommes politiques américains et les personnalités publiques en vue, y compris un Président américain, ainsi que Malcolm X, qui ont jamais critiqué Israël.
Au même moment où Jérusalem peut désormais être reconnue comme occupant le centre de la scène mondiale, il devrait être tout aussi clair pour nos lecteurs que la ville de Madīna, comparée à Jérusalem, est dans un état de désolation. Madīna ne joue absolument aucun rôle, à l’heure actuelle, dans les affaires du monde.
La prophétie du Prophète poursuivait en déclarant que la Grande Guerre, ou Malhama (connue, dans l’eschatologie judéo-chrétienne, sous le nom d’Armageddon), se produirait lorsque Jérusalem occuperait le centre de la scène mondiale et que Madīna serait, par comparaison, dans un état de désolation. Non seulement la Grande Guerre, ou Malhama, n’a pas encore eu lieu, mais il ressort de la prophétie qu’il s’agit du prochain grand événement à se produire dans la chronologie de la Fin des Temps.
L’un des éléments les plus saisissants que le Prophète ﷺ a annoncés concernant cette Grande Guerre est qu’elle sera menée pour une « montagne d’or » qui émergera de sous le fleuve Euphrate, et que 99 % de tous les combattants qui se battront pour cette montagne d’or seront tués :
وعنه رضي اللهُ عنه قال: قال رسولُ اللهِ صلى اللهُ عليهِ وسلم: «لا تقومُ الساعةُ حتى يَحْسِرَ الفراتُ عن جبلٍ من ذهبٍ، فيُقتتلُ عليه، فيُقتلُ من كلِّ مائةٍ تسعةٌ وتسعون، فيقولُ كلُّ رجلٍ منهم: لعلّي أكونُ أنا أنجو». وفي روايةٍ: «يُوشكُ أن يَحسِرَ الفراتُ عن كنزٍ من ذهبٍ، فمن حضرَه فلا يأخذْ منه شيئًا».
متفقٌ عليه: صحيح البخاري؛ صحيح مسلم.
Traduction : Abū Hurayra رضي الله عنه a dit : Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « L’Heure n’arrivera pas avant que l’Euphrate ne se retire pour dévoiler une montagne d’or ; les gens se battront à son sujet, et, de chaque centaine, quatre-vingt-dix-neuf seront tués ; et chaque homme parmi eux dira : “Peut-être serai-je le seul à survivre.” » Dans une autre version : « Le temps est proche où l’Euphrate se retirera pour dévoiler un trésor d’or. Quiconque sera présent à ce moment-là ne doit rien en prendre. » (Sahīh al-Bukhārī ; Sahīh Muslim)
Une telle guerre n’a encore jamais eu lieu dans l’histoire humaine ; toute affirmation selon laquelle la Malhama aurait déjà eu lieu doit donc être rejetée comme insensée !
De fait, nous pouvons nous attendre à ce qu’une guerre menée pour cette « montagne d’or » survienne désormais, puisqu’un océan de pétrole sous le fleuve Euphrate a commencé à fonctionner, en 1974, comme une montagne d’or, à la suite de quoi le système monétaire du pétrodollar est né. La Russie et la Chine défient désormais ce système monétaire injuste, et ce sera la principale cause provoquant la future guerre nucléaire connue, en eschatologie, sous le nom de Malhama ou Armageddon. Il est d’une importance cruciale que nos lecteurs reconnaissent que, contrairement à l’OTAN, la Russie et la Chine ne se battent pas pour cette « montagne d’or » ; elles se battent contre l’injuste système monétaire du pétrodollar. Par conséquent, la prophétie selon laquelle 99 sur 100 seraient tués ne s’applique pas à elles.
Ce n’est qu’après la Malhama, ou Grande Guerre, que le monde verra l’accomplissement de la prophétie du Prophète Muhammad ﷺ annonçant qu’une armée musulmane conquérra Constantinople.
Une autre prophétie du Prophète Muhammad ﷺ, citée plus haut, annonce que la conquête aura lieu immédiatement après la Grande Guerre ou Malhama, et que le Dajjāl apparaîtra ensuite (c’est-à-dire en personne) si rapidement que ces trois événements se produiront dans un laps de sept mois seulement.
Que la durée soit de sept mois ou de sept années, cela indique que les événements s’enchaîneront très rapidement dès que la Malhama, ou Grande Guerre, éclatera, et qu’il n’y aura, par conséquent, plus de temps pour expliquer ce sujet une fois la Grande Guerre commencée.
Il est donc nécessaire que ce sujet soit expliqué avant que la Grande Guerre n’ait lieu, et c’est précisément le moment dans lequel se trouve maintenant le monde. Cet auteur est reconnaissant envers Allah Très-Haut que ce modeste livre ait pu être écrit précisément à ce moment.
Il devrait maintenant être tout à fait clair pour nos lecteurs que toute affirmation selon laquelle la conquête de Constantinople prophétisée par le Prophète Muhammad ﷺ a déjà eu lieu doit être rejetée comme fausse, car, en réalité, elle n’a pas encore eu lieu.
Peu importe que nous retenions une période de sept mois ou de sept années, le fait est que 1453 remonte à fort longtemps ; ainsi, même les partisans les plus farouches du sultan Muḥammad Fātiḥ doivent admettre qu’il n’existe aucune preuve que le Dajjāl soit apparu en personne dans le monde peu après la conquête ottomane de Constantinople en 1453.
Puisqu’il est clair que la prophétie n’a pas encore été accomplie, il s’ensuit que l’armée musulmane qui conquerra finalement Constantinople à la Fin des Temps ne conquérra pas une ville chrétienne, puisque, à la suite de la conquête ottomane de 1453, la ville est déjà devenue une ville presque exclusivement musulmane, avec une petite population chrétienne insignifiante.
Nos lecteurs, chrétiens comme musulmans, poseront maintenant une question parfaitement compréhensible : pourquoi une armée musulmane voudrait-elle conquérir une Constantinople qui a déjà été conquise par des musulmans, et dont la population est devenue presque entièrement musulmane ? Et pourquoi le Prophète ﷺ ferait-il l’éloge de cette armée et de son commandant ? Il doit y avoir une raison aux actes du Prophète. La réponse à cette question est encore plus importante pour nos chers frères et sœurs musulmans en Turquie, dans les Balkans et ailleurs : pourquoi a-t-il loué cette armée ? Et pourquoi a-t-il loué le commandant de cette armée ?
CHAPITRE TROIS
Comment Constantinople devint une ville chrétienne !
Il existe un Hadith qui nous raconte comment Constantinople, qui était une ville romaine païenne, fut conquise par les chrétiens sans combat. Notre point de vue est qu’une conquête d’une ville sans combat indique une prise de contrôle pacifique de la ville. Le Hadith révèle clairement que la conquête chrétienne de Constantinople fut ordonnée par la Volonté divine.
Il doit être clair que cette conquête de Constantinople ne peut pas être celle prophétisée par le Prophète Muhammad ﷺ, puisqu’elle ne fut pas accomplie par une armée musulmane et un Commandant loués par le Prophète, et qu’elle ne fut pas réalisée au terme d’une lutte militaire conclue par la victoire d’une armée musulmane.
Le Hadith nous oriente vers une ville qu’il décrit ainsi :
حَدَّثَنَا قُتَيْبَةُ بْنُ سَعِيدٍ، حَدَّثَنَا عَبْدُ الْعَزِيزِ ـ يَعْنِي ابْنَ مُحَمَّدٍ ـ عَنْ ثَوْرٍ ـ وَهُوَ ابْنُ زَيْدٍ الدِّيلِيِّ ـ عَنْ أَبِي الْغَيْثِ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، أَنَّ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم قَالَ: «سَمِعْتُمْ بِمَدِينَةٍ جَانِبٌ مِنْهَا فِي الْبَرِّ، وَجَانِبٌ مِنْهَا فِي الْبَحْرِ». قَالُوا: نَعَمْ يَا رَسُولَ اللَّهِ. قَالَ: «لَا تَقُومُ السَّاعَةُ حَتَّى يَغْزُوهَا سَبْعُونَ أَلْفًا مِنْ بَنِي إِسْحَاقَ…»
Abū Hurayra rapporte que le Prophète ﷺ a dit : « Avez-vous entendu parler d’une ville dont un côté est sur la terre et un côté est dans la mer ? » Ils répondirent : « Oui, ô Messager d’Allah. » Il dit : « L’Heure ne surviendra pas avant que soixante-dix mille personnes issues de Banū Isḥāq ne l’attaquent… »
Source : Sahīh Muslim.
… فَإِذَا جَاؤُوهَا نَزَلُوا فَلَمْ يُقَاتِلُوا بِسِلَاحٍ وَلَمْ يَرْمُوا بِسَهْمٍ. قَالُوا: لَا إِلٰهَ إِلَّا اللَّهُ وَاللَّهُ أَكْبَرُ، فَيَسْقُطُ أَحَدُ جَانِبَيْهَا. قَالَ ثَوْرٌ: لَا أَعْلَمُ إِلَّا قَالَ: الَّذِي فِي الْبَحْرِ. ثُمَّ يَقُولُونَ الثَّانِيَةَ: لَا إِلٰهَ إِلَّا اللَّهُ وَاللَّهُ أَكْبَرُ، فَيَسْقُطُ جَانِبُهَا الْآخَرُ. ثُمَّ يَقُولُونَ الثَّالِثَةَ: لَا إِلٰهَ إِلَّا اللَّهُ وَاللَّهُ أَكْبَرُ، فَيُفْتَحُ لَهُمُ الْأَبْوَابُ، فَيَدْخُلُونَهَا فَيَغْنَمُونَ، فَبَيْنَمَا هُمْ يَقْتَسِمُونَ الْمَغَانِمَ إِذْ جَاءَهُمُ الصَّرِيخُ فَيَقُولُ: إِنَّ الدَّجَّالَ قَدْ خَرَجَ. فَيَتْرُكُونَ كُلَّ شَيْءٍ وَيَرْجِعُونَ.
… Lorsqu’ils atteindront la ville, ils camperont, sans combattre avec des armes ni lancer de flèches. Ils diront : « Il n’y a de dieu qu’Allah, et Allah est le Plus Grand », alors un côté de la ville s’effondrera (Thaūr, l’un des rapporteurs, dit : « Je pense qu’il a dit : le côté au bord de la mer. »). Puis ils le diront une seconde fois, et le second côté s’effondrera. Puis ils le diront une troisième fois, et les portes s’ouvriront pour eux ; ils y entreront, prendront du butin et, tandis qu’ils se partageront les dépouilles, un crieur viendra : « En vérité, le Dajjāl est sorti ! » Alors ils délaisseront tout et retourneront (sur leurs pas).
Source : Sahīh Muslim.
« … un côté sur la terre et un côté dans la mer »
… جَانِبٌ مِنْهَا فِي الْبَرِّ، وَجَانِبٌ مِنْهَا فِي الْبَحْرِ …
Nous comprenons cela comme une description géographique d’une ville dont un côté jouxte la terre ferme tandis que l’autre côté — c’est-à-dire le reste de la ville — est entouré par la mer : c’est donc une péninsule.
Le Hadith poursuit en décrivant la ville comme ayant trois côtés, et la conquête de chacun des côtés s’accomplit avec une invocation d’Unicité divine, etc. Un peuple décrit comme Banū Isḥāq conquiert la ville sans combat. Ils proclament « Lā ilāha illa Allāh, wa-Allāhu Akbar », et les trois côtés de la ville tombent l’un après l’autre.
« Il n’y a de dieu qu’Allah et Allah est le Plus Grand », puis le second côté tomberait, et ils diraient encore : « Il n’y a de dieu qu’Allah et Allah est le Plus Grand », et les portes s’ouvriraient pour eux, ils y entreraient, ramasseraient le butin et se le distribueraient, lorsqu’un cri se ferait entendre : « En vérité, le Dajjāl est sorti ! » Alors ils abandonneraient tout et repartiraient. — Sahīh Muslim
Qui sont les Banū Isḥāq ?
Il n’existe absolument aucun précédent permettant d’identifier Banū Isḥāq à l’Ummah de Nabī Muhammad ﷺ ; par conséquent, une conquête de Constantinople par Banū Isḥāq ne peut raisonnablement renvoyer à une conquête de la ville par une armée musulmane.
Ensuite, des musulmans appartenant à l’Ummah de Nabī Muhammad ﷺ ne proclameraient pas la Shahādah « Il n’y a de dieu qu’Allah » sans la compléter par « Muhammad est le Messager d’Allah ». Il s’ensuit que Banū Isḥāq devait être un peuple qui adore Allah Très-Haut, mais qui n’appartient pas à l’Ummah de Muhammad ﷺ.
De qui le Prophète parlait-il donc en désignant Banū Isḥāq ?
Pourquoi le Prophète aurait-il référé aux descendants d’Abraham — c’est-à-dire Nabī Ibrāhīm عليه السلام — par son fils Isaac, c’est-à-dire Nabī Isḥāq عليه السلام, sous le nom de Banū Isḥāq, alors qu’Allah Très-Haut avait déjà choisi le terme Banū Isrāʾīl pour ce même peuple ? La seule explication possible de l’usage d’un nouveau terme, Banū Isḥāq, est qu’il sert à distinguer une partie du peuple israélite — ceux qui acceptèrent Jésus عليه السلام comme le vrai Messie — du reste de Banū Isrāʾīl qui le rejetèrent. Par conséquent, la conquête de Constantinople annoncée dans ce Hadith renvoie à une conquête chrétienne de la ville, qui ne se produisit pas par la guerre ; et c’est précisément ainsi, pacifiquement, que Constantinople cessa d’être païenne et devint une ville chrétienne.
Un problème surgit toutefois lorsque le Hadith conclut en informant que les portes de la ville s’ouvrirent à Banū Isḥāq après la chute du troisième côté et qu’ils se mirent à partager le butin de la victoire. Cela paraît incompatible avec une prise de contrôle pacifique.
Le Hadith révélait en outre que Dajjāl ferait son entrée à Constantinople dès qu’elle deviendrait chrétienne. Il y a donc un problème d’incompatibilité de dates entre la date de sortie de Dajjāl fournie par ce Hadith et l’information fournie par d’autres Ahādīth, d’où nous avions déduit que Dajjāl fut relâché du vivant même du Prophète ﷺ.
Comme nous avons déduit du Hadith d’Ibn Ṣayyād que la libération de Dajjāl eut lieu peu après l’Hijrah vers Madīna, l’implication serait donc soit qu’il y a un conflit entre ces deux dates de la libération de Dajjāl, soit que les trois murs de la ville tombèrent sur plusieurs siècles — indiquant que Constantinople ne devint pas un État de Khilāfah ou un saint État chrétien peu après la mort de Constantin, mais qu’il y eut un processus par étapes de transformation de la ville jusqu’à devenir la « Sainte Constantinople ». Voilà un sujet très intéressant pour un étudiant-chercheur.
Et puisque l’achèvement de la conquête chrétienne de la ville provoqua la présence immédiate de Dajjāl, nous devrions nous attendre à ce que l’Empire chrétien byzantin adopte une attitude hostile à l’Islam ; et, de fait, ce fut le premier visage de Rūm que les musulmans rencontrèrent.
Nos lecteurs pourront attendre de voir ce que ce livre présentera comme preuves issues de la Constantinople chrétienne et impactant directement la mission de Dajjāl d’en venir à gouverner le monde depuis Jérusalem.
Cependant, à ce stade, notre préoccupation est de rappeler que le Hadith cité ci-dessus fournit la preuve que le passage de Constantinople à une ville chrétienne fut décidé par la Volonté divine.
CHAPITRE QUATRE
Constantinople dans le Coran
Lorsque le peuple israélite perdit Jérusalem après que l’Empire romain eut détruit la Masjid al-Aqṣā ou Temple de Sulaymān, c’est-à-dire Nabī Sulaymān عليه السلام, et les eut tous expulsés à la fois de la cité et du reste de la Terre sainte, le Coran fit référence à cet événement en y ajoutant l’information qu’un interdit divin fut alors placé sur eux, les empêchant de revenir s’installer dans la ville pour la revendiquer comme leur bien. Cet interdit demeurerait en vigueur jusqu’au temps de Gog et Magog :
Un interdit est désormais placé sur une cité (c’est-à-dire Jérusalem) que Nous avons détruite, et dont Nous avons expulsé le peuple : ces gens ne pourront jamais revenir pour revendiquer cette cité comme la leur, jusqu’à ce que Gog et Magog soient libérés et qu’ils se répandent en tout sens. (Coran, al-Anbiyā’, 21 :95-96)
… jusqu’à ce que Gog et Magog aient été relâchés et qu’ils se répandent ensuite dans toutes les directions.
Le Coran reconnut qu’une partie des Israélites expulsés furent des croyants en Jésus عليه السلام en tant que vrai Messie, tandis qu’une autre partie des Israélites Le rejeta. (Voir Coran, al-Ṣaff, 61 :14)
Notre interprétation du verset cité ci-dessus est que la ville en question était Jérusalem. Par conséquent, nous comprenons qu’il fut ordonné par décret divin que tout le peuple israélite — tant ceux qui acceptèrent Jésus comme Messie et Le suivirent, que ceux qui Le rejetèrent — fût expulsé de Jérusalem et de la Terre sainte.
Et Nous les avons dispersés en communautés séparées sur l’ensemble de la terre ; certains d’entre eux étaient justes, et d’autres à un degré moindre ; et Nous les avons éprouvés par les biens et par les maux afin qu’ils reviennent (au droit chemin). (Coran, al-A‘rāf, 7 :168)
Le monde fut alors témoin d’un spectacle étonnant dans l’histoire religieuse de l’humanité : ceux qui rejetèrent Jésus عليه السلام, et qui furent dès lors connus sous le nom d’al-Yahūd (c’est-à-dire les Juifs), furent séparés en tant qu’Ummah de ceux qui L’acceptèrent et qui furent désormais connus comme al-Naṣārah (c’est-à-dire les chrétiens).
Les Juifs furent punis pour leur rejet du Messie en étant brisés en morceaux et dispersés sur toute la terre en plusieurs communautés.
Les chrétiens, quant à eux, désormais reconnus comme une Ummah distincte des Juifs et désignés également dans le Coran comme Ahl al-Injīl (al-Mā’idah, 5 :48) et, dans un hadith, comme Banū Isḥāq, furent traités différemment. Plutôt que de subir le même sort que les Juifs — être fractionnés et disséminés aux quatre coins du monde —, ils furent bénis par Allah Très-Haut pour finir par avoir leur propre État, avec Constantinople pour capitale. Le chapitre trois a décrit comment cela advint. Le Coran se référa à ce Saint État chrétien sous le nom de Rūm.
Le Coran choisit également de désigner ces deux communautés — l’Ummah des Juifs et l’Ummah des chrétiens —, toutes deux issues de Banū Isrā’īl, comme Ahl al-Kitāb (les Gens du Livre).
Nos lecteurs peuvent maintenant comprendre pourquoi Constantinople demeure un cauchemar pour les Juifs qui rejetèrent Jésus عليه السلام comme Messie, puisqu’elle devint finalement la demeure de ceux qui L’acceptèrent comme vrai Messie. Ils se sentent menacés par Constantinople car elle symbolise tout ce qu’ils rejetèrent à propos de Jésus عليه السلام. Rien ne pourrait davantage les satisfaire que de voir Constantinople occupée par ceux qui sont hostiles aux chrétiens, et de voir ensuite le nom de Constantinople relégué aux musées de l’histoire.
De la même manière que « Jérusalem » a été employé — y compris dans le Coran — pour symboliser la Terre sainte et, en son sein, le Saint État d’Israël, « Constantinople » peut aussi être utilisé pour désigner le Saint Empire chrétien byzantin auquel le Coran fait référence sous le nom de Rūm. Non seulement Constantinople en était la ville capitale, mais elle abritait également la cathédrale de Hagia Sophia, cœur spirituel de l’Empire. C’est dans ce sens symbolique que l’on peut reconnaître la présence de Constantinople dans le Coran, au sein d’une Sūrah (c’est-à-dire un chapitre) nommée d’après le Saint Empire chrétien byzantin : la Sūrah al-Rūm. Ce n’est toutefois pas la seule référence du Coran à la ville de Constantinople.
Le Coran et Rūm
Le mot Rūm apparaît dès le tout premier verset de la Sūrah ; et bien que ce soit la seule occurrence de ce mot dans le Coran, le passage du Livre Saint dans lequel il figure suffit néanmoins à démontrer qu’Allah Très-Haut reconnut Rūm comme un peuple chrétien digne de Son secours. Ils ne pouvaient donc pas être un peuple ayant abandonné la religion apportée par Jésus عليه السلام et n’étant plus reconnus comme appartenant à son Ummah (c’est-à-dire la communauté religieuse qui suivit Jésus عليه السلام). Au contraire, Rūm fut reconnu divinement dans cette Sūrah comme l’Ummah de Jésus عليه السلام ; par conséquent, Constantinople n’était pas une ville ordinaire : c’était la capitale de la communauté de croyants qui suivait Jésus عليه السلام.
La Sūrah al-Rūm établit aussi une relation positive entre Rūm et l’Ummah de Nabī Muḥammad صلى الله عليه و سلم.
Voici le texte arabe du passage du Coran tiré de la Sūrah al-Rūm (Sourate n° 30, versets 1 à 7).
Nous rappelons au lecteur bienveillant que la langue miraculeuse du Coran ne peut être traduite dans d’autres langues ; ainsi, ce que nous proposons, ce sont des explications et des commentaires de chaque verset. Nous prenons toujours soin de préciser, chaque fois que nous nous avançons à offrir une interprétation du Coran, que seul Allah Très-Haut peut confirmer si l’interprétation est correcte ou non :
Alif Lām Mīm. (Coran, al-Rūm, 30 :1)
Ce premier verset se compose de trois lettres de l’alphabet arabe. De tels versets appartiennent à l’une des deux catégories du Coran. La première, connue sous le nom d’Āyāt Muḥkamāt, regroupe les versets explicites et clairs qui ne requièrent qu’une explication. La seconde, dite des Āyāt Mutashābihāt, regroupe des versets comme celui-ci, qui doivent être interprétés afin que leur sens soit découvert. Le Coran avertit cependant que seul Allah peut confirmer la justesse d’une interprétation (voir Sūrah Āl ‘Imrān, 3 :7). Ainsi, lorsqu’un tel verset est interprété, nul n’est tenu d’accepter cette interprétation. L’auteur a proposé une interprétation de ces versets composés uniquement de lettres de l’alphabet arabe, dans son ouvrage intitulé Methodology for Study of the Qur’ān.
Rūm a été vaincu. (Coran, al-Rūm, 30 :2)
La défaite eut lieu dans une terre toute proche ; pourtant, malgré cette défaite, ils seront bientôt victorieux. (Coran, al-Rūm, 30 :3)
La victoire surviendra en quelques années ; car c’est Allah qui décrète l’issue — avant comme après —, et ce jour-là, les croyants qui croient en ce Coran accueilleront cette victoire avec joie. (Coran, al-Rūm, 30 :4)
Par le secours d’Allah ; Il secourt qui Il veut, car Il est le Tout-Puissant, le Dispensateur de grâce. (Coran, al-Rūm, 30 :5)
Ceci est la promesse d’Allah ; jamais Allah ne manque à Sa promesse — mais la plupart des gens ne le savent pas. (Coran, al-Rūm, 30 :6)
Leur savoir se limite à l’apparence de la vie d’ici-bas, tandis qu’ils demeurent dans une ignorance insouciante, et donc intérieurement aveugles, quant à la Fin qui les attend. (Coran, al-Rūm, 30 :7)
Muhammad Asad, un célèbre commentateur moderne du Coran, écrit à propos de ces versets d’ouverture de la Sūrah al-Rūm :
« Les défaites et les victoires évoquées ci-dessus se rapportent aux dernières phases de la lutte pluriséculaire entre les empires byzantin et perse. Au début du VIIe siècle, les Perses conquirent des régions de Syrie et d’Anatolie, “les terres proches”, c’est-à-dire près du cœur de l’Empire byzantin ; en 613, ils prirent Damas et, en 614, Jérusalem ; l’Égypte tomba entre leurs mains en 615-616, et, au même moment, ils mirent le siège devant Constantinople elle-même. Au moment de la révélation de cette Sūrah — vers la septième année avant l’Hégire, correspondant à 615 ou 616 de l’ère chrétienne —, la destruction totale de l’Empire byzantin semblait imminente. Les quelques musulmans autour du Prophète furent accablés à l’annonce de l’écrasante défaite des Byzantins, qui étaient chrétiens et, à ce titre, croyaient en l’Unique Dieu. Les Quraysh païens, en revanche, sympathisaient avec les Perses dont ils pensaient qu’ils justifieraient leur propre opposition au monothéisme. Lorsque Muḥammad proclama les versets coraniques ci-dessus prédisant une victoire byzantine “en quelques années”, cette prophétie fut accueillie par les Quraysh avec dérision. Or le terme biḍ‘ (rendu communément par “quelques”) désigne tout nombre compris entre trois et dix ; et, de fait, en 622 — soit six ou sept ans après la prédiction coranique —, la situation se renversa en faveur des Byzantins. Cette année-là, l’empereur Héraclius vainquit les Perses à Issos, au sud des monts Taurus, puis les chassa d’Asie Mineure. En 624, il porta la guerre en territoire perse et mit ainsi l’ennemi sur la défensive ; et au début de décembre 626, les armées perses furent complètement mises en déroute par les Byzantins. »
Muhammad Asad, Message of the Qur’an, commentaire sur Sūrah al-Rūm 30 :4.
L’Empire chrétien byzantin avait donc été vaincu à la guerre par l’Empire zoroastrien perse, et le Coran attira l’attention sur cette défaite survenue « dans une terre proche ». Les Arabes polythéistes, qui s’opposaient au Prophète et à la religion monothéiste de l’islam qu’il prêchait, s’identifièrent à l’Empire perse polythéiste et se réjouirent de la victoire perse sur un empire chrétien partageant de nombreux points communs avec la religion du Prophète.
C’est dans ce contexte que le Coran apporta aux musulmans la nouvelle stupéfiante que Rūm remporterait la victoire sur l’Empire perse dans l’espace de quelques années seulement ; et c’est précisément ce qui se produisit. Le Coran avait correctement prophétisé un événement retentissant aux implications stratégiques de grande portée, qui ne s’était pas encore réalisé mais qui ne tarderait pas à se produire.
Rūm serait victorieux deux fois — « avant » et « après »
Mais lorsque le Coran prophétisa que Rūm serait bientôt victorieux, il déclara ensuite qu’Allah détenait l’autorité d’ordonner la victoire « avant » comme « après ». La plupart des commentateurs du Coran s’accordent à dire que le verset nous informa qu’il y aurait deux victoires ; toutefois, la plupart conclurent que la seconde de ces deux victoires correspondit à la victoire des musulmans sur les Quraysh lors de la bataille de Badr.
CHAPITRE CINQ
Le Coran a déclaré qu’une Ummah de Jésus عليه السلام existera jusqu’à la fin du monde
Lorsque le peuple d’Israël vit Jésus عليه السلام crucifié sous leurs yeux, et qu’ils furent tous convaincus qu’il était mort, certains d’entre eux — qui avaient accepté sa naissance virginale et cru en lui comme le Messie longtemps attendu et promis par décret divin — durent pleurer de chagrin ; tandis que d’autres — qui calomniaient sa mère vierge et rejetaient sa prétention à être leur Messie — durent se réjouir.
Ce qu’ils virent de leurs propres yeux leur confirma, sans l’ombre d’un doute, qu’il ne pouvait pas être le Messie, puisque la Torah révélée à Moïse — c’est-à-dire Nabī Mūsā عليه السلام — avait déclaré que quiconque mourait pendu était maudit par le Seigneur-Dieu (Deutéronome 21:22–23). Puisqu’ils virent Jésus crucifié de leurs propres yeux, cela leur confirma qu’il ne pouvait pas être le Messie.
Le Coran a consigné leur célébration sarcastique d’une crucifixion qui avait confirmé, pour eux, leur rejet de Jésus :
Et pour avoir dit : « Nous avons certes tué le Messie, Jésus, fils de Marie, l’Envoyé d’Allah. » Or ils ne l’ont ni tué ni crucifié ; mais il leur est apparu que oui. Et ceux qui ont discuté à son sujet sont assurément dans le doute : ils n’en ont pas une science certaine, ils ne suivent que des conjectures ; et ils ne l’ont très certainement pas tué. (Coran, al-Nisā’, 4:157)
Le Très-Haut répondit à cet instant précis en s’adressant à Jésus عليه السلام, qu’ils croyaient mort, alors qu’il était encore vivant et conscient. Il lui dit :
Lorsque Allah dit : « Ô Jésus ! En vérité, Je vais prendre ton âme, puis Je te rapporterai vers Moi ; Je te purifierai des mensonges et calomnies de ceux qui ont mécru à ton sujet, ainsi qu’au sujet de ta mère ; et Je ferai ensuite que ceux qui te suivent soient élevés au-dessus de ceux qui ont mécru. Quand cela surviendra, tes partisans demeureront dans cette position de domination sur leurs ennemis jusqu’au Jour de la Résurrection. Et vers Moi, en fin de compte, vous retournerez tous, et Je jugerai entre vous sur ce en quoi vous divergiez. » (Coran, Āl ʿImrān, 3:55)
Nous comprenons, d’après ce qui précède, que ces paroles furent adressées à Jésus عليه السلام avant qu’Allah Très-Haut ne prenne son âme ; il était donc encore vivant et conscient. Mais le Coran déclara ensuite que le plan divin était de faire croire aux présents qu’il était mort par crucifixion alors qu’en réalité il serait sauvé d’une telle mort, sans que personne ne le sache :
… Or ils ne l’ont ni tué ni crucifié ; mais il leur a semblé que oui … (Coran, al-Nisā’, 4:157)
Il n’existe qu’une seule manière pour qu’Allah Très-Haut prenne l’âme de quelqu’un tout en le sauvant de la mort. Quelle est cette manière ?
Le Coran confirme qu’Allah peut prendre une âme, puis la rendre pour une période déterminée :
Allah reprend les âmes au moment de leur mort, ainsi que celles qui ne meurent pas, durant leur sommeil ; Il retient celles dont Il a décrété la mort et renvoie les autres pour un terme fixé. Voilà bien là des signes pour des gens qui réfléchissent ! (Coran, al-Zumar, 39:42)
Nous savons donc désormais ce que fit Allah Très-Haut afin de faire croire aux présents que Jésus عليه السلام était mort crucifié : à savoir qu’Allah prit son âme, puis la lui rendit.
Beaucoup de musulmans ont été amenés à croire qu’Allah Très-Haut fit qu’un autre homme prît l’apparence de Jésus, et que cet homme innocent — qui n’avait jamais prétendu être le Messie — fut crucifié pour cette raison précise. Non seulement ceci est absurde, mais c’est aussi une absurdité dangereuse ; et ceux qui soutiennent cette croyance — qui attribue à Allah Très-Haut un acte injuste et inéquitable — doivent être avertis qu’ils auront à s’y préparer pour le Jour du Jugement.
Le Coran poursuivit ensuite en informant Jésus (voir Āl ʿImrān, 3:55 ci-dessus) qu’Allah Très-Haut l’élèverait vers Lui, et qu’ainsi Jésus عليه السلام demeurerait à partir de ce jour-là auprès d’Allah Très-Haut. Il lui fut aussi annoncé qu’Allah Très-Haut le purifierait des mensonges et calomnies qui avaient été proférés contre lui par cette partie du peuple israélite qui le rejeta, commettant ainsi la mécréance (kufr).
Ce qui suivit ces paroles, adressées à Jésus en ce moment critique, revêt une importance absolument capitale pour notre sujet.
Allah le Très-Haut transmit à Jésus عليه السلام la nouvelle qu’Il élèverait ceux qui le suivent au-dessus — c’est-à-dire qu’Il les placerait en position de domination — de ceux qui le rejettent, et que, lorsque cela se produirait, ils demeureraient dans cette position de supériorité jusqu’à la fin du monde.
Ceux qui suivent Jésus عليه السلام doivent être reconnus comme appartenant à son Ummah — qu’ils croient ou non en une conception trinitaire de Dieu. Nous concluons donc, par une déclaration claire tirée du Coran, qu’une Ummah de Jésus عليه السلام existera dans le monde jusqu’au Dernier Jour.
Puisque nous avons déjà reconnu que Rūm, dans la Sūrah al-Rūm du Coran, était l’Ummah de Jésus عليه السلام avant le schisme, il nous reste maintenant à déterminer de quel côté — c’est-à-dire Rūm de l’Occident ou Rūm à Constantinople — son Ummah demeura après le schisme. Une fois cette Ummah reconnue, nous savons que ces chrétiens finiraient par dominer les autres chrétiens jusqu’à la fin de l’histoire.
CHAPITRE SIX
Le Coran et une cité au bord de la mer
Ce chapitre tente de répondre à la question suivante : le Coran reconnaît‑il l’existence de deux sortes de chrétiens au sein de Rūm avant le Grand Schisme de 1054, ce qui nous aiderait à reconnaître leurs profils religieux différents après le Schisme ? Nous savons que le Rūm de l’Ouest et le Rūm de l’Est sont géographiquement distincts. Le Coran peut‑il nous aider à discerner lequel des deux Rūm constitue l’Ummah de Jésus عليه السلام, et lequel de ces Rūm sera béni d’une aide divine et victorieux dans la seconde victoire qui surviendra après le Grand Schisme ?
Le Coran a déclaré que les musulmans se réjouiront de la victoire de Rūm. Puisqu’ils se réjouirent de la première victoire, survenue avant l’Hijrah, alors que le Prophète Muḥammad صلى الله عليه و سلم était encore à La Mecque, ils devront aussi se réjouir de la seconde victoire de Rūm :
… et, ce jour‑là, les croyants se réjouiront. (Coran, al‑Rūm, 30 :4)
La « cité au bord de la mer »
Nous nous tournons maintenant vers un passage du Coran (Sūrah al‑A‘rāf, 7 :163‑169) qui fait référence à une « cité au bord de la mer ».
Le chapitre trois de ce livre nous a présenté une « cité au bord de la terre et de la mer », qui possédait trois côtés et qui fut aisément identifiée à Constantinople. Nous avons ensuite appris que la Bonté d’Allah envers une partie de Banū Isrā’īl, désignée comme Banū Isḥāq, les bénit de la conquête de la ville sans aucun combat. Ainsi connaissons‑nous désormais une « cité au bord de la mer » contrôlée par une partie de Banū Isrā’īl.
Le Coran nous conduit maintenant à une « cité au bord de la mer » habitée par un peuple appartenant à Banū Isrā’īl. Nous savons qu’il s’agit d’Israélites puisqu’ils étaient tenus d’obéir aux lois du Sabbat dans la Torah. Le parallèle entre la ville mentionnée dans le Hadith évoqué ci‑dessus et la ville décrite ici dans le Coran est donc tout à fait clair. Mais le Coran poursuit en fournissant davantage d’éléments permettant d’identifier cette ville.
Le Coran décrit cette communauté d’Israélites vivant dans la « cité au bord de la mer ». Il s’agissait bien d’Israélites, mais leur profil religieux était double : tandis que certains s’efforçaient d’obéir à Allah et observaient fidèlement la Loi du Sabbat, d’autres dont la foi était superficielle n’avaient aucun scrupule à violer le Sabbat, abandonnant ainsi la Loi sacrée.
Et interroge‑les au sujet de la cité qui était située au bord de la mer : [rappelle] comment ses habitants profanaient le Sabbat, lorsque leurs poissons venaient à eux, fendant la surface de l’eau, le jour où ils devaient observer le Sabbat — alors que, les autres jours, ils ne venaient pas à eux. Ainsi les éprouvions‑Nous à cause de leurs [propres] actes d’iniquité. (Coran, al‑A‘rāf, 7 :163)
La Torah interdisait tout travail le jour du Sabbat au peuple israélite ; il leur était donc interdit de pêcher ce jour‑là. Allah les mit à l’épreuve en faisant que les poissons apparaissent visiblement dans leurs eaux de pêche uniquement le jour du Sabbat. Les autres jours, les poissons n’apparaissaient pas. Ils furent ainsi éprouvés afin de vérifier s’ils resteraient fidèles à l’interdiction de pêcher le jour du Sabbat ou s’ils pêcheraient malgré tout, violant ainsi le Sabbat.
Et lorsque certains d’entre eux dirent : « Pourquoi prêchez‑vous à un peuple qu’Allah anéantira ou châtiera d’un châtiment sévère ? » Ils répondirent : « Afin d’être quittes auprès de votre Seigneur, et peut‑être deviendront‑ils pieux. » (Coran, al‑A‘rāf, 7 :164)
Ce verset nous informe que ceux qui restaient fidèles dans l’observance de la Loi conclurent que les transgresseurs avaient dépassé le point de non‑retour. Ils se dirent donc : « Pourquoi avertir des gens qu’Allah détruira ou punira lourdement, puisqu’ils ne changeront jamais leur conduite pécheresse ? » La réponse fut d’accepter que les pécheurs ne changeraient pas, tout en précisant : nous les avertissons pour être exempts de tout blâme devant votre Seigneur‑Dieu et afin que ces pécheurs puissent devenir conscients de Lui.
Ils furent éprouvés : tandis que certains demeurèrent fidèles à Allah et observèrent le Sabbat, d’autres échouèrent à l’épreuve en violant le jour du Sabbat. Il nous est alors présenté le profil d’une « cité au bord de la mer » avec deux sortes d’Israélites : les premiers respectaient la Loi du Sabbat et s’abstenaient de pêcher le jour du Sabbat, tandis que les seconds ne respectaient pas la Loi et allaient pêcher en violation de celle‑ci. Le verset décrit ensuite le premier groupe pieux avertissant le second, pécheur, concernant sa conduite. Lorsqu’on fit remarquer aux pieux que les violateurs du Sabbat ne changeraient pas et finiraient par subir un châtiment divin, la réponse des pieux fut d’accepter l’inévitabilité du châtiment divin du second groupe, tout en déclarant qu’ils les avaient avertis afin d’être libres de tout blâme devant Allah Très‑Haut lorsqu’ils seront châtiés. Il était donc inévitable qu’une rupture survînt entre les deux groupes lorsque commencerait le châtiment divin contre le second groupe.
Et lorsque les pervers eurent oublié ce qui leur avait été rappelé, Nous sauvâmes ceux qui empêchaient le mal de se commettre, et Nous saisîmes les injustes d’un terrible châtiment pour ce qu’ils persistaient à commettre. (Coran, al‑A‘rāf, 7 :165)
Ils furent punis de vivre comme des singes
Allah Très‑Haut attendit que le groupe pécheur eût dépassé le point de non‑retour dans sa perversité ; alors Il sauva ceux qui Lui étaient fidèles, tout en punissant ceux qui L’avaient trahi et abandonné, Lui et Sa Loi, et qui étaient ainsi devenus, pour l’essentiel, un peuple sans Dieu.
Puis, lorsqu’ils persistèrent avec arrogance dans ce qui leur avait été interdit, Nous leur dîmes : « Soyez des singes méprisés ! » (Coran, al‑A‘rāf, 7 :166)
Tandis que la partie de la population de la « cité au bord de la mer » qui demeurait fidèle à l’observance du Sabbat continua d’être croyante, l’autre groupe, pécheur, dont la foi n’était qu’en surface, fut châtié par Allah, en conséquence de sa conduite pécheresse persistante dans la violation du Sabbat, au point qu’Il leur dit : « Soyez des singes méprisés ! »
Vous savez parfaitement ce qu’il advint de ceux d’entre vous qui transgressèrent le Sabbat, lorsque Nous leur dîmes : « Soyez des singes méprisés ! » (Coran, al‑Baqarah, 2 :65)
Enfin, le Coran revint une troisième fois au sujet, avertissant (dans le passage ci‑dessous) qu’Il réservait le plus sévère des châtiments — plus sévère encore que celui infligé à ceux qui se moquent du mode de vie fondé sur la Vérité et de l’appel à la prière — à ceux qui violaient le Sabbat. Le verset révéla en outre que ceux qui violèrent le Sabbat violeraient aussi la Loi du Ribā, et qu’en agissant ainsi ils adoreraient les puissances du mal. Allah les punit du châtiment le plus grand en les transformant en singes et porcs. Ainsi advint‑il que des êtres humains, qui sont tenus de vivre la noble et élevée voie de vie ordonnée pour l’humanité, en vinrent au contraire à vivre d’une manière ignoble et méprisable, tel des singes et des porcs :
Dis : « Vous annoncerai‑je ce qu’il y a, auprès d’Allah, de pire que cela en rétribution ? Ceux qu’Allah a maudits et contre qui Il s’est courroucé, faisant d’eux des singes et des porcs, parce qu’ils avaient adoré les puissances du mal : ceux‑là ont la pire des positions et s’égarent plus loin du droit chemin. » (Coran, al‑Mā’idah, 5 :60)
L’ordre divin : « Soyez des singes méprisés » peut être compris de trois manières.
Premièrement, on pourrait y voir que des êtres humains furent transformés en singes. Nous rejetons cette possibilité, puisque l’être humain demeure un être humain depuis sa création jusqu’au Jour du Jugement.
Deuxièmement, on pourrait dire que les singes mènent une manière de vivre méprisable, et que lorsqu’un homme est puni pour vivre comme des singes, il vivrait par conséquent une manière de vivre méprisable. Nous rejetons également cette possibilité, puisque les singes n’ont pas choisi leur mode de vie ; ils vivent plutôt selon une voie ordonnée par la Fitrah, et la Fitrah ne peut être méprisable.
Troisièmement — et c’est l’explication correcte —, les êtres humains avaient été honorés par Allah Très‑Haut au point que les anges reçurent l’ordre de se prosterner devant eux en signe de respect. Lorsqu’un être humain s’écarte de la voie de vie ordonnée pour les humains et adopte une manière de vivre semblable à celle des singes, une telle conduite est méprisable.
Est‑il possible de reconnaître de telles personnes dont la conduite est semblable à celle des singes et, partant, méprisable ? Voici un moyen simple d’y parvenir.
Le singe n’a aucune conscience de la honte attachée à la nudité publique ni d’un besoin d’intimité dans les relations sexuelles. Mais dès le jour où, au Paradis, Adam عليه السلام et son épouse prirent conscience de leur nudité et se hâtèrent de se couvrir de feuilles, l’être humain a toujours couvert sa nudité en public et toujours réservé les relations sexuelles à l’espace privé. Il agit ainsi sous l’effet d’un sens de la pudeur attaché à toute conduite contraire.
Nous devons donc rechercher une communauté issue d’une « cité au bord de la mer », tenue d’observer la Loi du Sabbat, qui vivra comme des singes en se passant d’habillement en public, et qui, par conséquent, se passera aussi d’intimité lorsqu’elle aura des relations sexuelles.
Nous pouvons aisément les reconnaître lorsqu’ils promeuvent des campagnes du type : « À poitrines nues ! » À terme, ils se présenteront complètement nus. Nous cherchons aussi ceux qui sont vêtus et pourtant nus, puisqu’eux aussi finiront par apparaître en public totalement nus — tels des singes. Enfin, nous devons lorgner vers cette civilisation qui connaît une telle révolution sexuelle qu’elle en viendra à tolérer des rapports sexuels en public.
Ajoutons encore un commentaire sur ce sujet avant d’identifier la « cité au bord de la mer ». En plusieurs autres occurrences, lorsque le Coran s’exprime de manière similaire, Allah Très‑Haut s’abstient toujours de décrire un être humain autrement que comme un être humain. Ainsi, Il a décrit, dans le verset ci‑dessous, un peuple semblable à des ânes, sans jamais dire qu’ils étaient des ânes :
Le semblable de ceux à qui fut confiée la Torah puis qui ne la portèrent pas est celui d’un âne qui porte des livres. Quel détestable exemple que celui d’un peuple qui renie les signes d’Allah ! Et Allah ne guide pas les gens injustes. (Coran, al‑Jumu‘ah, 62 :5)
CHAPITRE SEPT
Le Coran, Rūm de l’Occident et Rūm de l’Orient
Nous avons soutenu que, lorsque le Coran (Sūrah al-Rūm, 30:4) se référa à des victoires de Rūm qui surviendraient par ordre d’Allah « avant » et « après », Allah Très-Haut attirait l’attention sur un événement qui n’avait pas encore eu lieu, et c’est par rapport à cet événement que la première victoire se produirait avant, et la seconde après. Nous avons identifié cet événement, survenu par la suite, au Grand Schisme de Rūm en 1054, qui mit enfin un terme aux querelles entre l’Occident et l’Orient et, par conséquent, sépara définitivement le Rūm de l’Ouest du Rūm de l’Est.
Le choc final qui scella le schisme se produisit lorsque la partie occidentale de Rūm, située en Europe occidentale, modifia unilatéralement l’énoncé fondamental de la croyance qui avait été accepté par la plupart des chrétiens à Nicée en 325 (plus de sept cents ans avant 1054). Le symbole de Nicée, rédigé en partie et adopté lors du premier concile de Nicée (325) puis révisé, avec des ajouts, par le premier concile de Constantinople (381), est une profession de foi qui résume la foi orthodoxe de l’Église chrétienne et est utilisée dans la liturgie de la plupart des Églises chrétiennes. Le principal accomplissement du concile de Nicée fut d’avoir tranché, pour la plupart des chrétiens, la question épineuse du rapport entre le Père et le Fils dans la croyance chrétienne en un Dieu trinitaire.
Le Père, le Fils, la Mère et l’Esprit Saint
Le Rūm de l’Est, c’est-à-dire Constantinople, maintint la croyance selon laquelle le Père était le Dieu suprême, que le Fils n’était pas l’égal du Dieu suprême et, partant, que l’Esprit Saint procédait du Père. Le Rūm de l’Ouest modifia cet énoncé fondamental arrêté à Nicée en ajoutant au Credo de Nicée la déclaration selon laquelle l’Esprit Saint procédait du Père ainsi que du Fils. Ils le firent dans le but d’élever le Fils au rang d’un Dieu égal au Père.
C’est précisément à ce changement, opéré par le Rūm de l’Ouest pour élever le Fils à une position égale au Père, que le Coran répondit dans le passage suivant :
Et lorsque Allah dira : « Ô Jésus, fils de Marie ! Est-ce toi qui as dit aux gens : “Prenez-moi, ainsi que ma mère, pour deux divinités en dehors d’Allah” ? » (Coran, al-Mā’idah, 5 :116)
Nos lecteurs doivent noter avec soin qu’Allah Très-Haut ne questionna pas Jésus عليه السلام sur d’autres points tels que le fait pour Allah Très-Haut d’« engendrer un fils » ou que Jésus serait « le Fils engendré d’Allah ». La question se rattachait directement au Grand Schisme de 1054 et à l’effort du Rūm de l’Ouest d’élever le Fils à un rang égal au Père.
Allah Très-Haut interrogea aussi Jésus au sujet du culte rendu à sa mère عليه السلام et, sur ce point également, le Rūm de l’Ouest se sépara du Rūm de Constantinople lorsqu’il éleva Marie à une position telle qu’elle devint objet de culte. Les chrétiens orthodoxes ne vouent pas de culte à Marie.
Le Coran répondit aussi à la croyance erronée selon laquelle l’Esprit Saint procède du Fils autant que du Père, en déclarant que l’Esprit (Saint) procède de l’Ordre d’Allah :
Et ils t’interrogent au sujet de l’Rūḥ. Dis : « L’Rūḥ procède de l’Ordre de mon Seigneur ; et il ne vous a été donné de science que bien peu. » (Coran, al-Isrā’, 17 :85)
Dans tout ce qui précède, le Coran se montre sévèrement critique envers le Rūm de l’Ouest, et non envers le Rūm de l’Est. Il s’ensuit que le Coran ne traite pas tous les chrétiens (et les juifs) de la même manière. Il reconnaît plutôt que certains chrétiens (et certains juifs) sont véritablement croyants, tandis que les autres ne le sont pas :
… Si seulement les Gens du Livre croyaient, cela serait certes mieux pour eux ! Il y a parmi eux des croyants, mais la plupart d’entre eux sont des pervers. (Coran, Āl ‘Imrān, 3 :110)
À la suite de l’affirmation sans ambiguïté ci-dessus par Allah Très-Haut, par laquelle Il confirme que, parmi les chrétiens et les juifs (c’est-à-dire les Gens du Livre), se trouvent des gens de foi tandis que la plupart d’entre eux ont une conduite pécheresse, le système de signification du Coran sur ce sujet doit nous permettre d’identifier et démarquer deux groupes : ceux dont la conduite est conforme à celle d’un peuple de foi, et ceux dont la conduite est d’un autre ordre.
Un peuple de foi n’abriterait pas dans son cœur de haine envers les croyants en Allah Très-Haut ; un tel peuple ne deviendrait pas non plus l’ami et l’allié de ceux dont les cœurs sont remplis d’une telle haine. Nous pouvons donc aisément identifier, parmi les chrétiens et les juifs, ceux qui sont un peuple sans foi.
Le Coran identifie très clairement la communauté juive comme un peuple dont le cœur manifestera une grande haine envers l’Islam et les musulmans. Cela fut manifeste du vivant de Nabī Muḥammad ﷺ, et s’est de nouveau manifesté à l’époque moderne où des juifs ont créé le mouvement sioniste :
Tu trouveras certes que les plus acharnés des hommes en inimitié envers les croyants sont les juifs et les polythéistes. Et tu trouveras certes que les plus proches d’eux par l’affection pour les croyants sont ceux qui disent : « Nous sommes chrétiens ». C’est qu’il y a parmi eux des prêtres et des moines, et qu’ils ne s’enflent pas d’orgueil. (Coran, al-Mā’idah, 5 :82)
« Nous sommes chrétiens ! »
Non seulement le Coran identifia, dans le verset ci-dessus, la communauté juive comme celle des Gens du Livre qui sont sans foi, mais il identifia aussi ceux (au sein des Gens du Livre) qui manifestent amour et affection pour les musulmans — et montrent ainsi un signe important de foi. Ils sont un peuple qui proclame fièrement et résolument : « Nous sommes chrétiens. »
Des chrétiens qui montrèrent amour et affection pour l’Islam et pour les musulmans apparurent aux débuts de l’Islam, lorsque le Négus d’Abyssinie (c’est-à-dire l’actuelle Éthiopie) rejeta la demande venue de La Mecque de rapatrier les musulmans (qui étaient des esclaves ou quasi-esclaves) ayant fui persécution et oppression à La Mecque et cherché asile en Abyssinie. En vérité, lorsque le Négus mourut et que la nouvelle de son décès parvint à Nabī Muḥammad ﷺ à Madīna, il accomplit pour lui la prière funéraire en absence, le reconnaissant ainsi comme un chrétien ayant foi en Allah Très-Haut malgré certaines de ses croyances chrétiennes. Il n’existe absolument aucune preuve, de la part du Prophète Muḥammad ﷺ — qui accomplit cette prière funéraire —, que le Négus ait renoncé à sa croyance en Jésus عليه السلام comme « fils de Dieu » ou qu’il ait cessé d’adorer Jésus ; nous n’avons pas non plus une telle preuve de la part de la communauté chrétienne dont il était le chef. En l’absence de telles preuves provenant de ces deux sources primaires, des « preuves » issues de sources secondaires intéressées n’ont aucune valeur scientifique.
Il est certain que de tels chrétiens réapparaîtront dans le cours de l’histoire à une époque qui coïncidera avec l’émergence contemporaine de juifs sionistes manifestant une haine sans précédent pour l’Islam et les musulmans. Cette haine est des plus visibles dans leur oppression barbare des innocents de Gaza, en Terre sainte.
Le verset du Coran fournit des signes importants permettant d’identifier ces chrétiens qui seraient les plus proches en amour et en affection pour les musulmans :
- Ce serait un peuple chrétien qui préserverait l’institution du sacerdoce et dont les prêtres, du patriarche jusqu’au plus humble, manifesteraient un amour sincère pour l’Islam et les musulmans. Cela exclut très certainement le Vatican et la foi catholique romaine, l’Église anglicane (d’Angleterre) et toutes les autres Églises chrétiennes de la chrétienté occidentale.
- Ce serait un peuple chrétien qui préserverait l’institution du monachisme, et dont les moines manifesteraient amour et affection pour l’Islam et les musulmans. Cela exclut quasi certainement la chrétienté occidentale, qui a presque totalement abandonné le monachisme et la vie monastique.
- Ce serait un peuple chrétien dont la conduite ne serait pas marquée par l’arrogance. Cela exclut encore ceux des chrétiens qui ont fait naître la civilisation occidentale moderne avec un programme d’une arrogance sans précédent, imposant son règne injuste et oppressif sur l’humanité à la pointe d’une épée nue et ensanglantée.
- Ce serait un peuple chrétien qui s’identifierait publiquement et fièrement comme « chrétiens ». Cela exclut les chrétiens sécularisés de la civilisation occidentale moderne, dont l’identité première est liée à leur nation ou à leur État plutôt qu’à leur religion.
Ils ne peuvent être une poignée de chrétiens dispersés qui adorent Allah comme il est prescrit dans le Coran et, partant, ne vouent pas de culte à Jésus عليه السلام comme « troisième personne » d’une trinité, et ne déclarent pas qu’Allah Très-Haut aurait un fils, etc. Il faudra plutôt qu’il s’agisse d’une communauté de chrétiens avec leurs prêtres et leurs moines, et donc aisément identifiable. Nul besoin d’aller les chercher dans quelque recoin avec un peigne fin !
Le Coran nous a aussi informés, dans un passage très important d’une Sūrah portant le nom de « chrétiens », à savoir la Sūrah al-Rūm, que Rūm, ou l’Empire chrétien byzantin vaincu par les Perses, inverserait bientôt la défaite et serait victorieux :
Alif-Lām-Mīm. Les Byzantins ont été vaincus, sur une terre proche, mais après leur défaite, ils seront victorieux, en quelques années. À Allah appartient l’ordre, avant comme après. Et ce jour-là, les croyants se réjouiront, du secours d’Allah ; Il secourt qui Il veut, et Il est le Tout-Puissant, le Très-Miséricordieux. (Coran, al-Rūm, 30 :1-5)
Le passage coranique (ci-dessus) poursuivit en déclarant qu’en ce jour de victoire byzantine, les musulmans célébreraient cette victoire en reconnaissant qu’elle fut acquise grâce à l’aide d’Allah. L’implication est que la croyance chrétienne byzantine en Jésus عليه السلام comme « fils de Dieu » et leur culte de Jésus comme « troisième personne » d’un Dieu trinitaire ne s’opposèrent pas au fait que les musulmans se réjouissent de la victoire chrétienne, ni n’empêchèrent Allah Très-Haut d’aider les chrétiens à obtenir cette victoire.
C’est donc vers Rūm que le Coran devait se tourner lorsqu’il déclara qu’il y aurait des chrétiens qui seraient les plus proches en amour et en affection des musulmans.
Le Coran exclut ensuite certains chrétiens de ceux qui seraient les plus proches en amour et en affection pour les musulmans. Il déclara de tels chrétiens (et des juifs également) qu’ils ne seraient jamais satisfaits tant qu’ils n’auraient pas réussi à amener les musulmans à renoncer à l’Islam pour suivre, à la place, leur mode de vie :
Jamais les juifs ni les chrétiens ne seront satisfaits de toi, jusqu’à ce que tu suives leur religion. (Coran, al-Baqarah, 2 :120)
CHAPITRE HUIT
Les implications de la seconde victoire de Rūm et la conquête de Constantinople après la Grande Guerre
Alors que ce livre approche de sa fin, nous rappelons au lecteur bienveillant que le Coran a déclaré (dans la Sūrah al-Rūm) que le Rūm chrétien serait victorieux à deux reprises — tant avant qu’après !
Nous ne partageons pas l’avis de ces commentateurs du Coran selon lesquels la seconde victoire prophétisée se serait produite lors de la bataille de Badr. Nous insistons plutôt sur le fait que le Coran a déclaré que Rūm serait victorieux deux fois, et la victoire de Badr n’était pas une victoire de Rūm. En outre, l’interprétation qui voit dans cette seconde victoire la victoire musulmane à Badr n’explique en rien les termes avant et après utilisés dans le verset.
Dans le chapitre précédent, nous avons présenté des éléments substantiels tirés du Coran qui démontrent de manière convaincante que le Rūm de l’Est accomplirait la promesse divine d’une seconde victoire. Nous avons également proposé une interprétation de l’usage des termes avant et après indiquant que, tandis que la première victoire de Rūm survint avant le Grand Schisme — et donc avant la séparation entre le Rūm de l’Est et le Rūm de l’Ouest —, la seconde victoire ne se produirait que quelque temps après cette séparation.
Puisque le Coran a fourni des informations précises nous permettant de savoir quand la première victoire de Rūm devait survenir, il n’est pas possible qu’Allah le Très-Haut laisse les croyants dans l’ignorance au sujet de la seconde victoire. L’implication est que le Prophète Muḥammad ﷺ a nécessairement fait mention de la guerre qui verrait la seconde victoire de Rūm.
Dans notre ouvrage intitulé The Qur’ān, the Great War and the West, nous avons fourni des preuves substantielles, tirées du Coran, que le Rūm de l’Est, conduit par la Russie chrétienne orthodoxe, serait victorieux lors de cette Grande Guerre contre le Rūm de l’Ouest. Lorsque cette seconde victoire se produira, les musulmans, qui célébrèrent la première victoire de Rūm, célébreront de nouveau cette seconde victoire.
Ils se trouveront ainsi du bon côté de l’histoire, tandis que ceux que la frustration et la colère rendront fous à cause de la seconde victoire de Rūm seront exposés comme étant du mauvais côté de l’histoire.
Si de telles personnes détenaient le pouvoir dans la ville de Constantinople, les implications de la seconde victoire de Rūm devraient être évidentes pour elles. Cependant, puisqu’elles seraient totalement conditionnées, il devient nécessaire de leur expliquer ce qui devrait leur être évident ; c’est là, en effet, l’un des objectifs principaux de ce livre.
Implications de la seconde victoire de Rūm
Il ne devrait pas être difficile pour nos lecteurs d’anticiper que la seconde victoire de Rūm, que les musulmans célébreront de nouveau comme ils le firent lors de la première, rapprochera les deux communautés religieuses l’une de l’autre, à savoir les mondes de l’Islam et du christianisme orthodoxe — autrement dit, le Rūm de l’Est.
Afin qu’aucun doute ne subsiste quant au sort de ces chrétiens et de ces juifs reconnus par Allah le Très-Haut comme croyants, mais qui n’appartiennent ni au Rūm de l’Est ni au monde musulman, il doit être clair que l’humanité entière — y compris ces chrétiens et ces juifs — suivra son cœur pour rejoindre les rangs des chrétiens orthodoxes et des musulmans lorsqu’elle sera témoin de la seconde victoire de Rūm.
En revanche, ceux dont les cœurs demeureront remplis de haine pour les musulmans aussi bien que pour les chrétiens orthodoxes, même après la seconde victoire de Rūm lors de la Grande Guerre, seront laissés en arrière lorsque l’histoire avancera vers son grand dénouement, quand le vrai Messie reviendra dans le monde pour se défaire du faux Messie.
Il subsistera encore une communauté significative de musulmans, même après la Grande Guerre, qui restera si aveuglée et si conditionnée qu’elle continuera de s’opposer au Rūm de l’Est, et fera tout ce qu’elle peut pour empêcher les deux mondes de croyants — c’est-à-dire le Rūm de l’Est et le monde de l’Islam — de se rapprocher. Il s’agira de ces musulmans qui s’identifient à l’Empire ottoman et qui contrôleront encore le pouvoir à Constantinople même après la Grande Guerre.
L’Empire ottoman
Lorsque l’Empire ottoman conquit Constantinople en 1453 et que l’Ummah qui avait accepté Jésus عليه السلام comme le vrai Messie perdit sa ville capitale, les juifs et leurs alliés chrétiens occidentaux luttèrent alors sans relâche, pendant les six siècles qui suivirent, pour s’assurer que le contrôle de la ville demeure toujours entre les mains de ceux qui peuvent empêcher une alliance des musulmans avec les chrétiens orthodoxes.
Leur cauchemar est qu’une conquête à la Fin des Temps de la ville, telle que prophétisée par le Prophète Muḥammad ﷺ, ouvre la voie précisément à une telle alliance. Il ne devrait pas être difficile pour nos lecteurs de comprendre que, lorsque Constantinople sera conquise, comme prophétisé par le Prophète Muḥammad ﷺ, les musulmans rendront la cathédrale de Hagia Sophia au monde chrétien orthodoxe ; et un tel développement faciliterait — sinon scellerait — une alliance eschatologique entre ceux qui suivent le Prophète Muḥammad et ceux qui suivent Jésus, le vrai Messie عليه السلام.
Un autre cauchemar réside dans la perte consécutive du contrôle du Bosphore qu’entraînerait une telle conquête à la Fin des Temps de Constantinople, telle que prophétisée par le Prophète. Cette perte de contrôle permettrait à la marine russe chrétienne orthodoxe une libre circulation par le Bosphore en temps de guerre ; un tel développement aurait de graves implications stratégiques pour l’alliance judéo-chrétienne sioniste et pour son veau d’or, c’est-à-dire l’État sioniste d’Israël.
Nos lecteurs devraient désormais percevoir que Constantinople peut être utilisée soit pour empêcher une alliance musulmane-orthodoxe, soit pour rendre possible une telle alliance. C’est là que se situe le rôle d’une importance immense que la ville est destinée à jouer à la Fin des Temps.
L’implication de la seconde victoire de Rūm, que les musulmans célébreront, est qu’elle mettra au grand jour le profond fossé qui sépare les musulmans bien guidés de ceux qui, égarés, persistent à s’opposer à Rūm. C’est alors qu’une armée musulmane, prophétisée par le Prophète Muḥammad ﷺ, devra libérer Constantinople afin de libérer la ville de ces musulmans qui persistent obstinément à s’opposer à Rūm.
Une alliance entre musulmans et chrétiens
Le Prophète Muḥammad a prophétisé — comme seul un vrai Prophète peut le faire — que Dajjāl apparaîtrait en personne dès que la conquête de Constantinople aurait lieu. Par conséquent, les deux communautés religieuses qui attendent le retour de Jésus et qui s’opposent toutes deux à Dajjāl, c’est-à-dire les musulmans et les chrétiens , devront unir leurs forces pour faire face à un ennemi commun. La conquête de Constantinople à la Fin des Temps se produira précisément pour cette raison : leur permettre d’unir leurs forces face à un ennemi commun.
Le Coran a averti que, s’ils n’unissent pas leurs forces pour résister aux Kuffār, il y aura sur terre une grande détresse ainsi qu’une grande corruption et destruction :
Les mécréants sont alliés les uns des autres ; à moins que vous, croyants, n’agissiez de même en forgeant entre vous une alliance, l’oppression règnera sur la terre et une grande corruption s’y répandra. (Coran, al-Anfāl, 8:73)
Nous avons l’intention de reprendre ce sujet, Inshā’ Allāh, dans notre prochain livre intitulé : From Jesus the True Messiah to Dajjāl the false Messiah — a Journey in Islamic Eschatology.
Jusqu’à ce jour, Constantinople demeure très chère au cœur d’une partie du monde chrétien — à savoir le monde chrétien orthodoxe oriental —, tandis que l’autre partie du monde chrétien, c’est-à-dire le christianisme occidental, qui a conclu une alliance mystérieuse avec les juifs, s’est constamment efforcée de refuser de remettre le contrôle de la ville aux chrétiens orthodoxes tant qu’ils demeuraient des chrétiens orthodoxes.
Selon l’auteur, l’explication de l’hostilité du christianisme occidental envers les chrétiens orthodoxes, qui apparaît dans toutes les affaires concernant Constantinople, doit désormais être recherchée dans une autre alliance. Les chrétiens d’Occident ont scellé une alliance avec les juifs au sein de l’alliance judéo-chrétienne sioniste. Les chrétiens orthodoxes, en revanche, sont destinés à conclure une alliance avec les musulmans.
Lorsque l’armée ottomane s’apprêtait à attaquer Constantinople, les suppliques désespérées des chrétiens en faveur de la paix vinrent se briser sur des oreilles ottomanes sourdes. Le Noble Coran avait pourtant ordonné :
Et s’ils inclinent à la paix, incline toi aussi vers elle, et place ta confiance en Allah ; en vérité, Il est l’Audient, l’Omniscient. (Coran, al-Anfāl, 8:61)
La pseudo-armée ottomane ne se soucia pas le moins du monde du Noble Coran ni de son interdiction de faire la guerre à ceux qui recherchent la paix. Dans ces circonstances désespérées, les chrétiens orthodoxes se tournèrent vers leurs coreligionnaires occidentaux pour obtenir de l’aide afin de sauver la ville. Mais la chrétienté occidentale refusa d’apporter toute aide susceptible de sauver la ville, à moins que les chrétiens orthodoxes ne renoncent à leur foi et n’acceptent la version occidentale de la foi — celle qui, finalement, permet à un homme d’épouser un autre homme et d’obtenir un certificat de mariage légal.
C’est dans ces circonstances misérables que la conquête ottomane de Constantinople eut lieu en 1453. Ce qui survint immédiatement après la conquête fut encore plus misérable. Le sultan ottoman défia le Coran — lequel impose aux musulmans l’obligation de protéger synagogues, monastères, églises et Masājid (voir Coran, al-Ḥajj, 22:39-41). Au lieu de protéger Hagia Sophia, comme il en avait l’obligation en tant que musulman, il la convertit, pécheur et avec honte, en Masjid.
La conquête de Constantinople prophétisée par le Prophète Muḥammad ﷺ se produira précisément pour cette raison — afin de corriger cette grande injustice commise, de manière honteuse et scandaleuse, par le sultan ottoman au nom de l’Islam. Lorsque l’armée musulmane conquérra Constantinople, Inshā’ Allāh, la toute première chose que fera le commandant musulman sera de rendre Hagia Sophia au monde chrétien.
L’analyse menée dans ce livre confirme que la conquête de Constantinople prophétisée par le Prophète Muḥammad ﷺ n’a pas encore eu lieu ; et, lorsqu’elle se produira, elle libérera la ville du contrôle de ces musulmans qui s’identifient à l’Empire ottoman et qui sont si totalement conditionnés que, malgré des livres comme celui-ci qui expliquent le sujet, ils ne parviennent toujours pas à comprendre même le Coran.
Allah le Très-Haut a ordonné à ceux qui ont foi en Lui de mener, avec le Coran, un puissant Jihād contre tous ceux qui rejettent la Vérité :
N’obéis pas aux mécréants ! Au contraire, mène contre eux, avec ce Coran, un puissant Jihād. (Coran, al-Furqān, 25:52)
C’est précisément ce que nous avons essayé de faire dans ce modeste livre.
Le Coran a fourni des informations qui nous permettent de reconnaître la Vérité en ce qui concerne le sujet de ce livre ; et notre objectif premier, en écrivant sur ce thème, était de nous tourner vers le Coran afin que la Vérité soit reconnue et que la fausseté soit exposée. Dans l’accomplissement de cette tâche importante, nous espérons avoir apporté suffisamment de clarté pour que les implications de la conquête prophétisée de Constantinople à la Fin des Temps puissent désormais être comprises de façon définitive.
Ce livre s’est tourné vers le Coran pour fournir des preuves substantielles en faveur d’une alliance à la Fin des Temps entre chrétiens orthodoxes et musulmans. Il l’a fait tout en expliquant et interprétant plusieurs versets du Coran, et en réexaminant les prophéties relatives à la Fin des Temps concernant la ville de Constantinople, que l’histoire avait si sinistrement ensevelies qu’elles s’en trouvaient oubliées.
CHAPITRE NEUF
Et Jésus dit : « Son nom est Ahmad »
Il n’y a pas de meilleure manière de conclure ce livre qu’avec un chapitre consacré à décrire l’extraordinaire lien d’amour qui unit Jésus عليه السلام à Muhammad ﷺ.
Le chrétien dont le cœur est rempli de haine pour les musulmans, tout comme le musulman dont le cœur est rempli de haine pour les chrétiens, peuvent tirer profit de la lecture de ce dernier chapitre de Constantinople dans le Coran. Si les cœurs de tels chrétiens et musulmans ne changent pas, s’ils ne retirent pas cette haine de leur cœur, ils seront tous laissés en arrière lorsque l’histoire avancera vers une conclusion qui verra des chrétiens devenir les plus proches des musulmans en amour et en affection (voir Coran, al-Mā’idah, 5:82).
Nous avons déjà souligné que les Écritures révélées s’expriment parfois de manières qui ne peuvent être comprises qu’au prix d’une interprétation, et que seul le Seigneur-Dieu Lui-même peut confirmer si l’interprétation de Sa parole sacrée est valide ou non.
Nous avons proposé dans ce livre notre interprétation de plusieurs versets du noble Coran — mais nul ne saurait surpasser la délicate tendresse divine et la sagesse qui se manifestent dans le sujet vers lequel nous nous tournons à présent.
Allah, le Très-Haut, s’adresse au Prophète Muhammad ﷺ dans le Coran de plusieurs façons. Il l’appelle par exemple Son « ʿAbd » (serviteur), Rasūl (Messager), Nabī (Prophète), etc. Mais en quatre occasions dans le Coran, Allah, le Très-Haut, s’adresse au Prophète par le nom « Muhammad », reconnaissant ainsi que son nom propre est bien « Muhammad » :
« Muhammad n’est qu’un Messager … » (Coran, Āl ʿImrān, 3:144)
« Muhammad n’a pas été le père d’aucun de vos hommes … » (Coran, al-Aḥzāb, 33:40)
« Ceux qui ont cru et accompli de bonnes œuvres, et ont cru en ce qui a été révélé d’en haut à Muhammad — car cela est la vérité venant de leur Soutien — [parviendront à la Grâce d’Allah] : Il effacera leurs mauvaises actions passées et apaisera leurs cœurs. » (Coran, Muḥammad, 47:2)
« Muhammad est le Messager d’Allah … » (Coran, al-Fatḥ, 48:29)
Les quatre versets ci-dessus nous informent très clairement, et sans aucune ambiguïté, que le nom du Prophète — c’est-à-dire de celui à qui le Coran fut révélé —, tel que confirmé par Allah, le Très-Haut, Lui-même, est « Muhammad » ﷺ.
Il est donc pour le moins étonnant que Jésus عليه السلام déclare un nom différent de « Muhammad ». Voici le verset stupéfiant du Coran dans lequel Jésus عليه السلام fait cette déclaration :
« Et quand Jésus, fils de Marie, dit : “Ô enfants d’Israël ! En vérité, je suis pour vous le Messager d’Allah, confirmant ce qui subsiste de la Torah qui me précède, et vous annonçant la bonne nouvelle d’un Messager d’Allah qui viendra après moi, dont le nom sera Ahmad.” Puis, lorsque celui-ci leur vint avec les preuves évidentes, ils dirent : “Voilà une magie manifeste.” » (Coran, al-Ṣaff, 61:6)
L’explication correcte de ce qui précède est que lorsque Jésus a donné le nom « Ahmad », il faisait référence à « Muhammad ». La question qui demeure alors est : pourquoi Jésus lui a-t-il donné un nom autre que celui que confirme Allah, le Très-Haut ? Pourquoi « Ahmad », et non « Muhammad » ?
Notre interprétation, qui répond à cette question, est que l’amour intense pour le Prophète Muhammad ﷺ a poussé Jésus عليه السلام à lui donner un nom spécial différent de son nom officiel. Lorsque des gens éprouvent un grand amour les uns pour les autres, ils cherchent toujours un nom particulier par lequel exprimer cet amour. C’est chose courante lorsque des parents expriment leur amour pour leurs enfants.
Par conséquent, nous sommes convaincus que lorsque Jésus عليه السلام reviendra dans ce monde, chaque fois qu’il fera référence au Prophète Muhammad ﷺ, il utilisera toujours ce nom spécial d’amour, à savoir « Ahmad », plutôt que le nom officiel « Muhammad ».
Rappelons aussi à nos lecteurs bienveillants que le Prophète Muhammad ﷺ a prophétisé — comme seul un véritable Prophète du Seigneur-Dieu peut le faire — que Jésus عليه السلام finirait par mourir, comme tous ceux qui l’ont précédé, et qu’il serait alors enterré à côté du Prophète Muhammad ﷺ dans la cité arabe de Yathrib (aujourd’hui appelée Médine) :
« … et Jésus, fils de Marie, sera enterré avec lui … » (Jāmiʿ al-Tirmidhī)
Il ne devrait plus être difficile, pour le lecteur perspicace, de reconnaître le message divin qui ressort de ce qui précède. Si tel est l’ampleur de l’amour qui unit Jésus عليه السلام et Muhammad ﷺ, il s’ensuit que les partisans de Jésus عليه السلام et de Muhammad ﷺ sont destinés à se rapprocher les uns des autres dans l’amitié, dans l’amour, et, en fin de compte, dans une alliance par laquelle ils affronteront les ennemis des deux.