Le Quran, le Dajjal, et le Jasad

PRÉFACE

J’ai attendu dix ans avant de pouvoir écrire ce livre pionnier sur Dajjāl, le faux Messie ou l’Antéchrist, mais cette longue attente fut une bénédiction déguisée, car ma connaissance du sujet et, plus important encore, ma compréhension de la méthodologie pour l’étudier, ont mûri de façon significative durant ce temps. J’invite donc ceux qui se lancent maintenant dans l’écriture sur ce sujet à laisser le fleuve de la pensée et de la compréhension s’écouler à son propre rythme.

Je suis reconnaissant à un frère résidant en Nouvelle-Zélande qui fut le premier à aider au parrainage de la rédaction de ce nouveau livre, ainsi qu’à un autre frère pakistanais dont le généreux soutien m’a permis d’en écrire une partie importante. Des parrains au Royaume-Uni ont ensuite pris le relais jusqu’à ce que, al-ḥamdu lillāh, ce premier livre sur Dajjāl soit achevé. Je suis également reconnaissant à ceux qui ont contribué généreusement aux frais d’impression de cet ouvrage. Qu’Allah ﷻ les bénisse tous pour leur aide bienveillante. Āmīn !

Je vais à présent reprendre le travail sur mon second livre au sujet de Dajjāl, intitulé : From Jesus the True Messiah to Dajjāl the False Messiah — A Journey in Islamic Eschatology. Je projette d’écrire trois autres ouvrages sur Dajjāl : l’un sur « Dajjāl et ‘l’argent’ », un autre sur « Dajjāl et la ‘révolution féministe’ moderne », et enfin « Dajjāl, le Coran et Ākhir al-Zamān », c’est-à-dire la fin de l’Histoire. Qu’Allah ﷻ, le Très Clément, me permette d’accomplir cette tâche, in shā’ Allāh.

Je sais que ces cinq livres n’épuiseront pas le sujet de Dajjāl, mais j’espère et prie qu’ils inciteront d’autres, in shā’ Allāh, à relever le défi d’écrire sur les aspects qui restent encore à éclairer.

Je suis reconnaissant à ceux qui ont lu le manuscrit de ce livre et ont apporté de précieux commentaires, ainsi que leur aide pour la relecture ; et à mon assistant, Hasbullah, qui a toujours été présent pour m’aider à rechercher les textes de nombreux ḥadīths ainsi que les références dans la Sīrah, c’est-à-dire l’histoire de la vie du Prophète Muhammad ﷺ.

J’ai dédié ce livre à mon fils, Mujāhid Fazlur Rahman, qui porte le nom de son grand-père, le Maulānā Dr. Muhammad Fazlur Rahman Ansārī (rahimahullah). Mujāhid est également l’arrière-petit-fils du Maulānā Muhammad Abdul Aleem Siddique (rahimahullah). J’espère et prie que cette dédicace puisse l’inspirer à marcher sur leurs nobles traces au service de la mission de l’Islām. Āmīn !

Imran N. Hosein
Ṣafar 1439 / Novembre 2017
San Fernando, île caraïbe de Trinité.

INTRODUCTION

Dr Burhān Ahmad Fārūqī – le philosophe de l’histoire

Personne ne peut raisonnablement écrire un livre au sujet de Dajjāl, l’Antéchrist, et du commencement de l’histoire, sans posséder une connaissance de la philosophie de l’histoire. La graine de ce livre a peut-être été plantée dans les années 1930, à l’Université musulmane d’Aligarh en Inde, lorsque deux étudiants, qui étaient de chers amis, Muhammad Fazlur Rahmān Ansārī et Burhān Ahmad Fārūqī, y poursuivaient leurs études de doctorat en philosophie sous la direction du Professeur Dr Syed Zafar-ul-Hassan.

Le Dr Fārūqī écrivit finalement un chef-d’œuvre de ‘Ilm al-Kalām, ou philosophie islamique, intitulé A Mujaddid’s Conception of Tauheed, et Maulānā Dr Ansārī rédigea un chef-d’œuvre de ‘Ilm al-Akhlāq, ou philosophie morale islamique, intitulé The Quranic Foundations and Structure of Muslim Society (en 2 volumes).

Ce rédacteur eut la bénédiction, trente ans plus tard, dans les années 1960, alors que ces deux érudits avaient atteint le zénith de leur vie savante, de les avoir tous deux comme professeurs à l’Aleemiyah Institute of Islamic Studies au Pakistan. Le Dr Fārūqī enseignait la philosophie de l’histoire, et le Dr Ansārī enseignait le Coran et, ce qui est infiniment plus important, la méthodologie d’étude du Coran. Cette méthodologie fut exposée dans son ouvrage Quranic Foundations, mais elle fut simplifiée et développée dans le récent livre de ce rédacteur intitulé Methodology for Study of the Qur’ān.

Plus de cinquante années se sont écoulées depuis cet instant éblouissant dans le temps savant, à l’Aleemiyah Institute of Islamic Studies au Pakistan, lorsque deux savants de l’Islām réellement doués enseignèrent et inspirèrent une poignée d’étudiants, et posèrent ainsi la fondation sur laquelle repose aujourd’hui ce livre pionnier sur Dajjāl, ainsi que ceux qui vont désormais le suivre, in shā’ Allāh.

Comment expliquer un Aleemiyah Institute of Islamic Studies avec un programme d’études et une méthodologie d’étude du Coran qui différaient de façon si significative de ceux du Dār al-‘Ulūm traditionnel, ou de la Jāmi‘ah, c’est-à-dire du séminaire ou de l’université islamiques ? La réponse se trouve dans la réaction intellectuelle d’une partie de la communauté musulmane indienne au défi de la civilisation occidentale moderne. Une partie de cette communauté reconnut que l’éducation islamique traditionnelle dispensée dans le Dār al-‘Ulūm était dramatiquement insuffisante pour permettre à un étudiant de comprendre même le monde moderne qui avait vu le jour en conséquence de l’émergence spectaculaire de la civilisation occidentale moderne sur la scène du monde. Le Dr Muhammad Iqbal, par exemple, se lamenta sur le fait que, selon lui :

« Durant les cinq derniers siècles, la pensée religieuse en Islām est restée pratiquement stationnaire. » (Reconstruction of Religious Thought in Islam, essai intitulé “Knowledge and Religious Experience”)

Iqbal faisait bien sûr référence au savoir religieux qui émergeait du Dār al-‘Ulūm.

Cette partie de la communauté musulmane indienne qui avait reconnu l’insuffisance de l’éducation du Dār al-‘Ulūm entreprit d’établir une institution d’enseignement supérieur islamique académiquement indépendante, qui non seulement enseignerait la religion de l’Islām, mais introduirait aussi l’étudiant au monde moderne du savoir issu de la civilisation occidentale. C’est ainsi que la graine de ce livre fut plantée lorsque l’Université musulmane d’Aligarh fut fondée dans la petite ville rurale d’Aligarh, en Inde. Il s’agissait véritablement d’une institution académique, car elle était libre de tout contrôle gouvernemental.

Nous démontrerons, in shā’ Allāh, que c’est Dajjāl qui a fait advenir le nouveau monde moderne occidental, et que c’est lui qui le transforme constamment — et, avec lui, le reste du monde — pour faire surgir des mondes nouveaux encore plus étranges. Puisque Dajjāl est l’épreuve suprême qu’Allah impose à l’humanité, surpassant tout ce qui l’a précédée, Dajjāl est aussi l’épreuve suprême pour le Dār al-‘Ulūm. Non seulement le Dār al-‘Ulūm échoue-t-il continuellement à cette épreuve depuis quelques siècles, mais ces livres sur Dajjāl démontreront de façon concluante qu’il continue d’échouer à ce test jusqu’à ce jour. En réalité, le livre sur Dajjāl et l’argent suffirait, in shā’ Allāh, à dissiper tout doute persistant sur ce sujet.

Non seulement le Dār al-‘Ulūm a échoué à cette épreuve, mais même les diplômés des universités occidentales et des universités islamiques sous parrainage étatique, ainsi que les muftis fonctionnaires de l’État et d’autres érudits similaires, ont également échoué, parfois de façon lamentable, dans leur réponse intellectuelle aux défis lancés par l’Occident moderne.

Formé à Aligarh, le Dr Fārūqī fut un rebelle intellectuel qui défia la pensée conventionnelle en agitant et en brandissant son épée savante sans la moindre considération pour les sensibilités établies dans le monde du savoir et dans la quête de la vérité. Il construisit la fondation de sa philosophie de l’histoire sur la « vérité pérenne » avec laquelle l’histoire commença, et affirma que l’histoire doit se terminer par le triomphe de cette même vérité. Mais entre le commencement de l’histoire avec la « vérité », et la fin de l’histoire avec la « re-réalisation de cette vérité », il déclara que l’histoire se déplace vers le haut et vers le bas suivant ce qu’il décrivit comme « le mouvement en zigzag de l’histoire ».

La conclusion qui émergea de cette philosophie de l’histoire fut que le monde occidental sioniste arrogant, et l’État imposteur d’Israël de Dajjāl, pouvaient tisser leur domination totale sur le monde avec n’importe quel tissu qu’ils choisiraient ; cela ne ferait aucune différence quant à la fin de l’histoire. La vérité triompherait malgré tout du mensonge, de l’injustice, de l’oppression et des opérations de terrorisme sous faux pavillon, dans lesquelles le prétendu terroriste musulman est toujours tué, ou se suicide, évitant ainsi commodément, encore et encore, la possibilité d’un procès.

Sans l’extraordinaire méthodologie de Maulānā Dr Ansārī pour l’étude du Coran, il n’aurait toutefois pas été possible pour l’Aleemiyah Institute of Islamic Studies de proposer un enseignement islamique supérieur permettant à l’étudiant d’intégrer l’ensemble du savoir en un tout cohérent, tout en soumettant à une critique coranique toutes les connaissances issues de l’Occident. Sans cet effort intellectuel de critique et d’intégration du savoir, l’étudiant serait sorti avec une personnalité scindée, écartelée entre deux mondes intellectuels sans pont pour passer de l’un à l’autre. Il aurait étudié l’Islām avec un esprit, et étudié le monde moderne avec un second esprit déconnecté du premier. Un tel savant aurait été, et demeure encore, un inadapté dans les deux mondes.

Il n’était pas possible que la philosophie de l’histoire du Dr Fārūqī soit enracinée dans le Coran sans l’application de la méthodologie du Dr Ansārī pour l’étude du Coran. Et c’est donc avec la pensée combinée de ces deux érudits extraordinaires que ce livre, Dajjāl, le Coran et le commencement de l’histoire, a pu être écrit.

Un livre sérieux, écrit à ce moment précis — le « tard après-midi » de l’histoire — sur le sujet de Dajjāl, le faux Messie ou l’Antéchrist, et fermement enraciné dans le Coran, ne manquera pas d’attirer l’attention de nombreux chrétiens et juifs, en plus, bien sûr, des savants de l’Islām et du public instruit du monde musulman. Cet ouvrage initial sur Dajjāl, cependant, ainsi que les livres qui suivront désormais sur ce sujet, pourraient bien être considérés comme une tentative pionnière visant à présenter le point de vue savant de l’Islām sur cette question. En tant que tels, ils pourraient attirer encore davantage l’attention. Pour cette raison, nous invitons des commentaires sérieux, et même des réponses critiques qui pourront être publiés dans une seconde édition, in shā’ Allāh. Les réponses peuvent être envoyées par courrier électronique à inhosein@hotmail.com, ou via notre site www.imranhosein.org, où ce texte sera mis à disposition en téléchargement gratuit et pour commentaires.

La science islamique et l’eschatologie

Il ne faudrait pas blâmer la science islamique d’avoir ignoré l’eschatologie ; il serait plutôt plus juste de reconnaître que l’eschatologie islamique ne pouvait pas être convenablement développée en tant que branche du savoir avant que les événements ne se soient suffisamment déroulés dans le processus historique pour permettre à l’érudit perspicace de pénétrer et de reconnaître la signification et les implications de plusieurs versets du Coran, ainsi que de plusieurs prophéties du Prophète Muhammad ﷺ concernant Ākhir al-Zamān, ou la Fin des Temps.

Le Coran a annoncé que le monde ne connaît pas encore le Ta’wīl, c’est-à-dire « l’interprétation », de certains de ses versets, peut-être parce qu’une telle « interprétation » ne deviendrait possible qu’avec le passage du temps et le déroulement des événements dans l’histoire :

بَلْ كَذَّبُوا بِمَا لَمْ يُحِيطُوا بِعِلْمِهِ وَلَمَّا يَأْتِهِمْ تَأْوِيلُهُ

« Bien au contraire, ils traitent de mensonge ce qu’ils ne peuvent cerner de leur science, alors même que ne leur en est pas encore parvenue l’interprétation. » (Coran, Yūnus, 10:39)

Allah, le Très-Haut, révèle ci-dessus qu’il existe des versets du Livre dont l’interprétation ne leur est pas encore parvenue…

Il sera utile pour le lecteur bienveillant que nous fournissions un exemple d’un tel événement devant se produire avant qu’une importante prophétie, située dans l’eschatologie islamique — c’est-à-dire relative à la Fin des Temps — puisse être interprétée et expliquée. Le Prophète Muhammad ﷺ prophétisa, il y a plus de 1400 ans, dans un ḥadīth rapporté par al-Bukhārī, que le fleuve Euphrate mettrait à nu une montagne d’or, et que les gens se battraient pour cet or. Il déclara que 99 sur chaque 100 combattants pour cet or seraient tués, mais que chacun croirait être celui qui survivrait. Il conclut en avertissant les croyants qu’ils ne devaient pas toucher à cet or.

عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ: «لَا تَقُومُ السَّاعَةُ حَتَّى يَحْسِرَ الْفُرَاتُ عَنْ جَبَلٍ مِنْ ذَهَبٍ، يَقْتَتِلُ النَّاسُ عَلَيْهِ، فَيُقْتَلُ مِنْ كُلِّ مِائَةٍ تِسْعَةٌ وَتِسْعُونَ، وَيَقُولُ كُلُّ رَجُلٍ مِنْهُمْ لَعَلِّي أَكُونُ أَنَا الَّذِي أَنْجُو»

Abū Hurayrah rapporte que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « L’Heure ne surviendra pas avant que l’Euphrate ne découvre une montagne d’or. Les gens se battront à son sujet, et il sera tué, sur chaque centaine, quatre-vingt-dix-neuf. Chaque homme parmi eux dira : “Peut-être serai-je celui qui sera sauvé.” » (Sahīh al-Bukhārī)

Certains, en raison de l’usage d’une méthodologie d’étude défectueuse, attendent une montagne du métal or qui émergerait un jour de sous le fleuve. Ils ont déjà attendu en vain l’accomplissement de cette prophétie durant plus de 1400 ans, et notre point de vue est qu’ils attendront encore en vain pendant 1400 ans de plus. Nous avons, quant à nous, reconnu que ce ḥadīth est mutashābihah, c’est-à-dire allégorique, et qu’il doit donc être interprété pour que sa signification puisse être pénétrée.

Notre interprétation de ce ḥadīth est que lorsque le secrétaire d’État américain Henry Kissinger réussit, en 1974, à conclure un accord satanique avec le roi Fayçal d’Arabie Saoudite pour que le pétrole soit vendu uniquement en dollars américains, le dollar américain devint un pétrodollar, et un océan de pétrole sous le « fleuve » commença à fonctionner comme une montagne d’or soutenant le dollar américain. Cet événement fut l’accomplissement de l’ombreuse prophétie du Prophète ; et Allah sait mieux !

Si notre interprétation de ce ḥadīth est correcte, alors l’actuel système monétaire concurrent des BRICS représente une attaque contre la montagne d’or que constitue le système monétaire du pétrodollar, attaque qui conduira inévitablement à cette Grande Guerre dans laquelle 99 % des combattants seront tués. Seule une guerre nucléaire, ou une guerre dans laquelle sont utilisées des armes de destruction massive, pourrait produire un pourcentage de pertes aussi élevé.

La plupart des aḥādīth relatifs à Dajjāl sont similaires au ḥadīth ci-dessus, dans la mesure où ils doivent être interprétés pour être compris ; et il n’était pas possible à quiconque d’interpréter ce ḥadīth avant que certains événements se soient produits dans le monde de la monnaie. Il y eut d’abord la naissance de la civilisation occidentale moderne, porteuse d’un programme de perpétration du Fasād universel sur terre (Fasād désigne ce qui corrompt au point de pouvoir détruire). Le Coran identifie Gog et Magog comme les auteurs de ce Fasād universel. Il le fait en les associant d’abord au Fasād sur terre :

قَالُوا يَا ذَا الْقَرْنَيْنِ إِنَّ يَأْجُوجَ وَمَأْجُوجَ مُفْسِدُونَ فِي الْأَرْضِ ۖ فَهَلْ نَجْعَلُ لَكَ خَرْجًا عَلَىٰ أَنْ تَجْعَلَ بَيْنَنَا وَبَيْنَهُمْ سَدًّا

« Ils dirent : “Ô Dhū l-Qarnayn ! Les Gog et Magog commettent du désordre sur la terre. Te paierons-nous un tribut pour que tu ériges entre nous et eux une barrière ?” » (Coran, al-Kahf, 18:94)

Après avoir résolu le problème de la langue pour communiquer, ces gens informèrent Dhū l-Qarnayn que Gog et Magog répandaient le Fasād, c’est-à-dire une corruption telle qu’elle peut provoquer la destruction, sur leur territoire. Ils lui demandèrent alors s’ils pouvaient le rémunérer pour qu’il construise une barrière qui les protégerait de Gog et Magog.

Le Coran annonce ensuite que Gog et Magog seraient un jour libérés dans le monde, qui serait alors soumis à leur Fasād en tant que phénomène universel :

وَحَرَامٌ عَلَىٰ قَرْيَةٍ أَهْلَكْنَاهَا أَنَّهُمْ لَا يَرْجِعُونَ * حَتَّىٰ إِذَا فُتِحَتْ يَأْجُوجُ وَمَأْجُوجُ وَهُمْ مِنْ كُلِّ حَدَبٍ يَنْسِلُونَ

« Il est interdit à une cité que Nous avons fait périr qu’ils ne reviennent (à la vie), jusqu’à ce que soient ouvertes (les barrières de) Gog et Magog, et qu’ils se ruent de chaque hauteur. » (Coran, al-Anbiyā’, 21:95-96)

Allah, le Très-Haut, révèle qu’un interdit divin fut prononcé sur le peuple d’une Ville (que nous identifions comme Jérusalem), ville qui fut détruite et dont ils furent expulsés par décret divin : ils ne pourraient jamais y revenir ni la reprendre comme leur propre cité avant que Gog et Magog ne soient libérés, qu’ils ne se répandent alors dans toutes les directions, et ne prennent ainsi le contrôle du monde dans l’ordre mondial de Gog et Magog.

Puisque c’est l’Occident qui a rendu possible le retour des juifs à Jérusalem pour la reprendre comme leur bien propre, il est aussi clair que la lumière du jour que Gog et Magog se trouvent au sein même de la civilisation occidentale moderne. La Russie, soit dit en passant, ne fait pas partie de l’Occident décadent. On ne peut pas, en Russie, épouser un homme en tant qu’homme et recevoir un certificat de mariage. Au contraire, l’Occident décadent se prépare maintenant à mener une guerre nucléaire contre une Russie chrétienne orthodoxe qu’il hait depuis le jour même où l’Occident moderne naquit mystérieusement.

Personne n’aurait pu comprendre la prophétie de la « montagne d’or » avant que l’Occident décadent ne corrompe le monde de la monnaie en imprimant du papier et en l’utilisant comme argent. Il a ensuite mené des guerres de pure agression pour coloniser le reste du monde et imposer, à travers les accords de Bretton Woods et le Fonds monétaire international (FMI), un système monétaire dans lequel une monnaie papier, le dollar américain, devint la monnaie dominante du monde. La France eut toutefois un grand dirigeant en la personne du général Charles De Gaulle, qui sut discerner la supercherie et l’injustice de ce système monétaire. Le défi français finit par contraindre les États-Unis, en 1971, à l’abandonner et à le remplacer, en 1974, par le système monétaire du pétrodollar rendu possible par la « montagne d’or ».

Le ḥadīth concernant l’océan de pétrole fonctionnant comme une montagne d’or est également lié à Dajjāl, puisque ce livre soutient que Dajjāl devra démontrer sa capacité à succéder aux Prophètes-rois David et Salomon, c’est-à-dire Nabī Dāwūd et Nabī Sulaymān عليهما السلام, pour lesquels Allah fit en sorte que la terre fasse jaillir ses trésors :

وَأَسَلْنَا لَهُ عَيْنَ الْقِطْرِ

« Et Nous fîmes couler pour lui une source de cuivre fondu. » (Coran, Saba’, 34:12)

Le Prophète Muhammad ﷺ prophétisa (comme seul un Prophète véridique peut le faire) que la terre ferait un jour sortir ses trésors pour Dajjāl :

« Il passera ensuite par une terre désolée et lui dira : “Fais sortir tes trésors !”, et ses trésors sortiront et se rassembleront devant lui comme un essaim d’abeilles. » (Sahīh Muslim)

Il existe donc un lien direct entre Dajjāl et le système monétaire factice de Bretton Woods, finalement remplacé par le système du pétrodollar dans lequel la terre envoya ses trésors pour aider Dajjāl à poursuivre, et même étendre, son contrôle sur le monde de la monnaie.

Pour plus d’informations et d’analyses sur ce sujet, le lecteur pourra se référer aux conférences suivantes :

Plan de l’ouvrage

Nous commençons, au Chapitre Un, notre explication du sujet de Dajjāl, ou de l’Antéchrist, de façon appropriée, par une description de son profil. Cela inclut des données à son sujet qui doivent être comprises littéralement, ainsi que d’autres données qui doivent être interprétées. C’est dans ce second exercice que nous sommes conduits à la découverte stupéfiante, dans le Coran, que Dajjāl est un jasad, c’est-à-dire un corps humain dépourvu d’esprit. Cela nous mène à des conclusions importantes qui intrigueront le lecteur ainsi que le monde sioniste judéo-chrétien.

Nous en venons ensuite à reconnaître, par un processus de déduction logique, que les juifs doivent attendre un Messie qui rivaliserait avec les Prophètes-rois David et Salomon, c’est-à-dire Nabī Dāwūd et Nabī Sulaymān عليهما السلام, en ce qui concerne le pouvoir, ainsi qu’en ce qui concerne les capacités miraculeuses accordées par Allah. Salomon fut, par exemple, gratifié d’un certain contrôle sur les phénomènes météorologiques, et Dajjāl devra donc démontrer qu’il possède une capacité similaire.

Le Chapitre Deux est consacré à notre méthodologie pour l’étude de ce sujet, dans laquelle nous démontrons le lien qui existe entre le commencement et la fin de l’histoire.

Au Chapitre Trois, nous abordons notre sujet par la réponse des rabbins de Yathrib à la requête des Quraïsh, qui demandaient comment ils pouvaient déterminer si oui ou non Muhammad, l’Arabe de La Mecque, était réellement un Prophète véridique du Seigneur-Dieu. Dans leur réponse, les rabbins posèrent trois questions qui, selon eux, ne pouvaient recevoir réponse que de la part d’un Prophète. L’une de ces questions concernait le Rūḥ, ou Esprit. Ce chapitre est consacré au sujet du Rūḥ et, ce faisant, il met en lumière le caractère fallacieux de la prétention juive à être le peuple élu du Seigneur-Dieu.

Le Chapitre Quatre est consacré à l’analyse de l’événement le plus important qui survint au commencement de l’histoire, à savoir l’Ordre divin donné aux anges, ainsi qu’à un jinn du nom d’Iblīs, de se prosterner devant Ādam عليه السلام. L’analyse de cet événement confirme davantage encore notre conclusion selon laquelle la prétention juive à être le peuple élu du Seigneur-Dieu est fausse.

La substance de ce livre se trouve au Chapitre Cinq, dans lequel nous décrivons et analysons d’autres événements survenus au commencement de l’histoire, qui sont directement liés à la mission de Dajjāl, à la fin de l’histoire, qui est de chercher à reproduire l’État saint d’Israël de Salomon.

Nos lecteurs doivent noter que ni le Coran ni les aḥādīth ne mentionnent explicitement, par son nom, l’État saint qui fut créé par David, c’est-à-dire Nabī Dāwūd عليه السلام, et que son fils gouverna également. Lorsque nous utilisons le nom « État saint d’Israël », nous désignons cet État saint pour lequel Salomon, c’est-à-dire Nabī Sulaymān عليه السلام, pria Allah, le Très-Haut, pour qu’« il n’appartienne à personne après lui ». Ce livre rappelle donc à Dajjāl et à ses partisans sionistes qu’il ne pourra jamais être restauré.

Le texte arabe du Coran

Ce livre sur Dajjāl et le commencement de l’histoire est fondé sur le Coran ; la substance même de l’ouvrage se situe donc dans les versets du Coran que nous avons abondamment cités. Nous nous empressons de rappeler aux lecteurs que le Coran n’a pas été révélé en anglais, en français ou en swahili. Il a été révélé en arabe, et nous sommes parvenus à la conclusion, après une vie entière d’étude, que le Coran ne peut pas être traduit dans une autre langue. Tout au plus pouvons-nous essayer d’expliquer le Coran, avec cette réserve qu’aucune explication ne peut prétendre épuiser sa signification.

Les lecteurs doivent également être informés que, chaque fois qu’un effort de traduction du texte arabe vers une autre langue est entrepris, la science du traducteur, tout comme sa compréhension limitée du texte arabe, influencent toujours sa traduction.

Pour toutes ces raisons, il nous est nécessaire de toujours citer le texte arabe de chaque verset du Coran reproduit dans ce livre. Ce texte a été préservé par Allah depuis que le Livre a été révélé, il y a plus de 1400 ans, et il demeure aujourd’hui hors de portée de ceux qui voudraient encore entreprendre un effort vain pour contester sa prétention à l’authenticité et à l’intégrité absolues.

Chaque fois qu’un verset du Coran est cité dans ce livre, nous nous efforçons d’en expliquer le sens en langue anglaise. Il ne devrait surprendre ni le lecteur, ni ceux qui traduiront cet ouvrage dans d’autres langues, qu’une explication transmette parfois une signification du verset différente de celle d’une « traduction ».

Il sera utile au lecteur que nous fournissions maintenant un exemple de verset traduit, dans lequel notre explication diffère, quant au sens, des traductions existantes du verset. Il nous attriste que des compréhensions erronées du Coran, issues de certaines traductions, aient causé, et continuent de causer, un grand préjudice à ceux qu’elles induisent ainsi en erreur. Nous en donnons l’exemple avec le verset 51 de la sourate al-Mā’idah, dans lequel Allah, le Très-Sage, ordonne (en arabe) ce qui suit :

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لَا تَتَّخِذُوا الْيَهُودَ وَالنَّصَارَىٰ أَوْلِيَاءَ ۘ بَعْضُهُمْ أَوْلِيَاءُ بَعْضٍ ۚ وَمَنْ يَتَوَلَّهُمْ مِنْكُمْ فَإِنَّهُ مِنْهُمْ ۗ إِنَّ اللَّهَ لَا يَهْدِي الْقَوْمَ الظَّالِمِينَ

« Ô vous qui avez cru ! Ne prenez pas les juifs et les chrétiens pour alliés. Ils sont, les uns pour les autres, alliés. Et celui d’entre vous qui les prend pour alliés est des leurs. Certes, Allah ne guide pas les gens injustes. » (Coran, al-Mā’idah, 5:51)

Presque toutes les traductions de ce verset en langue anglaise peuvent conduire le lecteur, chrétien, juif, musulman ou autre, à croire que le Coran a interdit l’amitié et l’alliance des musulmans avec les chrétiens et les juifs. Une telle compréhension du Coran serait pourtant fausse. Le Coran n’a certainement pas interdit aux musulmans d’être amis et alliés de tous les chrétiens et de tous les juifs ; il a plutôt interdit l’amitié et l’alliance avec certains chrétiens et certains juifs spécifiquement désignés.

Le lecteur bienveillant pourra juger par lui-même de la conclusion à laquelle mènent quinze traductions différentes du verset 51 de la sourate al-Mā’idah :

Muhammad Asad : « O you who have attained to faith! Do not take the Jews and the Christians for your allies: they are but allies of one another and whoever of you allies himself with them becomes, verily, one of them; behold, God does not guide such evildoers. »

Sahīh International : « O you who have believed, do not take the Jews and the Christians as allies. They are [in fact] allies of one another. And whoever is an ally to them among you—then indeed, he is [one] of them. Indeed, Allah guides not the wrongdoing people. »

Pickthall : « O ye who believe! Take not the Jews and the Christians for friends. They are friends one to another. He among you who taketh them for friends is (one) of them. Lo! Allah guideth not wrongdoing folk. »

Yusuf Ali : « O ye who believe! Take not the Jews and the Christians for your friends and protectors: They are but friends and protectors to each other. And he amongst you that turns to them (for friendship) is of them. Verily Allah guideth not a people unjust. »

Muhammad Sarwar : « Believers, do not consider the Jews and Christians as your intimate friends for they are only friends with each other. Whoever does so, will be considered as one of them. God does not guide the unjust people. »

Hilāli et Muhsin Khan : « O you who believe! Take not the Jews and the Christians as Auliya' (friends, protectors, helpers, etc.), they are but Auliya' to one another. And if any amongst you takes them as Auliya', then surely he is one of them. Verily, Allah guides not those people who are the Zālimūn (polytheists and wrongdoers and unjust). »

Allama Nooruddin : « O you who believe! Do not take these Jews and the Christians for allies. They are allies of one to another (when against you), and whoso from amongst you takes them for allies, is indeed one of them. Verily, Allah does not guide the unjust people to attain their goal. »

Arberry : « O believers, take not Jews and Christians as friends; they are friends of each other. Whoso of you makes them his friends is one of them. God guides not the people of the evildoers. »

Muhammad Ali : « O you who believe, take not the Jews and the Christians for friends. They are friends of each other. And whoever amongst you takes them for friends he is indeed one of them. Surely Allah guides not the unjust people. »

Talāl Itāni : « O you who believe! Do not take the Jews and the Christians as allies; some of them are allies of one another. Whoever of you allies himself with them is one of them. God does not guide the wrongdoing people. »

Rashad Khalīfah : « O you who believe, do not take certain Jews and Christians as allies; these are allies of one another. Those among you who ally themselves with these belong with them. God does not guide the transgressors. » (C’est ce rédacteur qui a ajouté l’italique.)

Abdul Mājid Daryabādī : « You who believe! Do not take the Jews and the Nazarenes for friend; friends they are to each other, and if any of you befriends them, verily he is one of them. Surely Allah does not guide a transgressing people. »

Abdal Haq et Aisha Bewley : « You who have Imān! do not take the Jews and Christians as your friends; they are the friends of one another. Any of you who takes them as friends is one of them. Allah does not guide wrongdoing people. »

Sher Ali : « O ye who believe! take not the Jews and the Christians for friends. They are friends one to another. And whoso among you takes them for friends is indeed one of them. Verily, Allah guides not the unjust people. »

Il devrait être clairement apparent que, à l’exception de la traduction de Rashad Khalīfah, toutes ces traductions bien connues du Coran en langue anglaise rendent le verset de la même manière : en interdisant aux musulmans de prendre les chrétiens et les juifs comme amis et alliés. Aucun des traducteurs, à part Rashad Khalīfah, ne semble avoir réalisé qu’une telle traduction place ce verset en contradiction avec un autre verset du Coran qui reconnaît certains chrétiens comme un peuple qui sera « le plus proche, en affection, des croyants » (al-Mā’idah, 5:82), ainsi qu’avec un autre verset qui autorise le mariage avec des femmes chrétiennes et juives, et permet en outre aux musulmans de consommer la nourriture rendue licite pour les chrétiens et les juifs (al-Mā’idah, 5:5). Mais le Coran lui-même déclare qu’il est exempt de toute incohérence ou contradiction :

أَفَلَا يَتَدَبَّرُونَ الْقُرْآنَ ۚ وَلَوْ كَانَ مِنْ عِندِ غَيْرِ اللَّهِ لَوَجَدُوا فِيهِ اخْتِلَافًا كَثِيرًا

« Ne méditent-ils donc pas sur le Coran ? S’il provenait d’un autre qu’Allah, ils y trouveraient certes de nombreuses contradictions. » (Coran, al-Nisā’, 4:82)

Allah, le Très-Haut, invite ainsi à examiner les titres de noblesse du Coran en tant que révélation divine. Il déclare avec hardiesse que si le Coran provenait d’un autre qu’Allah, on y trouverait assurément de nombreuses contradictions !

Aucun verset du Coran ne contredit donc un autre verset. Il y aurait une contradiction manifeste si le même Coran déclarait que certains chrétiens seraient les plus proches en amour et en affection des musulmans, tout en déclarant que les musulmans ont interdiction d’être amis et alliés avec tous les chrétiens et tous les juifs.

Il existe encore un autre problème avec ces différentes traductions de ce verset, car elles font dire au Coran quelque chose qui est factuellement faux ! Selon Asad, le Coran déclare des chrétiens et des juifs qu’« ils ne sont qu’alliés les uns des autres » ; pour Sahīh International : « they are [in fact] allies of one another » ; pour Pickthall : « they are friends one to another » ; pour Abdullah Yusuf Ali : « they are but friends and protectors to each other » ; pour Shākir : « they are friends of each other » ; pour Sarwar : « for they are only friends with each other » ; pour Mohsin Khan : « they are but Auliya' to one another » ; pour Nooruddin : « they are allies of one to another (when against you) » ; pour Arberry : « they are friends of each other » ; pour Muhammad Ali : « they are friends of each other » ; etc.

Le Coran fut révélé plus de six cents ans après que les juifs se furent vantés d’avoir crucifié Jésus, et il apparut donc dans un monde où, pendant presque six cents ans, chrétiens et juifs s’étaient haïs. Cette haine chrétienne envers les juifs se poursuivit pendant plus d’un millier d’années après la révélation du Coran. Il est donc manifestement faux d’affirmer, au moment où le Coran fut révélé et durant plus d’un millier d’années ensuite, que les chrétiens et les juifs étaient amis et alliés. En réalité, l’amitié et l’alliance judéo-chrétiennes émergèrent comme un phénomène clairement visible de l’histoire contemporaine seulement après la naissance du mouvement sioniste en 1897.

La bonne compréhension de ce verset du Coran est qu’il anticipe une réconciliation judéo-chrétienne et une amitié telle qu’elle préparera le terrain pour qu’une certaine partie du monde chrétien et une certaine partie du monde juif se réconcilient, puis établissent une amitié et une alliance. Dès que cette alliance viendrait à exister ou serait établie, il serait interdit aux musulmans d’être amis et alliés avec ces chrétiens-là et ces juifs-là. Cette alliance est aujourd’hui apparue dans le monde sous la forme de l’alliance sioniste judéo-chrétienne qui a fait naître l’État d’Israël, et qui continue d’agir pour que cet État gouverne un jour le monde entier sous un Pax Judaica. (Voir mes deux ouvrages intitulés Jerusalem in the Qur’ān et Explaining Israel’s Mysterious Imperial Agenda.)

Ceux qui ont tenté de traduire ce verset (al-Mā’idah, 5:51) ont commis l’erreur de le découper en parties ou en phrases, puis de traduire chaque partie ou chaque phrase séparément. Ils sont ainsi parvenus à une première phrase traduite comme interdisant l’amitié et l’alliance avec les juifs et les chrétiens. Ils sont ensuite passés à une deuxième partie ou phrase, comprise isolément, indépendamment de ce qui la précédait. Ils ont alors déclaré que le Coran disait, faussement, que les juifs et les chrétiens sont amis et alliés les uns des autres. S’ils avaient étudié le verset dans son ensemble, ils auraient compris que leur deuxième partie ou « phrase » n’en était pas une, mais qu’il s’agissait plutôt d’un syntagme venant qualifier ce qui la précédait. Le Coran interdit donc en réalité l’amitié et l’alliance avec les juifs et les chrétiens qui sont eux-mêmes amis et alliés les uns des autres, c’est-à-dire avec une alliance judéo-chrétienne.

Voici mon explication du verset, qui élimine toute contradiction possible avec d’autres versets du Coran et n’attribue aucune contre-vérité manifeste au Livre :

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لَا تَتَّخِذُوا الْيَهُودَ وَالنَّصَارَىٰ أَوْلِيَاءَ ۘ بَعْضُهُمْ أَوْلِيَاءُ بَعْضٍ ۚ وَمَنْ يَتَوَلَّهُمْ مِنْكُمْ فَإِنَّهُ مِنْهُمْ ۗ إِنَّ اللَّهَ لَا يَهْدِي الْقَوْمَ الظَّالِمِينَ

« Ô vous qui croyez en ce Coran comme Parole d’Allah ! Ne prenez pas pour amis et alliés ces juifs-là et ces chrétiens-là qui sont eux-mêmes amis et alliés les uns des autres. Et quiconque parmi vous les prend pour amis et alliés sera considéré comme étant des leurs, ou finira par leur appartenir plutôt qu’à la communauté des musulmans. Certes, Allah ne guide pas les gens pervers. » (Coran, al-Mā’idah, 5:51, explication)

J’exhorte les lecteurs à étudier l’analyse savante de ce verset très important du Coran par le jeune et brillant érudit singapourien Hasbullah Shafi’iy, que nous avons incluse dans ce livre en tant qu’Annexe 1.

Nous avons partagé tout ce qui précède avec nos lecteurs afin de les alerter quant aux dangers que comportent les traductions du Coran dans d’autres langues, et donc quant au besoin absolu de citer et d’étudier le texte arabe même du Coran chaque fois que nous nous tournons vers ce Livre pour y chercher informations ou guidée.

Pour le lecteur chrétien et juif

Bien que nous nous attendions à ce que ce livre soit lu par de nombreux musulmans, il est également écrit au bénéfice de ceux à qui la Torah de Moïse, c’est-à-dire Mūsā عليه السلام, et l’Évangile de Jésus, c’est-à-dire ‘Īsā عليه السلام, furent envoyés, et qui se désignent aujourd’hui eux-mêmes comme chrétiens et juifs. Ils y trouveront le point de vue du Coran sur le commencement de l’histoire, qui diffère parfois de la vision chrétienne et juive de ce sujet.

Comment un chrétien ou un juif doit-il réagir lorsqu’il est confronté à des points de vue divergents émanant d’Écritures révélées ? Le Coran répond lui-même à cette question lorsqu’il déclare que la vérité qui fut révélée dans le Coran est accompagnée de preuves rationnelles (bayyināt min al-hudā). C’est donc avec la faculté rationnelle — qui reçoit ses données à la fois de l’extérieur et de l’intérieur — que le jugement doit être porté.

Le Coran présente d’excellents titres de noblesse permettant d’évaluer sa prétention à être une Écriture divinement révélée. Il présente un texte absolument authentique et incorrompu. Dans mon livre intitulé Methodology for Study of the Qur’ān, j’ai exposé les arguments qui établissent l’authenticité absolue du Coran. J’invite nos lecteurs chrétiens et juifs à examiner ces titres de noblesse.

Ce livre mettra assurément à l’épreuve la patience du lecteur anglophone qui ne connaît pas l’arabe, car nous avons tenu à utiliser des termes arabes indispensables à la présentation du point de vue du Coran. Toutefois, nous nous attachons toujours à fournir un équivalent anglais pour chaque terme arabe. À mesure que le lecteur se familiarisera avec ces mots arabes, l’ouvrage deviendra, espérons-le, plus facile à lire et à comprendre.

CHAPITRE 1
Présentation de Dajjâl, le jasad (un corps humain sans âme)

Un avertissement bienveillant

Le sujet de Dajjâl est peut-être le plus difficile qu’un étudiant ou un savant puisse rencontrer, c’est pourquoi les lecteurs sont gentiment avertis de faire preuve de patience chaque fois que la compréhension d’une partie quelconque du sujet devient difficile, et de ne pas se précipiter vers un jugement prématuré sur la base d’un doute.

À mesure que la connaissance du sujet s’élargira, il deviendra plus facile de relier entre elles les nombreuses parties du sujet et de finir par en saisir l’ensemble comme un tout harmonieux. À ce moment-là, et pas avant, de nombreux doutes seront dissipés, Inshā’ Allāh, c’est-à-dire si Allah le veut.

La description de base

Les chrétiens le connaissent comme « l’Antéchrist », mais le Prophète Muhammad (صلى الله عليه وسلم) l’a désigné sous le nom de al-Masīḥ al-Dajjāl, c’est-à-dire « le Masīḥ Dajjâl ».

Il est important que nos lecteurs comprennent que le Prophète n’a pas donné à l’Antéchrist le nom « Dajjâl », car ce n’est pas un nom ! C’est plutôt un terme descriptif qui le décrit comme un « menteur » ou comme quelqu’un qui « trompe ». Ainsi, chaque fois qu’il est désigné dans ce livre comme Dajjâl, les lecteurs sont invités à se rappeler qu’on devrait proprement l’appeler « le » Dajjâl.

Puisque le Coran a identifié le Prophète ‘Īsā, ou Jésus, fils de la Vierge Maryam (عليهما السلام), comme étant le Messie, l’implication de la description al-Masīḥ al-Dajjāl employée par le Prophète, est que Dajjâl est quelqu’un qui cherchera à usurper l’identité du Messie en prétendant, faussement, être le Messie.

C’est pour cette raison qu’il est désigné, dans ce livre, comme Dajjâl le faux Messie.

Le Prophète Muhammad (صلى الله عليه وسلم) a prophétisé que le Prophète ‘Īsā, ou Jésus (عليه السلام), le vrai Messie, reviendrait un jour en ce monde, et que son retour miraculeux serait un signe majeur de la Fin des Temps. L’auteur de ce livre a l’intention de démontrer, dans son second ouvrage sur Dajjâl intitulé From Jesus the True Messiah to Dajjāl the False Messiah—A Journey in Islamic Eschatology (« Du vrai Messie Jésus au faux Messie Dajjâl — Un voyage en eschatologie islamique »), que le Coran confirme cette prophétie d’un retour miraculeux du vrai Messie.

Mais le Prophète a ensuite annoncé que Dajjâl, le faux Messie, apparaîtrait en personne dans le monde juste avant le retour du vrai Messie, et qu’il chercherait à convaincre les juifs en particulier qu’il est effectivement le vrai Messie.

Puisque Dajjâl, ou l’Antéchrist, est un être qui relève du mal créé par Allah, le Très-Haut (voir Coran, sourate al-Falaq, 113 :2), et qu’il a donc été programmé par Allah, le Très-Haut, pour accomplir cette mission maléfique d’usurpation d’identité, on peut s’attendre à ce qu’il le fasse avec une précision stupéfiante.

C’est en gardant constamment à l’esprit ce fait que nous pouvons maintenant tenter de présenter au lecteur le profil de cet être extraordinaire, à savoir Dajjâl, le faux Messie, qui est, selon notre interprétation, décrit dans le Coran comme un jasad, c’est-à-dire un corps humain dépourvu d’âme. Il fut placé par Allah, le Très-Haut, pour s’asseoir sur le trône de Sulaymān (Salomon) afin que, comme Sulaymān le craignait, il cherche à régner sur la Terre Sainte d’Israël. Ce sujet est expliqué plus loin dans ce chapitre.

Le Coran confirme que le Messie, Jésus, fils de Maryam, était un être humain, et que lui et sa mère mangeaient tous deux de la nourriture (alors que le Seigneur-Dieu, Lui, ne mange pas de nourriture et, en vérité, est exempt d’un tel besoin) :

ْدْ خَلَتْ مِن قَبْلِهِ الرُّسُلُ ۖ وَأُمُّهُ صِدِّيقَةٌ ۖ كَانَا يَأْكُلَانِ الطَّعَامَ ۗ انْظُرْ كَيْفَ نُبَيِّنُ لَهُمُ الْآيَاتِ ثُمَّ انْظُرْ أَنَّىٰ يُؤْفَكُونَ ۝ مَا الْمَسِيحُ ابْنُ مَرْيَمَ إِلَّا رَسُولٌ

Le Messie, fils de Maryam, n’était qu’un messager d’Allah, et (d’autres) messagers avant lui sont passés (et sont morts). Sa mère était véridique (d’une parfaite sincérité). Tous deux mangeaient de la nourriture. Regarde comment Nous leur exposons clairement les signes, puis regarde comment ils se détournent (de la vérité) !

Il est donc clair que les juifs s’attendaient à un Messie qui serait un être humain.

Le Prophète Muhammad (صلى الله عليه وسلم) a donné la description de base de l’Antéchrist, ou Dajjâl, comme suit :

« Il sera un juif, un jeune homme, puissamment bâti, et avec des boucles dans les cheveux… » (Sahīh Muslim)

Les juifs orthodoxes, et, semble-t-il, nul autre en dehors d’eux, portent ces boucles sous la forme de favoris (payot) en raison d’un commandement biblique interdisant de raser les « coins » de la tête :

« Vous ne couperez pas en rond les extrémités de vos cheveux. » (Lévitique 19 :27)

Bien qu’il soit un jasad, c’est-à-dire un corps humain dépourvu d’âme, il devrait être évident pour nos lecteurs que l’Antéchrist, ou Dajjâl, devra apparaître comme un être humain, et comme un juif, puisque sa mission consiste à convaincre les juifs qu’il est réellement le Messie qu’ils attendent. À moins qu’il ne soit juif, ils ne l’accepteront pas comme Messie.

Ainsi, lorsque le Prophète Muhammad (صلى الله عليه وسلم) a décrit Dajjâl de la manière qu’il l’a fait, c’est-à-dire comme un être qui apparaîtra comme une « personne » et comme un « juif », le point de vue islamique est que cette description de Dajjâl doit être comprise littéralement. Cette vision de l’Islam diffère radicalement d’autres opinions bien connues, parfois frivoles, qui ont identifié l’Antéchrist, par exemple, au pape catholique romain, à l’ancien président américain Barack Obama, ou à un système plutôt qu’à une personne, etc.

Les chrétiens rencontrent certaines difficultés à identifier l’Antéchrist ou Dajjâl comme une personne et comme un juif, en raison de plusieurs références scripturaires qui s’écartent du fait le plus important qui ressort de l’eschatologie islamique, à savoir qu’il s’agit de quelqu’un qui cherchera à usurper l’identité du vrai Messie.

Considérez ce qui suit :

« Car plusieurs séducteurs sont entrés dans le monde, qui ne confessent point que Jésus-Christ est venu en chair ; un tel homme est le séducteur et l’antéchrist. » (2 Jean 1 :7)

« Qui est menteur, sinon celui qui nie que Jésus est le Christ ? Celui-là est l’antéchrist, qui nie le Père et le Fils. » (1 Jean 2 :22)

« Reconnaissez à ceci l’Esprit de Dieu : tout esprit qui confesse que Jésus-Christ est venu en chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu, c’est celui de l’antéchrist, dont vous avez appris la venue, et qui maintenant est déjà dans le monde. » (1 Jean 4 :2–3)

En dépit de ce qui précède, l’auteur de ce livre invite le lecteur à considérer sérieusement les arguments et les preuves présentés ici pour comprendre et reconnaître l’Antéchrist comme quelqu’un qui a été créé par le Seigneur-Dieu et envoyé dans le monde avec une mission maléfique, consistant à usurper l’identité de Jésus, le vrai Messie ; comme quelqu’un qui sera un juif, et qui prétendra être le vrai Messie, et comme quelqu’un qui devrait donc être connu, à juste titre, comme le faux Messie.

La complexité du sujet — Dajjâl est borgne

Certes, le Prophète Muhammad (صلى الله عليه وسلم) a déclaré qu’il y aurait de nombreux dajjâls qui apparaîtraient dans le monde comme des menteurs (il a dit qu’ils seraient près de trente) avant l’apparition d’al-Masīḥ al-Dajjāl lui-même (cf. Sunan al-Tirmidhī, Sahīh Muslim, etc.). Néanmoins, il a bien donné une description prophétique de base d’al-Masīḥ al-Dajjāl comme étant un juif, un jeune homme puissamment bâti, et qui porterait les boucles requises par la loi de la Torah, etc.

Ce livre a déjà soutenu que la description ci-dessus doit être comprise littéralement.

La complexité de ce sujet apparaît clairement lorsque nous nous apprêtons maintenant à soutenir qu’une autre partie de la description de l’Antéchrist, ou Dajjâl, donnée par le Prophète, ne peut pas être comprise littéralement mais doit plutôt être interprétée pour être comprise.

En effet, le lecteur chrétien ou juif comprendra aisément lorsqu’on lui dira qu’une quantité significative d’informations, dans la religion de l’Islam, au sujet de l’Antéchrist ou du faux Messie, est présentée dans un langage allégorique et symbolique.

Et cela vaut en particulier pour le Hadith le plus important de tous au sujet de Dajjâl.

Israël devra donc revenir au système monétaire des pièces d’or et d’argent. Chaque juif au monde sait que l’actuel système monétaire est fictif, frauduleux et harām, c’est-à-dire interdit. Peut-être les seuls qui restent aujourd’hui sur terre à ne pas reconnaître ce que chaque juif reconnaît, sont les savants et dirigeants du monde de l’Islam – tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’ancienne « République américaine du Pakistan » !

David et Sulaymān, c’est-à-dire Nabī Dāwūd et Nabī Sulaymān (عليهما السلام), devinrent des rois que Allah, le Très-Haut, éleva à un rang très élevé dans Sa création, et qui régnèrent sur un puissant royaume :

وَلَقَدْ آتَيْنَا دَاوُودَ وَسُلَيْمَانَ عِلْمًا ۖ وَقَالَا الْحَمْدُ لِلَّهِ الَّذِي فَضَّلَنَا عَلَىٰ كَثِيرٍ مِنْ عِبَادِهِ الْمُؤْمِنِينَ

Nous avons certes donné à Dāwūd et à Sulaymān une science, et ils dirent : « Louange à Allah qui nous a favorisés au-dessus de beaucoup de Ses serviteurs croyants. » (Coran, an-Naml, 27 :15)

وَشَدَدْنَا مُلْكَهُ وَآتَيْنَاهُ الْحِكْمَةَ وَفَصْلَ الْخِطَابِ

Et Nous avons raffermi sa royauté et Nous lui avons donné sagesse et décision nette dans le jugement. (Coran, Ṣād, 38 :20)

Allah, le Très-Haut, fit du royaume de Dāwūd, c’est-à-dire de l’État saint d’Israël, un État ou royaume très puissant. Allah lui donna aussi la sagesse et un jugement sûr dans la parole et dans la décision.

En conséquence de ce qui précède, les juifs s’attendront à ce que le Messie règne sur un État saint d’Israël comparable au puissant royaume d’Israël sous le règne de Dāwūd et de Sulaymān (عليهما السلام).

Nous pouvons maintenant en déduire que Dajjâl devra chercher à établir l’Israël d’aujourd’hui précisément comme un tel royaume puissant et État dirigeant – d’où la Pax Judaica !

Un imposteur sur le trône de Salomon

Le Coran poursuit en révélant un événement véritablement stupéfiant de l’histoire religieuse, auquel on peut difficilement, voire jamais, trouver de parallèle. La description de l’événement nous conduit à penser que Sulaymān eut une vision de la part d’Allah, le Très-Haut, dans laquelle il vit qu’un imposteur sans âme s’assiérait un jour sur son trône, et chercherait ainsi à établir un État mensonger en prétendant avoir restauré l’État saint d’Israël. Et c’est précisément en raison de sa connaissance de cet événement futur et menaçant qu’il formula aussitôt une prière extraordinaire à Allah, le Très-Haut.

Voici les deux versets concernés du Coran :

وَلَقَدْ فَتَنَّا سُلَيْمَانَ وَأَلْقَيْنَا عَلَىٰ كُرْسِيِّهِ جَسَدًا ثُمَّ أَنَابَ

Et Nous avons certes éprouvé Sulaymān : Nous plaçâmes sur son trône un corps (un jasad), puis il se repentit et revint (vers Allah). (Coran, Ṣād, 38 :34)

Allah, le Très-Haut, affligea Sulaymān lorsqu’Il plaça sur son trône un jasad, c’est-à-dire un corps humain sans âme ; et lorsque Sulaymān vit ce qui lui était montré, il se tourna alors en pénitent vers Allah et formula une prière.

قَالَ رَبِّ اغْفِرْ لِي وَهَبْ لِي مُلْكًا لَا يَنْبَغِي لِأَحَدٍ مِنْ بَعْدِي ۖ إِنَّكَ أَنْتَ الْوَهَّابُ

Il dit : « Seigneur ! Pardonne-moi et accorde-moi un royaume que nul après moi ne pourra avoir. Tu es, en vérité, le Grand Donateur. » (Coran, Ṣād, 38 :35)

La réponse de Sulaymān au jasad qu’il vit sur son trône fut donc cette prière, demandant à Allah, le Très-Haut, de lui pardonner ses péchés et de décréter que son État saint d’Israël ne puisse jamais appartenir à quiconque après lui : en vérité, Lui seul peut accorder une telle chose.

Une méthodologie correcte pour l’étude de ce sujet, afin de comprendre et d’identifier ce jasad, exige que ces deux versets soient étudiés comme un tout. Il est vraiment regrettable que des savants musulmans n’aient pas appliqué la bonne méthodologie dans leurs efforts pour expliquer le jasad et qu’en conséquence ils aient produit des explications très étranges du sujet.

Lorsque les deux versets sont étudiés ensemble, on peut en tirer une déduction parfaitement plausible : le corps humain dépourvu d’âme, donc décrit comme un jasad, placé sur le trône de Sulaymān, l’effraya au point qu’il formula la prière qu’il formula parce qu’il voyait que ce jasad chercherait à usurper son trône – c’est-à-dire son autorité sur l’État saint d’Israël – et à créer un État profane sur la Terre Sainte, au nom d’Israël, qui chercherait à rivaliser avec l’État saint d’Israël.

Notre avis est donc que Nabī Sulaymān vit l’Antéchrist, ou Dajjâl, le faux Messie, assis sur son trône à Jérusalem, avec pour mission de finir par régner sur un État d’Israël qui prétendrait être l’État saint d’Israël, et qu’il formula sa prière à Allah, le Très-Haut, afin de faire en sorte qu’un tel effort ne réussisse jamais.

Le jasad qui était assis sur le trône, c’était Dajjâl !

Nous pouvons maintenant reconnaître que Dajjâl n’est ni un ange, ni un djinn, mais bien un jasad, c’est-à-dire un corps humain sans âme. Nous ne connaissons personne qui ait auparavant identifié ce jasad mentionné dans le Coran avec Dajjâl, et il est donc possible qu’une telle identification soit faite dans ce livre pour la première fois.

Étant donné qu’il s’agit de l’opinion la plus importante de toutes celles présentées dans ce livre, nos lecteurs seront naturellement intéressés de connaître quelles ont été les explications et interprétations de ce verset données, en particulier, par les commentateurs classiques du Coran. Pour cette raison, nous avons inclus un résumé de ces opinions dans l’Annexe 2.

Comme l’auteur de ce livre considère que Dajjâl, ou l’Antéchrist, est le jasad qu’Allah a placé sur le trône de Sulaymān, il s’ensuit qu’il s’agit d’une créature unique en son genre, créée spécialement, qui apparaîtra comme un être humain parce qu’il possède un corps humain, mais qui ne sera pas un être humain complet puisqu’il sera dépourvu d’âme (nafs).

Comme il ne possède pas d’âme, il ne disposera pas de volonté libre, ni de volonté autodéterminée, et ne sera donc pas responsable de sa conduite. Il s’ensuit qu’il ne sera pas jugé au Jour du Jugement comme le seront tous les autres êtres humains.

Il peut être difficile, voire impossible, pour certains lecteurs, de même comprendre, et à plus forte raison d’accepter finalement, cette vision de Dajjâl exposée ci-dessus. Nous conseillons donc à de tels lecteurs de poursuivre leur lecture et de ne pas laisser cette vision de Dajjâl devenir un os coincé dans leur gorge.

Nous devons toutefois faire un autre commentaire à propos de ce jasad avant de poursuivre notre sujet. Si Dajjâl est réellement un jasad, c’est-à-dire un corps humain dépourvu d’âme ou d’esprit, il s’ensuit que Dajjâl ne possède pas d’intelligence intrinsèque. Il ne pense pas, et ne peut pas penser, par lui-même. Son intelligence et son processus de pensée sont au contraire programmés de l’extérieur. Il est semblable à un robot, et nous pouvons ainsi mieux comprendre Dajjâl, et parfois même reconnaître ses empreintes, dans tout ce qui fonctionne par intelligence artificielle.

Nulle part les empreintes de Dajjâl ne sont aujourd’hui plus visibles que dans le monde de la monnaie, où la vraie monnaie, sous forme d’or et d’argent, a été remplacée par un jasad monétaire de monnaie artificielle. Cela fera l’objet d’un livre ultérieur, Inshā’ Allāh.

Le Coran poursuivit en décrivant le succès de ce jasad à amener les djinns à continuer de travailler pour lui et de le servir pendant de longues années, tout en croyant qu’ils travaillaient pour Sulaymān. L’explication du succès de Dajjâl dans cet acte de tromperie est que, à la mort de Sulaymān, les djinns ne virent que le jasad assis sur le trône, tenant le minsa’ah de Sulaymān, et supposèrent qu’il s’agissait de Sulaymān.

Les djinns étaient liés à Sulaymān par décret divin, et n’avaient donc pas la liberté d’observer ce qui se passait dans le monde (voir Coran, Saba’, 34 :12–14). Ils ignoraient que Sulaymān était mort et enterré. Ils n’avaient aucune connaissance d’Ākhir az-Zamān et, par conséquent, ne pouvaient pas se rendre compte qu’ils travaillaient comme esclaves pour un imposteur.

Ainsi, l’État profane d’Israël recevra le soutien continu des djinns pendant la longue lutte qui précède sa création, après la naissance d’Israël, et tout au long de sa vie, tant que Dajjâl restera assis sur le trône de Sulaymān en tenant son bâton sacré.

Dā’bbat al-Arḍ (une bête ou créature de la terre)

Allah, le Très-Sage, a créé ceux qui viendront peu à peu rogner l’autorité de l’Israël de Dajjâl – symbolisée par le minsa’ah de Sulaymān – jusqu’à ce que le minsa’ah perde sa fitrah, c’est-à-dire sa constitution d’origine accordée par Allah, puis s’effondre. Ce n’est que lorsqu’il s’effondrera que le jasad perdra sa capacité à convaincre les djinns que c’est Sulaymān qui est assis sur le trône.

Au moment où ce fait se révélera aux djinns, l’État profane d’Israël de Dajjâl perdra le soutien des djinns, avec des conséquences qui ne peuvent que terrifier chaque juif sioniste et chaque chrétien sioniste partisan de cet Israël.

Voici le verset du Coran qui fournit cette information extraordinaire :

فَلَمَّا قَضَيْنَا عَلَيْهِ الْمَوْتَ مَا دَلَّهُمْ عَلَىٰ مَوْتِهِ إِلَّا دَابَّةُ الْأَرْضِ تَأْكُلُ مِنْسَأَتَهُ ۖ فَلَمَّا خَرَّ تَبَيَّنَتِ الْجِنُّ أَنْ لَوْ كَانُوا يَعْلَمُونَ الْغَيْبَ مَا لَبِثُوا فِي الْعَذَابِ الْمُهِينِ

Lorsque Nous décrétâmes sa mort, rien n’indiqua aux djinns sa mort, si ce n’est la bête de la terre qui rongea son bâton (minsa’ah). Puis, lorsqu’il s’effondra, il apparut clairement aux djinns que, s’ils avaient connu l’invisible, ils ne seraient pas restés dans ce châtiment humiliant. (Coran, Saba’, 34 :14)

Lorsque Allah, le Très-Haut, décréta la mort de Sulaymān, les djinns ne réalisèrent jamais qu’il était mort et qu’un imposteur était assis sur son trône à sa place, en possession de son minsa’ah, jusqu’à ce que Dā’bbat al-Arḍ consume le minsa’ah. Et lorsqu’il s’effondra en conséquence – au sens où il perdit ses pouvoirs miraculeux –, les djinns, qui étaient soumis à Sulaymān par l’ordre d’Allah, réalisèrent alors qu’il était mort et qu’ils avaient travaillé tout ce temps, depuis sa mort, pour un imposteur assis sur son trône et en possession de son minsa’ah.

Allah, le Très-Sage, commenta alors que, s’ils avaient eu connaissance de l’ghayb, c’est-à-dire de réalités situées au-delà de leur capacité de perception ou d’observation, bien qu’ils soient liés à Sulaymān, ils ne seraient pas restés à peiner dans cette servitude humiliante, accomplissant toutes les œuvres mauvaises que l’imposteur décrétait qu’ils devaient accomplir au nom d’Israël.

Il est clair que c’est en raison de sa possession du minsa’ah de Sulaymān que le jasad, assis sur le trône de Sulaymān, parvint à faire en sorte que les djinns continuent à travailler pour lui. Le minsa’ah de Sulaymān devait posséder certains pouvoirs ou propriétés miraculeux accordés par Allah pour avoir un tel effet sur les djinns.

Nous pouvons rappeler utilement que c’est avec son bâton (qui possédait lui aussi des pouvoirs et propriétés semblables accordés par Allah) que Nabī Mūsā, c’est-à-dire Moïse (عليه السلام), frappa la mer Rouge, qui se fendit alors miraculeusement pour ouvrir un passage de terre sèche par lequel les Israélites purent atteindre la sécurité (voir Coran, ash-Shu‘arā’, 26 :23). C’est également avec son bâton que Moïse frappa le rocher et douze sources d’eau jaillirent miraculeusement du rocher – une source pour chacune des douze tribus d’Israël (voir Coran, al-Baqarah, 2 :60). C’est avec ce même bâton que Moïse vainquit les magiciens de Pharaon, lorsque son bâton se transforma en serpent et avala miraculeusement tout ce qu’ils produisirent comme magie (voir Coran, al-A‘rāf, 7 :107–117). Mais c’est avec la tunique de Yūsuf qu’on jeta sur le visage de son père Ya‘qūb que sa vue fut miraculeusement restaurée.

Les commentateurs du Coran sont unanimement d’avis que le mot minsa’ah signifie « bâton » ou « canne ». Si nous acceptons cette explication du sens de minsa’ah, il s’ensuit que le jasad tenait le bâton de Sulaymān et bénéficiait de ses pouvoirs miraculeux, ce qui empêchait les djinns de savoir que Sulaymān était mort et qu’un autre était assis sur son trône.

Dā’bbat al-Arḍ devrait alors être quelque chose qui démantèle progressivement, et finit par réussir à annuler ou détruire les propriétés miraculeuses du bâton de Sulaymān. Le verset ci-dessus suggère l’analogie des termites qui mangent à la base d’un bâton planté verticalement, lequel finit par perdre son équilibre et s’effondrer.

Notre avis est que l’une des manières possibles d’identifier Dā’bbat al-Arḍ serait les ondes électroniques invisibles émises par les téléphones portables et les connexions sans fil à Internet qui polluent l’atmosphère. Ce sont peut-être ces ondes électroniques qui finissent par faire perdre au bâton de Sulaymān ses propriétés miraculeuses, et cette perte est décrite dans le Coran comme un effondrement – et Allah sait mieux !

Déjà, les abeilles ont des difficultés à se repérer vers les fleurs pour en recueillir le pollen et en revenir, et, en conséquence, la production de miel dans ce mystérieux monde moderne est en déclin constant et alarmant.

Mais une bonne méthodologie exige que le Coran lui-même soit utilisé pour expliquer le sens du mot minsa’ah. Nous devons commencer l’application d’une méthodologie correcte en reconnaissant que le Coran a toujours utilisé un autre mot pour « bâton », à savoir ‘aṣā. Pourquoi alors Allah, le Très-Haut, se serait-Il écarté de ce mot ‘aṣā qu’Il utilise de façon constante pour signifier « bâton » et, dans ce cas unique, utiliser un autre mot, minsa’ah, pour désigner la même chose ? Ce serait une dérogation étrange et mystérieuse au principe de cohérence littéraire.

Lorsque nous appliquons une méthodologie correcte en recherchant dans le Coran une autre occurrence de minsa’ah, nous en trouvons une seule, dans la sourate at-Tawbah, comme suit :

إِنَّمَا النَّسِيءُ زِيَادَةٌ فِي الْكُفْرِ ۖ يُضَلُّ بِهِ الَّذِينَ كَفَرُوا يُحِلُّونَهُ عَامًا وَيُحَرِّمُونَهُ عَامًا لِيُوَاطِئُوا عِدَّةَ مَا حَرَّمَ اللَّهُ فَيُحِلُّوا مَا حَرَّمَ اللَّهُ زُيِّنَ لَهُمْ سُوءُ أَعْمَالِهِمْ ۗ وَاللَّهُ لَا يَهْدِي الْقَوْمَ الْكَافِرِينَ

Le report (des mois sacrés) n’est qu’un surcroît de mécréance : par là, les mécréants sont égarés. Une année ils le rendent licite et une autre ils le rendent illicite, afin de s’ajuster au nombre de mois qu’Allah a déclarés sacrés, et ils rendent ainsi licite ce qu’Allah a interdit. La laideur de leurs actions leur a été embellie. Et Allah ne guide pas les gens mécréants. (Coran, at-Tawbah, 9 :37)

Allah, le Très-Haut, a condamné dans le verset ci-dessus la pratique arabe de manipuler le « temps », et a déclaré qu’il s’agissait d’un exemple supplémentaire de leur refus de reconnaître la vérité – un moyen par lequel ceux qui sont résolus à nier la vérité sont égarés. Ils déclarent licite une année cette pratique consistant à ajouter un mois tous les trois ans afin que l’année lunaire se synchronise avec l’année solaire, puis l’interdisent une autre année, pour se conformer extérieurement au nombre de mois qu’Allah a déclarés sacrés. Ce faisant, ils rendent licite ce qu’Allah a interdit. La laideur de leurs actes leur semble belle, puisque Allah n’accorde pas Sa guidée à un peuple qui refuse de reconnaître la vérité.

Lorsque le Prophète (صلى الله عليه وسلم) a utilisé ce même mot, il l’a également fait au sens de « temps », dans le sens de « durée de vie » :

عَنْ أَنَسِ بْنِ مَالِكٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ أَحَبَّ أَنْ يُبْسَطَ لَهُ فِي رِزْقِهِ وَيُنْسَأَ لَهُ فِي أَثَرِهِ فَلْيَصِلْ رَحِمَهُ

D’après Anas ibn Mâlik (qu’Allah l’agrée), le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Celui qui aime que sa subsistance soit augmentée et que sa durée de vie soit prolongée, qu’il entretienne les liens de parenté. » (Sahīh al-Bukhārī, Sahīh Muslim)

Ainsi, ni le Coran ni le Prophète (صلى الله عليه وسلم) ne confirment le sens de « bâton » attribué par les commentateurs du Coran au mot minsa’ah. Il ne nous reste donc qu’une seule alternative : minsa’ah désigne une capacité miraculeuse dans la relation de Sulaymān avec le « temps ».

Il est possible que Dā’bbat al-Arḍ détruise la capacité miraculeuse du « bâton » de permettre un voyage simultané dans différentes dimensions du temps, en avant et en arrière. C’est par ce voyage de va-et-vient que les jeunes gens endormis dans la caverne purent rester simultanément dans deux dimensions du temps (voir Coran, al-Kahf, 18 :16–20).

Si le jasad peut manipuler différentes dimensions du temps, il peut ainsi présenter aux djinns un Sulaymān toujours vivant, tout en leur dissimulant la mort de Sulaymān.

Si Dajjâl, le jasad, peut manipuler différentes dimensions du temps grâce à sa possession du bâton de Sulaymān, et ainsi faire avancer son projet de régner finalement sur le monde depuis la Jérusalem sainte, nous devrons accepter que la fonction principale de Dā’bbat al-Arḍ soit de lui faire échec, en le privant de ce bâton miraculeux. Ils le font en consumant le bâton et en le privant de ses propriétés et fonctions miraculeuses. Et Allah sait mieux !

Dans un autre verset, le Coran décrit Dā’bbat al-Arḍ comme quelque chose qui « parlera » (ou blessera) :

وَإِذَا وَقَعَ الْقَوْلُ عَلَيْهِمْ أَخْرَجْنَا لَهُمْ دَابَّةً مِنَ الْأَرْضِ تُكَلِّمُهُمْ أَنَّ النَّاسَ كَانُوا بِآيَاتِنَا لَا يُوقِنُونَ

Et quand la Parole tombera sur eux, Nous ferons sortir de la terre une bête (dā’bbah) qui leur parlera, (disant) que les gens ne croyaient pas fermement en Nos signes. (Coran, an-Naml, 27 :82)

La sortie de la bête ou créature de la terre, Dā’bbat al-Arḍ, est donc directement liée à la négligence d’un monde d’hommes qui se laissent laver le cerveau. Le même mot arabe تُكَلِّمُهُمْ peut avoir deux sens différents selon la vocalisation. S’il est ponctué تُكَلِّمُهُمْ (tukallimuhum), il signifie « leur parler ». Mais s’il est lu تَكْلِمُهُمْ (taklimuhum), il signifie « les blesser ». Les deux sens semblent s’appliquer si nous interprétons Dā’bbat al-Arḍ comme nous venons de le faire.

Le noble compagnon du Prophète (صلى الله عليه وسلم), Ibn ‘Abbās, défendait ce point de vue. (Voir Tafsīr al-Qurtubī)

Déjà, la communication électronique au moyen des soi-disant « smartphones » et autres téléphones portables transforme rapidement une grande partie du monde ainsi « connecté » en une sorte de ville du bavardage virtuel où le « troupeau » mondial passe des heures, des jours, des semaines – et finalement une vie entière – à communiquer les uns avec les autres dans ce qu’on pourrait appeler au mieux une « talk city ».

Finalement, ce « troupeau » devient tellement dépendant de ce qu’on appelle parfois le « bla-bla » qu’il ne supporte plus de vivre sans ces appareils. Il ne se rend pas compte que cette explosion de parole ne se produit pas par hasard. Au contraire, un plan divin est en train de se dérouler : les ondes électroniques émises dans l’atmosphère, et dans le tympan et le cerveau humains, ne se contenteront pas de faire consommer électroniquement les propriétés miraculeuses du bâton de Sulaymān, elles entraîneront aussi des lésions cérébrales à un point tel que le cancer du cerveau, la démence et une forme particulière de démence appelée Alzheimer deviendront monnaie courante. On assiste peut-être à la naissance d’une épidémie.

La maladie d’Alzheimer est une affection cérébrale qui provoque un déclin lent de la mémoire, de la pensée et des facultés de raisonnement. L’un des signes les plus fréquents de la maladie d’Alzheimer est la perte de mémoire, en particulier l’oubli des informations récemment apprises. Il devrait être source de grande inquiétude de constater que des enfants âgés seulement de six ou huit ans sont aujourd’hui victimes de démence infantile, c’est-à-dire d’Alzheimer.

Notre avis est que Dā’bbat al-Arḍ peut être identifiée à cette tempête électronique qui a jailli de la terre et qui emporte toute l’humanité dans son étreinte mortelle, dans laquelle l’esprit humain lui-même est démantelé. Au lieu de vivre dans le monde réel et concret, une humanité négligente est entraînée dans l’étreinte mortelle de ce qu’on appelle le monde virtuel. Elle finit par perdre le contact avec la réalité spirituelle, et perd la conscience de son propre statut d’être en qui réside le Rūḥ, l’Esprit insufflé par Allah.

Le Coran a lancé un avertissement inquiétant précisément sur un tel état de choses :

وَلَا تَكُونُوا كَالَّذِينَ نَسُوا اللَّهَ فَأَنْسَاهُمْ أَنْفُسَهُمْ ۚ أُولَٰئِكَ هُمُ الْفَاسِقُونَ

Et ne soyez pas comme ceux qui ont oublié Allah, et qu’Il a fait s’oublier eux-mêmes. Ceux-là sont les pervers. (Coran, al-Ḥashr, 59 :19)

Ceux qui ne sont pas à l’aise avec l’identification ci-dessus de Dā’bbat al-Arḍ peuvent choisir plutôt d’attendre une Bête, décrite ailleurs comme suit :

« Sa tête est comme la tête d’un taureau, ses yeux comme ceux d’un porc, ses oreilles comme celles d’un éléphant, ses cornes comme celles d’un cerf, son cou comme celui d’une autruche, sa poitrine comme celle d’un lion, sa couleur comme celle d’un tigre, ses hanches comme celles d’un chat, sa queue comme celle d’un bélier et ses jambes comme celles d’un chameau. »

Cette fonction de Dā’bbat al-Arḍ doit être très commode pour Dajjâl, qui a exactement le même objectif : démanteler progressivement tout rival d’Israël existant aujourd’hui dans le monde – d’où l’explication du sort qui frappe maintenant de grands États de l’Occident moderne comme les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, etc.

Ces États dominants et leurs plus grands alliés, qui ont donné au monde la Pax Britannica et la Pax Americana, sont peu à peu démantelés par des forces cachées semblables à des termites qui rongent sans cesse le bâton qui maintient en équilibre un corps sans âme assis sur le trône réservé à l’État dirigeant. Les rivaux du statut d’Israël comme État dirigeant dans le monde s’effondreront un jour. Ce n’est qu’une question de temps.

L’auteur de ces lignes marque une pause pour conseiller à tous ceux qui ont foi en l’Unique Dieu (musulmans, chrétiens, juifs ou autres) et qui vivent dans l’étreinte du monde électronique de Dajjâl, de chercher protection et guérison par la récitation constante (du texte arabe) du Coran béni. C’est particulièrement important pour ceux qui utilisent sans cesse (et follement) leurs soi-disant smartphones et autres téléphones portables.

L’auteur marque une pause pour rappeler à ces personnes la déclaration divine selon laquelle le Coran peut « guérir » :

وَنُنَزِّلُ مِنَ الْقُرْآنِ مَا هُوَ شِفَاءٌ وَرَحْمَةٌ لِلْمُؤْمِنِينَ ۙ وَلَا يَزِيدُ الظَّالِمِينَ إِلَّا خَسَارًا

Nous faisons descendre du Coran ce qui est une guérison et une miséricorde pour les croyants ; et cela ne fait qu’augmenter la perdition des injustes. (Coran, al-Isrā’, 17 :82)

Ainsi, pas à pas, Allah, le Très-Haut, a fait descendre à travers ce Coran ce qui guérit et ce qui est une grâce pour ceux qui croient en l’Unique Dieu, tandis que cela ne fait qu’ajouter à la ruine des malfaisants.

David et Salomon – le profil miraculeux

Dāwūd, c’est-à-dire Nabī Dāwūd (عليه السلام), n’était pas simplement un roi régnant sur un royaume. Lui et son fils Sulaymān, c’est-à-dire Nabī Sulaymān (عليهما السلام), occupaient un rang unique dans la création d’Allah, puisque le Coran révèle qu’Allah, le Très-Haut, fit que les montagnes et les oiseaux chantent avec Dāwūd Sa louange, et que Sulaymān apprit le langage des oiseaux :

وَسَخَّرْنَا مَعَ دَاوُودَ الْجِبَالَ يُسَبِّحْنَ وَالطَّيْرَ ۚ وَكُنَّا فَاعِلِينَ

Et Nous avons assujetti les montagnes à Dāwūd afin qu’elles glorifient (Allah) avec lui, ainsi que les oiseaux. Et c’est Nous qui agissions (ainsi). (Coran, al-Anbiyā’, 21 :79)

وَوَرِثَ سُلَيْمَانُ دَاوُودَ ۖ وَقَالَ يَا أَيُّهَا النَّاسُ عُلِّمْنَا مَنْطِقَ الطَّيْرِ وَأُوتِينَا مِنْ كُلِّ شَيْءٍ ۖ إِنَّ هَٰذَا لَهُوَ الْفَضْلُ الْمُبِينُ

Et Sulaymān hérita de Dāwūd et dit : « Ô hommes ! On nous a appris le langage des oiseaux, et on nous a donné part de toutes choses. C’est là, vraiment, la grâce évidente (d’Allah). » (Coran, an-Naml, 27 :16)

Non seulement ces deux Prophètes-Rois furent bénis comme décrit ci-dessus, mais, en plus, Sulaymān pouvait contrôler le climat :

وَلِسُلَيْمَانَ الرِّيحَ عَاصِفَةً تَجْرِي بِأَمْرِهِ إِلَى الْأَرْضِ الَّتِي بَارَكْنَا فِيهَا ۚ وَكُنَّا بِكُلِّ شَيْءٍ عَالِمِينَ

Et à Sulaymān (Nous avons soumis) le vent violent qui, par Son ordre, souffle vers la terre que Nous avons bénie. Et Nous savons toute chose. (Coran, al-Anbiyā’, 21 :81)

Lorsque les fourmis parlèrent, Sulaymān (عليه السلام) put comprendre ce qu’elles disaient :

حَتَّىٰ إِذَا أَتَوْا عَلَىٰ وَادِ النَّمْلِ قَالَتْ نَمْلَةٌ يَا أَيُّهَا النَّمْلُ ادْخُلُوا مَسَاكِنَكُمْ لَا يَحْطِمَنَّكُمْ سُلَيْمَانُ وَجُنُودُهُ وَهُمْ لَا يَشْعُرُونَ

Jusqu’à ce qu’ils (Sulaymān et son armée) arrivèrent à la vallée des fourmis. Une fourmi dit : « Ô fourmis ! Entrez dans vos demeures, de peur que Sulaymān et ses armées ne vous écrasent sans s’en rendre compte. » (Coran, an-Naml, 27 :18)

Le Coran révèle que même les djinns furent liés divinement, sous la menace d’un grand châtiment en cas de désobéissance à l’ordre d’Allah, à travailler pour Sulaymān (عليه السلام) dans la fabrication de nombreux objets en cuivre utiles à l’État saint d’Israël dans le Temple, c’est-à-dire la mosquée qu’il construisit. Ils obtinrent ce métal d’une source de cuivre que Allah, le Très-Haut, mit à sa disposition. En conséquence, les juifs attendront de leur Messie qu’il en fasse de même :

وَلِسُلَيْمَانَ الرِّيحَ غُدُوُّهَا شَهْرٌ وَرَوَاحُهَا شَهْرٌ ۖ وَأَسَلْنَا لَهُ عَيْنَ الْقِطْرِ ۖ وَمِنَ الْجِنِّ مَنْ يَعْمَلُ بَيْنَ يَدَيْهِ بِإِذْنِ رَبِّهِ ۖ وَمَنْ يَزِغْ مِنْهُمْ عَنْ أَمْرِنَا نُذِقْهُ مِنْ عَذَابِ السَّعِيرِ

Et à Sulaymān (Nous avons soumis) le vent dont le parcours du matin égalait un mois (de marche) et celui du soir un mois. Et Nous avons fait couler pour lui la source de cuivre fondu. Et il y avait des djinns qui œuvraient devant lui, par la permission de son Seigneur. Et quiconque d’entre eux s’écartait de Notre ordre, Nous lui faisions goûter au châtiment de la Fournaise. (Coran, Saba’, 34 :12)

يَعْمَلُونَ لَهُ مَا يَشَاءُ مِنْ مَحَارِيبَ وَتَمَاثِيلَ وَجِفَانٍ كَالْجَوَابِ وَقُدُورٍ رَاسِيَاتٍ ۚ اعْمَلُوا آلَ دَاوُودَ شُكْرًا ۚ وَقَلِيلٌ مِنْ عِبَادِيَ الشَّكُورُ

Ils fabriquaient pour lui ce qu’il voulait : sanctuaires, statues, grands plats comme des bassins, et chaudrons bien ancrés. « Ô famille de Dāwūd ! Œuvrez avec gratitude ! » Peu de Mes serviteurs sont reconnaissants. (Coran, Saba’, 34 :13)

اصْبِرْ عَلَىٰ مَا يَقُولُونَ وَاذْكُرْ عَبْدَنَا دَاوُودَ ذَا الْأَيْدِ ۖ إِنَّهُ أَوَّابٌ

Endure donc ce qu’ils disent, et rappelle-toi Notre serviteur Dāwūd, le plein de force. Il revenait souvent (vers Allah). (Coran, Ṣād, 38 :17)

Allah, le Très-Haut, recommanda au Prophète Muhammad de supporter avec patience ce que disaient à son encontre ceux qui s’opposaient à lui, et de se rappeler Son serviteur Dāwūd, doté d’une si grande force intérieure ! En vérité, il revenait sans cesse vers Allah.

Peut-être l’un des événements de la vie de Nabī Sulaymān (عليه السلام) rapporté dans le Coran nous permet-il d’anticiper le type d’aide que les djinns pourront fournir à Dajjâl en Ākhir az-Zamān. Il s’agit du trône merveilleux de la reine de Saba’. Nabī Sulaymān (عليه السلام) voulut que ce trône soit amené à sa cour avant l’arrivée de la reine. Un djinn proposa de l’amener en un clin d’œil. Voici ce que le Coran dit de l’aide fournie par les djinns dans cette affaire :

قَالَ يَا أَيُّهَا الْمَلَأُ أَيُّكُمْ يَأْتِينِي بِعَرْشِهَا قَبْلَ أَنْ يَأْتُونِي مُسْلِمِينَ ۝ قَالَ عِفْرِيتٌ مِنَ الْجِنِّ أَنَا آتِيكَ بِهِ قَبْلَ أَنْ تَقُومَ مِنْ مَقَامِكَ ۖ وَإِنِّي عَلَيْهِ لَقَوِيٌّ أَمِينٌ ۝ قَالَ الَّذِي عِنْدَهُ عِلْمٌ مِنَ الْكِتَابِ أَنَا آتِيكَ بِهِ قَبْلَ أَنْ يَرْتَدَّ إِلَيْكَ طَرْفُكَ ۚ فَلَمَّا رَآهُ مُسْتَقِرًّا عِنْدَهُ قَالَ هَٰذَا مِنْ فَضْلِ رَبِّي لِيَبْلُوَنِي أَأَشْكُرُ أَمْ أَكْفُرُ ۖ وَمَنْ شَكَرَ فَإِنَّمَا يَشْكُرُ لِنَفْسِهِ ۖ وَمَنْ كَفَرَ فَإِنَّ رَبِّي غَنِيٌّ كَرِيمٌ ۝ قَالَ نَكِّرُوا لَهَا عَرْشَهَا نَنْظُرْ أَتَهْتَدِي أَمْ تَكُونُ مِنَ الَّذِينَ لَا يَهْتَدُونَ

Il dit : « Ô dignitaires ! Qui parmi vous m’apportera son trône avant qu’ils ne viennent à moi soumis ? » Un ‘ifrīt d’entre les djinns dit : « Je t’apporterai cela avant que tu ne te lèves de ta place ; pour cela, je suis fort et digne de confiance. » Celui qui avait une connaissance du Livre dit : « Je te l’apporterai avant que ton regard ne revienne vers toi. » Puis, quand il le vit placé devant lui, il dit : « Ceci est de la grâce de mon Seigneur pour m’éprouver (et voir) si je suis reconnaissant ou ingrat. Et quiconque est reconnaissant n’est reconnaissant que pour lui-même, et quiconque est ingrat… Mon Seigneur se suffit à Lui-même et Il est Généreux. » Il dit (encore) : « Transformez-lui son trône pour voir si elle sera guidée ou si elle sera de ceux qui ne sont pas guidés. » (Coran, an-Naml, 27 :38–41)

L’aide fournie à Sulaymān par ce djinn qui, selon le Coran, possédait une « connaissance du Livre », anticipe la télévision moderne, la projection holographique d’objets tridimensionnels en plein air sans écran, ainsi que d’autres choses apparemment miraculeuses.

Bien que le Coran n’identifie pas le « Livre » qui fournit la connaissance permettant à un djinn de déplacer instantanément un objet vers un nouvel emplacement, à des milliers de kilomètres, il confirme l’existence d’un tel livre. Mais nous devons aussi envisager la possibilité que le mot « Livre » ait été employé pour représenter une branche de la connaissance. Si tel est le cas, il est alors possible que Dajjâl ait accès à cette branche de la connaissance et que la révolution scientifique et technologique moderne soit aidée par les djinns, avec, à l’horizon de l’histoire, des miracles scientifiques et technologiques qui chercheront à reproduire l’événement décrit ci-dessus.

Nous concluons en observant que le profil du Messie attendu par les juifs doit se comparer favorablement à ce qui a été décrit plus haut à propos des profils de Dāwūd et de Sulaymān (عليهما السلام). Il existe une abondance de preuves qui démontrent de manière convaincante que Dajjâl a déjà fait des progrès considérables pour se forger précisément un tel profil.

هُوَ الْأَوَّلُ وَالْآخِرُ وَالظَّاهِرُ وَالْبَاطِنُ ۖ وَهُوَ بِكُلِّ شَيْءٍ عَلِيمٌ

C’est Lui le Premier et le Dernier, l’Apparent et le Caché, et Il est Omniscient. (Coran, al-Ḥadīd, 57 :3)

CHAPITRE 2
Méthodologie pour relier le début de l’histoire à sa fin

Le début et la fin de l’histoire appartiennent à Allah, le Très-Haut

Le Coran a, à maintes reprises, affirmé qu’Allah détient à la fois le commencement et la fin de toute chose, et que Sa Volonté prévaut aussi bien au début qu’à la fin.

Voici quelques versets en ce sens :

. . . تَصِيرُ الْأُمُورُ إِلَى اللَّهِ أَلَا

… Oui, c’est vers Allah que se ramènent toutes les affaires. (Coran, ash-Shūrā, 42 :53)

. . . تَرْجِعُ الْأُمُورُ إِلَى اللَّهِ وَإِلَيْهِ

… Et à Lui retournent toutes les affaires. (Coran, al-Ḥajj, 22 :76)

. . . وَأَنَّ إِلَى رَبِّكَ الْمُنْتَهَى

Et que vers ton Seigneur est la finalité (de toute chose). (Coran, an-Najm, 53 :42)

. . . إِلَى رَبِّكَ مُنْتَهَاهَا

Vers ton Seigneur en est l’issue. (Coran, an-Nāzi‘āt, 79 :44)

. . . كَمَا بَدَأَكُمْ تَعُودُونَ

… De même qu’Il vous a créés la première fois, vous reviendrez (à Lui). (Coran, al-A‘rāf, 7 :29)

Lorsque nous plaçons ensemble tous les versets du Coran qui relient le « début » à la « fin », et que nous découvrons la trame de sens qui les unit en un tout harmonieux, nous arrivons à une merveilleuse philosophie de l’histoire dans laquelle nous reconnaissons non seulement que la Vérité est Une, mais encore que cette même Vérité unique traverse l’ensemble du processus historique, tandis qu’il se tisse ou serpente à travers l’histoire, de l’aube au crépuscule.

En d’autres termes, l’histoire a commencé avec cette Vérité Une, et elle se terminera avec la même Vérité. Il n’y a donc ni ascension ni déclin linéaire de l’histoire, c’est-à-dire un mouvement de l’histoire allant du « mensonge » à la « vérité » ou inversement ; le mouvement de l’histoire n’est pas non plus cyclique. Il s’agit plutôt d’un mouvement allant de la Vérité à la Vérité, malgré toutes les méandres de l’histoire. On devrait appeler cela la philosophie islamique de l’histoire.

Peut-être le Coran n’a-t-il jamais livré une déclaration plus éloquente de cette unité et de cette harmonie dans le processus historique, qui verrouille et relie le « début » et la « fin » en un tout cohérent, que dans le verset suivant :

مَا خَلْقُكُمْ وَلَا بَعْثُكُمْ إِلَّا كَنَفْسٍ وَاحِدَةٍ ۚ إِنَّ اللَّهَ سَمِيعٌ بَصِيرٌ

Votre création et votre résurrection (à tous) ne sont que comme celles d’une seule âme. Allah est, en vérité, Audient et Clairvoyant. (Coran, Luqmān, 31 :28)

Un autre verset du Coran déclare que le sceau de l’autorité d’Allah est apposé aussi bien au début qu’à la fin : sur ce qui s’est produit auparavant – ce qui inclut nécessairement le début de l’histoire – et sur ce qui surviendra ensuite – ce qui inclut également la fin de l’histoire. Ce verset se conclut, de façon significative, par une « bonne nouvelle » en cette fin pour ceux qui ont foi en l’Unique Dieu :

لِلَّهِ الْأَمْرُ مِنْ قَبْلُ وَمِنْ بَعْدُ ۚ وَيَوْمَئِذٍ يَفْرَحُ الْمُؤْمِنُونَ

C’est à Allah qu’appartient le commandement, au début et à la fin, et ce jour-là les croyants se réjouiront. (Coran, ar-Rūm, 30 :4)

Si le contexte immédiat de la révélation de ce verset, avec sa déclaration spectaculaire de victoire par l’aide d’Allah, était la victoire (orthodoxe) chrétienne de Byzance sur la Perse païenne (païenne dans le même sens que l’Arabie l’était aussi à cette époque), il reste que les versets du Coran ont une portée universelle et ne peuvent être confinés à un contexte historique particulier. Ce verset a donc, en réalité, délivré une déclaration selon laquelle le début et la fin de l’histoire sont reliés et marqués par l’autorité divine, de telle sorte que l’histoire se terminera par le triomphe de la vérité sur tous ses rivaux, et de la foi et de la justice sur l’injustice et l’oppression.

La Russie chrétienne orthodoxe, qui dirige aujourd’hui le monde chrétien orthodoxe, doit trouver un grand réconfort dans cette promesse coranique d’une nouvelle victoire à la fin de l’histoire. Les musulmans, eux aussi, se réjouiront certainement de célébrer à nouveau cette victoire, comme ils l’ont fait la première fois, à cette différence près que, la seconde fois, ils formeront une alliance avec Rūm, c’est-à-dire le monde chrétien orthodoxe. Le Prophète lui-même a prophétisé cette alliance :

« Vous conclurez une paix avec les Romains, c’est-à-dire les chrétiens / Rūm, une trêve sûre, et vous et eux combattrez un ennemi qui est derrière vous, et vous serez victorieux. » (Nous omettons le reste de ce hadith, car ce qui suit est en conflit avec la partie que nous avons citée, et en conflit également avec le Coran.) (Sunan Abū Dāwūd)

La victoire de la Vérité à la fin de l’histoire est affirmée dans le verset suivant, répété trois fois dans le Coran :

هُوَ الَّذِي أَرْسَلَ رَسُولَهُ بِالْهُدَىٰ وَدِينِ الْحَقِّ لِيُظْهِرَهُ عَلَى الدِّينِ كُلِّهِ ۚ وَكَفَىٰ بِاللَّهِ شَهِيدًا

C’est Lui qui a envoyé Son Messager avec la guidée et la religion de vérité afin qu’Il la fasse triompher sur toute autre religion. Et Allah suffit comme Témoin. (Coran, al-Fatḥ, 48 :28 ; aṣ-Ṣaff, 61 :9 ; at-Tawbah, 9 :33)

Les musulmans et les chrétiens orthodoxes, qui partagent de nombreuses convergences en matière d’eschatologie, ont la certitude de la victoire à la fin de l’histoire. Nous sommes, en fait, solidement fondés lorsque nous anticipons une alliance musulmano-orthodoxe dans la lutte militaire pour la conquête de Constantinople, laquelle, selon la prophétie du Prophète Muhammad (صلى الله عليه وسلم), suivra immédiatement la Malḥamah ou Grande Guerre (que les chrétiens appellent Armageddon), au cours de laquelle 99 combattants sur 100 seront tués. (Sahīh al-Bukhārī, Sahīh Muslim)

Il est important de noter à ce stade que l’Islam n’a jamais prétendu que la Vérité serait apparue pour la première fois dans le monde avec Nabī Muhammad (صلى الله عليه وسلم), ni que le Coran revendiquait un monopole de la Vérité ! Au contraire, le Coran a constamment affirmé que la Vérité venue au monde avec Nabī Muhammad était la même Vérité qui avait été apportée par les Prophètes précédents de l’Unique Dieu, tels que Nabī Ibrāhīm (Abraham), Nabī Mūsā (Moïse), Nabī Dāwūd (David), Nabī ‘Īsā (Jésus), (عليهم السلام), et dans les Écritures comme la Tawrāt (Torah) et l’Injīl (Évangile) qui leur furent révélées.

Le Coran a même déclaré qu’il était venu non seulement pour confirmer et valider cette Vérité déjà révélée, mais aussi pour la garder et la protéger. (Voir Coran, al-Mā’idah, 5 :48.) Ainsi, c’est la « Vérité pérenne » qui a été révélée pour la dernière fois dans la dernière Écriture, le Coran, et c’est cette Vérité qui triomphera à la fin de l’histoire. À cette fin, seules deux communautés de la famille humaine (en plus, bien sûr, de juifs et d’autres individus) s’accrocheront à cette Vérité : la communauté des véritables musulmans et la communauté des véritables chrétiens.

La Vérité n’a pas besoin d’armée, de marine ou de force aérienne pour prévaloir sur ses rivales. La Vérité ne mène jamais de guerres sans fin pour établir une domination politique, économique et militaire totale sur le monde entier afin de triompher de ses adversaires ; c’est pourquoi la revendication arrogante et ensanglantée du sionisme à la Vérité est manifestement fictive et mensongère.

La Vérité exige plutôt des croyants qu’ils résistent à l’oppression et qu’ils répondent à l’oppresseur par tous les moyens licites et nécessaires, afin de libérer les opprimés et de faire triompher la justice dans le monde. L’alliance judéo-chrétienne sioniste, et ses alliés dans le monde, poursuivent leur prétention à la Vérité par une oppression sans précédent dans l’histoire, et par une montagne de mensonges.

L’Occident moderne judéo-chrétien a aussi cherché à laver le cerveau du monde non occidental qu’il a attaqué et colonisé, en l’amenant à croire qu’il était une civilisation d’hommes élevés avec une mission divine de civiliser les peuples du monde non occidental. Il a poursuivi cette prétendue mission divine avec la croyance arrogante qu’il était créé supérieur à tous les autres peuples. Le présent livre considère Dajjâl comme l’architecte qui a fait naître cette civilisation judéo-chrétienne occidentale arrogante et sioniste.

L’Islam n’est pas l’impérialisme, et ce n’est pas un Islam impérial qui s’est répandu si rapidement au début de son histoire. Ce sont au contraire les opprimés du monde qui ont accueilli l’Islam. Chaque fois que des musulmans ont combattu et conquis des territoires pour des raisons autres que la libération des opprimés et la résistance à l’agression – comme ils l’ont fait dans l’Inde hindoue, de même que dans le monde chrétien orthodoxe des Balkans, et peut-être ailleurs – ces guerres furent un jihād mensonger, et elles ont naturellement laissé dans leur sillage une haine éternelle de l’Islam.

C’est un Islam falsifié qui a conclu un marché avec Henry Kissinger pour vendre le pétrole exclusivement contre des dollars américains, imposant ainsi au monde un système monétaire pétrodollar fictif et frauduleux. C’est un Islam falsifié qui impose aujourd’hui au monde musulman un prétendu système de « banque islamique » qui est harām, et qui légalise la monnaie harām qu’est le Bitcoin. Et c’est un Islam falsifié qui danse au rythme de chaque mélodie issue de la révolution féministe de Dajjâl, prohibant le mariage d’une jeune fille de dix-sept ans, et propulsant les femmes vers tous les postes publics possibles, jusqu’à ce que l’augure inquiète du Prophète Muhammad concernant « Dajjâl et les femmes » se réalise, lorsque la « nuit » deviendra « jour ».

Le Coran a relié le début de l’histoire à la fin dans un autre verset :

هُوَ الْأَوَّلُ وَالْآخِرُ وَالظَّاهِرُ وَالْبَاطِنُ ۖ وَهُوَ بِكُلِّ شَيْءٍ عَلِيمٌ

C’est Lui le Premier et le Dernier, l’Apparent et le Caché, et Il est, de toute chose, Omniscient. (Coran, al-Ḥadīd, 57 :3)

Ce verset suggère à nouveau un lien entre le début et la fin de l’histoire – à savoir que la fin de l’histoire ne peut pas être pleinement comprise sans une étude des événements qui se sont produits au début de l’histoire.

Si le Coran déclare qu’Allah, le Très-Haut, est le Premier, le Dernier, l’Apparent et le Caché, et si le verset se conclut par l’affirmation qu’« Il est, de toute chose, parfaitement Connaisseur », l’implication est que ces références au Premier, au Dernier, au Manifesté et au Caché sont faites dans le contexte de la connaissance. Ainsi, lorsque le Coran déclare qu’Allah, le Très-Haut, est le Premier et qu’Il possède la connaissance de toute chose, cela indique qu’Il détient la connaissance du début de l’histoire. Et lorsqu’il déclare qu’Il est le Dernier, l’implication est la même : Il détient aussi la connaissance de la fin de l’histoire.

Lorsque « Premier » et « Dernier » sont juxtaposés, comme dans ce verset, cela indique logiquement un lien divin entre la connaissance de la fin de l’histoire et celle du début. Puisque le Coran aborde le sujet du début de l’histoire, il en découle que le savoir islamique a la capacité d’apporter une contribution eschatologique à la compréhension et à l’explication de l’histoire, du processus historique et du mouvement de l’histoire.

Mon professeur de philosophie de l’histoire, le Dr Burhān Ahmad Fārūqī (qu’Allah lui fasse miséricorde), enseignait une philosophie islamique de l’histoire qui reconnaissait comme but et fin de l’histoire « la re-réalisation de la Vérité pérenne ». En d’autres termes, la Vérité a été établie au début de l’histoire et elle sera à nouveau établie à la fin. Par « établissement » de la Vérité, il entendait le triomphe de la Vérité sur tous ses rivaux.

Le monde eut un avant-goût de cette conclusion du processus historique lorsque l’histoire connut l’avènement du dernier des Prophètes et Messagers d’Allah, Nabī Muhammad (صلى الله عليه وسلم). La Vérité triompha de tous ses rivaux en Arabie, il y a 1400 ans, et la Vérité triomphera à nouveau de tous ses rivaux à la fin de l’histoire.

Le Livre de l’Apocalypse de l’Évangile de Jésus, c’est-à-dire Nabī ‘Īsā (عليه السلام), contient une parole concernant le Seigneur-Dieu presque identique au verset du Coran cité plus haut, qui relie le « début » à la « fin » de l’histoire :

« Je suis l’Alpha et l’Oméga, le commencement et la fin, le premier et le dernier. » (« Alpha » et « Oméga » sont la première et la dernière lettres de l’alphabet grec.)
(Apocalypse, 22 :13)

La Torah révélée à Nabī Mūsā, c’est-à-dire Moïse (عليه السلام), dit également la même chose :

« Ainsi parle l’Éternel, le roi d’Israël, son rédempteur, l’Éternel des armées : Je suis le premier et je suis le dernier, et en dehors de moi il n’y a pas de Dieu. »
(Isaïe, 44 :6)

Nos lecteurs pourront souhaiter examiner l’eschatologie juive et chrétienne pour y voir quels liens ont été établis par les érudits chrétiens et juifs entre le « début » et la « fin » de l’histoire, et avec quels résultats.

Le début, la fin, et Dajjâl

Les principaux événements liés à notre sujet – l’avènement d’al-Masīḥ ad-Dajjâl, ou Dajjâl le faux Messie (certains l’appellent l’Antéchrist), ainsi que le retour de Nabī ‘Īsā, Jésus le vrai Messie (عليه السلام) – sont tous deux situés à la fin de l’histoire.

Les musulmans et les chrétiens sont les deux seules communautés de l’humanité qui croient en ces deux événements comme faisant partie de leur foi religieuse. En conséquence, musulmans comme chrétiens doivent chercher à déterminer si ces événements de la Fin des temps sont, d’une manière ou d’une autre, liés à des événements qui ont pu se produire au début de l’histoire.

Les musulmans peuvent se lancer dans cette recherche avec la confiance d’obtenir des résultats positifs, puisque le Prophète Muhammad (صلى الله عليه وسلم) a déclaré que « chaque Prophète avant lui (et il est le dernier de tous) a averti son peuple au sujet de Dajjâl, ou de l’Antéchrist ». Il a même tenu à préciser explicitement qu’il incluait, dans cette affirmation, les Prophètes situés au début de l’histoire. Il l’a fait en mentionnant spécialement Nabī Nūḥ, c’est-à-dire Noé (عليه السلام), à ce sujet :

عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ . . . قَالَ قَامَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي النَّاسِ فَأَثْنَى عَلَى اللَّهِ بِمَا هُوَ أَهْلُهُ ثُمَّ ذَكَرَ الدَّجَّالَ فَقَالَ إِنِّي لَأُنْذِرُكُمُوهُ وَمَا مِنْ نَبِيٍّ إِلَّا قَدْ أَنْذَرَ قَوْمَهُ وَلَكِنِّي أَقُولُ لَكُمْ فِيهِ قَوْلًا لَمْ يَقُلْهُ نَبِيٌّ لِقَوْمِهِ . . . وَإِنَّ نُوحًا قَدْ أَنْذَرَهُ قَوْمَهُ

D’après ‘Abdullāh ibn ‘Umar : « Le Messager d’Allah se leva parmi les gens, loua Allah comme Il mérite d’être loué, puis il mentionna Dajjâl et dit : “Je vous mets en garde contre lui, et il n’est pas de Prophète qui n’ait pas mis en garde son peuple contre lui. Nūḥ lui-même a certes mis en garde son peuple contre lui…” » (Sahīh al-Bukhārī)

Si chaque Prophète a mis en garde son peuple au sujet de Dajjâl, il s’ensuit qu’il doit exister, au début de l’histoire, des informations le concernant, ou qui soient liées à lui.

Tournons-nous donc vers les premières pages de l’histoire pour tenter de comprendre un événement des plus importants, situé près de la fin de l’histoire, et sans lequel il n’y aurait pas de Dajjâl.

Relier le rejet de Jésus à la fin de l’histoire

Si les Juifs n’avaient pas rejeté Jésus, fils de la Vierge Marie (عليه السلام), comme Messie promis, s’ils n’avaient pas réclamé sa crucifixion, et s’ils ne s’étaient pas vantés lorsqu’ils le virent crucifié sous leurs yeux, il n’y aurait eu aucun besoin de l’avènement d’un faux Messie ou Antéchrist avant le retour du vrai Messie ; il n’y aurait pas non plus eu besoin d’un ordre mondial de Gog et Magog travaillant pour l’Antéchrist afin de l’aider à accomplir sa mission, ni de retour du vrai Messie à la fin de l’histoire.

Puisque le retour du vrai Messie, et l’apparition d’un faux Messie avant ce retour miraculeux, sont au cœur même de la fin de l’histoire, il en découle, pour les chrétiens et pour les musulmans – les deux communautés qui croient que Jésus reviendra un jour – que la conclusion spectaculaire du processus historique lui-même ne peut pas être expliquée tant que nous n’avons pas retrouvé l’explication du rejet de Jésus (عليه السلام) par les Juifs. Notre point de vue est que les principales raisons de ce rejet se trouvent au début de l’histoire ; d’où la nécessité pour nous de traiter ce sujet.

Jésus (عليه السلام) naquit au sein d’une communauté israélite, et appartenait donc à un peuple qui prétend, et continue de prétendre aujourd’hui encore, être un peuple spécial aux yeux du Seigneur-Dieu, qui les aurait choisis parmi l’humanité et leur aurait conféré un statut particulier auprès de Lui. Ils attendaient un Messie, promis par le Seigneur-Dieu, qui, lorsqu’il viendrait, restaurerait l’âge d’or au cours duquel les Juifs dominaient le monde.

Lorsque Jésus affirma être ce Messie, et qu’il était de notoriété publique qu’il était né d’une mère non mariée, ils rejetèrent sa

Le Coran les accuse de façon constante d’avoir corrompu la Révélation divine en modifiant et réécrivant la Parole de l’Unique Dieu. Il identifie, par exemple, une altération qui rendait halāl, c’est-à-dire permis, ce qu’Allah avait rendu harām, c’est-à-dire interdit. Ils prenaient le ribā, ou usure, alors même qu’ils en avaient été interdits (Coran, an-Nisā’, 4 :161).

C’était aussi un crime scripturaire de leur part que de prétendre, avec arrogance, être le peuple choisi du Seigneur-Dieu à l’exclusion du reste de l’humanité, et qu’ainsi aucun gentil ne pouvait jamais être l’égal du plus humble des Juifs. Ils ne croient pas qu’ils seront jugés individuellement au Jour du Jugement, mais croient plutôt à un jugement collectif unique en tant que peuple (tous les autres étant jugés individuellement), et que le paradis leur serait réservé.

Voici ce que dit la Torah à propos de leur statut de peuple élu :

« Car tu es un peuple saint pour Yahweh, ton Dieu ; et Yahweh t’a choisi pour que tu sois un peuple qui lui appartient en propre, d’entre tous les peuples qui sont sur la face de la terre. »
(Deutéronome 14 :2)

« Maintenant donc, si vous écoutez ma voix et gardez mon alliance, vous serez mon bien précieux parmi tous les peuples, car toute la terre est à moi. »
(Exode 19 :5)

« J’établirai mon alliance entre moi et toi, et ta descendance après toi, selon leurs générations : ce sera une alliance perpétuelle, en vertu de laquelle je serai ton Dieu et celui de ta descendance après toi. »
(Genèse 17 :7)

« Vous serez pour moi un royaume de prêtres et une nation sainte. »
(Exode 19 :6)

« Ce n’est pas parce que vous étiez plus nombreux que tous les autres peuples que Yahweh s’est attaché à vous et qu’il vous a choisis, car vous êtes le plus petit de tous les peuples. Mais c’est parce que Yahweh vous aime, et parce qu’il veut garder le serment qu’il a fait à vos pères… »
(Deutéronome 7 :7–8)

« Je vous ai choisis, vous seuls, parmi toutes les familles de la terre ; c’est pourquoi je vous châtierai pour toutes vos iniquités. »
(Amos 3 :2)

Il est pour le moins étrange, et même mystérieux, que la civilisation occidentale moderne soit apparue dans l’histoire avec une puissance sans précédent, puis qu’elle se soit lancée dans une campagne d’oppression sans merci à travers le monde, réduisant à sa domination coloniale et impériale des millions de personnes, tout en affirmant la même prétention de supériorité sur les peuples non européens. Elle utilisa également cette prétention pour justifier l’esclavage occidental sur les Africains.

Le grand intellectuel et homme politique antillais, le Dr Eric E. Williams, a documenté et dénoncé cette prétention de supériorité raciale du maître d’esclaves occidental dans son ouvrage magistral intitulé British Historians and the West Indies (Andre Deutsch, Londres, 1966).

C’est parce que Jésus s’opposa à cette croyance juive qu’ils le rejetèrent fermement et violemment comme Messie promis, et réclamèrent son exécution par crucifixion. Lorsqu’ils le virent crucifié devant leurs yeux, cela valida, pensaient-ils, de manière définitive leur rejet de sa prétention à être le vrai Messie, puisque la Torah elle-même déclare que « tout homme pendu à un bois est sous la malédiction de Dieu » (Deutéronome 21 :22–23). Puisqu’il était le « maudit du Seigneur-Dieu », il s’ensuivait logiquement qu’il ne pouvait pas être le Messie.

Si l’histoire doit s’achever sur une validation de la prétention juive à la Vérité, et si cette Vérité reconnaît les Juifs comme peuple choisi de Dieu, choisis éternellement et inconditionnellement à l’exclusion de toute l’humanité, alors cette étonnante et moralement discutable préférence supposément divine doit trouver un appui dans le début de l’histoire. Si elle n’a aucun fondement dans le commencement de l’histoire, cette prétention à la vérité doit être remise en cause !

Si la prétention juive à la vérité doit être validée, l’histoire doit se terminer avec l’avènement d’un Messie autre que Jésus (عليه السلام), puisque eux l’ont rejeté comme Messie.

Jésus, les Juifs et le « peuple choisi »

Les Juifs avaient un problème majeur avec Nabī ‘Īsā, Jésus (عليه السلام), parce qu’il les condamna avec des paroles d’une grande force, tout en rejetant leur prétention à avoir un statut particulier auprès d’Allah, le Très-Haut, en tant que peuple choisi.

Jésus déclara que le Diable était leur père. En d’autres termes, au lieu de les reconnaître comme le peuple choisi du Seigneur-Dieu, il déclara qu’ils étaient en réalité le peuple choisi de Satan, puisque leur conduite était satanique. Il les considérait comme borgnes, c’est-à-dire intérieurement aveugles, et les traita de « race de vipères » :

« Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu’il n’y a pas de vérité en lui. Lorsqu’il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, car il est menteur et le père du mensonge. »
(Jean 8 :44)

« Race de vipères, comment pourriez-vous dire de bonnes choses, méchants comme vous l’êtes ? Car c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle. »
(Matthieu 12 :34)

« Car le cœur de ce peuple est devenu insensible ; ils ont endurci leurs oreilles, et ils ont fermé leurs yeux, de peur qu’ils ne voient de leurs yeux, qu’ils n’entendent de leurs oreilles, qu’ils ne comprennent de leur cœur, qu’ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse. »
(Matthieu 13 :15)

Le Coran appuya la réponse de Nabī ‘Īsā, Jésus (عليه السلام). En réalité, il ne se contenta pas de rejeter comme fausse la prétention juive à ce statut privilégié auprès du Seigneur-Dieu, mais il alla jusqu’à les mettre au défi de souhaiter la mort, s’ils étaient convaincus de la véracité de leur prétention :

قُلْ يَا أَيُّهَا الَّذِينَ هَادُوا إِنْ زَعَمْتُمْ أَنَّكُمْ أَوْلِيَاءُ لِلَّهِ مِنْ دُونِ النَّاسِ فَتَمَنَّوُا الْمَوْتَ إِنْ كُنْتُمْ صَادِقِينَ
وَلَا يَتَمَنَّوْنَهُ أَبَدًا بِمَا قَدَّمَتْ أَيْدِيهِمْ ۚ وَاللَّهُ عَلِيمٌ بِالظَّالِمِينَ
قُلْ إِنَّ الْمَوْتَ الَّذِي تَفِرُّونَ مِنْهُ فَإِنَّهُ مُلَاقِيكُمْ ثُمَّ تُرَدُّونَ إِلَىٰ عَالِمِ الْغَيْبِ وَالشَّهَادَةِ فَيُنَبِّئُكُمْ بِمَا كُنْتُمْ تَعْمَلُونَ

Dis : « Ô vous qui suivez la religion juive ! Si vous prétendez être les bien-aimés d’Allah, à l’exclusion des autres gens, souhaitez donc la mort, si vous êtes véridiques. » Mais ils ne la souhaiteront jamais, à cause de ce que leurs mains ont commis. Et Allah connaît bien les injustes. Dis : « La mort que vous fuyez va certes vous atteindre. Puis vous serez ramenés vers Celui qui connaît l’invisible et le visible, et Il vous informera alors de ce que vous faisiez. » (Coran, al-Jumu‘ah, 62 :6–8)

Le Coran les défia encore au sujet de leur croyance selon laquelle le paradis leur serait réservé :

قُلْ إِنْ كَانَتْ لَكُمُ الدَّارُ الْآخِرَةُ عِنْدَ اللَّهِ خَالِصَةً مِنْ دُونِ النَّاسِ فَتَمَنَّوُا الْمَوْتَ إِنْ كُنْتُمْ صَادِقِينَ
وَلَنْ يَتَمَنَّوْهُ أَبَدًا بِمَا قَدَّمَتْ أَيْدِيهِمْ ۗ وَاللَّهُ عَلِيمٌ بِالظَّالِمِينَ

Dis : « Si la demeure dernière, auprès d’Allah, est à votre usage exclusif, à l’exclusion des autres gens, souhaitez donc la mort, si vous êtes véridiques. » Or, ils ne la souhaiteront jamais, à cause de ce que leurs mains ont avancé. Et Allah connaît bien les injustes. (Coran, al-Baqarah, 2 :94–95)

Le Coran posa une question empreinte d’une grande force logique : si le Seigneur-Dieu vous a choisis pour être Son « peuple spécial », Ses « enfants » et « bien-aimés », pourquoi alors vous punit-Il pour vos péchés ?

وَقَالَتِ الْيَهُودُ وَالنَّصَارَىٰ نَحْنُ أَبْنَاءُ اللَّهِ وَأَحِبَّاؤُهُ ۚ قُلْ فَلِمَ يُعَذِّبُكُمْ بِذُنُوبِكُمْ ۖ بَلْ أَنْتُمْ بَشَرٌ مِمَّنْ خَلَقَ ۚ يَغْفِرُ لِمَنْ يَشَاءُ وَيُعَذِّبُ مَنْ يَشَاءُ ۚ وَلِلَّهِ مُلْكُ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ وَمَا بَيْنَهُمَا ۖ وَإِلَيْهِ الْمَصِيرُ

Les Juifs et les Chrétiens ont dit : « Nous sommes les fils d’Allah et Ses bien-aimés. » Dis : « Pourquoi donc vous châtie-t-Il pour vos péchés ? Vous n’êtes que des êtres humains d’entre ceux qu’Il a créés. Il pardonne à qui Il veut et Il châtie qui Il veut. À Allah appartient la royauté des cieux et de la terre et de ce qui est entre les deux, et c’est vers Lui que se trouve le retour. » (Coran, al-Mā’idah, 5 :18)

Le Coran mit fin à cette prétendue préférence divine pour les Juifs en déclarant que le critère divin de classification des êtres humains repose sur la piété, et non sur la lignée :

يَا أَيُّهَا النَّاسُ إِنَّا خَلَقْنَاكُمْ مِنْ ذَكَرٍ وَأُنْثَىٰ وَجَعَلْنَاكُمْ شُعُوبًا وَقَبَائِلَ لِتَعَارَفُوا ۚ إِنَّ أَكْرَمَكُمْ عِنْدَ اللَّهِ أَتْقَاكُمْ ۚ إِنَّ اللَّهَ عَلِيمٌ خَبِيرٌ

Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, afin que vous vous connaissiez entre vous. Le plus noble d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux. Allah est, certes, Omniscient et parfaitement Connaisseur. (Coran, al-Ḥujurāt, 49 :13)

Le Prophète Muhammad (صلى الله عليه وسلم), pour sa part, balaya également la prétention juive à un statut particulier (de naissance) auprès d’Allah lorsqu’il déclara : « An-nāsu sawāsiyatun ka-asnāni al-misṭ » – « Les hommes sont égaux, en rang, comme les dents d’un peigne. » (Sahīh al-Bukhārī)

Nous devons maintenant nous demander : d’où vient cette prétention arrogante des Juifs à un droit de naissance à la supériorité sur le reste de l’humanité ?

Le Coran confirme que le peuple israélite descend de Nabī Ibrāhīm, Abraham (عليه السلام), et confirme également qu’Allah, le Très-Haut, conféra à Abraham le statut d’Imām, c’est-à-dire de chef spirituel ou religieux de l’humanité. Abraham répondit cependant en formulant une demande : que sa descendance partage aussi le statut qui lui avait été conféré. Les Juifs en conclurent que, puisqu’ils descendaient d’Abraham, un statut particulier leur avait été conféré par Allah. Mais le Coran explique que la réponse d’Allah à la demande d’Abraham fut de l’accorder, mais sous condition :

وَإِذِ ابْتَلَىٰ إِبْرَاهِيمَ رَبُّهُ بِكَلِمَاتٍ فَأَتَمَّهُنَّ ۖ قَالَ إِنِّي جَاعِلُكَ لِلنَّاسِ إِمَامًا ۖ قَالَ وَمِنْ ذُرِّيَّتِي ۖ قَالَ لَا يَنَالُ عَهْدِي الظَّالِمِينَ

Et quand ton Seigneur eut éprouvé Abraham par certaines paroles, et qu’il les eut accomplies, Il dit : « Je vais faire de toi un Imām pour les gens. » — « Et parmi ma descendance ? », demanda-t-il. — « Mon alliance, dit Allah, ne s’étend pas aux injustes. » (Coran, al-Baqarah, 2 :124)

La condition était que ce statut ne serait pas accordé à ceux de sa descendance qui seraient injustes, mauvais dans leur conduite ou oppresseurs. Allah, le Très-Haut, alla plus loin dans cette faveur faite à Abraham en choisissant des Imams parmi sa descendance : ainsi s’explique le phénomène d’une lignée ininterrompue de Prophètes choisis parmi la descendance d’Abraham, tous envoyés au peuple israélite. Au mieux, les Juifs peuvent donc prétendre qu’Allah, le Très-Haut, répondit à la demande d’Abraham et bénit sa descendance vertueuse en choisissant parmi eux une lignée ininterrompue d’Imams ou de Prophètes. Les Israélites croyants, qui sont vertueux, peuvent donc affirmer qu’Allah, le Très-Haut, a choisi des Prophètes parmi « nos » rangs.

C’est ainsi que les Prophètes d’Allah furent toujours choisis et institués parmi la descendance vertueuse d’Abraham (puisque l’Alliance excluait les injustes). Cela se poursuivit sans interruption jusqu’à la naissance du Messie, Jésus, fils de la Vierge Marie (عليهما السلام). La mère de Marie est désignée dans le Coran comme une femme de la Maison de ‘Imrān, et Marie elle-même est appelée « sœur de Hārūn », lequel n’est autre que le fils de ‘Imrān.

Il est très étrange qu’il n’y ait aucune preuve que ‘Imrān ait eu le statut de Nabī, c’est-à-dire de Prophète d’Allah, le Très-Haut. Pourtant, il est le père de deux Prophètes : Mūsā (Moïse) et Hārūn (Aaron) (عليهما السلام). Le Coran cite les noms d’Ādam (عليه السلام) et de Nūḥ (Noé) (عليه السلام) comme Prophètes élevés à un rang particulier au-dessus de l’humanité. Il mentionne ensuite que ce même rang fut conféré à la descendance d’Ibrāhīm (عليه السلام), mais il ajoute une information supplémentaire, surprenante : ce statut fut aussi conféré à la descendance d’un Israélite inconnu nommé ‘Imrān, qui vivait en Égypte. Le Coran reste, par ailleurs, silencieux à propos de ce sujet étrange.

Épistémologie et méthodologie

Lorsque le verset du Coran (al-Ḥadīd, 57 :3) déclare qu’Allah, le Très-Haut, en plus d’être le Premier et le Dernier, est aussi l’Apparent et le Caché, et qu’Il a une pleine connaissance de toute chose, cela implique que la connaissance du début, de la fin, et de ce qui les relie, ne peut être atteinte que par une épistémologie qui intègre harmonieusement le ẓāhir, c’est-à-dire le processus historique extérieurement observable, et le bāṭin, c’est-à-dire la réalité interne de ce processus historique extérieur.

Autrement dit, elle intègre les événements historiques visibles avec leur réalité eschatologique cachée ou dissimulée.

Le verset du Coran (al-Ḥadīd, 57 :3) a ainsi fourni un quatuor — « début », « fin », « observable » et « caché » — que l’étudiant chercheur doit intégrer pleinement en un tout harmonieux pour étudier correctement l’histoire et l’eschatologie. Seuls ceux qui sont fermement enracinés dans le savoir peuvent donc pénétrer et saisir le mouvement de l’histoire et les événements qui se déroulent à la fin de l’histoire.

C’est ce qui explique pourquoi nous ne pouvons pas espérer comprendre Dajjâl, le faux Messie, qui est un acteur majeur à la fin de l’histoire, sans étudier le début de l’histoire afin d’y rechercher ce qui se rattache à notre sujet à la fin de l’histoire.

Cela explique peut-être pourquoi si peu de gens sont conscients des implications eschatologiques d’événements monétaires tels que l’interdiction imposée par le FMI d’utiliser l’or comme monnaie. Beaucoup de chrétiens, par exemple, ne parviennent pas à voir la marque de la bête dans le système monétaire fictif actuel fait de monnaie papier, plastique, et électronique ou numérique.

Le Coran a attiré l’attention sur l’épistémologie avec laquelle ce sujet doit être étudié. Il le fait dans un passage de la sourate al-Kahf qui décrit la rencontre entre Nabī Mūsā (Moïse) (عليه السلام) et un sage mystique insaisissable connu sous le nom de Khidr (عليه السلام). Le mot Khidr en arabe signifie « Vert ». Un ami chrétien orthodoxe fit un jour remarquer à l’auteur que Khidr présentait une ressemblance troublante avec Jésus. Nous avons analysé ce passage du Coran dans notre ouvrage intitulé Sūrat al-Kahf and the Modern Age.

Un autre passage de la sourate al-Kahf met également en lumière l’importance de l’épistémologie pour la méthodologie d’étude de l’histoire. Deux grands acteurs du mal dans le processus historique doivent être relâchés dans le monde à la fin des temps : Gog et Magog. (Voir notre livre An Islamic View of Gog and Magog in the Modern World.)

Le Coran nous informe que, lorsque viendra le moment de leur libération, Allah, le Très-Haut, détruira la barrière construite par Dhū l-Qarnayn, qui les contenait efficacement et protégeait l’humanité de leur mal. Quand cela se produira, les mécréants, incapables de voir et d’entendre, se retrouveront dans un monde infernal déployé devant eux :

وَعَرَضْنَا جَهَنَّمَ يَوْمَئِذٍ لِلْكَافِرِينَ عَرْضًا
الَّذِينَ كَانَتْ أَعْيُنُهُمْ فِي غِطَاءٍ عَنْ ذِكْرِي وَكَانُوا لَا يَسْتَطِيعُونَ سَمْعًا

Et ce jour-là, Nous présenterons distinctement l’Enfer aux mécréants ; ceux dont les yeux étaient voilés devant Mon Rappel, et qui ne pouvaient rien entendre. (Coran, al-Kahf, 18 :100–101)

Il devrait être évident que le Coran fait ici référence à la vue intérieure, tout autant qu’à une capacité intérieure d’entendre.

Nous revenons maintenant à la sourate al-Ḥadīd pour noter que les deux premiers versets de la sourate, qui précèdent le troisième verset parlant du Premier et du Dernier, élargissent la conception de la philosophie de l’histoire en y ajoutant une dimension verticale, c’est-à-dire le « haut » et le « bas », qui complète la dimension horizontale du « premier » et du « dernier » :

سَبَّحَ لِلَّهِ مَا فِي السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ ۖ وَهُوَ الْعَزِيزُ الْحَكِيمُ
لَهُ مُلْكُ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ ۖ يُحْيِي وَيُمِيتُ ۖ وَهُوَ عَلَىٰ كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ

Célèbrent la gloire d’Allah tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Et Il est le Puissant, le Sage. À Lui appartient la royauté des cieux et de la terre. Il donne la vie et Il donne la mort, et Il est Omnipotent. (Coran, al-Ḥadīd, 57 :1–2)

L’implication de ces deux versets, replacés dans le contexte du troisième verset, est que la cosmologie influence en permanence le processus historique de telle sorte que les événements de ce monde-ci ne peuvent pas être pleinement compris sans référence à la réalité cosmologique située dans le monde d’en-haut, c’est-à-dire dans al-ghayb, le monde de l’Invisible.

La preuve la plus spectaculaire de la relation entre ces deux mondes se trouve dans les vrais rêves et les visions – d’où l’importance durable de la sourate Yūsuf dans le Coran.

Encore plus important pour notre sujet est la nécessité de reconnaître qu’il est impossible de relier les points de l’histoire – du début à la fin – sans une interaction avec le monde d’en-haut, interaction qui apporte à la fois une « force spirituelle » et une « lumière spirituelle ».

À défaut de voir avec « l’œil intérieur », nous ne serions pas en mesure de reconnaître une implication eschatologique encore plus importante – implication avec laquelle, nous l’espérons, l’eschatologie chrétienne orthodoxe sera en accord : à savoir qu’il y a plus, à la fin de l’histoire, que le simple déroulement d’événements déjà prophétisés. Le Seigneur-Dieu peut intervenir dans le processus historique au moyen d’événements qui surviendront à la fin de l’histoire, au sujet desquels ni l’eschatologie islamique, ni l’eschatologie chrétienne n’ont aujourd’hui la moindre information ou connaissance.

Si quelqu’un devait recevoir une connaissance de ces événements à venir, elle ne pourrait venir que par de véritables rêves ou visions. Cela confirme à nouveau l’importance stratégique des rêves et des visions, thème d’un autre de mes livres.

À la demande de l’un de mes étudiants, je révèle maintenant un rêve de ce genre que je fis à l’âge de vingt-six ans, alors que j’étais encore étudiant à l’Institut Aleemiyah des Études Islamiques au Pakistan. Je vis un puissant fleuve en crue, avec des courants dangereux, et je vis tous mes camarades étudiants (ainsi que beaucoup d’autres) lutter dans les flots dangereux du fleuve, en grand péril de noyade. Je me vis nager vers eux, l’un après l’autre, les saisir et nager avec eux jusqu’à un endroit sûr.

Le lendemain matin, j’allai voir le Maulānā Ansārī et lui racontai ce rêve. Il répondit aussitôt en déclarant que j’étais destiné à faire exactement cela dans la vie réelle. En conséquence de ce rêve, et de l’interprétation qu’en fit mon maître, je n’ai jamais cessé de persévérer, tout au long de ma vie, dans ma mission au service de la Vérité, même si, bien souvent, je ne fus qu’une voix solitaire criant dans le désert.

Nous nous tournons maintenant vers la description, dans le Coran, d’événements énigmatiques survenus au début de l’histoire et qui, croyons-nous, ont d’importantes implications eschatologiques – implications importantes pour le judaïsme, le christianisme et l’islam, ainsi que pour le reste de l’humanité. Tous ces événements se sont produits dans un domaine transcendant de l’existence, avant le commencement de la vie biologique ou matérielle de l’homme sur terre, c’est-à-dire dans l’univers matériel.

. . . فَإِذَا سَوَّيْتُهُ وَنَفَخْتُ فِيهِ مِنْ رُوحِي

… puis, lorsque Je l’aurai harmonieusement façonné et que J’aurai insufflé en lui de Mon Esprit…

CHAPITRE 3
Le Rūḥ humain, le Rūḥ divin, le Rūḥ al-Qudus et le Messie qui est lui-même Rūḥ

Importance du sujet

Ce chapitre traite exclusivement du Rūḥ — l’Esprit. Il est pertinent pour notre sujet du Dajjāl et de Awwal al-Zamān (le commencement de l’histoire), car sans en expliquer la nature, il serait impossible d’aborder le prochain chapitre où sera analysé l’événement le plus important du commencement de l’histoire : le commandement d’Allah ﷻ ordonnant aux anges de se prosterner devant le prophète Ādam عليه السلام, et les implications du refus arrogant d’Iblīs, convaincu de sa supériorité de naissance sur Ādam.

Ce sujet est également capital en raison des trois questions que les rabbins de Yathrib demandèrent qu’on pose au Prophète ﷺ afin de tester la validité de sa mission prophétique (voir Surah al-Kahf and the Modern Age, p. 91). La troisième question était : « Interroge-le à propos du Rūḥ ! »

Cette question était complexe, car le terme Rūḥ pouvait désigner le Rūḥ divin, ou le Rūḥ insufflé à Ādam عليه السلام, ou encore le Rūḥ al-Qudus (l’Esprit Saint). Mais, de manière surprenante, le Rūḥ pouvait également désigner le Messie lui-même.

Notre première impression fut que les rabbins avaient posé cette question pour détourner le Prophète ﷺ, car nous ne voyions aucun lien eschatologique apparent, contrairement aux deux autres questions qui, elles, concernaient Gog et Magog, ainsi que les dimensions de l’espace et du temps — des notions clés pour comprendre une partie essentielle du sujet du Dajjāl. Ce n’est que plus tard que nous avons compris la profondeur du sujet du Rūḥ et ses implications insoupçonnées.

Il existe une abondance de preuves montrant que certains des plus grands savants juifs croyaient que le Rūḥ divin n’avait été insufflé qu’au prétendu « peuple élu », tandis que les autres êtres humains, bien qu’ayant une âme, ne possédaient qu’une âme animale et non une âme divine.

Voir l’essai du chercheur juif Hanan Balk intitulé The Soul of a Jew and the Soul of a Non-Jew — An Inconvenient Truth and the Search for an Alternative, publié dans Ḥakirah, the Flatbush Journal of Jewish Law and Thought (www.hakirah.org), ainsi que d’autres citations confirmant cette croyance de suprématie juive, disponibles sur stopcg.wordpress.com/jewish-supremacism.

Il est donc probable que les rabbins posèrent cette question afin d’inciter le Prophète ﷺ à se prononcer sur cette croyance. Peut-être savaient-ils également que le Rūḥ al-Qudus (Esprit Saint) jouerait un rôle particulier à la fin des temps, lors de la venue du Messie, et qu’ils cherchaient à vérifier si Muhammad ﷺ possédait une quelconque connaissance à ce sujet.

Avant les révélations du Coran sur le Rūḥ, il est possible que personne ne sût, par exemple, que Jésus عليه السلام, le vrai Messie, avait été fortifié par le Rūḥ al-Qudus (Esprit Saint), ou qu’il était lui-même un Rūḥ — un Esprit — qu’Allah ﷻ avait insufflé à Maryam عليها السلام, raison pour laquelle il fut appelé Rūḥullāh — « l’Esprit d’Allah » (Coran, al-Anbiyā’, 21:91).

Peut-être aussi qu’avant cela, nul ne savait qu’Allah ﷻ avait ordonné aux anges, à l’aube de la création, de se prosterner devant Ādam عليه السلام — mais seulement après qu’Il eût insufflé en lui Son Esprit divin.

Il est donc nécessaire d’examiner en profondeur ce que le Coran enseigne sur le Rūḥ — l’Esprit.

Qu’est-ce que le Rūḥ ?

Lorsque le Coran décrit la création de l’être humain, il situe cet événement dans le domaine spirituel, avant que l’homme ne soit envoyé du Paradis (al-Jannah) vers l’univers matériel. Il y déclare que l’homme fut créé à partir d’argile humble :

الَّذِي خَلَقَكُمْ مِنْ طِينٍ ثُمَّ قَضَى أَجَلًا وَأَجَلٌ مُسَمًّى عِنْدَهُ ثُمَّ أَنْتُمْ تَمْتَرُونَ

C’est Lui qui vous a créés de l’argile, puis a décrété un terme — connu de Lui seul — et pourtant vous doutez encore. (Coran, al-An‘ām, 6:2)

Et encore :

وَإِذْ قَالَ رَبُّكَ لِلْمَلَائِكَةِ إِنِّي خَالِقٌ بَشَرًا مِنْ صَلْصَالٍ مِنْ حَمَإٍ مَسْنُونٍ

Et lorsque ton Seigneur dit aux anges : « Je vais créer un être humain d’argile sonore, extraite d’une boue malléable. » (Coran, al-Ḥijr, 15:28)

La seule manière de comprendre qu’un homme puisse être créé à partir d’« argile » dans un domaine spirituel avant d’apparaître dans le monde matériel, est d’admettre que cette argile était elle-même de nature spirituelle — une substance de lumière et non de matière. Or, le Coran déclare qu’Allah ﷻ est la Lumière des cieux (les univers parallèles) et de la terre (l’univers matériel) (Coran, an-Nūr, 24:35). Cela signifie que toute la création provient ultimement de la lumière, et qu’à un niveau spirituel, tout existe sous forme de Nūr (lumière).

Ainsi, cette lumière peut se condenser pour devenir un « feu sans fumée », dont furent créés les djinns, puis se refroidir pour devenir « argile matérielle », dont fut façonné l’être humain.

Pour une explication approfondie, voir les ouvrages du Dr Muhammad Fazlur Rahman Ansari : Foundations of Faith et Qur’ānic Foundations and Structure of Muslim Society (World Federation of Islamic Missions, Karachi).

Nous pouvons conclure de cela que tous les êtres humains existaient d’abord sous forme d’argile spirituelle avant d’apparaître sous forme d’argile matérielle dans l’univers matériel. Ainsi, tout être humain possédait un corps spirituel avant de posséder un corps physique.

Le Coran confirme d’ailleurs que tous les êtres humains — y compris ceux qui ne sont pas encore nés — furent créés dès l’aube de la création, et dotés de la faculté de voir, d’entendre et de comprendre :

وَإِذْ أَخَذَ رَبُّكَ مِنْ بَنِي آدَمَ مِنْ ظُهُورِهِمْ ذُرِّيَّتَهُمْ وَأَشْهَدَهُمْ عَلَىٰ أَنْفُسِهِمْ أَلَسْتُ بِرَبِّكُمْ ۖ قَالُوا بَلَىٰ شَهِدْنَا

Et lorsque ton Seigneur prit des enfants d’Ādam, de leur dos, leur descendance, et les fit témoigner contre eux-mêmes : « Ne suis-je pas votre Seigneur ? » Ils répondirent : « Oui, nous en témoignons ! » (Coran, al-A‘rāf, 7:172)

Ce pacte originel prouve l’existence spirituelle de l’homme avant sa naissance physique. Le Rūḥ insufflé à l’homme provient donc de l’Amr d’Allah — le monde du Commandement — et non du monde de la création (Khalq).

Le Coran distingue clairement ces deux sphères :

أَلَا لَهُ الْخَلْقُ وَالْأَمْرُ ۗ تَبَارَكَ اللَّهُ رَبُّ الْعَالَمِينَ

N’appartiennent à Lui que la création et le commandement. Béni soit Allah, Seigneur des mondes ! (Coran, al-A‘rāf, 7:54)

Et Il dit encore :

وَيَسْأَلُونَكَ عَنِ الرُّوحِ ۖ قُلِ الرُّوحُ مِنْ أَمْرِ رَبِّي

Et ils t’interrogent au sujet du Rūḥ. Dis : « Le Rūḥ relève du Commandement de mon Seigneur. » (Coran, al-Isrā’, 17:85)

Le Rūḥ n’est donc pas une créature : il n’existe pas séparément d’Allah ﷻ, mais procède directement de Son Commandement. C’est par le Rūḥ que la vie est activée, et c’est par son retrait que la mort survient.

Le Rūḥ, étant lié au monde de l’Amr, confère à l’homme une part de créativité divine. C’est pourquoi le Coran dit :

فَتَبَارَكَ اللَّهُ أَحْسَنُ الْخَالِقِينَ

Béni soit Allah, le Meilleur des créateurs ! (Coran, al-Mu’minūn, 23:14)

En recevant ce Rūḥ divin, l’homme acquiert la faculté créatrice : la raison, l’intuition spirituelle, la réflexion. Allah ﷻ dit encore :

ثُمَّ سَوَّاهُ وَنَفَخَ فِيهِ مِنْ رُوحِهِ وَجَعَلَ لَكُمُ السَّمْعَ وَالْأَبْصَارَ وَالْأَفْئِدَةَ ۚ قَلِيلًا مَا تَشْكُرُونَ

Ensuite, Il l’a façonné harmonieusement et Lui a insufflé de Son Esprit. Et Il vous a dotés de l’ouïe, de la vue et du cœur ; que vous êtes peu reconnaissants ! (Coran, as-Sajda, 32:9)

Ainsi, le Rūḥ est le souffle divin qui confère à l’homme sa dignité, sa raison et sa capacité de connaissance.

Le Rūḥ al-Qudus (l’Esprit Saint)

Le Coran mentionne à plusieurs reprises le Rūḥ al-Qudus, « l’Esprit Saint ». Allah ﷻ dit :

وَآتَيْنَا عِيسَى ابْنَ مَرْيَمَ الْبَيِّنَاتِ وَأَيَّدْنَاهُ بِرُوحِ الْقُدُسِ

Et Nous avons donné à Jésus, fils de Marie, des preuves évidentes, et Nous l’avons fortifié par l’Esprit Saint. (Coran, al-Baqarah, 2:87)

Le Rūḥ al-Qudus est identifié dans le Coran comme étant l’archange Jibrīl عليه السلام, l’ange qui transmit la Révélation au Prophète Muhammad ﷺ :

قُلْ نَزَّلَهُ رُوحُ الْقُدُسِ مِنْ رَبِّكَ بِالْحَقِّ

Dis : « C’est le Rūḥ al-Qudus qui l’a fait descendre de ton Seigneur, en toute vérité. » (Coran, an-Naḥl, 16:102)

Il s’agit donc de Jibrīl عليه السلام, l’Esprit Saint par lequel furent révélées les Écritures, et qui, par la permission d’Allah ﷻ, accomplit les décrets célestes lors de Laylat al-Qadr.

تَنَزَّلُ الْمَلَائِكَةُ وَالرُّوحُ فِيهَا بِإِذْنِ رَبِّهِمْ مِنْ كُلِّ أَمْرٍ

Les anges ainsi que l’Esprit descendent durant cette nuit, avec la permission de leur Seigneur, pour tout ordre. (Coran, al-Qadr, 97:4)

Le Messie, Esprit d’Allah (Rūḥullāh)

Enfin, le Coran révèle que Jésus عليه السلام, fils de Marie, n’est pas seulement fortifié par le Rūḥ al-Qudus ; il est lui-même un Rūḥ — un Esprit — insufflé par Allah ﷻ dans Maryam :

وَالَّتِي أَحْصَنَتْ فَرْجَهَا فَنَفَخْنَا فِيهَا مِنْ رُوحِنَا وَجَعَلْنَاهَا وَابْنَهَا آيَةً لِلْعَالَمِينَ

Et celle qui avait préservé sa chasteté, Nous y insufflâmes de Notre Esprit, et Nous fîmes d’elle et de son fils un signe pour les mondes. (Coran, al-Anbiyā’, 21:91)

C’est en raison de ce verset que le Prophète Muhammad ﷺ désigna Jésus عليه السلام sous le nom de Rūḥullāh — l’Esprit d’Allah.

Ainsi, le Messie véritable est un Esprit manifesté en forme humaine, tandis que le faux messie, Dajjāl, ne sera qu’un jasad — un corps — sans esprit.

فَإِذَا سَوَّيْتُهُ وَنَفَخْتُ فِيهِ مِنْ رُوحِي

… puis, lorsque Je l’aurai harmonieusement façonné et que J’aurai insufflé en lui de Mon Esprit…

CHAPITRE 4
Les anges se prosternent devant Ādam dans Awwal al-Zamān

Pourquoi la prosternation ?

Le Rūḥ, ou esprit, c’est la vie. C’est une capacité, une force insufflée dans un être. Lorsque le Rūḥ est insufflé à un être humain, le Nafs humain — c’est-à-dire l’âme ou le soi — peut alors être activé (faute de meilleur langage). Allah ﷻ insuffla le Rūḥ dans le premier être humain, Ādam عليه السلام.

Cependant, dans un hadith rapporté par Sahīh al-Bukhārī, le Prophète Muhammad ﷺ expliqua que c’est un ange — et non Allah ﷻ directement — qui insuffle le Rūḥ dans le fœtus encore dans le ventre de sa mère :

إِنَّ أَحَدَكُمْ يُجْمَعُ خَلْقُهُ فِي بَطْنِ أُمِّهِ أَرْبَعِينَ يَوْمًا نُطْفَةً، ثُمَّ يَكُونُ عَلَقَةً مِثْلَ ذَلِكَ، ثُمَّ يَكُونُ مُضْغَةً مِثْلَ ذَلِكَ، ثُمَّ يُرْسَلُ إِلَيْهِ الْمَلَكُ فَيَنْفُخُ فِيهِ الرُّوحَ.

Certes, la création de chacun de vous est rassemblée dans le ventre de sa mère pendant quarante jours sous forme d’une goutte. Puis il devient une adhérence pour une période semblable, puis un embryon mâché pour une période semblable. Ensuite, l’ange est envoyé à lui, et il insuffle en lui le Rūḥ, l’esprit. (Sahīh al-Bukhārī)

Mais alors, qui est ce « moi » intérieur ? Où réside mon identité personnelle ?

Le « moi » est le Nafs, le soi. C’est mon identité propre. Ce « moi » n’est ni mon corps d’argile, ni mon Rūḥ (esprit). Le Coran avertit qu’un jour viendra où le corps humain lui-même recevra la capacité de parler et témoignera contre le Nafs auquel il appartenait :

الْيَوْمَ نَخْتِمُ عَلَى أَفْوَاهِهِمْ وَتُكَلِّمُنَا أَيْدِيهِمْ وَتَشْهَدُ أَرْجُلُهُمْ بِمَا كَانُوا يَكْسِبُونَ

Ce jour-là, Nous scellerons leurs bouches, tandis que leurs mains Nous parleront et que leurs pieds témoigneront de ce qu’ils auront accompli. (Coran, Yāsīn, 36:65)

حَتَّى إِذَا مَا جَاءُوهَا شَهِدَ عَلَيْهِمْ سَمْعُهُمْ وَأَبْصَارُهُمْ وَجُلُودُهُمْ بِمَا كَانُوا يَعْمَلُونَ ۝ وَقَالُوا لِجُلُودِهِمْ لِمَ شَهِدْتُمْ عَلَيْنَا ۖ قَالُوا أَنْطَقَنَا اللَّهُ الَّذِي أَنْطَقَ كُلَّ شَيْءٍ وَهُوَ خَلَقَكُمْ أَوَّلَ مَرَّةٍ وَإِلَيْهِ تُرْجَعُونَ

Lorsqu’ils approcheront du Feu, leur ouïe, leur vue et leurs peaux témoigneront contre eux de ce qu’ils commettaient. Et ils diront à leurs peaux : “Pourquoi avez-vous témoigné contre nous ?” — Elles répondront : “C’est Allah qui nous a fait parler, Lui qui fait parler toute chose. C’est Lui qui vous a créés la première fois, et vers Lui vous serez ramenés.” (Coran, Fussilat, 41:20-22)

Le Prophète ﷺ a dit :

اتَّقُوا فِرَاسَةَ الْمُؤْمِنِ، فَإِنَّهُ يَنْظُرُ بِنُورِ اللَّهِ

Craignez la clairvoyance du croyant, car il voit avec la lumière d’Allah. (Tirmidhī, Kitāb Tafsīr al-Qur’ān)

Et le Coran confirme cette capacité :

إِنَّ فِي ذَٰلِكَ لَآيَاتٍ لِلْمُتَوَسِّمِينَ

En vérité, il y a là des signes pour ceux qui savent discerner (les mutawassimīn). (Coran, al-Ḥijr, 15:75)

Ainsi, l’être humain, par un don divin, fut élevé à un rang unique dans la création. Cet honneur fut gravé à jamais au commencement de l’histoire, lors du plus grand événement jamais survenu : les anges se prosternant devant Ādam عليه السلام, en signe d’honneur et de reconnaissance pour l’étincelle divine qu’Allah ﷻ avait insufflée en chaque être humain.

Le Coran déclare que l’homme, créé d’une humble argile, n’était pas la plus grande des créations. En effet, la création des cieux (les mondes parallèles) et de la terre (le monde matériel) est reconnue comme étant bien plus vaste :

لَخَلْقُ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ أَكْبَرُ مِنْ خَلْقِ النَّاسِ وَلَٰكِنَّ أَكْثَرَ النَّاسِ لَا يَعْلَمُونَ

La création des cieux et de la terre est bien plus grande que la création des hommes ; mais la plupart des hommes ne le savent pas. (Coran, Ghāfir, 40:57)

La prosternation des anges devant Ādam عليه السلام

وَإِذْ قَالَ رَبُّكَ لِلْمَلَائِكَةِ إِنِّي خَالِقٌ بَشَرًا مِنْ صَلْصَالٍ مِنْ حَمَإٍ مَسْنُونٍ

Et lorsque ton Seigneur dit aux anges : “Je vais créer un homme d’argile sonore, extraite d’une boue malléable.” (Coran, al-Ḥijr, 15:28)

فَإِذَا سَوَّيْتُهُ وَنَفَخْتُ فِيهِ مِنْ رُوحِي فَقَعُوا لَهُ سَاجِدِينَ

Et lorsque Je l’aurai harmonieusement façonné et que J’aurai insufflé en lui de Mon Esprit, tombez devant lui prosternés ! (Coran, al-Ḥijr, 15:29)

À partir du moment où le Rūḥ divin fut insufflé en l’homme, il reçut la faculté d’entendre, de voir et de comprendre :

ثُمَّ سَوَّاهُ وَنَفَخَ فِيهِ مِنْ رُوحِهِ وَجَعَلَ لَكُمُ السَّمْعَ وَالْأَبْصَارَ وَالْأَفْئِدَةَ قَلِيلًا مَا تَشْكُرُونَ

Ensuite, Il l’a formé harmonieusement et Lui a insufflé de Son Esprit ; et Il vous a donné l’ouïe, la vue et les cœurs ; que vous êtes peu reconnaissants ! (Coran, as-Sajda, 32:9)

Ce don divin fit de l’homme une créature capable de connaître à la fois par perception sensorielle et par connaissance intérieure. Ainsi, tout être humain reçut la faculté de voir extérieurement et intérieurement, d’entendre extérieurement et intérieurement, et de comprendre à la fois par l’intellect et par le cœur spirituel.

Ce don d’Allah ﷻ éleva la dignité de l’homme, comme le déclare le Coran :

وَلَقَدْ كَرَّمْنَا بَنِي آدَمَ

Nous avons certes honoré les fils d’Ādam… (Coran, al-Isrā’, 17:70)

Par conséquent, chaque être humain fut honoré dès le commencement de l’histoire par cette prosternation des anges. L’ordre donné aux anges de se prosterner devant Ādam عليه السلام marqua la reconnaissance de cette capacité unique conférée à l’homme.

Et c’est précisément ce lien entre le don du savoir à l’homme et la fin des temps que le Prophète ﷺ révéla lorsqu’il dit :

“Le Dajjāl voit d’un seul œil ; il est aveugle de l’autre. Mais votre Seigneur n’est pas borgne.” (Sahīh al-Bukhārī)

Le Dajjāl, aveugle intérieurement, ne peut connaître que par la voie externe — l’observation et l’expérimentation. Ceux qui le suivront souffriront de cette même cécité intérieure.

Ainsi, la prétention du peuple d’Israël à un statut spirituel exclusif auprès du Seigneur est infondée : les anges se sont prosternés devant Ādam عليه السلام, le père de toute l’humanité, et Allah ﷻ a honoré tous les fils d’Ādam sans exception.

La prosternation devant un être humain est-elle un acte d’adoration ?

Nous avons décrit la prosternation (sujūd) des anges devant Ādam عليه السلام comme un acte de respect et d’honneur. Certains pourraient objecter qu’il s’agit d’un acte d’adoration, pourtant le Coran ordonne clairement que la prosternation ne soit faite qu’à Allah ﷻ :

وَمِنْ آيَاتِهِ اللَّيْلُ وَالنَّهَارُ وَالشَّمْسُ وَالْقَمَرُ ۚ لَا تَسْجُدُوا لِلشَّمْسِ وَلَا لِلْقَمَرِ وَاسْجُدُوا لِلَّهِ الَّذِي خَلَقَهُنَّ إِنْ كُنْتُمْ إِيَّاهُ تَعْبُدُونَ

Parmi Ses signes sont la nuit et le jour, le soleil et la lune : ne vous prosternez ni devant le soleil ni devant la lune, mais prosternez-vous devant Allah, qui les a créés, si c’est Lui que vous adorez. (Coran, Fussilat, 41:37)

Ce verset interdit donc toute prosternation de culte envers autre qu’Allah ﷻ. Comment alors comprendre l’ordre donné aux anges de se prosterner devant Ādam عليه السلام ? Et comment Nabī Ya‘qūb عليه السلام a-t-il pu se prosterner devant son fils Nabī Yūsuf عليه السلام ?

La réponse est que, dans les premières générations, la prosternation pouvait être un geste d’honneur et de respect, sans connotation d’adoration. C’est dans ce sens qu’elle fut ordonnée aux anges devant Ādam, et qu’elle fut pratiquée par Ya‘qūb envers Yūsuf.

Mais avec la révélation du Coran, cette pratique fut abrogée pour les croyants : désormais, toute prosternation ne peut être faite que pour adorer Allah ﷻ seul.

C’est pourquoi, lorsque Ja‘far ibn Abī Ṭālib رضي الله عنه et les premiers musulmans réfugiés en Abyssinie furent présentés devant le roi chrétien (le Négus), et que toute la cour se prosterna par respect, ils refusèrent de le faire. Ce refus ne provenait pas d’un manque de respect, mais d’une fidélité absolue à la Loi révélée.

Le roi, homme d’une clairvoyance spirituelle rare, comprit la noblesse de leur geste, et non seulement ne les sanctionna pas, mais refusa également de les livrer à leurs persécuteurs mecquois.

Il en aurait été tout autrement si cela s’était produit devant une souveraine comme la reine Victoria d’Angleterre, devant qui même les musulmans se mettaient à genoux pour recevoir les distinctions honorifiques, devenant « Sir » tels que Muhammad Iqbal.

Quant aux Protestants, l’un de leurs reproches majeurs au catholicisme romain concernait le fait de s’agenouiller pour recevoir la Sainte Communion, qu’ils considéraient comme une idolâtrie. Les catholiques répondaient que ce geste exprimait la révérence, non l’adoration.

De même, dans la tradition hindoue, la prosternation demeure un signe d’humilité et de respect : une épouse se prosterne encore aujourd’hui aux pieds de son mari en signe de dévotion et de considération.

Iblīs refuse de se prosterner

Vient enfin l’acte de défi le plus célèbre de toute l’histoire : le refus d’Iblīs, Satan, de se prosterner devant Ādam عليه السلام. Il ne s’agissait pas pour lui d’un argument de monothéisme, mais d’orgueil. Il croyait être supérieur de naissance à Ādam, estimant avoir un droit de naissance à la supériorité. Ceux qui, aujourd’hui, prétendent être le peuple élu de Dieu par naissance, souffrent du même mal.

En conséquence, Allah ﷻ créa et façonna Dajjāl, et le laissa se manifester afin qu’ils apprennent l’humilité à la fin des temps.

Ce sujet sera abordé dans le chapitre suivant.

وَإِذْ قَالَ رَبُّكَ لِلْمَلَائِكَةِ إِنِّي جَاعِلٌ فِي الْأَرْضِ خَلِيفَةً

Et lorsque ton Seigneur dit aux anges : “Je vais établir sur la terre un vicaire (khalīfah).” (Coran, al-Baqarah, 2:30)

CHAPITRE 5
L’arrogance au commencement du temps – Un khalîfa (ou dirigeant) sur terre

Le Coran a exposé, dans le verset cité plus haut, qu’Allah ﷻ s’adressa aux Anges au Awwal al-Zamān (le commencement du temps) et les informa qu’Il allait placer sur terre celui qui serait un khalîfa, c’est-à-dire un dirigeant appelé à gouverner sur terre (Coran, al-Baqarah, 2 :30).

Cette déclaration constitue le fondement sur lequel repose tout l’édifice de la philosophie politique islamique, ainsi que le modèle islamique de l’État. Le Coran a ensuite expliqué que lorsqu’Allah ﷻ désigne un khalîfa sur terre, sa fonction est de gouverner avec al-Ḥaqq, c’est-à-dire la Vérité révélée par Allah ﷻ, et donc d’établir un État sacré de Khilāfah, une Pax Dei, qui fasse de la Loi d’Allah ﷻ la Loi suprême.

L’Occident moderne, créé par Dajjāl, nie de fait à tout État la liberté d’établir la Loi d’Allah ﷻ comme Loi suprême. Tous les États doivent appartenir à l’Organisation des Nations Unies et, du fait de cette appartenance, ils doivent se soumettre à la Charte de l’ONU qui, en pratique, impose la Charte des Nations Unies, ainsi que les résolutions du Conseil de sécurité, comme Loi suprême.

L’Occident moderne diabolise également l’État de Khilāfah comme un État théocratique et endoctrine toute l’humanité afin que l’on en vienne à mépriser et rejeter tellement l’idée même d’un État théocratique qu’on le relègue pour toujours dans les musées de l’Histoire. À sa place, l’Occident a livré au monde l’État républicain moderne, dans lequel la loi suprême est la loi de l’État, et non la Loi d’Allah ﷻ.

Un État républicain, tel que le Pakistan, ne peut pas être un État de Khilāfah, puisque la loi la plus élevée dans un État républicain est toujours la loi de l’État, et non la Loi d’Allah ﷻ. Le Dr Muḥammad Iqbal ne semble pas avoir pris conscience de ce fait élémentaire lorsqu’il écrivit ce qui suit dans son œuvre majeure, The Reconstruction of Religious Thought in Islam :

« La forme républicaine de gouvernement n’est pas seulement parfaitement cohérente avec l’esprit de l’islam, mais elle est aussi devenue une nécessité au regard des nouvelles forces libérées dans le monde de l’islam. »

(Essai intitulé : « The Principle of Movement in the Structure of Islam »)

Une forme républicaine de gouvernement suppose au préalable l’établissement d’une République, et les « nouvelles forces » auxquelles le Dr Iqbal fait allusion ci-dessus étaient, bien entendu, l’État républicain moderne et séculier, créé par Dajjāl et introduit dans le monde par la civilisation occidentale moderne de Dajjāl.

Lorsqu’on considère la pauvreté – pour ne pas dire la quasi-absence – de recherches encore existantes dans le monde musulman sur Dajjāl (qui est le sujet de ce livre), on ne peut que balayer d’un revers de main, par avance, les objections et remarques sarcastiques que ne manquera pas de susciter, dans les milieux universitaires séculiers au Pakistan et ailleurs, la déclaration précédente concernant l’État républicain.

Le Mouvement du Khilāfat de l’Inde musulmane, avec tous ses défauts et ses insuffisances, représentait le dernier effort, de la part de l’Inde musulmane comme du reste du monde musulman, pour rester fidèle à la philosophie politique et au modèle d’État qui se trouvent dans le Coran.

La Grande-Bretagne, quant à elle, voulait embrasser toute l’Inde britannique – hindoue autant que musulmane – puis le reste du monde, avec le nouveau modèle d’État républicain apparu au sein de la civilisation occidentale de Dajjāl.

Une seule phrase mal inspirée (citée plus haut) de l’un des plus illustres savants de l’Inde musulmane a suffi pour planter le dernier clou dans le cercueil de l’État islamique de Khilāfah, et pour ouvrir la voie à la naissance de l’État républicain du Pakistan, puis à l’intégration progressive du reste du monde musulman dans l’ordre séculier mondial de Dajjāl fondé sur les États républicains.

Pour cela à lui seul, le Dr Iqbal méritait amplement le titre de chevalier que la Grande-Bretagne lui conféra – à la suite de quoi il devint Sir Muḥammad Iqbal.

(Les lecteurs pourront consulter mon essai intitulé : « Can Muslims Vote in Elections of the Modern Secular State ? » sur : http://www.imranhosein.org/articles/islam-and-politics/85-can-muslims-vote-in-elections-of-the-modern-secular-state.html)

Ils pourront également visionner ma conférence intitulée « Iqbal Pakistan and the Khilāfah State » sur : https://www.youtube.com/watch?v=wL3K_gT9NT0

Le Coran avertit ensuite que ceux qui, comme l’État républicain séculier, gouvernent la terre ou une partie de celle-ci sans le faire avec al-Ḥaqq (la Vérité) devront affronter un châtiment terrible au Jour des Comptes. En effet, tout gouvernement qui ne repose pas sur al-Ḥaqq écarte le dirigeant – et donc le peuple – de Sabīl Allāh, la Voie ou le Chemin d’Allah ﷻ :

فِي الْأَرْضِ إِنَّا جَعَلْنَاكَ خَلِيفَةً فَاحْكُمْ بَيْنَ النَّاسِ بِالْحَقِّ وَلَا تَتَّبِعِ الْهَوَى فَيُضِلَّكَ عَنْ سَبِيلِ اللَّهِ ۚ إِنَّ الَّذِينَ يَضِلُّونَ عَنْ سَبِيلِ اللَّهِ لَهُمْ عَذَابٌ شَدِيدٌ بِمَا نَسُوا يَوْمَ الْحِسَابِ

« Ô Dāwūd, Nous t’avons certes établi khalîfa sur la terre. Juge donc entre les gens avec la vérité, et ne suis pas la passion, car elle t’égarerait du chemin d’Allah. Ceux qui s’égarent du chemin d’Allah auront un dur châtiment pour avoir oublié le Jour du Règlement. » (Coran, Ṣād, 38 :26)

Si un État de Khilāfah, ou Pax Dei, doit être établi et s’il doit survivre, il lui faut disposer de la puissance nécessaire pour résister à ceux qui chercheront à l’attaquer et à le détruire.

C’est ainsi que, lorsque le prophète Dāwūd عليه السلام établit l’État sacré d’Israël, Allah ﷻ le bénit également par la puissance, confirmant ainsi clairement qu’un tel État sacré doit détenir le pouvoir nécessaire pour s’imposer comme Pax Dei :

وَشَدَدْنَا مُلْكَهُ وَآتَيْنَاهُ الْحِكْمَةَ وَفَصْلَ الْخِطَابِ

« Nous consolidâmes sa royauté et lui donnâmes la sagesse et la faculté de bien juger. » (Coran, Ṣād, 38 :20)

Un État de Khilāfah a donc l’obligation de bâtir sa puissance militaire au maximum de ce qu’il lui est possible d’atteindre. Le Coran explique toutefois que cette puissance ne doit servir qu’à dissuader l’agression, et non à commettre l’agression ni à établir une domination hégémonique sur les autres :

وَأَعِدُّوا لَهُمْ مَا اسْتَطَعْتُمْ مِنْ قُوَّةٍ وَمِنْ رِبَاطِ الْخَيْلِ تُرْهِبُونَ بِهِ عَدُوَّ اللَّهِ وَعَدُوَّكُمْ ۚ وَآخَرِينَ مِنْ دُونِهِمْ لَا تَعْلَمُونَهُمُ اللَّهُ يَعْلَمُهُمْ ۚ وَمَا تُنْفِقُوا مِنْ شَيْءٍ فِي سَبِيلِ اللَّهِ يُوَفَّ إِلَيْكُمْ وَأَنْتُمْ لَا تُظْلَمُونَ

« Préparez contre eux tout ce que vous pouvez comme force et comme cavalerie équipée, afin d’effrayer l’ennemi d’Allah et le vôtre, et d’autres encore que vous ne connaissez pas mais qu’Allah connaît. Et tout ce que vous dépenserez dans le chemin d’Allah vous sera pleinement rendu, et vous ne serez point lésés. » (Coran, al-Anfāl, 8 :60)

Nous pouvons voir clairement que si la Corée n’avait pas fidèlement suivi cet ordre coranique, elle serait déjà devenue un État client de l’actuel ordre mondial judéo-chrétien sioniste, ce qui est précisément le sort réservé aujourd’hui à la partie sud de la péninsule coréenne.

L’Occident moderne de Dajjāl a réussi non seulement à embrasser toute l’humanité dans une Organisation des Nations Unies dont le Conseil de sécurité est dominé par les oppresseurs du monde moderne – l’alliance judéo-chrétienne sioniste occidentale – mais encore à imposer au monde un Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) qui interdit aux États signataires de construire la puissance que le Coran leur ordonne pourtant de construire.

Si l’Inde n’avait pas fait preuve d’intégrité en refusant d’adhérer au TNP, il est certain que la prétendue République islamique du Pakistan aurait docilement accepté d’en devenir membre.

Chaque fois qu’un État de Khilāfah est établi et qu’il s’efforce de bâtir sa puissance conformément à l’ordre d’Allah ﷻ, une aide divine lui parvient, comme elle vint à Israël sous le règne du prophète Sulaymān عليه السلام :

وَاذْكُرُوا إِذْ جَعَلَكُمْ خُلَفَاءَ مِنْ بَعْدِ نُوحٍ وَزَادَكُمْ فِي الْخَلْقِ بَسْطَةً فَاذْكُرُوا آلَاءَ اللَّهِ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ

« Et rappelez-vous lorsque, après le peuple de Nūḥ, Il fit de vous des successeurs et vous accorda un développement corporel remarquable. Rappelez-vous donc les bienfaits d’Allah afin que vous réussissiez. » (Coran, al-A‘rāf, 7 :69)

Le Coran rappelle aux Israélites qu’Allah ﷻ répondit à leur détresse et les en délivra en leur accordant la domination sur la terre à travers un État de Khilāfah :

أَمَّنْ يُجِيبُ الْمُضْطَرَّ إِذَا دَعَاهُ وَيَكْشِفُ السُّوءَ وَيَجْعَلُكُمْ خُلَفَاءَ الْأَرْضِ ۗ أَإِلَهٌ مَعَ اللَّهِ ۚ قَلِيلًا مَا تَذَكَّرُونَ

« Qui exauce le suppliant en détresse quand il L’invoque, qui enlève le mal et fait de vous des successeurs sur la terre ? Y a-t-il donc une divinité avec Allah ? Que vous vous souvenez peu ! » (Coran, al-Naml, 27 :62)

Ces versets du Coran montrent que c’est par la permission d’Allah ﷻ que les Israélites restèrent longtemps les dirigeants de la terre. Mais jamais ils ne purent rétablir Israël comme État sacré, comme Pax Dei. Cela tient au fait que le prophète Dāwūd عليه السلام eut un fils, le prophète Sulaymān عليه السلام, qui implora son Seigneur ﷻ pour que son État sacré d’Israël ne puisse appartenir à personne après lui, c’est-à-dire qu’aucun ne parviendrait à rétablir Israël comme État sacré après lui.

Sulaymān عليه السلام fit cette invocation après qu’il eut vu, en vision, un jasad, c’est-à-dire un corps sans âme, assis sur son trône :

وَلَقَدْ فَتَنَّا سُلَيْمَانَ وَأَلْقَيْنَا عَلَى كُرْسِيِّهِ جَسَدًا ثُمَّ أَنَابَ

« Nous avons certes éprouvé Sulaymān, et Nous avons placé sur son trône un corps (sans âme). Puis il se repentit. » (Coran, Ṣād, 38 :34)

Cette supplication fut formulée parce qu’il avait reconnu ce jasad comme étant Dajjāl, et il savait que Dajjāl tenterait de gouverner sur l’Israël sacré. C’est donc en connaissance de cause qu’il pria ainsi :

قَالَ رَبِّ اغْفِرْ لِي وَهَبْ لِي مُلْكًا لَا يَنْبَغِي لِأَحَدٍ مِنْ بَعْدِي ۖ إِنَّكَ أَنْتَ الْوَهَّابُ

« Il dit : “Seigneur, pardonne-moi, et accorde-moi un royaume qui ne conviendra à nul autre après moi. Tu es certes le Grand Donateur.” » (Coran, Ṣād, 38 :35)

Allah ﷻ exauça clairement sa prière, puisque l’Israël sacré s’effondra après la mort de Sulaymān عليه السلام et n’a jamais été rétabli depuis.

L’actuelle tentative de Dajjāl pour restaurer l’Israël sacré afin de convaincre les Juifs qu’il est le vrai Messie est donc vouée à l’échec.

La réaction des Anges à un État de Khilāfah sur terre

Lorsque les Anges entendirent l’annonce divine selon laquelle un khalîfa, c’est-à-dire un dirigeant, serait placé sur terre, ils réagirent en la contestant ouvertement ! Les Anges savaient déjà que la question de l’établissement d’une domination et d’un État dirigeant sur terre engendrerait fasād, c’est-à-dire une corruption telle qu’elle peut détruire, ainsi que l’effusion de sang.

La seule source de laquelle ils avaient pu recevoir un tel savoir était Allah ﷻ Lui-même. Leur objection à l’annonce divine reposait sur l’argument que leur adoration constante du Seigneur, en célébrant Ses Louanges et en proclamant Sa Gloire, faisait d’eux, en réalité, les plus qualifiés pour diriger :

قَالُوا أَتَجْعَلُ فِيهَا مَنْ يُفْسِدُ فِيهَا وَيَسْفِكُ الدِّمَاءَ وَنَحْنُ نُسَبِّحُ بِحَمْدِكَ وَنُقَدِّسُ لَكَ

« Ils dirent : “Vas-Tu y placer quelqu’un qui y sèmera la corruption et y répandra le sang, alors que nous proclamons Ta gloire en Te louant et que nous sanctifions Ton Nom ?” » (Coran, al-Baqarah, 2 :30)

La réponse énigmatique d’Allah ﷻ aux Anges se résuma à cette déclaration :

قَالَ إِنِّي أَعْلَمُ مَا لَا تَعْلَمُونَ

« Il dit : “En vérité, Je sais ce que vous ne savez pas.” » (Coran, al-Baqarah, 2 :30)

Ainsi, les Anges savaient que la quête de la domination sur la terre entraînerait corruption destructrice et effusion de sang, mais ils ne possédaient pas la connaissance complète de ce sujet qui justifiait néanmoins l’annonce divine.

Ils ignoraient deux événements qui allaient se produire à cette époque – c’est-à-dire au commencement de l’Histoire – et qui étaient reliés à la fin de l’Histoire, offrant ainsi une justification eschatologique à cette annonce divine.

Allah ﷻ conféra ensuite directement la connaissance à ce dirigeant, c’est-à-dire à Ādam عليه السلام, qui devait établir son autorité sur terre. Il le pouvait, car Il avait déjà insufflé en lui de Son Rūḥ divin, de sorte qu’il devînt capable de recevoir la connaissance aussi bien de manière externe que de manière interne, spirituelle :

وَعَلَّمَ آدَمَ الْأَسْمَاءَ كُلَّهَا ثُمَّ عَرَضَهُمْ عَلَى الْمَلَائِكَةِ فَقَالَ أَنْبِئُونِي بِأَسْمَاءِ هَٰؤُلَاءِ إِنْ كُنْتُمْ صَادِقِينَ ۝ قَالُوا سُبْحَانَكَ لَا عِلْمَ لَنَا إِلَّا مَا عَلَّمْتَنَا ۖ إِنَّكَ أَنْتَ الْعَلِيمُ الْحَكِيمُ

« Et Il apprit à Ādam les noms de toutes choses. Puis Il les présenta aux Anges et dit : “Informez-Moi des noms de ceux-là, si vous êtes véridiques.” Ils dirent : “Gloire à Toi ! Nous n’avons de savoir que ce que Tu nous as enseigné. Tu es, en vérité, le Savant, le Sage.” » (Coran, al-Baqarah, 2 :31-32)

Il ressort de ce passage que la domination sur terre ne peut être instaurée avec succès que par ceux qui reçoivent directement d’Allah ﷻ une connaissance qui les habilite à gouverner. Cette connaissance se trouve, bien entendu, dans les Écritures révélées.

C’est là, semble-t-il, l’une des raisons pour lesquelles Allah ﷻ répondit à la question des Anges par ces mots : « Je sais ce que vous ne savez pas ! »

Dès lors, quiconque ne se tourne pas vers le Coran pour y chercher la guidance et la Loi n’est pas qualifié pour diriger les musulmans.

Allah ﷻ demanda ensuite au prophète Ādam عليه السلام de répondre à la question, ce qu’il fit :

قَالَ يَا آدَمُ أَنْبِئْهُمْ بِأَسْمَائِهِمْ ۖ فَلَمَّا أَنْبَأَهُمْ بِأَسْمَائِهِمْ قَالَ أَلَمْ أَقُلْ لَكُمْ إِنِّي أَعْلَمُ غَيْبَ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ وَأَعْلَمُ مَا تُبْدُونَ وَمَا كُنْتُمْ تَكْتُمُونَ

« Il dit : “Ô Ādam, informe-les de leurs noms.” Puis quand celui-ci les eut informés de leurs noms, Allah dit : “Ne vous ai-Je pas dit que Je connais le mystère des cieux et de la terre, et que Je sais ce que vous divulguez et ce que vous cachez ?” » (Coran, al-Baqarah, 2 :33)

Nous concluons de tout cela que l’humanité a été placée sur terre pour accomplir un objectif primordial : établir une domination sur terre. Mais cette mission ne peut être menée à bien que par ceux qui agissent fidèlement conformément au savoir qui leur est parvenu d’Allah ﷻ, et qui ne poursuivent aucun autre agenda lorsqu’ils établissent leur autorité.

Ceux qui gouvernent autrement auront à subir une terrible sanction le Jour du Jugement.

Nous reconnaissons dans cette mission – gouverner la terre selon la Vérité – l’Amānah, le Dépôt, qu’Allah ﷻ a proposé à l’humanité et qu’elle a accepté.

L’Amānah (le Dépôt) était une mission de gouvernement juste (conforme à la Vérité)

Le tout premier événement de l’Histoire humaine, après la création de l’être humain et l’insufflation en lui du Rūḥ divin, fut l’offre d’un Amānah, un dépôt, qu’Allah ﷻ adressa à toute la création – y compris les montagnes – mais que tous refusèrent d’assumer, par crainte, tandis que l’humanité seule l’accepta.

Or, parmi ceux de l’humanité qui ont accepté cette Amānah, certains en ont abusé, en agissant injustement ou stupidement avec ce dépôt.

Le Coran identifie-t-il ceux qui ont trahi l’Amānah ?

إِنَّا عَرَضْنَا الْأَمَانَةَ عَلَى السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ وَالْجِبَالِ فَأَبَيْنَ أَنْ يَحْمِلْنَهَا وَأَشْفَقْنَ مِنْهَا وَحَمَلَهَا الْإِنْسَانُ ۖ إِنَّهُ كَانَ ظَلُومًا جَهُولًا

« Nous avions proposé l’أمانة (le dépôt) aux cieux, à la terre et aux montagnes. Ils refusèrent de la porter et en furent effrayés. L’homme l’a portée : il est vraiment très injuste, très ignorant. » (Coran, al-Aḥzāb, 33 :72)

Ce dépôt divin, accepté par l’humanité, devait être quelque chose qui, lorsqu’on en abusait, conduisait à un comportement oppressif et pervers, ou à une manifestation d’ignorance et de folie.

C’est la connaissance de cette trahison précise – le refus de gouverner avec justice et Vérité – que les Anges possédaient et à laquelle ils firent allusion lorsqu’ils protestèrent contre l’annonce divine qu’un khalîfa serait placé sur terre.

Au cœur même de l’Amānah, il devait donc y avoir l’offre d’un libre arbitre, d’une volonté propre, par laquelle l’être humain pouvait librement choisir d’accepter ou de rejeter, d’obéir ou de désobéir, d’être reconnaissant ou ingrat, juste ou injuste, etc.

Le don de cette Amānah donna ainsi naissance à un être moral, capable de conduire sa vie d’une manière éthiquement acceptable, mais également capable d’accéder à une compréhension spirituelle.

Le Dr Iqbal identifie l’Amānah à ce qu’il appelle « le dépôt de la personnalité » (voir l’essai « Knowledge and Religious Experience » de son ouvrage The Reconstruction of Religious Thought in Islam). Beaucoup d’autres savants éminents de l’islam partagent ce point de vue.

Notre opinion diverge toutefois, en raison de notre étude de l’eschatologie islamique.

Les Jinns, qui constituent une catégorie d’êtres créés à partir du feu (tandis que l’humanité fut créée à partir de l’argile), possédaient eux aussi un libre arbitre, et pouvaient choisir d’obéir ou de désobéir. Cependant, il n’existe aucune preuve qu’ils possédaient également la capacité de recevoir la connaissance de manière interne, ou directement d’Allah, le Très-Haut. Il n’y a aucune preuve que le Rūh d’Allah ait été insufflé en eux ; c’est pourquoi les Jinns ne possédaient pas la vision spirituelle que seuls les êtres humains possédaient.

Les Anges devaient être au courant de la croyance juive selon laquelle ils étaient le peuple élu du Seigneur-Dieu, et ils devaient également savoir que cette croyance les conduirait à conclure qu’ils détiennent une revendication exclusive de la moralité, puisqu’ils croyaient qu’eux seuls sont des êtres moraux. Notre opinion est que c’est précisément cette fausse croyance juive en l’exclusivité en tant que peuple élu qui conduisit les Anges à déclarer qu’elle mènerait au sang versé et au Fasād (ce qui corrompt et détruit) sur terre.

Le Coran a exposé la fausseté de cette prétention juive d’exclusivité morale. Il y a, dit le Coran, parmi les Ahl al-Kitāb, c’est-à-dire les Gens de la Torah, ceux qui, si tu leur confies un Qintār, c’est-à-dire un trésor d’environ 1200 dinars d’or, pour le garder en dépôt, te le rendront quand tu viendras le réclamer. Mais si quelqu’un qui ne fait pas partie de ce groupe leur confie ne serait-ce qu’un seul Dīnār, lorsqu’il voudra récupérer son argent, celui-ci ne lui sera pas rendu, à moins et jusqu’à ce qu’il lutte pour le récupérer.

Le Coran fournit une explication à cette norme morale double, moralement répréhensible, comme suit :

ِّهِ ؤَد ُ ار ي ب ِق ِنطَ ٍ وَمِنْ َأ ِ هْل الْكِتَ ِ اب مَنْ ِإن تَْأمَنْهُ ِّهِِإلَ َ يْك ؤَد ُ ار َلاّ ي ب ِدِينَ ٍ ّنْ ِإن تَْأمَنْهُ م َم ِإلَ َ يْك وَمِنْهُ لَ َ يْس ْ وا ُ ُمْ قَال ا ذَ َ ل ِك َبِأَّنه ً ِ م ٕ ُ َ مْت عَلَيْهِ قَآى ِإ َلاّمَا د ِ ونَ عَلَى الل ّه ُ ول ُ يل وَيَق ٌ ِّيِّينَ َسب ِ الأم ُ عَلَيْنَا فِي ونَ ُ ُمْ يَعْلَم الـْكَ َ ذِب وَه

Et parmi les Gens du Livre, il y en a qui, si tu lui confies un qintār, te le rendra ; mais il en est qui, si tu lui confies un dinar, ne te le rendra que si tu l’y contrains sans relâche. Cela est dû à ce qu’ils disent : « Nous n’avons aucune obligation morale envers les Gentils (non-Juifs). » Ils profèrent ainsi des mensonges contre Allah alors qu’ils savent (qu’ils mentent). (Coran, Āl ‘Imrān, 3 : 75)

Comme ils croyaient que la Loi morale révélée divinement ne s’appliquait qu’aux Juifs, ils considéraient qu’il n’y avait aucun péché à dépouiller ou exploiter le reste de l’humanité qui n’était pas juive.

Il est remarquable que cette même maladie ait frappé la civilisation occidentale moderne, puisque l’Occident n’éprouve aucun sentiment de culpabilité morale dans son exploitation et son oppression de l’humanité par le biais de guerres d’oppression sans fin, et de son système monétaire et bancaire fallacieux qui exploite, opprime et réduit en esclavage tous ceux qui en sont la cible.

L’arrogance au commencement de l’histoire et la fausse revendication d’un droit à une supériorité de naissance

Après avoir annoncé aux Anges qu’Il placerait sur terre quelqu’un qui exercerait la souveraineté, et après que le Prophète Ādam, paix sur lui, eut expliqué aux Anges la partie de ce sujet (celui de la souveraineté sur terre) qu’ils ignoraient, Allah, le Très-Sage, ordonna aux Anges de se prosterner devant lui, c’est-à-dire devant le Prophète Ādam, paix sur lui. Le Coran révéla alors qu’ils obéirent tous au commandement divin, à l’exception d’Iblīs, c’est-à-dire Satan :

ِْإ َلاّ وا ُ ْ لآدَمَ فَسَجَد وا ُ د ُ ِكَةِ اسْ ج ىَ ٕ ُل ْنَا ل ِلْمَلا ِ ذْ ق وَإ ِإب ْل ِ َ يس َأبَى وَاسْ تَكْ بَرَ وَكَانَ َمِن الْكَافِرِ َ ين

Et lorsque Nous dîmes aux Anges : « Prosternez-vous devant Ādam. » Ils se prosternèrent, à l’exception d’Iblīs qui refusa, s’enfla d’orgueil et fut parmi les mécréants. (Coran, al-Baqarah, 2 : 34)

Allah ordonna donc aux Anges de se prosterner devant Ādam ! Tous se prosternèrent, sauf Iblīs, qui refusa et se glorifia dans son arrogance ; et ainsi il devint l’un de ceux qui rejettent la vérité.

Les Anges ne peuvent pas désobéir (Coran, al-Tahrīm, 66 : 6), et puisque Iblīs désobéit, il ne pouvait pas être un Ange. En réalité, c’était un Jinn (Coran, al-Kahf, 18 : 50).

La raison qu’il donna pour justifier son refus de se prosterner ainsi fut sa croyance (erronée) en un droit à une supériorité de naissance sur le Prophète Ādam, paix sur lui. À cause de cette croyance erronée en un droit à une supériorité de naissance, il ne pouvait tolérer que quiconque soit doté d’une connaissance plus grande que la sienne, ni quiconque exerce une autorité sur lui, où que ce soit dans l’univers. Il était, au contraire, convaincu que sa croyance (fausse) en son droit à une supériorité de naissance lui conférait le droit de gouverner tous les autres. C’est pourquoi il ne pouvait pas s’incliner en prosternation devant ce Khalīfah, ou souverain, éduqué et désigné par la grâce divine.

ُ َك قَ َ ال َأنَا ْ ت دَِإذْ َأمَر ْ قَ َ ال مَا مَنَعَ َك َأ َلاّ تَسْجُ ٍ مِن طِين ُ ار وَخَلَقْتَه ِي مِن َنّ ٍ خَلَقْتَن ِّنْهُ م خَيْرٌ

Il [Allah] dit : « Qu’est-ce qui t’empêche de te prosterner quand Je te l’ai ordonné ? » Il [Iblīs] répondit : « Je suis meilleur que lui : Tu m’as créé de feu, alors que Tu l’as créé d’argile. » (Coran, al-A‘rāf, 7 : 12)

Le Coran a ainsi dévoilé un commencement de l’histoire dans lequel la fausse prétention d’un individu à un droit à une supériorité de naissance le conduisit à refuser, par arrogance, d’obéir au Seigneur-Dieu qui lui avait ordonné d’accepter la supériorité d’un autre sur lui. Cette arrogance eut pour résultat une malédiction divine sur lui et son expulsion du Paradis.

Le Seigneur-Dieu décréta ensuite qu’il serait désormais rabaissé à une condition inférieure :

لَ َك َأن ُ ون ُ قَ َ ال فَاهْب ِطْ مِنْهَا فَمَا يَك ٺَتَ َكَبّرَ فِيهَا فَاخْرُجْ ِإَنّ َك َمِن َّ الصاغِرِ َ ين

« Descends d’ici, dit Allah, car tu n’as pas à t’enfler d’orgueil ici. Sors donc, te voilà parmi les abaissés. » (Coran, al-A‘rāf, 7 : 13)

La conséquence significative de ce qui précède, significative surtout en Ākhir al-Zamān, c’est-à-dire à la fin de l’histoire, est que tout peuple qui se considère comme bénéficiant d’un droit à une supériorité de naissance sur les autres sera, de la même manière, maudit par le Seigneur-Dieu et se verra interdit l’accès au Paradis. Il n’y a pas de place au Paradis pour ceux qui manifestent cette forme particulière d’arrogance. De plus, leur prétention arrogante à la supériorité se terminera par l’humiliation et la honte d’un statut rabaissé : « … te voilà parmi les abaissés. »

La prétention arrogante des Juifs, qui fut ouvertement adoptée par la civilisation occidentale moderne du Dajjāl, selon laquelle ils seraient le peuple élu du Seigneur-Dieu avec un droit de naissance à une supériorité sur le reste de l’humanité, est donc fausse. Tout Juif, chrétien, hindou (ou même musulman) qui formule une telle prétention à un droit de naissance à une supériorité sur les autres subira une malédiction divine et sera finalement rabaissé à une condition inférieure.

Le Coran a désigné expressément les Juifs pour cette croyance erronée, selon laquelle ils seraient le peuple élu du Seigneur-Dieu, et les met au défi comme suit :

ُلْ يَا َأُّيهَا الَّذِ َ ين هَ ِ ق َّه ل واِإن زَعَمْتُمْ َأَنّكُمْ َأوْل ِيَاء لِ ُ اد ُمْ َصادِقِينَ كنت ُ ا الْمَ َ وْتِإن ُ ُ ِ ون َ النّ ِ اس فَتَمََنّو مِن د

Dis : « Ô vous qui pratiquez le judaïsme ! Si vous prétendez être les favoris d’Allah, à l’exclusion des autres gens, souhaitez donc la mort, si vous êtes véridiques. » (Coran, al-Jumu‘ah, 62 : 6)

Ô vous qui êtes Juifs, si vous croyez être le peuple élu du Seigneur-Dieu à l’exclusion du reste de l’humanité, pourquoi alors ne souhaitez-vous pas la mort, si vous êtes convaincus de la vérité de votre prétention ?

Mais non ! Ils ne feront jamais une chose pareille, puisqu’ils sont bien conscients de leur conduite. Et Allah, le Très-Haut, connaît bien ceux dont la conduite est perverse.

Le défi divin présenté au Juif s’applique de même à tous ceux qui se considèrent comme bénéficiaires d’un droit de naissance à une supériorité sur les autres.

Le Juif peut répondre en argumentant que le Seigneur-Dieu a fait d’eux un peuple exceptionnel en les favorisant et en leur accordant des grâces plus qu’à tout autre parmi l’humanité. Le Coran confirme que le peuple israélite reçut plus de grâces divines que le reste de l’humanité :

ِي َأن ْعَ ُ مْت ِيَ َالّت ْ ن ِعْمَت وا ُ ر اى ِ يَا َ يل اذْكُ ِيِإسْرَٕ بَن عَلَيْكُمْ وََأنِّي فََّضل ْتُكُمْ عَلَى الْعَالَمِينَ

Ô Enfants d’Israël ! Rappelez-vous Mon bienfait dont Je vous ai comblés, et comment Je vous ai préférés au-dessus des mondes. (Coran, al-Baqarah, 2 : 47)

ْ ن ِعْمَةَ وا ُ ر وسَى ل ِقَوْمِهِ يَا قَ ِوْم اذْكُ ُ وَإ ِ ذْ قَ َ ال م م ِ عَلَيْكُمْ ِإذْ َجعَ َل فِيكُمْ َأنبِيَاء وَ َجعَلـَكُ الل ّه ِّن الْعَالَمِينَ ا م ً ُؤْتِ َأحَد ّا لَمْ ي م َم ا وَآتَاكُ ً وك ُ ّل م ُ

Et quand Moïse dit à son peuple : « Ô mon peuple ! Rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous, lorsqu’Il a fait surgir parmi vous des prophètes, qu’Il vous a faits rois et vous a donné ce qu’Il n’avait donné à aucun autre parmi les mondes. » (Coran, al-Māidah, 5 : 20)

L’implication de ce grand don divin de faveurs au peuple israélite est que, s’il trahit la norme d’un comportement juste, il sera jugé et puni plus sévèrement que le reste de l’humanité.

Le Coran démolit leur prétention à être un peuple exclusif ou élu en dénonçant la fausse affirmation selon laquelle le Paradis leur serait réservé :

لَن يَدْخُ َل الْجَنَّةَِإ َلاّمَن كَانَ ْ وا ُ وَقَال ُلْ ُمْ ق ّه ِي ُ ًَأوْ نَ َصارَى َ ت ِلْك َأمَان ودا ُ ه ُمْ َصادِقِينَ كنت ُ ُرْهَانَكُمْ ِإن ب ْ وا ُ هَات

Et ils dirent : « N’entrera au Paradis que celui qui est Juif ou Chrétien. » Voilà leurs chimères. Dis : « Apportez votre preuve, si vous êtes véridiques. » (Coran, al-Baqarah, 2 : 111)

Les Juifs et les Chrétiens prétendent : « N’entrera au Paradis que celui qui est Juif ou Chrétien. » Telles sont leurs croyances illusoires ! Dis : « Apportez une preuve à l’appui de votre prétention, si ce que vous dites est vrai. »

Le parallèle entre la fin et le commencement de l’histoire

Le Coran a laissé entendre l’existence d’un parallèle entre le commencement et la fin de l’histoire :

ونَ ُ ود ُ ا بَدََأكُمْ تَع . . . َكمَ

…De même qu’Il vous a créés pour la première fois, ainsi vous retournerez. (Coran, al-A‘rāf, 7 : 29)

Le Prophète Muhammad (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) déclara qu’il n’y eut jamais de prophète sans qu’il n’ait averti son peuple au sujet du Dajjāl :

« Il n’y a pas eu de prophète qui n’ait averti son peuple au sujet du Dajjāl. »

(Sahih al-Bukhari)

L’implication est que le Dajjāl est présent à la fois au commencement et à la fin de l’histoire. En déclarant qu’Allah est le Premier et le Dernier, et qu’Il connaît toutes choses, le Coran a ainsi confirmé un drame eschatologique, à savoir que : de même qu’il en fut au commencement de l’histoire, ainsi en sera-t-il à la fin de l’histoire.

Ce drame se déploiera, à la fin de l’histoire, de manière telle que le parallèle avec le commencement de l’histoire pourra être discerné par ceux qui emploient une épistémologie qui intègre harmonieusement al-Zāhir, c’est-à-dire ce qui est visible extérieurement, et al-Bātin, c’est-à-dire ce qui est perçu intérieurement.

L’étude du sujet du Dajjāl exige un effort pour identifier les données pertinentes situées au commencement de l’histoire, puis pour trouver la connexion de ces données avec la fin de l’histoire.

Quelle est la vision de l’Islam quant à cette fin de l’histoire qui constituera un parallèle au commencement de l’histoire décrit ci-dessus ?

La voix du Prophète Muhammad (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) est la plus puissante de l’histoire à avoir prophétisé le retour du Messie, Jésus fils de Marie, que la paix et les bénédictions d’Allah, le Très-Haut, soient sur eux deux — la mère vierge bénie et le fils béni.

Un homme nommé Mirza Ghulam Ahmad, originaire de l’Inde, chercha à s’identifier à cette prophétie du retour du fils de Marie, affirmant qu’il accomplissait en lui-même la prophétie de ce retour miraculeux. Mais ce menteur avait un problème insurmontable, puisqu’il était le fils d’une femme pendjabi, alors que la prophétie mentionne le retour de celui qui serait le fils de Marie. Même si sa mère pendjabi avait pu être renommée « Marie », cela n’aurait toujours pas suffi à résoudre son problème, car il n’existe, dans toute l’histoire, qu’une seule Vierge Marie. Quiconque prétend que Marie n’était pas vierge aura une position manifestement en conflit avec le Coran, et ne sera donc pas reconnu comme musulman.

Le Coran a confirmé ce retour messianique miraculeux, mais a choisi sagement de le faire dans Ses versets allégoriques, les Āyāt Mutashābihāt, qui doivent être interprétés afin que leur sens intérieur soit découvert.

Le Prophète Muhammad (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) prophétisa ensuite que Jésus reviendrait dans le monde en tant que al-Hākim al-‘Ādil, c’est-à-dire un souverain juste ; cette prophétie établit ainsi la croyance eschatologique islamique selon laquelle l’histoire se terminera par la Pax Dei avec laquelle elle avait commencé.

وش َ ِكَّن َأنْ يَ َ نْزِل ُ وَالَّذِي نَفْسِي ب ِيَدِهِ لَي ا ً ُقْسِط ا م ً يَمَحَ َكم ُ ْن مَر . . . ْ اب ُ م فِيكُ

Par Celui qui tient mon âme dans Sa Main, le fils de Marie descendra bientôt parmi vous comme un souverain juste… (Sahih al-Bukhari)

Cette même prophétie se trouve ailleurs, avec un texte légèrement différent :

ُ ْن ُ َحَتّى يَ َ نْزِل عِيسَى اب ُ َّ الساعَة وم ُ لاَتَق ً ا عَدْلا ً ِمَام ا وَإ ً ُقْسِط ا م ً يَمَحَ َكم ْ مَر

L’Heure ultime ne surviendra pas avant que Jésus, fils de Marie, ne descende comme souverain juste sur l’humanité entière et comme guide juste des croyants individuellement. (Sunan Ibn Mājah)

Rappelons cependant que le commencement de l’histoire nous a également donné un autre « fin de l’histoire » parallèle, lorsqu’un effort est accompli pour instaurer une fausse Pax Dei par ceux qui, comme Iblīs, c’est-à-dire Satan, se considèrent supérieurs au reste de l’humanité. Ils revendiqueront également, comme Iblīs, un droit à une supériorité de naissance, puisqu’ils prétendront avoir été créés ou nés supérieurs !

En d’autres termes, ils diront que le Seigneur-Dieu les a choisis comme l’élite de toute l’humanité, c’est-à-dire Son peuple élu à l’exclusion du reste de l’humanité. Ils affirmeront aussi être l’élite intellectuelle de l’humanité, car, selon eux, le Seigneur-Dieu leur aurait accordé une connaissance supérieure, de la même façon qu’Il l’a accordée au Prophète Ādam, paix sur lui. Ainsi, eux seuls seraient éligibles pour instaurer la Pax Dei.

Un tel comportement ne fut pas toléré au Paradis, et il aboutit à l’expulsion d’Iblīs du Paradis et à une malédiction divine contre lui. Le Seigneur-Dieu déclara également que cette arrogance se terminerait par l’humiliation et l’abaissement. Ainsi, la fin de l’histoire, qui sera parallèle au commencement, verra la destruction divine d’une fausse Pax Dei arrogante, et l’humiliation et l’abaissement de ceux qui tenteront de l’établir.

Un autre événement au Awwal al-Zamān (le commencement du temps)

Un second événement se produisit au commencement de l’histoire, qui fournit davantage d’informations sur cette fausse Pax Dei qui apparaîtra à la fin de l’histoire. Allah, le Très-Haut, dit à Ādam, paix sur lui, de demeurer au Paradis avec son épouse Hawwā, c’est-à-dire Ève, mais Il leur interdit à tous deux d’approcher un certain arbre, car cela les conduirait au Dhulm, c’est-à-dire au mal, à l’oppression et à l’injustice :

ُنْ َأ َ نت وَزَوْجُ َك الْجَنَّةَ اسْ ك ُ ُل ْنَا يَا آدَم وَق مَا وَلاَتَقْرَبَا ُ يْث شِئْتُ ً َح لاَمِنْهَا رَغَدا ُ وَك ونَا َمِن الَّ ْظالِمِينَ ُ هَـذِهِ ال َّش َجرَةَ فَتَك

Et Nous dîmes : « Ô Ādam ! Habite le Paradis, toi et ton épouse. Mangez-en abondamment, de partout où vous voudrez. Mais n’approchez pas cet arbre, sinon vous seriez du nombre des injustes. » (Coran, al-Baqarah, 2 : 35)

Allah, le Très-Haut, dit : « Ô Ādam, demeure, toi et ton épouse, dans ce jardin du Paradis, et mangez-en librement, tous deux, ce que vous voudrez ; mais n’approchez pas cet arbre, de peur que vous ne deveniez injustes. »

Quel est l’Arbre interdit ?

Un arbre n’a pas de libre arbitre, et ne peut donc pas manifester un « comportement ». Il devrait donc être assez évident que le Seigneur-Dieu a utilisé « l’arbre » comme symbole représentant quelque chose de profondément répréhensible.

Nous apprenons quelque chose au sujet de ce symbole lorsque Iblīs, c’est-à-dire Satan, chercha à les séduire pour qu’ils approchent l’arbre, en leur affirmant qu’ils deviendraient comme des Anges qui vivent éternellement, c’est-à-dire très longtemps. L’objectif qu’il poursuivait en leur confiant cette information était d’injecter dans leur cœur spirituel une forme de convoitise : la convoitise de vivre pour toujours.

Une telle convoitise, à l’instar de sa contrepartie sexuelle, c’est-à-dire la convoitise sexuelle, détruit l’innocence spirituelle et réduit l’être humain à un état de nudité (spirituelle) :

ور َ ِي ُ مَا مَا و ُ ُ َ بْدِي لَه ل ِي ُ مَا َّ الشيْطَان ُ فَوَسْ وَ َس لَه ا كمَ بّ ُ ا رَُ اكمَ َهَ ُ مَا مِن َسوْء َاتِه ِمَا وَقَ َ ال مَا ن عَنْهُ ونَا مَلـَ َكي ْنِ ُ عَنْ هَـذِهِ َّ الش َجرَةِِإ َلاَّأن تَك ونَا َمِن الْخَال ِدِ َ ين ُ َأوْ تَك

Alors Satan leur chuchota afin de leur montrer ce qui leur était caché de leur nudité. Il dit : « Votre Seigneur ne vous a interdit cet arbre que pour vous empêcher de devenir des anges ou de devenir immortels. » (Coran, al-A‘rāf, 7 : 20)

Satan insinua ainsi à Ādam et à son épouse Hawwā, ou Ève, qu’ils devaient approcher l’arbre, dans le but de les rendre conscients de leur nudité, dont ils n’avaient pas eu conscience jusque-là ; et il leur dit : « Votre Seigneur-Dieu ne vous a interdit cet arbre que pour vous empêcher de devenir comme des Anges ou de vivre pour toujours. »

Iblīs révéla ensuite davantage de choses sur le symbole de l’arbre interdit, lorsqu’il révéla qu’il n’était pas seulement l’arbre de l’immortalité, symbolisant la « vie éternelle » (à la manière des anges), mais aussi la « souveraineté éternelle ». Son objectif en leur divulguant cette information était d’injecter dans leur cœur spirituel une autre forme de convoitise : le désir de régner pour toujours, ou éternellement. Pour parvenir à une souveraineté éternelle, ils devaient instaurer un État souverain qui règnerait éternellement.

La convoitise pour une telle souveraineté éternelle, comme la convoitise de vivre éternellement ou la convoitise sexuelle, détruit l’innocence spirituelle et réduit l’être humain à un état de nudité spirituelle :

هَلْ ُ قَ َ ال يَا آدَم ُ فَوَسْ وَ َسِإلَيْهِ َّ الشيْطَان ّا يَبْلَى ُلْكٍ َل شَ جَرَةِ الْخُل ْدِ وَم لّ َك عَلَى ُُ َأد

Mais Satan lui suggéra : « Ô Ādam ! Veux-tu que je te montre l’Arbre de l’éternité et un royaume impérissable ? » (Coran, Tā Hā, 20 : 120)

Satan suggéra donc à Ādam (uniquement) : « Ô Ādam ! Veux-tu que je te montre l’Arbre de la vie éternelle, et un royaume qui ne périra ni ne se corrompra jamais ? »

Iblīs parvint à les tromper, si bien qu’ils goûtèrent tous deux à l’arbre, c’est-à-dire qu’ils laissèrent leur cœur convoiter ce que l’arbre symbolisait. Dès que cette convoitise entra dans leur cœur — le désir de vivre et de régner éternellement — ils perdirent leur innocence spirituelle et prirent conscience de leur nudité. Ils cherchèrent alors, symboliquement, à se couvrir avec des feuilles des arbres du Paradis :

مَا ُ ور فَلََمّا ذَاقَا َّ الش َجرَةَ بَدَتْ لَه ٍ ُ ر ُ مَا ب ِغ ُ فَدَ َلاّه مَا وَ َطف ِقَا َيخ ْصِ فَ ِ ان عَلَيْه ِمَا مِن وَرَقِ ُ ه ُ َسوْء َات ُ ْكمَا كمَا عَن ت ِلـ مَا َألَمْ َأنْهَ ُ ُ مَا رَُّبه ُ الْجَنَّةِ وَنَادَاه ين ٌ ّب ِ م ُ ٌ ُ ّو ا عَد كمَ اِإَّن َّ الشيْطَآنَ لـَ ُ كمَ ُ لـ ل َّ ُ َّ الش َجرَةِ وََأق

Ainsi, il les trompa par la ruse. Puis, quand ils eurent goûté à l’arbre, leurs nudités leur apparurent, et ils se mirent à se couvrir avec des feuilles du Paradis. Et leur Seigneur les appela : « Ne vous avais-Je pas interdit cet arbre ? Et ne vous avais-Je pas dit que le Diable était pour vous un ennemi déclaré ? » (Coran, al-A‘rāf, 7 : 22)

Comme ils avaient perdu leur innocence spirituelle, ils ne remplissaient plus les conditions pour demeurer au Paradis. En effet, le Paradis est réservé à ceux dont les cœurs sont Salīm, c’est-à-dire sains, purs et innocents :

ونَ ُ ال وَلَا بَن ع مَ ٌ يَوْمَ لَا يَنفَ ُ ۖ ◌ ٍ َب ِقَل ْبٍ َسل ِيم َّه ّا مَنْ َأتَى الل ِإَل

Le jour où ni les biens ni les enfants ne seront d’aucune utilité, sauf pour celui qui vient à Allah avec un cœur sain. (Coran, al-Shu‘arā’, 26 : 88–89)

Nous apprenons du passage suivant que le Prophète Ādam, paix sur lui, et son épouse furent expulsés du Paradis et envoyés pour résider sur terre dès qu’ils eurent goûté à l’arbre interdit :

مَا َمِمّا كَانَا ُ عَنْهَا فََأخْرَ َجه ُ مَا َّ الشيْطَان ُ فََأزََلّه وَلـَكُمْ ُ ّو ٌ بَ ُ عْضكُمْ ل ِبَعْضٍ عَد ْ وا ُل ْنَا اهْب ِطُ فِيهِ وَق ٍ ٌِإلَى حِين وَمَتَاع ٌ ُسْتَقَرّ فِي َ الأرْضِ م

Alors Satan les fit trébucher et les fit sortir du lieu où ils se trouvaient. Et Nous dîmes : « Descendez (sur terre), ennemis les uns des autres. Pour vous, il y aura une demeure et une jouissance sur la terre pour un temps. » (Coran, al-Baqarah, 2 : 36)

Mais Satan les fit tomber, tous deux, dans la faute, et provoqua ainsi la perte de leur état d’innocence spirituelle. Allah, le Très-Haut, dit alors : « Descendez d’ici, et goûtez à la plaie de l’inimitié et de l’hostilité les uns envers les autres, car la convoitise de vivre et de régner éternellement vous corrompra ; et sur terre vous aurez votre demeure et vos moyens de subsistance pour un certain temps. »

Ils répondirent en recherchant le pardon d’Allah, et Lui, en retour, les pardonna :

ات فَتَ َ اب ّبِّهِكَلِمَ ٍ مِن َر ُ فَتَلََّقى آدَم ُ اب َ الرّحِيم وَ َ التَّوّ ُ ُ ه ُ عَلَيْهِِإَنّه

Ensuite, Ādam reçut de son Seigneur des paroles, et Allah agréa son repentir, car c’est Lui, certes, le Grand Accueillant au repentir, le Très Miséricordieux. (Coran, al-Baqarah, 2 : 37)

Là-dessus, Ādam reçut des mots de guidance de la part de son Seigneur-Dieu, et Celui-ci accepta son repentir ; car, en vérité, Il est Celui qui accueille le repentir, le Dispensateur de grâce.

L’ordre d’expulsion du Paradis fut maintenu en dépit de ce pardon divin. On les informa cependant que l’adhésion à la guidance divine, qui serait donnée périodiquement à l’humanité, était la condition nécessaire pour la vie sur terre, ainsi que pour les efforts visant à établir une Pax Dei exempte de peur et de chagrin :

ى فَمَن ً د ُ ّي ه ِ ِّن م م ْأت ِيََنّكُ ّا يَ فَِإَم ً ْ مِنْهَا جَمِيعا وا ُل ْنَا اهْب ِطُ ق ونَ ُ ُمْ َيح ْزَن ٌ وْف عَلَيْه ِمْ وَلاَه دَ َ اي فَلاَ َخ ُ تَب ِ َـع ه

Nous dîmes : « Descendez d’ici, vous tous. Toutes les fois que Je vous enverrai un guide, ceux qui suivront Ma guidance n’auront aucune crainte et ne seront point affligés. » (Coran, al-Baqarah, 2 : 38)

Bien qu’Allah, le Très-Haut, ait dit : « Descendez tous d’ici », il n’en reste pas moins qu’Il affirma : « Il viendra certes à vous une guidance de Ma part ; et ceux qui suivront Ma guidance n’auront rien à craindre et n’éprouveront aucune tristesse. »

La Torah décrit le même événement d’une manière différente

Le même événement est décrit dans la Torah de façon tout à fait différente. Nous citons la Torah en longueur :

« Or, le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que l’Éternel Dieu avait faits. Il dit à la femme : “Dieu a-t-il réellement dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ?” La femme répondit au serpent : “Nous mangeons du fruit des arbres du jardin. Mais quant au fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez point et vous n’y toucherez point, de peur que vous ne mouriez.” Alors le serpent dit à la femme : “Vous ne mourrez point ; mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal.”

La femme vit que l’arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu’il était précieux pour ouvrir l’intelligence ; elle prit de son fruit, et en mangea ; elle en donna aussi à son mari, qui était avec elle, et il en mangea. Les yeux de l’un et de l’autre s’ouvrirent, ils connurent qu’ils étaient nus et, ayant cousu des feuilles de figuier, ils s’en firent des ceintures.

Alors ils entendirent la voix de l’Éternel Dieu, qui parcourait le jardin vers le soir, et l’homme et sa femme se cachèrent loin de la face de l’Éternel Dieu, au milieu des arbres du jardin. Mais l’Éternel Dieu appela l’homme et lui dit : “Où es-tu ?” Il répondit : “J’ai entendu ta voix dans le jardin, et j’ai eu peur, parce que je suis nu, et je me suis caché.” Et l’Éternel Dieu dit : “Qui t’a appris que tu es nu ? Est-ce que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ?”

L’homme répondit : “La femme que tu as mise auprès de moi m’a donné de l’arbre, et j’en ai mangé.” Et l’Éternel Dieu dit à la femme : “Pourquoi as-tu fait cela ?” La femme répondit : “Le serpent m’a séduite, et j’en ai mangé.”

Alors l’Éternel Dieu dit au serpent : “Puisque tu as fait cela, tu seras maudit entre tout le bétail et tous les animaux des champs. Tu marcheras sur ton ventre, et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité ; celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon.”

Il dit à la femme : “J’augmenterai la souffrance de tes grossesses ; tu enfanteras avec douleur, et tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi.”

Il dit à l’homme : “Parce que tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l’arbre au sujet duquel je t’avais donné cet ordre : Tu n’en mangeras point ! Le sol sera maudit à cause de toi. C’est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie ; il te produira des épines et des ronces, et tu mangeras l’herbe des champs. C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans la terre, d’où tu as été pris ; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière.”

Adam donna à sa femme le nom d’Ève, car elle a été la mère de tous les vivants. L’Éternel Dieu fit à Adam et à sa femme des vêtements de peau, et il les en revêtit. Et l’Éternel Dieu dit : “Voici, l’homme est devenu comme l’un de nous pour la connaissance du bien et du mal. Empêchons-le maintenant d’avancer sa main, de prendre de l’Arbre de vie, d’en manger, et de vivre éternellement.” Et l’Éternel Dieu le chassa du jardin d’Éden, pour qu’il cultivât la terre, d’où il avait été pris. Après avoir chassé Adam, il mit à l’orient du jardin d’Éden les chérubins qui agitent une épée flamboyante, pour garder le chemin de l’Arbre de vie. »

(Genèse 3–4, NIV)

Conclusion : un avertissement contre la convoitise de la vie et du pouvoir éternels

Ce livre se conclut par un avertissement adressé à ceux qui convoitent la vie, qui cherchent à vivre le plus longtemps possible et qui désirent également dominer les autres par une souveraineté éternelle : de tels êtres sont moralement et spirituellement nus, et leur nudité deviendra de plus en plus visible aux yeux de toute l’humanité (pour ceux qui ont des yeux pour voir) à mesure que la Vérité sera proclamée dans le monde.

Ce livre, qui introduit le sujet du Dajjāl, ou l’Antéchrist, est écrit pour aider les lecteurs à voir et à comprendre la réalité du monde d’aujourd’hui, dans lequel des événements au déroulement inquiétant trouvent leur parallèle dans un Arbre interdit au Awwal al-Zamān.

Le Coran a mis à nu la convoitise des Juifs pour la vie :

وَ َمِن ٍ ُمْ َأحْرَ َص َ النّ ِ اس عَلَى َحيَاة وَلَتَجِدََّنه َُأ َ ل ْف ّر عََم ُ ُمْ لَوْ ي ه ُ ّ َأحَد د يَوَُ ْ كوا الَّذِ َ ين َأشْرَ ُ زَحْزِحِهِ َمِن الْعَذَ ِ اب ُ وَ بِم ُ َسنَةٍ وَمَا ه ونَ ُ بِمَا يَعْمَل ٌ بَصِ ير ُ ّه ّرَ وَالل عََم ُ َأن ي

Et tu les verras, certes, (ô Muhammad), être les plus attachés à la vie, plus même que ceux qui sont associateurs. Tel d’entre eux aimerait vivre mille ans ; cependant, une pareille longévité ne le sauvera pas du châtiment. Et Allah voit parfaitement ce qu’ils font. (Coran, al-Baqarah, 2 : 96)

Et tu constateras certainement qu’ils, les Juifs, tiennent à la vie plus ardemment que tout autre peuple, plus même que ceux qui donnent des associés à Allah ; chacun d’eux aimerait vivre mille ans, bien que la concession d’une longue vie ne puisse le sauver du châtiment dans l’au-delà ; car Allah voit tout ce qu’ils font.

Il existe aussi de nombreuses preuves d’une convoitise juive pour la domination éternelle du monde, qui fait elle aussi partie de l’Arbre interdit. Considère la déclaration du rabbin Emanuel Rabinovich :

« Nous révélerons ouvertement notre identité avec les races d’Asie et d’Afrique. Je peux affirmer avec certitude que la dernière génération d’enfants blancs est en train de naître. Nos Commissions de contrôle, dans l’intérêt de la paix et de l’élimination des tensions interraciales, interdiront aux Blancs de se marier avec des Blancs. Les femmes blanches devront cohabiter avec des membres des races sombres, les hommes blancs avec des femmes noires. Ainsi la race blanche disparaîtra, car le mélange du noir avec le blanc signifie la fin de l’homme blanc, et notre ennemi le plus dangereux ne sera plus qu’un souvenir. Nous inaugurerons une ère de dix mille ans de paix et de prospérité, la Pax Judaica, et notre race dominera le monde sans contestation. Notre intelligence supérieure nous permettra facilement de conserver la maîtrise d’un monde de peuples sombres. »

Résumé par le rabbin Emanuel Rabinovich des progrès de sa tribu, la tribu juive moderne, vers leur objectif d’un monde unifié sous la domination juive, devant le Conseil d’urgence des rabbins européens à Budapest, le 12 janvier 1952.

Nous avons joint le texte intégral de son discours en Appendice 3 de ce livre.

CONCLUSION

Notre effort, dans ce livre, pour situer le Dajjāl au commencement de l’histoire a porté ses fruits. S’il n’y avait pas eu cette croyance juive arrogante selon laquelle les Juifs sont l’élite de l’humanité, ou le peuple élu du Seigneur-Dieu, avec un droit de naissance à une supériorité sur tous les autres êtres humains, il n’y aurait eu aucune cause au Dajjāl. C’est cette croyance fausse qui les conduisit à rejeter Jésus, fils de la Vierge Marie, comme Messie promis, et qui continue d’alimenter leur quête vaine de rétablir, par tous les moyens, l’Israël sacré comme État dirigeant du monde dans la Fin des temps.

Le Coran n’a pas seulement rejeté cette prétention juive fallacieuse à un statut exclusif auprès du Seigneur-Dieu, mais il nous a également fourni les moyens d’identifier le faux État d’Israël du Dajjāl à l’Arbre interdit du Paradis.

La découverte la plus importante de ce livre est, sans aucun doute, le fait que nous ayons identifié le Dajjāl comme étant le Jasad mentionné dans le Coran.

Notre étude, dans le Coran, du commencement de l’histoire nous permet à présent de reconnaître et d’identifier un nouvel acteur étrange, apparu mystérieusement sur la scène du monde à la Fin des temps.

L’histoire commença par une manifestation d’arrogance lorsque Satan refusa de s’incliner et de se prosterner devant Ādam, sur la base d’une revendication de droit de naissance à une supériorité. L’histoire se termine précisément avec cette même arrogance, lorsque le nouvel acteur sur la scène du monde proclame son droit de naissance à une supériorité sur le reste de l’humanité, puis entreprend de mener des guerres d’agression à visage découvert afin d’établir sa domination sur l’humanité, pour pouvoir ensuite « civiliser » le reste de l’humanité — y compris celui qui écrit ces lignes.

L’histoire commença lorsque Ādam, paix sur lui, et son épouse manifestèrent un sentiment de pudeur lorsqu’ils prirent conscience de leur nudité. Ils prirent alors des feuilles des arbres du Paradis et les utilisèrent pour couvrir leur nudité. L’histoire se termine avec ce nouvel acteur sans vergogne qui démantèle et détruit le sens inné de la modestie et de la pudeur chez l’être humain, tandis qu’il avance dans le processus de dénudement du corps humain jusqu’à ce que les gens apparaissent nus les uns devant les autres en public. Celui qui écrit ces lignes est originaire de l’île caribéenne de Trinité où, à part de la peinture corporelle, les gens dansent désormais nus en public dans ce qui est fièrement proclamé comme un festival national de Carnaval. Dans le monde de cet acteur, centré sur la ville clinquante du cinéma, les centres commerciaux scintillants sont aujourd’hui remplis de femmes rivalisant entre elles pour exhiber en public leurs atouts sexuels.

L’histoire commença par un avertissement divin de ne pas s’approcher d’un Arbre interdit de la convoitise. Cette convoitise se manifeste sous la forme de la convoitise sexuelle. Il devrait être clair que la convoitise sexuelle est en train de s’emparer du monde à la Fin des temps. C’est ce mystérieux acteur qui conduit aujourd’hui le char de la convoitise à travers le monde, dans tous les sens et à toute allure.

Cette convoitise se manifeste également comme convoitise de la vie — d’où le désir de vivre aussi longtemps que possible. C’est ce nouvel acteur mystérieux, sur la scène du monde, qui assiste l’humanité par des moyens médicaux prodigieux à satisfaire son désir de vivre désormais aussi longtemps que possible, et donc de retarder la mort autant que possible.

L’histoire commença par un avertissement divin de ne pas s’approcher d’un Arbre interdit de convoitise pour dominer les autres. L’histoire se termine avec ce nouvel acteur sur la scène du monde qui manifeste une convoitise impériale sans précédent pour dominer le monde. Ce nouvel acteur possède une puissance sans précédent dans l’histoire de l’humanité, et il a déjà utilisé cette puissance, à travers Gog et Magog, pour se répandre dans toutes les directions en prenant le contrôle du monde. Il s’est ensuite employé à « libérer » la Terre sainte pour les Juifs, à les ramener en Terre sainte pour qu’ils la revendiquent comme leur, deux mille ans après qu’ils en eurent été expulsés par décret divin, et à restaurer en Terre sainte un État d’Israël. Ce nouvel acteur mystérieux prépare maintenant le terrain pour que la Pax Judaica d’Israël remplace la Pax Americana des États-Unis. Cet ouvrage pionnier sur l’eschatologie islamique a identifié ce nouvel acteur étrange et mystérieux, qui occupe le devant de la scène mondiale à la Fin des temps et a donné naissance à la civilisation occidentale moderne, comme étant le Dajjāl, le faux Messie.

Nous concluons à présent ce premier de nos cinq livres sur le Dajjāl, le faux Messie ou Antéchrist, par un conseil divin adressé à ceux qui recherchent le savoir et la guidance dans le Coran. La Parole d’Allah, le Très-Sage, qui suit, est en arabe, suivie de notre explication, plutôt que d’une traduction, de ces deux versets :

وَكَذَٰلِكَ أَنْزَلْنَاهُ قُرْآنًا عَرَبِيًّا وَصَرَّفْنَا فِيهِ مِنَ الْوَعِيدِ لَعَلَّهُمْ يَتَّقُونَ أَوْ يُحْدِثُ لَهُمْ ذِكْرًا ۝ فَتَعَالَى اللَّهُ الْمَلِكُ الْحَقُّ ۗ وَلَا تَعْجَلْ بِالْقُرْآنِ مِنْ قَبْلِ أَنْ يُقْضَىٰ إِلَيْكَ وَحْيُهُ وَقُلْ رَبِّ زِدْنِي عِلْمًا
(سورة طٰهٰ، الآيتان ١١٣–١١٤)

Ainsi l’avons-Nous fait descendre comme un Coran en arabe — donc à réciter en arabe et à étudier en arabe — et Nous y avons expliqué, sous diverses formes, les questions à propos desquelles Nous avons mis en garde (et l’avertissement concernant le Dajjāl est le plus grave de tous), afin qu’ils soient conscients d’Allah et Le craignent, et aussi afin qu’il soit pour eux un moyen de se souvenir de Lui. Très haut au-dessus de tout est Allah. Il est le Souverain suprême. Il est la Vérité ! Ne sois donc pas pressé avec ce Coran (ni dans sa récitation, ni dans son étude pour y rechercher le savoir et la guidance) avant que sa révélation inspirée ne soit achevée pour toi, mais dis : « Ô mon Seigneur ! Accrois mon savoir (de ce Coran). » (Coran, Tā Hā, 20 : 113–114)

APPENDICE 1
Commentaire de Hasbullah Shafi’iy sur l’interprétation du verset 5 : 51 de Maulānā Imran N. Hosein.

Introduction

ُ وه ُ فََاتّب ِع ٌ بَارَك ُ م ُ اب َأنزَل ْنَاه وَهَـذَا ك ِتَ ٌ ونَ ُ ُرْحَم لَعََّلـكُمْ ت ْ وا ُ وََاتّق

(Coran, 6 : 155 ; 21 : 50)

Le Coran est un Livre qui contient la barakah.

نذِرِ َ ين ُ َُنّا م ّ ِإَنّا بَارَكَةٍِإَنّا ك م ُ فِي لَيْلَةٍ ُ َأنزَل ْنَاه

(Coran, 44 : 3)

Le Coran a été révélé au cours d’une nuit bénie (laylatun mubārakah).

Sayyidunā ‘Umar رضي الله عنه, dans sa description du Coran en six lignes – description que nous ne pouvons pas développer ici à l’exception d’un mot particulier qui concerne notre sujet – a dit de la manière la plus appropriée que le Coran est barakah.

Or, ce n’est pas du tout un mot simple. Ce mot figure peut-être parmi les vocables les plus fréquemment utilisés par tout musulman, où qu’il se trouve dans le monde, mais la réalité est que le sens de ce mot est tout simplement intraduisible dans n’importe quelle autre langue, du moins pas en anglais. Le sens de ce mot ne peut être compris et expliqué qu’au moyen d’un événement.

Sayyidunā Abū Hurayrah رضي الله عنه, tenaillé par les affres de la faim, attendait dans la mosquée du Prophète ﷺ que quelqu’un vienne, comprenne son état et le nourrisse. Gêné de demander directement de la nourriture, il avait demandé à Sayyidunā Abū Bakr et à Sayyidunā ‘Umar رضي الله عنهما de lui enseigner quelque chose du Livre d’Allah – sous-entendu : l’emmener chez eux comme invité. Ne comprenant pas son état, tous deux passèrent près de lui. Le pauvre compagnon du Prophète ﷺ devait continuer à espérer que quelqu’un d’autre viendrait l’emmener chez lui comme invité.

Alors arriva le Messager d’Allah ﷺ, le plus cher de tous aux pauvres. Abū Hurayrah rapporte : « Puis Abū al-Qāsim passa, et il sourit en me voyant (car il connaissait mon état), et dit : “Abū Hurayrah ?” Je répondis : “Me voici, ô Messager d’Allah !” Il dit : “Viens avec moi.” Il avança et je le suivis. Il entra dans sa maison, je demandai la permission d’entrer et il me la donna. Il trouva un bol de lait et dit : “D’où vient ce lait ?” On lui répondit : “C’est un cadeau qui nous a été offert par untel.”

Alors le Messager d’Allah dit : “Ô Abū Hurayrah.” Je dis : “Me voici, ô Messager d’Allah !” Il dit : “Va vers les gens de as-Suffah et invite-les.” Ils étaient les hôtes des gens de l’Islam, ils n’avaient ni famille ni richesse sur lesquelles s’appuyer. Chaque fois qu’une aumône était apportée au Prophète ﷺ, il l’envoyait à leur intention sans en garder la moindre part pour lui. Et lorsqu’on lui offrait un cadeau, il les faisait appeler pour qu’ils le partagent avec lui.

Je fus troublé par cela, et je me dis (à moi-même) : “Que va donc représenter ce bol pour les gens de as-Suffah, alors que c’est moi qui le leur apporte ?” Puis il m’ordonna de le faire circuler parmi eux (et je me demandais) ce qu’il m’en resterait, et j’espérais en obtenir de quoi me rassasier. Mais je ne pouvais en aucun cas négliger d’obéir à Allah et d’obéir à Son Messager. J’allai donc vers eux et les invitai. Lorsqu’ils entrèrent auprès de lui, ils s’assirent. Il dit : “Abū Hurayrah, prends le bol et donne-le-leur.” Je pris le bol et le donnai à un homme, qui but à satiété et me le rendit ; puis je le donnai au suivant, qui fit de même. Je continuai ainsi jusqu’à ce que le bol parvienne au Messager d’Allah ﷺ. À ce moment-là, tous avaient bu à satiété.

Il prit le bol, le posa dans sa main, me regarda, sourit et dit : “Abā Hir !” Je dis : “À ton service, ô Messager d’Allah.” Il dit : “Il ne reste plus que toi et moi.” Je répondis : “C’est vrai, ô Messager d’Allah.” Il dit : “Assieds-toi et bois.” Je bus, puis il ne cessa de dire : “Bois encore.” Je dis : “Par Celui qui t’a envoyé avec la vérité, je n’ai plus de place (dans mon ventre).” Il dit alors : “Donne-le-moi.” Je lui remis le bol ; il loua Allah, prononça Son Nom et but ce qui restait. » (Bukhārī, Tirmidhī)

On rapporte qu’ils étaient environ quatre-vingts ce jour-là dans la demeure bénie du Messager d’Allah ﷺ. Il s’agit-là d’un miracle attesté du Prophète, auquel assistèrent et qu’expérimentèrent les quatre-vingts compagnons de as-Suffah. Ce récipient béni passa de main en main, et tous en burent à satiété, et Abū Hurayrah lui aussi but jusqu’à être rassasié. Et il restait encore du lait dans le bol.

Par Allah, si toute la population de Médine s’était trouvée ce jour-là dans la maison du Prophète ﷺ, tous auraient pu boire de ce bol, et il y serait encore resté du lait. Voilà ce qu’est la barakah.

Il en va de même du Coran. Le Coran demeure un seul Livre, mais il s’écoule à l’infini. En réalité, chaque verset du Coran reste unique, mais ses sens coulent à l’infini, car il provient d’Allah, qui est l’Infini.

Il n’existe pas un seul exégète (mufassir) du Coran qui ait osé dire qu’il avait déjà épuisé tous les commentaires, interprétations et significations possibles du Coran, et que, par conséquent, on ne pouvait plus rien y ajouter. Une telle affirmation réduirait les significations du Coran au fini.

Comment, dans ce cas, des centaines de milliers de tafsīr ont-ils pu être publiés jusqu’ici sur les significations du Coran ? L’histoire rapporte que la seule bibliothèque de Libye a, à un moment donné, conservé 20 000 commentaires du Coran. Aucun de ces 20 000 auteurs n’a jamais prétendu que nul ne pourrait plus rien ajouter au commentaire qu’il avait lui-même écrit, ni qu’il mettait un point final à la science du tafsīr.

De nouvelles connaissances jaillissent du Coran, et les significations qui sortent de la « source » du Coran – c’est-à-dire la Source de la Parole d’Allah – n’ont aucune limite. Elle coule, et continuera de couler à jamais jusqu’au Jour dernier.

Après avoir établi cela, nous nous tournons maintenant vers le commentaire de Maulānā Imran N. Hosein du verset 51 de la sourate al-Mā’idah. Il ne sied pas à la science islamique que quelqu’un dise que Maulānā Hosein ne peut pas ajouter aux commentaires existants de ce verset ; et il impose au contraire au lecteur d’aborder son commentaire avec à l’esprit le sens de barakah lorsqu’il s’agit de l’interprétation du Coran, parce que le Coran est toujours frais et vivant. Il doit éclairer chaque époque, et le Temps est en constant changement.

Le verset

ودَ وَ َ النّصَرى ُ وا الْيَه ُ َّتخ ِذ وا لَا تَ ُ ياَ َأُّيهاَ الّذِ َ ين آمَن ُمْ بَعْضٍ وَ مَنْ يَتَوََلّه ُ ُمْ َأوْل ِيآَء ه بَعْضُ َ َأوْل ِيآَء َه ْدِى الْقَوْمَ ّ الظل ِم ِين َ ُ مِنْهُمْ لاَ ي َ مِنْكُمْ فَِإَنّه َّه ِإَّن اَلل

(Coran, 5 : 51)

Traductions

Avant d’aborder les difficultés que présentent les différentes traductions publiées de ce verset, il est nécessaire d’examiner d’abord la traduction littérale du verset, sans parenthèses ajoutées :

« Ô vous qui avez la foi ! Ne prenez pas les Yahūd (Juifs) et les Nasārā (Chrétiens) comme awliyā. Ils sont awliyā les uns des autres (ou : “certains d’entre eux sont awliyā d’autres”). Quiconque parmi vous se tourne vers eux (pour ce lien), devient alors des leurs. Certes, Allah ne guide pas les injustes (ẓālimīn). »

Notre attention se portera d’abord sur le mot awliyā et sur la phrase suivante dans le verset, « ils sont awliyā les uns des autres », puis, en second lieu, sur le sens global du verset.

Différents traducteurs du Coran ont traduit ce verset avec de légères variantes dans le choix des mots, mais sans changement du sens qu’ils ont compris. Toutes les traductions que j’ai consultées mentionnent unanimement que le verset interdit l’alliance et l’amitié avec les Juifs et les Chrétiens, parce que (implicitement, comme l’ont souligné la plupart des commentateurs classiques) ils sont « amis », « aides », « protecteurs », « camarades », « alliés », « confidents » et « protecteurs » les uns des autres (différents choix de mots pour rendre le terme awliyā).

Il est important de noter ici que dans toutes les traductions anglaises existantes de ce verset, il y a un « parce que » implicite avant la phrase « ils sont awliyā les uns des autres », ce qui laisse entendre que c’est pour cette raison qu’Allah a interdit l’alliance et l’amitié avec eux.

‘Abdullah Yūsuf Ali, Pickthall, Asad, Maudūdī, Daryabādī (dont le commentaire sur le verset sera cité plus loin), Arberry, Muhsin Khan, Zafrullah Khan, Syed Abdul Latīf, Maulānā Muhammad Ali, Shaykh Abdalhaqq et Aisha Bewley, ainsi que de nombreux autres, ont tous traduit le verset dans le même sens, avec de simples variations dans le choix des mots pour traduire awliyā.

Il ne semble y avoir aucune exception à cela. Le sens général du verset, tel qu’il ressort de toutes ces traductions, est que les croyants ne doivent pas prendre les Juifs et les Chrétiens comme awliyā parce que (par implication) ils sont des amis, protecteurs, alliés les uns des autres.

La traduction de Amatul Rahman Omar et Abdul Mannan Omar présente une légère variante qui mérite attention :

« Ô vous qui croyez ! Ne prenez pas ces Juifs et ces Chrétiens pour alliés. Ils sont alliés les uns des autres (lorsqu’ils sont contre vous), et quiconque parmi vous les prend pour alliés est assurément des leurs. En vérité, Allah ne guide pas les injustes vers la réussite. » (C’est nous qui soulignons.)

Bien que l’ajout du mot « ces » puisse laisser penser que la traductrice a considéré un groupe bien déterminé parmi les Juifs et les Chrétiens – donc non l’ensemble d’entre eux – et bien qu’elle rende cette prohibition conditionnelle entre parenthèses (« lorsqu’ils sont contre vous »), cela ne résout pas pleinement le problème. Ici, le sens implicite du verset devient : « Ne prenez pas ces Juifs et ces Chrétiens pour awliyā parce que, lorsqu’ils se retournent contre vous, ils deviennent awliyā les uns des autres… ».

Certaines traductions tamoules, dont celle de Maulānā S.S. ‘Abdul Qādir Sāhib, ont : « … (Parmi eux) certains sont awliyā d’autres (en s’unissant contre vous, c’est-à-dire les musulmans)… ». Cela signifierait donc que certains d’entre eux, et non tous, sont des ennemis. Mais dans la traduction de la première phrase du verset, aucune distinction de ce type n’est faite. Au contraire, ils traduisent eux aussi (en tamoul) : « Ne prenez pas les Juifs et les Chrétiens comme awliyā… », comme s’il s’agissait de tous les Juifs et de tous les Chrétiens. Cependant, dans la phrase suivante, ils indiquent que certains d’entre eux sont awliyā d’autres, pas tous, comme pour signifier que l’hostilité de leur part viendra d’une fraction d’entre eux, ceux qui s’allient entre eux, et non de tous.

Cela aurait pu être clarifié dès la première phrase, comme cela l’est dans la seconde. Néanmoins, cette traduction tamoule est meilleure que toutes celles que nous trouvons en anglais.

Si la prohibition est fondée sur la condition que les Juifs et les Chrétiens se retournent contre les musulmans, alors la traduction devrait être : « Ô vous qui avez la foi, ne prenez pas (ceux) parmi les Juifs et les Chrétiens (qui se dressent contre vous) comme awliyā (parce que lorsqu’ils se dressent contre vous, ils deviennent) awliyā les uns des autres… ».

Cela ferme cependant la porte à toute alliance avec tous les Juifs et tous les Chrétiens, car nous ne pourrons jamais savoir qui se retournera contre les croyants et qui ne le fera pas.

Voici maintenant la traduction explicative de Maulānā Imran Hosein, qui est plus claire et qui diffère assez substantiellement, quant au sens, de toutes les autres :

« Ô vous qui avez la foi, ne prenez pas (de tels) Juifs et (de tels) Chrétiens comme vos awliyā (amis et alliés) qui (eux-mêmes) sont awliyā (amis et alliés) les uns des autres. Et quiconque parmi vous se tourne vers eux pour l’amitié et l’alliance, devient des leurs (et donc plus des nôtres). Assurément, Allah ne guide pas un peuple qui commet le ẓulm (injustice). »

Premier point à noter : cette traduction n’annule pas toutes les traductions précédentes du verset. Au contraire, elle ajoute aux significations du verset ; elle ouvre en réalité une nouvelle dimension dans la compréhension du verset à la lumière de notre époque ; elle projette une lumière nouvelle, guidante, sur la réponse politique et communautaire que doivent apporter les communautés musulmanes au monde moderne dans lequel elles se trouvent.

Les différences de sens entre la traduction de Maulānā Hosein et les autres sont les suivantes :

  1. La prohibition de prendre les Juifs et les Chrétiens comme awliyā ne vise pas ici tous les Juifs et tous les Chrétiens, tandis que, dans toutes les autres traductions, cette prohibition s’applique indistinctement à tous les Juifs et à tous les Chrétiens.
  2. Les Juifs et les Chrétiens ne sont pas tous awliyā les uns des autres, comme l’atteste l’histoire. Il a existé entre ces deux communautés religieuses une forte inimitié dans le monde. En réalité, Juifs et Chrétiens n’ont jamais été awliyā les uns des autres, sinon à partir d’une certaine période de l’histoire, à partir de laquelle cette nouvelle alliance étrange s’est maintenue jusqu’à aujourd’hui et ne cesse de se renforcer. Au cours des cent dernières années, cette alliance (wilāyah) s’est intensifiée, et s’est accompagnée, dans ses rangs, d’objectifs clairs. Non seulement cela, mais au sein même du monde chrétien, il subsiste aujourd’hui encore une inimitié violente, en particulier entre la chrétienté occidentale (catholique et protestante) et la chrétienté orientale (orthodoxe). Ce témoignage de l’histoire est ici pris en compte, mais cela n’apparaît pas dans les autres traductions.
  3. La prohibition ne s’applique qu’à ces Juifs et à ces Chrétiens qui ont conclu une alliance entre eux. C’est cette communauté particulière qu’Allah nous interdit de prendre pour awliyā. Cette nuance est également compréhensible dans la traduction de Maulānā Hosein, par contraste avec toutes les autres.
  4. Dans la mesure où cette wilāyah entre Juifs et Chrétiens n’existait pas à l’époque du Prophète ﷺ, et qu’elle n’a pas existé non plus durant plusieurs siècles après lui, ce verset constituait, au moment de sa révélation, une annonce concernant un temps futur (dont nous avons désormais la trace historique) où cela se produirait ; et au moment où cette prophétie s’accomplirait, nous devrions attirer l’attention sur ce verset du Coran et nous abstenir de prendre ce groupe particulier comme awliyā, quelles que soient les circonstances qui sembleraient l’exiger.

La traduction que nous présentons ici projette une lumière nouvelle sur le verset en tant que signe de l’Heure mentionné dans le Coran. Aucun des points ci-dessus n’est reflété dans les traductions publiées jusqu’ici. Aucun de ces points n’a été développé dans les tafsīr déjà publiés, à l’exception de quelques-uns qui y font brièvement allusion, de manière peu claire, mais du moins en passant.

Les raisons claires de la traduction que Maulānā Hosein a proposée sont les suivantes :

  1. En raison des signes de la Dernière Heure qui se dévoilent chaque jour, et qui relèvent de l’eschatologie islamique (‘ilm al-ākhir az-zamān) et de la fin de l’histoire, et compte tenu des événements survenus au cours des derniers siècles, qui indiquent avec une inquiétante netteté l’apparition du Dajjāl, le faux messie, dans notre dimension spatio-temporelle, ainsi que de la séquence des événements qui culminera avec le règne de Nabī ‘Īsā عليه السلام sur le monde à partir du trône de Nabī Dāwūd عليه السلام en tant que, selon les mots : ḥakaman muqsiṭan wa imāman ‘adlan – un arbitre juste et un dirigeant équitable –, ce verset particulier brille comme un avertissement adressé aux croyants pour qu’ils prêtent une attention particulière à ceux parmi les Juifs et les Chrétiens qui seront les soldats de Dajjāl et faciliteront sa mission sur terre.

Ces Juifs et ces Chrétiens, qui ont joint leurs mains, mettant de côté leurs divergences politiques, sociales et théologiques, pour préparer le terrain à l’ordre mondial de Dajjāl, ont trahi leur propre peuple et leur propre religion.

C’est ce verset même de la sourate al-Mā’idah qui a toujours signalé l’apparition d’un tel groupe de gens parmi les Juifs et les Chrétiens, qui deviendront awliyā les uns des autres, en particulier pour assister Dajjāl – lequel, pour sa part, viendra tromper Juifs et Chrétiens en se faisant passer pour le messie véritable qu’ils attendent – dans sa mission sur terre, en donnant l’illusion du retour de l’âge d’or des prophètes Dāwūd et Sulaymān عليهما السلام.

C’est la science de la fin des temps (‘ilm al-ākhir az-zamān) qui projette une lumière nouvelle sur ce verset et exige une nouvelle explication. Pour parler clairement, ce verset est le seul verset du Coran qui annonce avec la plus grande clarté l’alliance judéo-chrétienne de l’Europe et du sionisme.

  1. Jamais les Juifs et les Chrétiens n’ont été des alliés, des amis, des protecteurs les uns des autres, depuis la venue de Nabī ‘Īsā عليه السلام et la tentative des Juifs de le crucifier. Les Chrétiens ne leur ont jamais pardonné cette tentative. Les Juifs n’ont jamais vécu en paix sous la domination chrétienne. C’est le témoignage de l’histoire.

Si nous traduisons les mots d’Allah dans ce verset par « ils sont awliyā les uns des autres », cela contredirait ce qui s’est passé dans l’histoire durant près de deux mille ans. La vérité est qu’ils n’ont jamais été awliyā les uns des autres. Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser cette contradiction avec l’histoire se produire en raison d’une mauvaise interprétation du Coran.

De plus, au sein même de la chrétienté, il y a eu et il y a encore une grande inimitié. Nous ne pouvons pas nous permettre d’ignorer l’impossibilité de réconciliation et d’alliance entre la chrétienté orientale et la chrétienté occidentale dans leur ensemble.

  1. La traduction entrerait en contradiction avec d’autres versets du Coran. Par exemple, le verset 113 de la sourate al-Baqarah :

« Les Juifs disent : “Les Chrétiens ne reposent sur rien de solide”, et les Chrétiens disent : “Les Juifs ne reposent sur rien de solide”, alors qu’ils récitent tous deux l’Écriture. De même parlent ceux qui ne savent rien (les polythéistes arabes et d’autres). Mais Allah jugera entre eux, au Jour de la Résurrection, au sujet de ce sur quoi ils divergeaient. »

Ce verset établit clairement le conflit entre les Juifs et les Chrétiens. Comment, dès lors, pourraient-ils être awliyā les uns des autres ?

La seule exception à cela est la suivante : en temps de guerre contre un ennemi commun, deux parties peuvent, pour des raisons politiques, mettre entre parenthèses leurs propres conflits afin de vaincre d’abord un ennemi plus important, commun aux deux. Cela s’est-il produit entre Juifs et Chrétiens contre les musulmans ? Non, pas avant un certain moment de l’histoire – et même alors, ce ne sont pas tous les Juifs et tous les Chrétiens qui se sont alliés et rassemblés contre les musulmans. Seule une certaine fraction l’a fait, tandis que, dans le même temps, d’autres Juifs et Chrétiens s’opposaient à la formation d’une telle alliance.

La chrétienté orthodoxe orientale est un exemple d’une telle opposition, au sein du monde chrétien, à cette alliance.

Si nous n’acceptons pas la traduction de Maulānā Hosein et que nous lisons plus loin dans la même sourate al-Mā’idah, nous rencontrons deux autres versets qui semblent contradictoires :

  1. Verset 57 : « Ô vous qui croyez ! Ne prenez pas pour awliyā ceux d’entre les gens qui ont reçu le Livre avant vous (les Juifs et les Chrétiens en particulier, mais cela peut aussi inclure d’autres qui ont reçu une révélation), ni les mécréants, qui font de votre religion un objet de raillerie et de jeu. Et craignez Allah si vous êtes croyants. » (C’est nous qui soulignons.)
  2. Verset 69 : « Certes, ceux qui ont cru, ceux qui se sont judaïsés, les Sabéens et les Chrétiens – quiconque croit en Allah et au Jour dernier et accomplit le bien – n’auront ni crainte ni ne seront affligés. »

Comment Allah, le Très-Haut, pourrait-Il d’abord interdire aux croyants de prendre les Juifs et les Chrétiens comme awliyā, puis, immédiatement après, en l’espace d’une vingtaine de versets, dans la même sourate, se contenter d’interdire aux croyants de prendre pour awliyā seulement ceux parmi les Gens du Livre (terme qui désigne dans le Coran à la fois les Juifs et les Chrétiens) et les mécréants qui se moquent de la religion et en font un jeu ?

Cela veut-il dire que les croyants sont autorisés à prendre pour awliyā ceux des Juifs et des Chrétiens qui ne tournent pas l’Islam en ridicule et n’en font pas un jeu ?

Comment Allah, le Très-Haut, pourrait-Il ensuite, peu après, mentionner avec honneur qu’il y a, parmi les Juifs, les Sabéens et les Chrétiens, des croyants en Allah et au Jour dernier, pour lesquels il n’y aura ni crainte en ce monde ni tristesse au Jour du Jugement ?

Nous, croyants, serions-nous alors autorisés à prendre ces croyants-là, parmi eux, pour nos awliyā ?

De même, Allah, le Très-Haut, déclare plus loin, au verset 82 de la même sourate al-Mā’idah :

« Tu verras que les pires ennemis de ceux qui croient sont les Juifs et les associateurs. Et tu verras que les plus proches en affection de ceux qui croient sont ceux qui disent : “Nous sommes chrétiens.” Cela, parce qu’il y a parmi eux des prêtres et des moines, et parce qu’ils ne s’enflent pas d’orgueil. »

Si nous sommes interdits de prendre tous les Juifs et tous les Chrétiens comme awliyā, alors nous nous heurtons à une nouvelle contradiction avec ce verset. Comment se fait-il qu’Allah, le Très-Haut, déclare que ceux qui disent « Nous sommes chrétiens », et en particulier les prêtres et les moines parmi eux qui ne sont pas orgueilleux, sont les plus proches en affection des musulmans ? Comment se fait-il que, alors que le Coran affirme que ceux qui sont le plus proches en affection des croyants seront les chrétiens, Il interdise en même temps toute alliance et amitié avec eux, qu’elle soit politique ou non ?

Bien qu’il y ait d’autres exemples, ceux mentionnés ci-dessus suffisent à montrer que le verset 51 de la sourate al-Mā’idah, sur lequel nous nous penchons ici, a été traduit d’une manière qui entre en conflit avec certains versets importants du Coran – dont au moins trois se trouvent dans la même sourate.

  1. D’autres versets du Coran énoncent clairement que les hommes musulmans sont autorisés à contracter mariage avec des femmes juives et chrétiennes, et que la nourriture des Juifs et des Chrétiens est licite pour les musulmans. Si ce verset interdisait aux musulmans de prendre pour awliyā tous les Juifs et tous les Chrétiens, cela entrerait en contradiction avec l’autorisation de se marier avec leurs femmes et de consommer leur nourriture.

Comment les musulmans pourraient-ils ne pas les prendre comme amis et alliés, et, dans le même temps, épouser leurs femmes et partager leur table ? Cela n’est pas logiquement cohérent, à moins que le mot awliyā ne signifie pas ici « amis » dans le sens social, mais plutôt « alliés politiques » et « protecteurs » en tant que communauté, au-delà des simples interactions sociales, ce qui supposerait des preuves supplémentaires tirées du Coran et de la Sunna.

La raison de révélation de ce verset (asbāb an-nuzūl), que nous aborderons sous peu, ne va pas dans ce sens.

Même dans ce cas, une telle alliance au niveau communautaire affecte directement les interactions sociales au niveau individuel. Comment un individu appartenant à une communauté qui interdit l’amitié et l’alliance avec une autre communauté pourrait-il se présenter chez ceux-ci, partager un repas avec eux et proposer le mariage à l’une de leurs femmes ? Comment le regarderaient-ils ?

Nous devons alors répondre à une autre question : un musulman individuel qui se trouve dans une situation où il lui faudrait chercher une protection politique auprès des Juifs et des Chrétiens, mais qui s’en abstient par soumission à ce verset, peut-il malgré tout entretenir avec eux une amitié sociale lui permettant de demander la main de l’une de leurs femmes ou de partager un repas avec eux ?

  1. Traduire le verset par « Ne prenez pas les Juifs et les Chrétiens comme vos awliyā » implique nécessairement tous les Juifs et tous les Chrétiens, à moins qu’une précision contraire ne soit apportée – ce qu’aucune traduction ne fait.

Pourquoi ne pouvons-nous pas nous allier à eux ? Parce que, comme la phrase suivante l’indique, ils (les Juifs et les Chrétiens) sont awliyā les uns des autres, et donc, par implication directe, se retourneront contre nous ou nous trahiront.

Si nous retenons ce sens, qui est celui que proposent toutes les traductions, il contredit les versets 8 et 9 de la sourate al-Mumtaḥinah, où Allah, le Très-Haut, clarifie :

« Allah ne vous défend pas d’être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous combattent pas à cause de la religion et ne vous expulsent pas de vos demeures. Allah aime les équitables.

Allah vous défend seulement de prendre pour alliés ceux qui vous combattent à cause de la religion, vous expulsent de vos demeures, et contribuent à votre expulsion. Et quiconque les prend pour alliés, ceux-là sont les injustes. »

Il ressort clairement de ces versets du Coran que cette wilāyah – alliance, amitié, dépendance de leur protection – n’est interdite que vis-à-vis de certains d’entre eux, et non de tous. Il ne peut pas s’agir de versets ne visant pas les Juifs et les Chrétiens, car comment Allah, le Juste par excellence, interdirait-Il la wilāyah avec les Juifs et les Chrétiens, et, lorsqu’il s’agit d’autres que les Juifs et les Chrétiens, ne l’interdirait-Il qu’à l’égard de ceux qui sont hostiles et belliqueux, tout en la permettant avec ceux qui ne le sont pas ?

Un tel propos ne serait pas digne de la Justice d’Allah, et ce serait pour nous une grave erreur de le soutenir.

Si cette nuance ne se reflète pas dans la traduction du verset que nous examinons ici, nous avons alors une contradiction manifeste : tandis qu’un verset interdit, de façon générale, toute wilāyah avec les Juifs et les Chrétiens, un autre verset indique clairement avec qui nous pouvons entretenir de bons liens, amitié et alliance.

La traduction de Maulānā Hosein clarifie en réalité toutes ces contradictions apparentes avec d’autres versets du Coran, que nous ne pourrions pas autrement expliquer. Elle clarifie également les contradictions avec l’histoire.

Nous nous tournons maintenant vers les tafsīr (commentaires) de ce verset, qu’ils soient classiques ou modernes, qui ont été proposés jusqu’ici.

Nous commencerons par les raisons de la révélation de ce verset, car il est nécessaire de comprendre le contexte de sa révélation, puis nous passerons à la discussion sur le sens du verset.

Les raisons de la révélation (Asbāb an-Nuzūl)

En ce qui concerne les raisons de la révélation de ce verset, nous trouvons trois récits dans les tafsīr classiques. Chez Tabarī et Ibn ‘Atiyyah, nous résumons les trois épisodes suivants comme raisons de la révélation. Dans le tafsīr d’Ibn Kathīr, nous trouvons un quatrième incident très similaire aux trois cités par Tabarī et Ibn ‘Atiyyah, et qui peut donc être omis de notre discussion.

Il faut d’abord garder présent à l’esprit que, selon Sayyidah ‘Ā’ishah رضي الله عنها, la sourate al-Mā’idah fut la dernière sourate révélée, et que ce qui s’y trouve constitue le dernier mot en ce qui concerne le licite et l’illicite.

Par conséquent, lorsque nous considérons tous les versets du Coran qui interdisent la wilāyah avec ceux qui ne sont pas dans le giron de l’Islam – et ces versets sont nombreux –, nous comprenons aisément que les versets de la sourate al-Mā’idah qui répètent cette prohibition doivent être considérés comme le sceau final sur la question, en cas de doute, ou comme jetant une lumière nouvelle sur cette prohibition.

Examinons un verset de la sourate at-Tawbah pour éclairer cela, bien que ce verset ait été révélé plus tard que le verset 51 de la sourate al-Mā’idah :

« Ô vous qui croyez ! Ne prenez pas pour awliyā vos pères et vos frères s’ils préfèrent la mécréance (kufr) à la foi (īmān). Et quiconque parmi vous les prend pour awliyā, ceux-là sont les injustes. » (Verset 23)

La question essentielle est la suivante : alors qu’Allah سبحانه وتعالى avait déjà clairement ordonné que le croyant ne doit pas prendre pour awliyā même ses propres pères et frères s’ils préfèrent le kufr à l’īmān, c’est-à-dire dans une situation d’hostilité, pourquoi un autre verset est-il nécessaire pour répéter la prohibition vis-à-vis des Juifs et des Chrétiens, qui sont, de toute façon, plus éloignés que ses propres frères et pères ?

N’est-il pas évident que si l’on ne peut pas prendre ses propres pères et frères comme awliyā lorsqu’ils préfèrent la mécréance à la foi, à plus forte raison ne pourra-t-on prendre les Juifs et les Chrétiens comme awliyā ?

Inversement, il est également nécessaire de se demander : si les Juifs et les Chrétiens sont, dans la foi, plus proches d’un musulman que ne le sont ses propres pères et frères, ces Juifs et Chrétiens peuvent-ils alors être pris comme awliyā ?

Le verset que nous étudions ici a donc dû être révélé pour clarifier quelque chose de plus profond – ce que la traduction explicative de Maulānā Hosein met en lumière.

Nous pouvons en déduire que, tandis qu’Allah, le Très-Haut, avait déjà clairement précisé qui les croyants peuvent prendre pour awliyā et qui ils ne peuvent pas, ce verset de la sourate al-Mā’idah a été révélé pour signaler une nouvelle alliance judéo-chrétienne qui apparaîtrait dans le futur, et qui tracerait une frontière claire pour distinguer ceux parmi les Juifs et les Chrétiens que les croyants peuvent prendre pour alliés, amis et confidents, et ceux qu’ils ne peuvent absolument pas prendre pour awliyā.

Sans la révélation de ce verset, nous n’aurions pas su l’existence de cette alliance sans précédent et étrange au sein des Gens du Livre, alliance vis-à-vis de laquelle la communauté des croyants devrait, vers la fin de l’histoire, être particulièrement prudente et s’abstenir de toute relation politique et économique.

Deuxièmement, il convient de prendre sérieusement en considération que Médine ne comptait, parmi les Gens du Livre, qu’une communauté juive. Quant à la communauté chrétienne, même s’il y avait des individus chrétiens, en tant que communauté ou entité politique, ils se trouvaient pour l’essentiel au Bilād al-Shām, c’est-à-dire la Grande Syrie.

Revenons maintenant aux raisons de la révélation du verset. Nous trouvons ce qui suit :

  1. Il est rapporté d’al-Zuhrī qu’après la victoire de Badr, le Prophète ﷺ voulut exécuter les captifs juifs de Banū Qaynuqā‘. ‘Ubādah ibn as-Sāmit رضي الله عنه vint alors voir le Prophète ﷺ et lui dit qu’il avait de nombreux alliés et protecteurs (awliyā) parmi les Juifs. Il ajouta qu’il se détachait désormais d’eux pour se tourner vers Allah et Son Messager ﷺ, et qu’il renonçait à s’en remettre à eux pour sa protection et son soutien (wilāyah).

À ce moment-là, ‘Abdullāh ibn Ubayy ibn Salūl, le chef des hypocrites, vint lui aussi voir le Messager d’Allah ﷺ et lui dit que, pour sa part, il craignait qu’un retournement de fortune ne s’abatte sur lui, et qu’il ne pouvait donc pas se permettre de renoncer à sa wilāyah avec les Juifs, sous-entendant qu’au cas où les Juifs prendraient le dessus dans leur lutte de pouvoir contre les musulmans, le maintien de cette alliance et protection lui serait bénéfique.

Le Messager d’Allah ﷺ dit alors : « Ô Abū al-Ḥubāb, la part de la protection des Juifs que tu revendiques pour toi, en dehors de ‘Ubādah ibn as-Sāmit, est entièrement à toi et ne lui revient pas. »

Dans un autre récit, il est rapporté que le Prophète ﷺ dit : « Je te les ai donnés. » ‘Abdullāh ibn Ubayy répondit : « J’accepte. » C’est à ce moment que le verset fut révélé, depuis « Ô vous qui croyez » jusqu’à « c’est le parti d’Allah qui sera victorieux ».

La plupart des tafsīr classiques ont enregistré cet épisode comme raison de la révélation du verset.

  1. Le deuxième cas, rapporté par as-Suddī, se produisit juste après la bataille de Uḥud. La situation était devenue critique pour un groupe de musulmans, qui craignaient, pour des raisons de sécurité, que les ennemis non croyants, hostiles à leur égard, ne prennent le dessus et ne compromettent leur survie.

Deux hommes se présentèrent alors et exprimèrent quelque chose de similaire à ce qu’avait dit ‘Abdullāh ibn Ubayy dans le premier cas. L’un dit qu’il choisissait de maintenir sa wilāyah avec les Juifs (de Médine), et l’autre dit qu’il choisissait de maintenir sa wilāyah avec les Chrétiens (en al-Shām).

Les noms de ces deux hommes ne sont pas mentionnés dans les récits. C’est alors que le verset descendit, interdisant à tous deux d’agir de la sorte.

Dans ce cas, le verset signifierait que l’on ne doit pas prendre les Juifs (de Médine) comme awliyā, ni les Chrétiens (d’al-Shām) comme awliyā, parce qu’ils sont awliyā les uns des autres, au sens où les Juifs (de Médine) sont awliyā les uns des autres, et les Chrétiens (d’al-Shām) sont awliyā les uns des autres.

En d’autres termes, au moment d’un conflit entre Juifs ou Chrétiens et musulmans, même si ces musulmans qui étaient sous la protection des Juifs de Médine ou des Chrétiens d’al-Shām avaient reçu d’eux une promesse contractuelle de protection, ils ne seraient pas épargnés ni mis à l’abri, mais subiraient la même hostilité de la part de leurs protecteurs que le reste des musulmans.

  1. La troisième raison, rapportée par ‘Ikrimah, survint juste après la bataille du Fossé (Khandaq). Les Juifs de Banū Qurayẓah, qui avaient rompu leur pacte avec les musulmans en conspirant avec les Quraysh contre eux, et en combattant à leurs côtés, se retrouvèrent assiégés par les musulmans à l’issue de la bataille.

Le siège dura quinze à vingt jours, à l’issue desquels ils se rendirent. Pendant que les musulmans délibéraient en shūrā (conseil) sur la manière de les traiter, Banū Qurayẓah consultèrent Abū Lubābah, qui leur donna clairement son avis : ils devaient être massacrés.

Lorsque Banū Qurayẓah tentèrent de négocier en demandant que Sa‘d ibn Mu‘ādh – qui était leur ḥalīf à Médine, du côté musulman (un ḥalīf étant quelqu’un placé sous la protection d’une tribu sans lien de parenté) – prononce le jugement, espérant qu’il se montrerait plus clément en mémoire de la protection qu’ils lui avaient promise autrefois, Sa‘d prononça le même jugement qu’Abū Lubābah : ils devaient être exécutés.

C’est à ce moment que le verset fut révélé, interdisant toute alliance avec eux. Puis le Messager d’Allah ﷺ valida ce verdict, et ils furent exécutés.

Dans ce cas – comme dans le premier – le verset constitua un commandement visant cette communauté juive de Médine ayant trahi son pacte avec les musulmans. Il est remarquable que ni dans le premier ni dans le troisième cas les Chrétiens ne soient impliqués.

Nous ne pouvons pas savoir avec certitude quelle fut la raison exacte de la révélation du verset, et ce n’est pas notre préoccupation immédiate de la trancher, car dans les trois cas l’injonction divine est clairement une interdiction de la wilāyah avec les Juifs et les Chrétiens (ensemble ou séparément).

Néanmoins, nous pouvons considérer le premier cas comme le plus cité, parmi les quatre, et, pour cette raison, comme le plus communément admis – ce qui est confirmé par le verset 52 qui suit :

« Tu verras ceux dont le cœur est malade se précipiter vers eux (les mécréants, Juifs et Chrétiens) en disant : “Nous craignons qu’un revers de fortune ne nous atteigne…” »

Ce verset renvoie clairement à ‘Abdullāh ibn Ubayy, qui utilisa les mêmes termes que ceux du verset. Les deux versets furent en réalité révélés ensemble.

Nous pouvons maintenant nous tourner vers les tafsīr classiques du verset lui-même, puisque nous avons compris le contexte de sa révélation.

Les tafsīr classiques du verset

1. L’interdiction porte sur le fait de les prendre comme Awliyā. La plupart des discussions dans les commentaires tournent autour de ce que signifie prendre ces gens comme Awliyā, de ce qui entre dans cette catégorie et de ce qui n’en fait pas partie. Ce qui n’est pas mentionné dans les commentaires classiques, c’est si nous avons le droit, ou non, de prendre certains d’entre eux comme Awliyā si ce verset ne vise pas tous les Juifs et tous les Chrétiens, en particulier lorsqu’ils ne sont pas hostiles, mais plutôt amicaux et dignes de confiance. Toutes les implications de la plupart des commentaires classiques indiquent l’interdiction de prendre tous les Juifs et tous les Chrétiens, qu’ils soient hostiles ou non, comme Awliyā. Al-Nasafī, par exemple, affirme que cela est dû au fait que le Kufr (la mécréance) constitue une seule Millah, renvoyant au hadith qui porte ces mots. L’interdiction est donc générale, vise tous les Juifs et tous les Chrétiens, pour tous les temps, et est inconditionnelle, parce que, lorsque cela leur convient, ils peuvent facilement comploter et se retourner contre les musulmans, même s’ils sont opposés les uns aux autres avec une haine manifeste au sein de leurs propres rangs.

2. Le verset s’adresse en apparence aux musulmans, mais derrière ce commandement général, il vise en réalité les hypocrites (Munāfiqūn) qui se cachent parmi les musulmans. Cela se voit dans le contexte du verset, que nous aborderons plus loin. L’Imam al-Qurtubī, al-Shawkānī, al-Sāwī, entre autres, l’ont mentionné.

3. Seules les traductions et commentaires en anglais montrent que l’interdiction est conditionnelle — très probablement sur la base de certains tafsîrs classiques que je ne parviens pas à localiser — et s’applique donc uniquement en temps de guerre ou lorsque les Juifs et les Chrétiens sont hostiles envers les musulmans. S’ils ne sont pas hostiles, s’ils sont neutres ou même amicaux, aucun commentaire n’a indiqué s’il existe une possibilité d’alliance avec eux.

4. Ibn ‘Atiyyah déclare que Ubayy ibn Ka‘b et ‘Abdullāh ibn ‘Abbās رضي الله عنهما lisaient le verset dans un autre Harf (il y avait sept Ahruf selon lesquels le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit que le Coran a été révélé, et qui furent tous détruits à l’époque de Sayyidunā ‘Uthmān رضي الله عنه, sauf un seul qui nous est parvenu). Dans cette lecture, les deux Compagnons mentionnés ci-dessus lisaient « Arbāban » au lieu de « Awliyā ». Arbāban signifie des seigneurs et des dieux, ou même des maîtres auxquels un esclave se soumet. Nous pouvons donc dire que Awliyā, dans ce verset, prend un sens plus fort que « protecteurs » et « amis ». Toutefois, nous ne possédons plus cette lecture.

5. L’interdiction ne s’applique pas au commerce, au mariage ou à d’autres rapports sociaux, selon une déclaration explicite de ‘Abdullāh ibn ‘Abbās رضي الله عنهما, qui a dit : « Mangez de ce qu’ils abattent et épousez leurs femmes, car Allah, le Très-Haut, a dit dans Son Livre : “Ô vous qui croyez, ne prenez pas les Juifs et les Chrétiens comme Awliyā...” et l’on ne devient des leurs qu’à travers la Wilāyah, et c’est seulement à ce moment-là qu’on devient des leurs. » (Al-Tabarī) C’est ainsi que les Compagnons du Prophète ont compris ce verset. Il s’agit donc clairement d’une interdiction de la Wilāyah politique, ce qui n’empêche pas de manger leur nourriture ni d’épouser leurs femmes.

6. La plupart des tafsîrs affirment que le motif (‘illah) d’une telle interdiction est la phrase suivante : « ba‘duhum Awliyā-u ba‘d » — c’est-à-dire que l’interdiction est motivée par le fait qu’ils sont Awliyā les uns des autres. Cela laisse la porte ouverte à la discussion ou soulève la question suivante : dans le cas où ceux que le verset interdit de prendre comme amis et alliés ne seraient pas Awliyā les uns des autres, l’interdiction serait-elle alors levée ? Cela confirme en fait l’interprétation du verset de Maulānā Hosein. En effet, si la ‘illah est qu’ils sont Awliyā les uns des autres, lorsque cette ‘illah est absente, l’interdiction ne devrait plus être contraignante. Dans ce cas, il y aurait une possibilité d’alliance avec ceux qui ne sont pas hostiles aux musulmans et qui ne sont pas Awliyā les uns des autres. Cependant, les commentaires classiques ne mentionnent pas quel est le statut légal lorsque la ‘illah est absente.

7. L’expression « Ils sont Awliyā les uns des autres » ne signifie pas que les Juifs et les Chrétiens sont Awliyā les uns des autres, car ils n’ont jamais entretenu une telle relation d’amitié et d’alliance. Elle signifie plutôt que les Juifs sont Awliyā les uns des autres, et les Chrétiens sont Awliyā les uns des autres. Le verset renvoie donc à chacune des deux communautés séparément. L’Imam al-Sāwī l’a mentionné clairement dans son commentaire : « (Ceci est) une nouvelle phrase ; et le sens est que certains membres de chaque groupe sont Awliyā d’autres, au sein de ce groupe, car entre les Juifs et les Chrétiens existe une inimitié profonde. » Cela ajoute également de la force au commentaire de Maulānā Hosein sur le verset, car l’inimitié historique entre Juifs et Chrétiens est ici prise en compte. Cependant, les commentaires qui expriment cette opinion s’arrêtent là, et continuent à affirmer que nous sommes malgré tout interdits de prendre tous les Juifs et tous les Chrétiens comme Awliyā.

8. « Si vous le faites, vous deviendrez l’un des leurs » signifie que vous avez quitté le giron de l’Islam — c’est-à-dire que vous êtes devenu Murtad, ou que vous avez rejoint leur Dīn. Ibn ‘Abbās a dit : « Si tu les rejoins dans leur Dīn, tu es entré dans leur Kufr ; si tu les rejoins dans un pacte, tu as violé le commandement (divin). »

9. Aucun commentaire classique, parmi tous ceux auxquels je me suis référé, n’a mentionné, ne serait-ce que de manière légère, que ce verset contiendrait l’annonce d’une mystérieuse alliance future qui apparaîtrait entre les Juifs et les Chrétiens — qui, par nature, dans leurs croyances, leurs pratiques, et leurs relations historiques, sont deux pôles opposés.

10. Le journaliste Asad a commis une erreur lorsqu’il a voulu résumer les commentaires classiques sur ce verset. Il a écrit dans son commentaire :

« En ce qui concerne la signification de “l’alliance” mentionnée ici, voir 3:28, et plus particulièrement 4:139 et la note correspondante, qui explique la référence à la perte, par le croyant, de son identité morale s’il imite le mode de vie, ou — en terminologie coranique — “s’allie” avec des non-musulmans. »

En dépit d’une brève aventure journalistique auprès de Mujāhid et du martyr ‘Umar al-Mukhtār, Asad s’était lié d’amitié avec ‘Abd al-‘Azīz ibn Sa‘ūd, l’homme qui a trahi Allah et Son Messager ainsi que le monde musulman, et il avait été influencé par le douteux Rashīd Ridā, comme cela apparaît dans son commentaire du Coran, et il a fini par occuper un poste ministériel dans l’État-nation séculier de la République islamique du Pakistan. Nous ne devons donc pas nous attendre à ce qu’il ait eu la capacité de lire les implications politiques, économiques et militaires de ce verset. Il a réduit la question à une simple alliance morale, puisque ses amis avaient embrassé cette même alliance judéo-chrétienne sur les plans politique, économique et militaire.

Cependant, il convient de préciser ici que les commentaires classiques n’ont pas enregistré une telle interprétation du verset, même si Asad aurait souhaité que ses lecteurs le croient. Il est rapporté de manière claire (comme cité plus haut) de la part de notre Maître ‘Abdullāh ibn ‘Abbās, qu’Allah soit satisfait de lui et de son père, que cela dépasse une alliance morale, puisque cela ne renvoie pas à l’imitation de leur mode de vie, qui comprend le fait de manger avec eux et d’épouser leurs femmes.

Même si ce verset n’avait pas été révélé, nous aurions quand même compris, d’après d’autres versets du Coran, qu’il ne convient pas d’embrasser leur Dīn. Comme c’est souvent le cas dans la pensée séculière moderne occidentale, lorsqu’on réduit tout à la morale personnelle et à la culpabilisation morale, toutes les autres questions communautaires importantes peuvent être écartées du champ de la réflexion pour finalement ramener tout à la sphère du moi moral. En raisonnant ainsi, nous ne pourrons jamais identifier l’injustice ni comprendre correctement les événements, et ne serons donc pas capables d’y répondre de façon appropriée. Lorsque tout devient une simple question morale, alors les États-Unis peuvent continuer à bombarder le monde, à répandre leur fasād et s’en tirer à bon compte, tandis que nous serons forcés de continuer à nous pointer du doigt nous-mêmes. C’est là, assurément, une déformation moderne de l’héritage classique.

Pour expliquer le monde moderne à partir de la Parole d’Allah, et ne pas tomber dans de telles erreurs, nous devons nous engager dans le Fikr. Allah dit dans le Coran qu’Il a fait descendre le Coran pour un peuple qui réfléchit, qui médite, qui contemple. Le Très-Haut dit dans la sourate al-Naḥl, verset 44 :

« … Nous t’avons révélé le Rappel (le Coran) afin que tu expliques clairement aux gens ce qui a été révélé pour eux, et afin qu’ils se livrent à la réflexion. »

Fikr, ce n’est pas seulement penser, mais mener la réflexion jusqu’au bout. Dans ce cas, à cause de la situation mondiale et de l’état politique des musulmans vis-à-vis des Juifs et des Chrétiens, nous sommes contraints de réfléchir en profondeur et de ne pas nous contenter uniquement des tafsîrs classiques pour chercher dans le Coran une explication du monde moderne. En réfléchissant ainsi, nous tirons du Coran un savoir nouveau et des orientations nouvelles. C’est exactement ce qu’a fait Maulānā Hosein.

En réalité, l’interprétation du verset par Maulānā Hosein ne contredit en rien les tafsîrs classiques, auxquels les savants conservateurs s’attachent fermement, comme pour dire que ce que les savants du passé ont expliqué suffit, et qu’il n’est pas nécessaire d’interpréter le Coran à nouveau. Ce faisant, ils limitent, premièrement, le savoir du Coran au passé, et deuxièmement, ils échouent à expliquer le monde moderne à partir du Coran. Comment pourraient-ils trouver dans les paroles du passé l’explication de ce qui se produit aujourd’hui ?

Alors, qu’est-ce donc, précisément, dans la situation mondiale actuelle, qu’ils échouent à expliquer à partir du Coran ? Avant de répondre à cette question, tournons-nous vers deux commentaires modernes importants du Coran — écrits dans les cent dernières années — qui ont apporté une lumière nouvelle sur ce verset, et qui renforcent tous deux l’interprétation de Maulānā Hosein.

Deux commentaires modernes — Professeur Hamka et Maulānā ‘Abdul Mājid Daryabādī

1. Le Tafsīr al-Azhar du professeur Hamka, un commentaire du Coran en malais.

2. Le commentaire en anglais du Coran de Maulānā ‘Abdul Mājid Daryabādī.

Commentaire du professeur Hamka, paraphrasé avec mes propres mots :

En 1964, le pape Paul VI a proclamé un pardon chrétien officiel (catholique en particulier) pour les Juifs ; que ceux-ci sont désormais libres de leurs péchés, dont l’un est leur tentative de crucifier le Prophète ‘Īsā عليه السلام. Il ne s’agit de rien d’autre qu’un pardon politique. C’est la puissance des Juifs, qui possèdent beaucoup de richesses, de travailler avec les Chrétiens pour combattre ce qu’ils considèrent comme la menace de l’Islam.

Juste après cela, en 1967, les pays arabes furent attaqués par les Juifs (Israël) pendant quatre jours (référence à la guerre des Six Jours) et Bayt al-Maqdis fut arrachée des mains des musulmans, alors qu’ils — les musulmans — avaient eu le contrôle de Bayt al-Maqdis durant quatorze siècles.

Peut-être qu’à l’époque de Rasūlullāh صلى الله عليه وسلم, cela n’était pas encore visible, parce qu’à Médine, un grand groupe de Juifs formait une communauté, mais que les Chrétiens se trouvaient en al-Shām. Mais, en raison des miracles du Coran, nous voyons aujourd’hui ce qui s’est passé avec le temps, et nous voyons avec une clarté cristalline comment les Chrétiens et les Juifs collaborent en se dressant contre les musulmans et l’Islam.

En réalité, le verset dit que ces deux communautés religieuses, qui furent ennemies l’une de l’autre, s’uniront un jour pour affronter leur ennemi — à savoir l’Islam — jusqu’à ce que l’État d’Israël domine les terres de l’Islam avec l’aide des communautés chrétiennes qui, en fait, auraient dû être plus enclines à aider les musulmans. En effet, les Juifs s’opposent aux Chrétiens non seulement en rejetant le Prophète ‘Īsā عليه السلام comme Prophète et Messie, mais aussi en l’accusant d’être un enfant illégitime, tandis que les musulmans affirment la prophétie de ‘Īsā عليه السلام. Cela rapproche les musulmans des Chrétiens, et rend les Chrétiens plus enclins à aider les musulmans. Cependant, ce qui s’est produit est exactement l’inverse.

Commentaire de Maulānā ‘Abdul Mājid Daryabādī :

« Les Juifs et les Chrétiens ont beaucoup de choses en commun, et peuvent, et effectivement, forment facilement une coalition contre l’Islam. Pour illustration la plus récente de leur hostilité envers l’Islam, voyez l’ardent soutien de la Grande-Bretagne chrétienne au “sionisme” et à “un foyer juif en Palestine”. »

Le commentaire de Maulānā Daryabādī souligne avec netteté que ce verset renvoie aux efforts sionistes visant à établir l’État d’Israël. Bien que rédigé dans le contexte de son époque, il est certainement tout aussi pertinent pour la nôtre. En comparant les deux, c’est le commentaire du professeur Hamka qui soutient le plus fortement l’interprétation de Maulānā Hosein sur ce verset.

À présent, en poursuivant la réflexion, regardons le contexte du verset dans la sourate al-Mā’idah. Il est important de lire ce verset en lien avec ce qui le précède et ce qui le suit.

Contexte

Les passages dans toute la sourate, liés à notre étude ici, sont les versets 5–19, 32, 41–88, 110–120. Dans ces passages, Allah, le Très-Haut, s’adresse aux Juifs, aux Chrétiens, aux musulmans et aux hypocrites. Il est clair qu’en tentant de comprendre le commentaire de Maulānā Hosein sur ce verset, il faut lire toute la sourate. Il doit également être clair, dès la première lecture, que :

1. Tous les Juifs et tous les Chrétiens ne sont pas ennemis des musulmans.

2. Le Coran est venu confirmer la Torah et l’Évangile, et achever la révélation divine pour l’humanité à travers le Prophète Muhammad صلى الله عليه وسلم.

3. Il y a parmi les Juifs et parmi les Chrétiens des croyants, que l’on peut donc prendre pour Awliyā.

4. La porte d’une alliance et d’une vie intégrée avec les Juifs et les Chrétiens reste toujours ouverte, tant pour le musulman individuellement que pour la communauté musulmane.

5. Des avertissements intermittents sont adressés aux hypocrites qui sont extérieurement musulmans, mais qui cachent leur rejet de la vérité, et s’inclinent ainsi toujours vers les mécréants envers le Prophète Muhammad صلى الله عليه وسلم et le Coran, ce qui inclut les Juifs et les Chrétiens.

6. Le Prophète ‘Īsā عليه السلام occupe une place centrale dans ce sujet, puisque la sourate ne parle pas seulement de lui en son milieu, mais revient aussi à sa personne à la fin. Il y a des avertissements adressés aux Chrétiens, autant qu’il y a des éloges, au point qu’Allah, le Très-Haut, dans Sa sagesse divine, confirme que certains d’entre eux seront ceux que les croyants trouveront les plus proches en affection, et ces Chrétiens-là, les musulmans peuvent les prendre pour Awliyā. La sourate est nommée à partir d’un événement dans la vie du Prophète ‘Īsā عليه السلام. C’est aussi important à considérer, parce que Dajjāl, dont le rôle est d’imiter le Messie, gouvernera le monde à partir de Jérusalem, se proclamant le Messie, tandis qu’une alliance judéo-chrétienne se rassemblera sous lui, croyant qu’il est le véritable Messie, et facilitera sa venue et son installation au pouvoir.

7. Autant Allah, le Très-Haut, parle de ‘Īsā عليه السلام dans cette sourate, autant Il parle aussi de Mūsā عليه السلام. Comme ‘Īsā est pour les Chrétiens, Mūsā l’est pour les Juifs. Ils ne se sont pas battus avec Mūsā pour conquérir la Terre Sainte, se rebellant ainsi ouvertement contre Allah et Son Messager, mais viendra un temps où ils iront combattre sous l’influence du faux Messie (Dajjāl), avec l’appui des Chrétiens, et les Chrétiens, eux aussi, iront combattre sous l’influence de Dajjāl, avec l’appui des Juifs (comme ce fut le cas pendant les Croisades) pour prendre le contrôle de la Terre Sainte. Cette alliance visant à contrôler la Terre Sainte et le Levant repose directement sur ce verset 51 de la sourate.

À partir du contexte du verset, nous devrions donc comprendre que l’alliance euro-sioniste, judéo-chrétienne, dans sa tentative de gouverner la Terre Sainte et de dominer le Levant, ne peut pas inclure tous les Chrétiens et tous les Juifs. Ceux qui en ont constitué initialement les rangs n’étaient qu’un petit nombre, comparé à l’ensemble du monde judéo-chrétien, et ils n’apparurent dans l’histoire qu’environ cinq cents ans après la révélation du Coran. Cette communauté, peu à peu, s’est renforcée et est devenue, au cours des cent dernières années, les superpuissances du monde.

Plus important encore, les personnes de cette alliance ont pris le contrôle de la Terre Sainte, ont établi l’État d’Israël et ont maintenant réussi à l’élever au niveau d’une superpuissance nucléaire, capable de défier n’importe quelle autre puissance au monde. Ils ont accompli tout cela alors qu’un grand nombre de Chrétiens et un nombre significatif de Juifs non seulement les détestaient et refusaient de les rejoindre, mais étaient également persécutés par eux.

Les versets de la sourate al-Mā’idah, lus dans leur contexte, prouveront, sans l’ombre d’un doute, que les musulmans ne sont pas interdits d’alliance avec ces Juifs et ces Chrétiens victimes, qui reconnaissent l’injustice et qui ont le courage de défier l’alliance judéo-chrétienne sioniste. Tout cela ne devient clair que dans le contexte général. Pour cela, il faut lire la sourate entière.

Les versets du Coran sont interdépendants. Dans la sourate al-An‘ām, verset 114, Allah, le Très Sage, décrit le Coran comme Mufassalan — relié et pleinement expliqué, ce qui signifie que tous les versets sont bien connectés entre eux et s’expliquent mutuellement. Ils ne sont ni isolés, ni autonomes. Pour réfléchir jusqu’au bout, il ne convient donc pas d’examiner ce verset seul. Il est nécessaire de le relier à d’autres versets du Coran. Comme toujours avec les versets coraniques, il est plus éclairant de lire ce verset comme une partie finement agencée de l’ensemble de la sourate al-Mā’idah.

Le Coran explique-t-il le monde d’aujourd’hui ?

Revenons maintenant pour répondre à la question : que manque-t-il, dans la situation mondiale actuelle, que les savants musulmans enfermés dans le conservatisme religieux échouent à expliquer à partir du Coran ?

Dans la tentative de comprendre le monde moderne à partir du Livre d’Allah, le Très Sage, il est indispensable de connaître le fil de l’histoire qui a conduit à la situation actuelle. Si l’on n’a aucune idée du monde moderne ni de la direction qu’il prend, on ne peut pas se tourner vers le Coran pour y puiser un savoir nouveau. L’inverse est également vrai : si l’on ne se tourne pas vers le Coran pour comprendre le monde moderne et recevoir mise en garde et avertissement sur ce qui se déroule aujourd’hui et ce qui arrivera demain, on restera dans l’obscurité à leur sujet. Tout cela est nécessaire pour comprendre le monde moderne avec exactitude et y répondre de façon appropriée.

À la lumière de cela, rappelons d’abord que nous observons maintenant le monde judéo-chrétien. Il existe une faction au sein de cette communauté de Juifs et de Chrétiens qui fait la guerre à l’Islam, et il existe une autre faction parmi eux qui a défié la première et refusé de rejoindre sa domination hégémonique, et qui, en conséquence, a été soumise à une victimisation économique et politique.

Pour reprendre les mots du juriste allemand Carl Schmitt, il n’y a pas de justis hostis dans le monde aujourd’hui. En d’autres termes, pour ceux qui dirigent le monde, il n’existe pas d’ennemi acceptable ; l’ennemi n’a aucun droit d’exister ; il doit être diabolisé et dépolitisé ; il doit être éliminé.

Parmi ceux qui sont soumis à cette victimisation se trouvent également des Chrétiens et des Juifs. Tous les Chrétiens et tous les Juifs ne sont pas acharnés à contrôler hégémoniquement le monde.

C’est ici que nous devons poser une question importante : si Allah, le Très Sage, a interdit aux croyants de prendre pour Awliyā tous les Juifs et tous les Chrétiens, et même si cette interdiction est conditionnelle, dans la mesure où elle s’appliquerait seulement à ceux qui sont hostiles à l’Islam et aux musulmans, comment devons-nous traiter ces Juifs et ces Chrétiens qui non seulement défient les auteurs de cette oppression politique et économique, mais qui sont, eux aussi, victimes aux côtés des musulmans, et qui ont ouvert volontairement leurs portes à l’Islam et aux musulmans ? Quelle sera notre relation communautaire (musulmane) avec de tels gens ?

L’exemple parfait en est survenu dans la vie bénie de Rasūlullāh صلى الله عليه وسلم, avec le roi chrétien, al-Najāshī, d’Abyssinie. Il ne faisait pas partie de l’hostilité quraychite et juive à l’égard de l’Islam et des musulmans ; bien plus, il offrit son territoire comme lieu d’asile pour que les musulmans puissent y chercher refuge, et il rejeta enfin les négociations serpentines des Quraysh, qui voulaient qu’il leur livre les musulmans. Il continua à les protéger jusqu’à sa mort, bien après la révélation du verset 51 de la sourate al-Mā’idah. Le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم alla jusqu’à le considérer comme un croyant et accomplit la prière funéraire pour lui, à Médine, lors du décès du roi en Abyssinie.

Le point le plus important à souligner ici est que lorsque ce verset du Coran fut révélé, le Prophète صلى الله عليه وسلم ne demanda pas aux musulmans de renoncer à l’asile qu’ils avaient trouvé en Abyssinie — c’est-à-dire de renoncer à la Wilāyah sous l’autorité de l’Abyssinie chrétienne — et de revenir à Médine. Si ce verset avait visé tous les Juifs et tous les Chrétiens, le Prophète صلى الله عليه وسلم aurait demandé aux musulmans d’abandonner leurs foyers en Abyssinie et de revenir à Médine. Mais Sayyidunā Ja‘far رضي الله عنه, un des Compagnons les plus aimés du Prophète صلى الله عليه وسلم, continua à vivre en Abyssinie jusqu’à peu avant la bataille de Mu’tah, qui eut lieu plus de cinq ans après la révélation de ce verset.

Qui sont donc ceux qui ont imposé leur hégémonie au reste du monde ? Ce sont, assurément, des Chrétiens et des Juifs, qui n’ont jamais été alliés entre eux ; ce sont des Chrétiens et des Juifs dont l’alliance s’est formée dans le cours de l’histoire à partir de leur objectif politique et militaire commun de libérer la Terre Sainte de la domination musulmane.

En réalité, l’histoire pourrait commencer dès la première Croisade, au cours de laquelle un monde euro-chrétien, financé par des Juifs, rassembla suffisamment de force militaire pour conquérir la Terre Sainte — Jérusalem — et y établir un foyer national juif. Ils n’y parvinrent que brièvement, jusqu’à ce que le sultan Ṣalāḥuddīn al-Ayyūbī reprenne courageusement et brillamment Jérusalem.

Il est important d’inscrire dans notre étude le fait que, tandis que l’Europe, dans ses efforts judéo-chrétiens, menait des guerres contre le monde musulman pour conquérir Jérusalem, elle perpétrait de tels crimes ignobles contre les Chrétiens orthodoxes d’Orient, membres du royaume de Constantinople, qu’il serait profondément injuste de ranger parmi cette même alliance judéo-chrétienne les victimes de ce crime, qui avait lancé une lutte religieuse hostile contre les musulmans et leurs terres.

En réalité, l’histoire pourrait même commencer avec les Khazars — appelés aujourd’hui la treizième tribu des Juifs — qui embrassèrent le judaïsme du jour au lendemain, après avoir « cliniquement » sondé le monde en quête d’une religion à adopter.

Ou nous pourrions descendre dans l’histoire à une époque plus récente, lorsque, après que le colonialisme et le mercantilisme eurent dévasté les terres musulmanes à la manière d’une tempête violente, remplaçant leur gouvernance, les colonisateurs quittèrent ces terres en les laissant entre les mains des populations, sous la forme de ce que nous appelons aujourd’hui l’État-nation séculier. Ces puissances coloniales étaient composées de la même alliance judéo-chrétienne qui avait lancé les Croisades.

Cependant, une telle narration historique nécessiterait la rédaction d’un autre livre. Il nous suffira ici de considérer les événements survenus à Jérusalem — cette terre bénie où les trois religions abrahamiques avaient cohabité sous domination musulmane pendant treize siècles — au cours des cent dernières années.

Lorsque le corps de Pharaon fut découvert, quelque chose d’étrange se produisit dans l’histoire, laissant transparaître la véritable intention derrière la quête sioniste pour retrouver ce corps au cours des fouilles désespérées menées en Égypte. Environ 30 000 Juifs émigrèrent à Jérusalem suite à cette découverte. À l’occasion de ces migrations, le mouvement sioniste fut officiellement fondé et lancé. Moins de vingt ans plus tard vint la Déclaration Balfour (1917), qui promettait aux Juifs un foyer national en Palestine.

Ceux qui firent cette promesse appartenaient au même monde chrétien qui avait lancé les Croisades pour le même objectif. C’était la Grande-Bretagne ; la Grande-Bretagne chrétienne. L’Amérique et l’Europe montèrent à bord du même wagon, formant une alliance commune avec leurs bailleurs de fonds juifs, principalement des Juifs européens.

À ce moment-là, la haine que les Chrétiens nourrissaient à l’égard des Juifs avait déjà été dissipée. L’Empire ottoman fut démantelé ; l’épine dorsale de l’ancienne Russie chrétienne — la « Troisième Rome » — fut également brisée et remplacée par le communisme.

C’est cette même alliance qui se mit mystérieusement la main dans la main avec Joseph Staline, le Juif, juste avant le début de la Guerre froide (en réalité, même Lénine et Trotski, qui étaient aussi juifs que Staline, provenaient des mêmes rangs).

Au moment même où la Guerre froide commença, l’État juif d’Israël fut établi, et son indépendance proclamée, comme suite et succès de la Déclaration Balfour. Cette Guerre froide était une mise en scène, car ceux qui la dirigeaient n’étaient que deux factions au sein des mêmes rangs de Gog et Magog, qui avaient libéré la Terre Sainte de la domination musulmane, qui se donnaient la main lorsque cela leur convenait et n’hésitaient pas à se battre comme des vagues qui se brisent l’une contre l’autre, lorsqu’ils le jugeaient nécessaire. En réalité, ils ne faisaient que menacer de se heurter, mais ne le faisaient jamais vraiment. Seuls certains hommes d’un courage admirable, comme Fidel Castro, furent malheureusement pris au milieu.

Au cours de la Guerre froide, l’État-nation séculier d’Israël gagna en puissance dans la région et, armé jusqu’aux dents, prêt à montrer sa force militaire, fut soutenu par l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), déjà établie à cette époque en réponse à la mascarade de la Guerre froide.

Puis le pape Paul VI proclama un pardon religio-politique pour les Juifs de la part du monde catholique, comme l’a relevé le professeur Hamka dans son tafsîr du verset coranique étudié, consolidant ainsi davantage l’alliance. Les protestants n’y virent aucune objection. À nouveau, ils se donnèrent la main. C’est alors que la guerre des Six Jours éclata, en démonstration de la puissance dont disposait Israël — qui n’était plus un « bébé Israël ».

Les Chrétiens orthodoxes persécutés et les Juifs orthodoxes persécutés ne rejoignirent jamais cette alliance américano-européenne-israélienne. Ils furent aussi victimes qu’ils l’avaient été lors des Croisades, et leur victimisation se poursuivit jusqu’à récemment, lorsqu’ils furent mis au défi par la puissance nucléaire, économique, politique et militaire dont dispose la Russie riche en ressources énergétiques et ses alliés.

Il est ici nécessaire de souligner qu’une scission se produisit dans le monde chrétien, traçant une ligne de fracture entre christianisme occidental et christianisme oriental, et il faudrait, pour l’expliquer de manière détaillée, un expert en histoire de la politique chrétienne, ce qui dépasse le cadre de cet essai. Il reste néanmoins que la géographie y a joué un rôle, au point que le catholicisme et le protestantisme se trouvèrent rattachés à l’Occident géographique, tandis que l’orthodoxie chrétienne appartenait à l’Orient géographique.

Le christianisme africain, qui avait toujours entretenu des liens amicaux avec le monde musulman, fut détourné par ce christianisme occidental au cours des cent dernières années, si bien qu’aujourd’hui, nous voyons des guerres brutales entre Chrétiens et musulmans en Afrique, totalement contraires à l’histoire africaine. Ces conflits sont financés, alimentés et même attisés par l’OTAN, pour maintenir son hégémonie stratégique sur les ressources naturelles et les terres d’Afrique, ce qui implique également un contrôle de la population. Ces forces appartiennent aux rangs de cette même alliance américano-européenne-israélienne.

Pour une étude complète de la scission survenue dans le monde chrétien, on pourra se référer à l’ouvrage de Graham E. Fuller, A World Without Islam, qui explique ce sujet de manière concise.

La Russie et le monde de la chrétienté orthodoxe ne se rangent pas du côté de cette alliance judéo-chrétienne qui a donné à Israël son État-nation séculier.

Une nouvelle Guerre froide a commencé avec la guerre d’Irak en 2003. Depuis, la Russie et ses alliés sont traités, aux Nations unies, comme une puissance peu fiable et indésirable, bien qu’ils soient les seuls capables de contester l’hégémonie américano-européenne-israélienne. Cette dernière n’a pas réussi à traiter la Russie et ses alliés comme elle l’aurait souhaité.

En outre, depuis le déclenchement de la guerre d’Irak en 2003, la Russie et ses alliés ont prouvé, à notre époque, qu’ils peuvent être un allié auquel les musulmans peuvent se tourner, surtout après que la Russie est intervenue en Syrie et a renversé la situation.

Aujourd’hui, quatorze années se sont écoulées depuis le début de la guerre d’Irak. Quatorze années suffisent pour jauger un allié politique efficace dans la contestation des crimes politiques qui frappent le monde musulman depuis cent ans. Ceux qui sont avides de contrôler le Levant rongent aujourd’hui leurs doigts de frustration face à la présence politique, économique et militaire sino-russe dans la région. Ils ne peuvent plus mener leurs opérations de changement de régime en Syrie sans subir de graves conséquences pour leur pouvoir. L’équilibre des forces s’est déjà déplacé.

Cela signifie que nous ne pouvons plus continuer à soutenir que le verset 51 de la sourate al-Mā’idah vise tous les Juifs et tous les Chrétiens. Ceux qui continuent à l’affirmer devront rester politiquement et historiquement ignorants tant qu’ils maintiendront cette position. Ils ne peuvent pas, dans ce cas, affirmer qu’Allah, le Très-Haut, l’a dit, et se cacher derrière le Coran pour justifier leur position, en rejetant la faute — qu’Allah nous en préserve — sur Allah Lui-même.

Cette ignorance de l’histoire — en particulier de l’histoire politique du monde, y compris l’histoire politique de la première communauté de Médine al-Munawwarah — doit être attribuée à leur propre incompétence, au moins sur le plan académique, sinon dans leur capacité à réfléchir. L’érudition musulmane de notre époque a échoué sur ce point, et n’apporte aucune solution aux problèmes politiques du monde musulman.

Cependant, la signification que Maulānā Hosein donne à ce verset ne vise pas simplement à proposer une solution aux problèmes politiques actuels. C’est, en réalité, la seule façon d’être cohérent dans notre approche du Coran dans son ensemble, de l’histoire et de la situation mondiale contemporaine. Il s’agit de comprendre le monde avec exactitude et de répondre aux défis d’une manière appropriée.

Pour l’instant, ce que nous voyons dans le monde, c’est que les États-Unis et leur groupe d’alliés contrôlent l’ordre politique et économique mondial. L’Amérique reste l’État dirigeant du monde, ce qui signifie qu’elle a la capacité de défier tout autre challenger politique. Israël, quant à lui, s’est élevé au rang de puissance nucléaire capable de mener la guerre contre n’importe quel autre État ; il défie ses propres protecteurs — le Conseil de sécurité des Nations unies, la Grande-Bretagne, les États-Unis et de nombreux autres États européens. Israël est en passe de devenir l’État dirigeant du monde.

C’est ce verset de la sourate al-Mā’idah qui explique les puissances qui dominent aujourd’hui le monde. Cette alliance politique, composée d’un mystérieux noyau judéo-chrétien occidental de fauteurs de fasād sur terre, en particulier en Terre Sainte et dans le monde musulman, est précisément celle à laquelle Allah, le Très Sage, fait référence ici.

Ce sont ceux qui se sont alliés entre eux, alors qu’ils avaient été ennemis tout au long de l’histoire, pour préparer quelque chose de plus sinistre qui doit encore se produire en Terre Sainte, dans un avenir pas si lointain.

Si nous comprenons ce verset comme visant tous les Juifs et tous les Chrétiens, nous ne pourrons jamais expliquer les contradictions qui en découleraient avec le reste du Coran ; nous ne pourrons pas non plus expliquer le tourbillon politique dans lequel sont entraînées les populations du monde, qui n’y voient rien ; nous ne comprendrons jamais la nouvelle Guerre froide qui se déroule sous nos yeux ; nous ne pourrons pas expliquer l’histoire ; nous ne saisirons pas ce qui se passe en Terre Sainte, deux mille ans après les événements antérieurs. Plus important encore, nous ne comprendrons jamais cette mystérieuse alliance judéo-chrétienne qui contrôle le monde aujourd’hui. Cette alliance resterait à jamais un mystère pour nous.

Ce verset de la sourate al-Mā’idah est le verset le plus important pour éclairer ce qu’Allah, le Très-Haut, a mentionné dans les premiers versets de la sourate al-Rūm (30). Il y dit que Rome sera victorieuse et que « ce jour-là, les croyants se réjouiront ». Pourquoi une victoire romaine sur ses ennemis serait-elle un motif de réjouissance pour les musulmans ? Pourquoi les musulmans se réjouiraient-ils d’une victoire chrétienne, si Allah a interdit aux musulmans de conclure toute forme d’alliance avec tous les Juifs et tous les Chrétiens ?

C’est ce verset de la sourate al-Mā’idah qui indique quelle partie du monde judéo-chrétien nous est permise comme alliée, et quelle partie de ce même monde judéo-chrétien il nous est interdit de prendre comme allié. En parallèle, ce verset nous décrit aussi quel segment du monde chrétien sera, selon le verset 82 de cette même sourate al-Mā’idah, le plus proche des musulmans en affection.

Dajjāl et le destin de Jérusalem

Revenons maintenant à Israël et à la Déclaration Balfour, avant de conclure. Il ne serait pas juste de conclure cet essai sans mentionner Dajjāl et son rôle vers la fin de l’histoire. Ce verset de la sourate al-Mā’idah est certainement fortement lié au rôle de Dajjāl, lorsqu’il viendra dans notre dimension d’existence en se faisant passer pour le Messie, principalement à cause de ce que nous avons vu des événements se déroulant au cours des cent dernières années.

Pour que Dajjāl réussisse à tromper le monde en le faisant croire qu’il est le Messie, qui, selon les Écritures, gouvernera le monde depuis le trône de Dāwūd عليه السلام à Jérusalem, il lui faudra accomplir plusieurs choses :

1. Libérer la Terre Sainte de la domination musulmane.

2. Établir l’État, puis le royaume d’Israël.

3. Élever cet État au rang de puissance dirigeante mondiale.

4. Puis apparaître, s’asseoir sur le trône et proclamer qu’il est le Messie annoncé, et que le trône de Dāwūd a été restauré.

Il est impossible de nier que c’est précisément cette alliance judéo-chrétienne, dont nous avons discuté, qui a déjà accompli les points 1 et 2 ci-dessus. Si Dajjāl doit venir et déclarer qu’il est le Messie, cela ne peut pas se produire tant que le point 3 n’aura pas lui aussi été réalisé. Il nous reste donc seulement à voir Israël prendre la relève des États-Unis d’Amérique en tant qu’État dirigeant du monde.

La question de savoir si l’Inde ou la Chine deviendra l’État dirigeant du monde, comme on en débat beaucoup, ne peut pas être la préoccupation de ceux qui étudient le monde moderne à la lumière du Coran. C’est Israël qu’il nous faut observer avec attention.

Plus de deux mille ans après qu’Allah, le Très Majestueux, a expulsé les Juifs de la Terre Sainte en raison du crime qu’ils ont commis contre Son Messager, le Prophète ‘Īsā عليه السلام, ils sont revenus progressivement sur cette Terre Sainte, pendant environ trois décennies, pour la revendiquer comme la leur. Cela s’est produit entre la Déclaration Balfour de 1917 et l’établissement de l’État d’Israël en 1947.

La référence à cela est mentionnée dans le Coran, aux versets 95 et 96 de la sourate al-Anbiyā’, où Allah a établi clairement que ce serait la fonction de Gog et Magog de provoquer le retour des Juifs en Terre Sainte. Au vu du témoignage de l’histoire, ce que nous avons vu dans le monde entre 1917 et 1947 montre clairement que ceux qui ont facilité le retour des Juifs en Terre Sainte étaient précisément ces mêmes Juifs et ces mêmes Chrétiens qui s’étaient alliés, au départ, dans le cadre de la Première Croisade. Bien qu’ils n’aient pas réussi à l’époque, ils finirent par réussir en 1947.

Il devrait donc être établi, en se basant sur le lien clair et distinct entre les deux versets (95 et 96) de la sourate al-Anbiyā’ et le verset 51 de la sourate al-Mā’idah, que Gog et Magog se trouvent au sein de cette alliance judéo-chrétienne qui provoquerait le retour des Juifs en Terre Sainte et qui, comme nous le voyons très clairement se dérouler aujourd’hui sous nos yeux — pour ceux qui ont des yeux pour lire le monde moderne à travers le Coran — élèverait cet État d’Israël au rang de puissance dirigeante mondiale, pour que Dajjāl apparaisse finalement dans notre dimension d’existence et se proclame Roi des Juifs, le Messie promis.

Si nous ne parvenons pas à saisir que le verset 51 de la sourate al-Mā’idah décrit précisément Gog et Magog, alors nous resterons aveugles à l’avertissement d’Allah dans le Coran de ne pas les prendre — cette alliance judéo-chrétienne particulière, ou, en d’autres termes, Gog et Magog — pour Awliyā. Nous ne comprendrons jamais qui sont Gog et Magog, et nous ne comprendrons jamais qu’après tout ce qui s’est déjà déroulé sur la scène politique mondiale, il ne reste plus qu’à voir Israël devenir l’État dirigeant du monde. Nous ne comprendrons pas non plus que ce sont les rangs de cette alliance judéo-chrétienne qui abriteront les soldats de Dajjāl.

Conclusion

Le problème avec l’érudition islamique moderne, en général, est que toute nouveauté qui apparaît de la part d’un savant crédible est rejetée sous prétexte que les savants du passé n’ont jamais exprimé de telles opinions. C’est ce que l’on peut appeler le conservatisme religieux.

Deuxièmement, toute nouveauté venant d’un savant crédible est rejetée, au motif qu’elle contredirait les savants du passé, alors que, en réalité, ce n’est peut-être pas le cas. Pourquoi ne pas y voir plutôt un ajout de savoir nouveau à l’héritage des savants d’autrefois ?

La question essentielle, maintenant, est la suivante : allons-nous chercher à comprendre et à expliquer le monde moderne à partir du Coran, ou bien allons-nous rester dans l’ignorance de ce qui s’est passé dans l’histoire et de ce qui se produira demain, parce que nous nous cramponnons obstinément à ce que les nobles savants de l’Islam ont écrit dans le passé, sans nous laisser la moindre marge pour mener la réflexion jusqu’au bout ?

En conséquence, nous devrions également nous demander : le Coran nous interdit-il de le faire ?

Nous ne pouvons pas nous permettre de réserver le savoir renfermé dans le Livre d’Allah, le Très Sage, aux seuls nobles savants du passé. Ceux-ci ne pouvaient pas voir ce qui se déroulerait entre 1917 et 1947, par exemple, tout simplement parce que cela n’avait pas encore eu lieu à leur époque.

Le professeur Hamka a vu ce qui se passait de son temps et a donné un sens nouveau au verset de la sourate al-Mā’idah à partir de ce qu’il voyait. Il n’a pas mis un point final aux significations du verset.

De même, Maulānā Hosein a expliqué ce même verset de manière plus éclairante, environ quatre décennies après le professeur Hamka, tout simplement parce qu’il a pu lire l’ensemble des événements mondiaux qui se sont produits depuis, à la lumière du Coran.

Relisons à présent la traduction du verset donnée par Maulānā Hosein, après avoir parcouru toute l’analyse ci-dessus, qui nous a menés jusqu’ici :

« Ô vous qui avez la foi, ne prenez pas (de tels) Juifs et (de tels) Chrétiens comme vos Awliyā (amis et alliés) qui (eux-mêmes) sont Awliyā (amis et alliés) les uns des autres. Et quiconque parmi vous se tourne vers eux pour l’amitié et l’alliance devient des leurs (et donc plus des nôtres). Certes, Allah ne guide pas un peuple qui commet le Dhulm. »

Il s’agit donc d’une tentative moderne de traduire ce verset de la manière la plus cohérente possible avec tous les autres versets mentionnés dans notre analyse, avec lesquels il entrerait sinon clairement en contradiction. Cette traduction explique notre époque ; elle explique Ākhir al-Zamān. C’est, de plus, une tentative d’être aussi cohérent que possible avec le fil de l’histoire. C’est aussi une tentative crédible d’un savant d’intégrité, d’âge mûr, de connaissance et d’expérience, qui a jugé nécessaire d’ajouter quelque chose aux significations de ce verset que les nobles savants du passé avaient expliquées et interprétées.

Il faut enfin souligner que l’intention de Maulānā, contrairement à ce que certains lui prêtent à tort, n’est pas de contredire l’érudition passée. Son interprétation n’est pas en contradiction avec les explications précédentes fournies par les nobles savants d’autrefois ; elle n’annule pas les autres interprétations de ce verset qui ont été données auparavant. Elle vient plutôt s’y ajouter.

L’interprétation de Maulānā Hosein élargit ce que l’on réduit à tort à une alliance morale — notion en soi ambiguë — aux dimensions politique, économique et militaire ; elle explique aussi l’époque dans laquelle nous vivons et clarifie l’interdiction en notre temps. Le fait de violer cette interdiction a entraîné pour le monde musulman tous les innombrables effets néfastes de la participation à l’oppression (Dhulm) du tyran. L’alliance de l’Arabie Saoudite, du Maroc et de la Turquie avec l’OTAN en est un exemple clair.

Ce n’est clairement pas une contradiction de l’œuvre savante passée, mais une expansion des significations du Coran, particulièrement d’un point de vue eschatologique.

Enfin, lorsque nous gardons à l’esprit le sens de la Barakah dans le Coran, à savoir que le Coran explique tous les temps, et que le Coran offre, à chaque époque, un savoir nouveau et frais, nous ne regarderons pas l’explication du verset par Maulānā Hosein comme quelque chose qui contredirait les commentaires classiques du Coran. Nous n’y verrons qu’une raison d’être reconnaissants, qu’un savant musulman, parvenu à maturité en âge, en connaissance et en expérience, ait ajouté un savoir nouveau aux significations de la Parole d’Allah.

Il suffit désormais de conclure que les événements mondiaux qui se sont produits au cours des cent dernières années ont rendu nécessaire que cette interprétation jaillisse du Coran, et que ce soit Maulānā Hosein qu’Allah, le Très-Haut, a choisi pour la porter à ceux qui se tourneraient vers le Coran pour comprendre les événements menaçants qui se déroulent dans notre monde sous nos yeux, en particulier en Terre Sainte. Cela n’a fait qu’apporter une direction nouvelle et un sens nouveau à l’application de ce verset à notre époque, surtout maintenant que nous vivons une phase importante de Ākhir al-Zamān.

APPENDICE 2
Résumé des avis sur le Jasad selon les commentateurs classiques du Coran

Par Hasbullah Shafi’iy

  1. De nombreux commentaires classiques du Coran mentionnent que le terme Jasad, d’un point de vue linguistique, désigne un corps humain comprenant la tête et la chair, mais dépourvu du Rūḥ (l’âme). [at-Tafsīr al-Kabīr, at-Tabarānī ; Rūḥ al-Bayān, Ismā‘īl Ḥaqqī ; Majma‘ al-Bayān, at-Ṭabarsī ; Anwār at-Tanzīl, al-Bayḍāwī ; al-Baḥr al-Muḥīṭ, Abū Ḥayyān ; Gharā’ib al-Qur’ān, Niẓām ad-Dīn an-Naīsābūrī ; al-Baḥr al-Madīd, Ibn ‘Ajībah ; at-Tas-hīl, Ibn Juzayy al-Gharnāṭī ; Rūḥ al-Ma‘ānī, al-Ālūsī]

  2. La plupart des commentaires modernes du Coran en anglais, tamoul et malais reprennent le contenu des anciens tafsīrs. La seule exception notable est celle du commentaire de Maudūdī, qui mentionne que le Jasad pourrait aussi désigner le fils de Nabī Sulaymān عليه السلام, qui régna brièvement après son père en tant que « bon à rien », car il est linguistiquement possible d’appeler ainsi un dirigeant faible. Il perdit ensuite son royaume peu de temps après être monté sur le trône. La majorité des commentateurs modernes, tels que le professeur Hamkā, semblent s’incliner vers l’interprétation de l’Imām ar-Rāzī (voir le point n°5 ci-dessous).

    Parmi les commentaires modernes, celui de l’imam ash-Sha‘rāwī (m. 1418 H) mérite d’être mentionné. Il explique dans son exégèse que la fitnah (épreuve) n’est pas quelque chose de blâmable ; le mot fitnah provient du processus de fonte de l’or pour le purifier. « L’or est mélangé à d’autres matières, et nous voulons qu’il soit pur. Que faisons-nous ? Nous le faisons fondre au feu, afin que les impuretés s’en détachent, jusqu’à ce qu’il devienne purifié. De la même manière, la fitnah purifie l’humanité en distinguant le bien du mal. Ainsi, Allah ﷻ fit passer Sulaymān par une fitnah, tout comme Il fit passer son père Dāwūd عليه السلام par une fitnah. »

    Ash-Sha‘rāwī commente ensuite le terme Jasad : « C’est un corps et une structure visible extérieurement, qui ne contient pas de Rūḥ, et à propos duquel Allah ﷻ dit : “Puis, lorsque Je l’aurai façonné harmonieusement et que J’aurai insufflé en lui de Mon Esprit…” (Coran, 15 : 29). C’est-à-dire le Jasad (‘il’) ; et à propos duquel Allah ﷻ mentionna encore, dans l’histoire du Sāmiriyy : “Puis il (le Sāmiriyy) en fit sortir (du feu) pour le peuple le Jasad d’un veau qui paraissait meugler.” (Coran, 20 : 88), c’est-à-dire : la structure d’un veau, son corps physique, visible à tous, mais dépourvu de Rūḥ. »

  3. Parmi toutes les narrations mentionnées dans les tafsīrs classiques, une seule remonte directement au Prophète ﷺ sous forme de ḥadīth marfū‘ authentique, rapporté par al-Bukhārī et Muslim. Abū Hurayrah رضي الله عنه rapporte que le Prophète ﷺ a dit :

    « Sulaymān عليه السلام alla trouver toutes ses épouses en une seule nuit, espérant que chacune concevrait un enfant, afin qu’il en naisse une armée de cavaliers combattant dans le sentier d’Allah. Mais il n’avait pas dit In shā’ Allāh. Seule une femme tomba enceinte, et elle mit au monde un enfant difforme et mort-né. » Le Prophète ﷺ ajouta : « S’il avait dit In shā’ Allāh, il aurait obtenu une armée de cavaliers combattant avec lui fī sabīlillāh. »

    Les exégètes affirment que cet enfant mort-né fut déposé sur le trône de Sulaymān, et qu’il pourrait s’agir du Jasad mentionné. Cependant, le Prophète ﷺ n’a pas explicitement lié cet événement au verset concerné ; s’il l’avait fait, il l’aurait précisé. Par conséquent, les commentateurs demeurent incertains quant au fait que ce Jasad (l’enfant mort) soit bien celui évoqué dans le verset. L’Imām al-Bukhārī, d’ailleurs, n’a pas inclus ce ḥadīth dans son chapitre de tafsīr. Il reste donc un fait authentique de la vie de Sulaymān عليه السلام, sans qu’on puisse affirmer avec certitude qu’il corresponde à l’épisode mentionné dans le verset.

    Les commentateurs tels qu’al-Qushayrī, az-Zamakhsharī, Abū Ḥayyān, at-Ṭabarsī, ar-Rāzī, al-Qurṭubī, al-Bayḍāwī, al-Māwardī, al-Baghawī, Ibn ‘Abd as-Salām, an-Nasafī, Ismā‘īl Ḥaqqī, Ibn ‘Ajībah, ‘Abd ar-Razzāq al-Kāshānī, al-Ālūsī et d’autres l’ont rapporté comme une possible interprétation du verset.

  4. Toutes les autres narrations remontent à ‘Abdullāh ibn ‘Abbās رضي الله عنهما, à certains tābi‘īn et tābi‘ at-tābi‘īn, voire à Ka‘b al-Aḥbār. Elles sont rapportées sous des expressions du type : « il a été rapporté que », « untel a dit », ou « on dit que », mais sans affirmation ferme que ces récits constituent bien l’explication du verset. La plupart des anciens tafsīrs étaient en réalité des compilations de narrations et d’avis, sauf indication contraire du mufassir lui-même. Aucun d’eux n’a donc affirmé avec certitude que ce fut là l’incident évoqué dans le verset. En résumé :

    • A. Sulaymān عليه السلام conquit une île nommée Saïdūn, tua son roi tyrannique et épousa sa fille, Jarādah. Elle demeura mélancolique et demanda à Sulaymān de faire façonner, par les djinns, une effigie de son père. Elle finit par se prosterner devant cette image, en secret, avec ses servantes. Lorsqu’il découvrit cela, le Prophète détruisit la statue, la brûla et dispersa ses cendres. Le Jasad serait, ici, cette idole. Certains exégètes jugent ce récit faible, car il est improbable qu’une idole ait été adorée dans la maison d’un prophète, ou qu’un prophète ait ordonné d’en créer une.
    • B. Un enfant naquit à Sulaymān عليه السلام. Les démons (shayāṭīn) craignirent d’être forcés à servir une nouvelle génération et voulurent le tuer. Le prophète le cacha dans les nuages, mais l’enfant mourut. Son cadavre fut placé sur le trône : ce serait le Jasad. Certains exégètes, comme al-Ālūsī, rejettent ce récit en le qualifiant de fabrication.
    • C. Un ḥadīth faible rapporté par al-Ṭabarānī mentionne qu’un enfant de Sulaymān fut placé « entre ciel et terre » pour échapper à la mort, mais que l’ange de la mort prit malgré tout son âme, et que son corps tomba sur le trône. Ce ḥadīth est unanimement jugé fabriqué.
    • D. Selon Sa‘īd ibn Jubayr, Sulaymān alla aux toilettes et laissa sa bague à sa femme Amīnah. Un démon prit son apparence, obtint la bague et s’assit sur son trône. Ici, le Jasad serait le démon prenant la forme du Prophète.
    • E. Selon Mujāhid, un démon demanda à Sulaymān : « Comment provoques-tu les épreuves parmi les hommes ? » Il répondit : « Donne-moi ta bague et je te le dirai. » Lorsque Sulaymān lui remit, le démon la jeta à la mer, prit sa forme et régna à sa place. Le Jasad serait donc, ici encore, le démon prenant son apparence.
    • F. Selon une autre version, un fils rebelle de Dāwūd عليه السلام s’empara du royaume de Sulaymān et régna jusqu’à ce qu’Allah le réduise à l’état de corps inerte, sans mouvement, avant qu’il ne soit tué par son peuple. Sulaymān retrouva alors son trône.
    • G. Enfin, certaines sources rapportent que Sulaymān s’isola du public trois jours, et qu’Allah plaça un démon sur son trône en punition. Les noms possibles de ce démon sont Sakhr, Āṣaf ou Hubqīq. Divers récits expliquent la cause de cette épreuve : selon certains, Sulaymān tua injustement des chevaux (Coran 38 : 33), selon d’autres, il viola un serment. Puis « il se repentit » signifie soit qu’il revint vers Allah, soit que son royaume lui fut rendu.
  5. L’Imām ar-Rāzī classe toutes ces opinions en deux catégories :

    • (1) Celles basées sur des récits fabuleux ou symboliques (A, D, E, G, etc.), qu’il rejette, car :
      • un démon ne peut pas prendre la forme d’un prophète ;
      • et un prophète n’aurait jamais permis l’adoration d’une idole, surtout à son insu.
    • (2) Celles fondées sur des indices linguistiques et logiques :
      • le ḥadīth authentique cité plus haut ;
      • le récit de l’enfant mort (B) ;
      • et l’hypothèse selon laquelle Sulaymān aurait subi une maladie sévère le laissant sans force, « comme un Jasad » sur son trône.
      Ar-Rāzī ajoute sa propre interprétation : « Il se peut qu’Allah l’ait éprouvé par la peur ou par des troubles politiques ayant affaibli son autorité, au point qu’il apparut comme un Jasad — c’est-à-dire impuissant — dans l’exercice de son règne. » Le Kursiyy (« trône ») désignerait alors sa position d’autorité, et le Jasad, sa faiblesse passagère.
  6. Ibn ‘Atiyyah rapporte qu’un consensus s’est formé selon lequel le Jasad désigne un certain djinn mentionné dans ces récits, qui prit l’apparence corporelle de Sulaymān عليه السلام, alors qu’en réalité, ce n’était pas lui. Al-Qāḍī Abū Muḥammad considère que c’est là l’opinion la plus correcte et la plus claire. Cette vision est proche de celle de Maulānā Imran Hosein, à ceci près que, pour lui, le Jasad n’est pas un djinn, mais Dajjāl lui-même — un imposteur apparaissant sous forme humaine, assis sur le trône de Sulaymān, cherchant à usurper sa royauté.

APPENDICE 3
Discours du rabbin Rabinovich — 12 janvier 1952

Rapport d’Europe reproduisant le discours d’Emanuel Rabinovich devant une réunion spéciale du Conseil d’Urgence des Rabbins d’Europe, Budapest, Hongrie, 12 janvier 1952 :

« Salutations, mes enfants ; vous avez été convoqués ici pour récapituler les étapes principales de notre nouveau programme.

Comme vous le savez, nous espérions disposer de vingt ans entre les guerres pour consolider les grands acquis que nous avons obtenus de la Seconde Guerre mondiale, mais notre accroissement démographique dans certaines régions vitales suscite une opposition à notre égard, et nous devons maintenant œuvrer par tous les moyens à notre disposition pour précipiter la Troisième Guerre mondiale dans un délai de cinq ans. [Ils n’ont pas précipité la Troisième Guerre mondiale mais ils ont déclenché la guerre de Corée lorsque, le 25 juin 1950, ils ordonnèrent à l’armée nord-coréenne de lancer une attaque surprise contre la Corée du Sud. Le 26 juin, le Conseil de Sécurité de l’ONU condamna l’invasion comme une agression et ordonna le retrait des forces envahissantes. Le 27 juin 1950, notre président judéo-américain Truman ordonna l’engagement d’unités aériennes et navales pour faire appliquer la résolution de l’ONU. N’ayant pas atteint leurs objectifs complets, ils instiguèrent ensuite le renversement du Premier ministre sud-vietnamiens Ngô Ðình Diệm, qui, soutenu par les États-Unis, établit ensuite une république en 1955 et utilisa l’appui fort des États-Unis pour installer un régime autoritaire, qui dégénéra rapidement en guerre à grande échelle, l’implication américaine étant intensifiée sous la pression juive.]

« L’objectif pour lequel nous avons lutté si assidûment PENDANT TROIS MILLE ANS est enfin à notre portée, et parce que son accomplissement est si manifeste, il nous incombe d’accroître nos efforts et notre prudence par dix. Je peux vous promettre sans risque que, dans moins de dix ans, notre race prendra la place qui lui revient dans le monde, chaque Juif sera un roi et chaque gentil sera un esclave. » (Applaudissements dans l’assemblée.)

« Vous vous souvenez du succès de notre campagne de propagande dans les années 1930, qui suscita des passions anti-américaines en Allemagne au même moment où nous excitons des passions anti-allemandes en Amérique, campagne qui culmina avec la Seconde Guerre mondiale.

« Une campagne de propagande similaire est maintenant menée intensivement dans le monde entier. On attise la fièvre de la guerre en Russie par un barrage incessant d’opinions anti-américaines tandis qu’une peur nationale anti-communiste balaie l’Amérique.

« Cette campagne force toutes les petites nations à choisir entre le partenariat de la Russie ou une alliance avec les États-Unis.

« Notre problème le plus urgent en ce moment est d’enflammer l’esprit militariste défaillant des Américains.

« L’échec du projet de loi sur la Formation militaire universelle fut un grand revers pour nos plans, mais on nous assure qu’une mesure appropriée sera votée en urgence au Congrès immédiatement après les élections de 1952.

« Les Russes, ainsi que les peuples d’Asie, sont bien sous contrôle et n’opposent aucune objection à la guerre, mais nous devons attendre de nous assurer le soutien des Américains. Nous espérons y parvenir par la question de l’ANTISÉMITISME, qui a si bien fonctionné pour unir les Américains contre l’Allemagne.

« Nous comptons beaucoup sur des rapports d’exactions antisémites en Russie pour attiser l’indignation aux États-Unis et produire un front de solidarité contre le pouvoir soviétique.

« Simultanément, pour démontrer aux Américains la réalité de l’antisémitisme, nous ferons transiter, via de nouvelles sources, de grosses sommes d’argent vers des éléments ouvertement antisémites en Amérique afin d’accroître leur efficacité, et NOUS METTRONS EN SCÈNE DES ÉPISODES ANTISÉMITES DANS PLUSIEURS DE LEURS PLUS GRANDES VILLES.

« Cela servira le double objectif d’exposer des secteurs réactionnaires en Amérique, qui pourront alors être réduits au silence, et de souder les États-Unis en une unité dévouée anti-russe. »

(Note : Le Protocole de Sion n°9, para. 2, affirme que l’antisémitisme est contrôlé par eux. Au moment de ce discours, ils avaient déjà commencé leur campagne d’antisémitisme en Tchécoslovaquie.)

« Dans un délai de cinq ans, ce programme atteindra son objectif, la Troisième Guerre mondiale, qui surpassera en destruction tous les conflits précédents.

« Israël, bien sûr, restera neutre, et lorsque les deux camps seront dévastés et épuisés, nous arbitrerons, envoyant nos Commissions de Contrôle dans tous les pays en ruine. Cette guerre mettra fin pour toujours à notre lutte contre les Gentils.

« NOUS DÉVOILERONS OUVERTEMENT NOTRE IDENTITÉ AVEC LES RACES D’ASIE ET D’AFRIQUE. Je peux affirmer avec assurance que la dernière génération d’enfants blancs est en train de naître. Nos Commissions de Contrôle, dans l’intérêt de la paix et de l’élimination des tensions interraciales,

« INTERDIRONT AUX BLANCS DE SE MARIER ENTRE EUX. Les femmes blanches devront cohabiter avec des membres des races sombres, les hommes blancs avec des femmes noires.

« AINSI LA RACE BLANCHE DISPARAÎTRA, CAR LE MÉLANGE DU SOMBRE AVEC LE BLANC SIGNIFIE LA FIN DE L’HOMME BLANC, ET NOTRE ENNEMI LE PLUS DANGEREUX NE SERA PLUS QU’UN SOUVENIR.

« Nous entamerons une ère de dix mille ans de paix et d’abondance, la Pax Judaica, et notre race régnera sans contestation sur le monde.

« Notre intelligence supérieure nous permettra aisément de conserver la maîtrise sur un monde de peuples sombres. »

Question de l’assemblée : « Rabbi Rabinovich, qu’en est-il des diverses religions après la Troisième Guerre mondiale ? »

Rabinovich :

« Il n’y aura plus de religions. Non seulement l’existence d’une caste de prêtres resterait un danger constant pour notre domination, mais la croyance en une vie après la mort donnerait une force spirituelle aux éléments irréconciliables dans de nombreux pays, et leur permettrait de nous résister.

« Nous conserverons cependant les rituels et les coutumes du judaïsme comme marque de notre caste dirigeante héréditaire, renforçant nos lois raciales afin qu’aucun Juif ne soit autorisé à épouser en dehors de notre race, ni aucun étranger accepté par nous. »

(Note : Le Protocole de Sion n°17 para. 2 déclare : « Maintenant que la liberté de conscience a été proclamée partout (résultat de leurs efforts antérieurs), seules quelques années nous séparent du MOMENT DE LA DESTRUCTION TOTALE DE CETTE [Haïe] RELIGION CHRÉTIENNE. Quant aux autres religions, nous aurons encore moins de difficultés avec elles. »)

« Nous aurons peut-être à répéter les sombres jours de la Seconde Guerre mondiale, où nous fûmes contraints de laisser les bandits hitlériens sacrifier certains des nôtres, afin que nous disposions de documents et de témoins suffisants pour justifier légalement notre procès et l’exécution des dirigeants d’Amérique et de Russie en tant que criminels de guerre, après que nous aurons dicté la paix.

« Je suis sûr que vous aurez peu de préparation à faire pour un tel devoir, car le sacrifice a toujours été la devise de notre peuple, et la MORT DE QUELQUES MILLIERS DE JUIFS en échange de la direction du monde est en vérité UN PETIT PRIX À PAYER.

« Pour vous convaincre de la certitude de cette direction, permettez-moi de vous indiquer comment nous avons transformé toutes les inventions de l’Homme blanc en armes contre lui. SES PRESSES D’IMPRIMERIE ET SES RADIOS sont les ORGANS DE NOS DÉSIRS, et son industrie lourde fabrique les instruments qu’il envoie pour armer l’Asie et l’Afrique contre lui.

« Nos intérêts à Washington étendent considérablement le PROGRAMME POINT QUATRE (c.-à-d. LE PLAN DE COLOMBO) pour développer l’industrie dans les régions arriérées du monde, afin qu’après la destruction par la guerre atomique des usines et des villes d’Europe et d’Amérique, les Blancs ne puissent plus résister aux grandes masses des races sombres, qui maintiendront une supériorité technologique incontestée.

« Et donc, avec la vision de la victoire mondiale devant vous, retournez dans vos pays et intensifiez votre bon travail, jusqu’au jour proche où Israël se révélera dans toute sa glorieuse destinée comme la Lumière du Monde. »

Imranhosein.org — Appendix Three